Godefroid Kurth

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Godefroid Kurth est un historien belge, né à Arlon le et mort à Asse le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Godefroid Kurth naît en 1847 à Arlon[1]. Son père était un ancien militaire originaire de Cologne (Rhénanie) devenu commissaire de police à Arlon, chef-lieu de la province belge de Luxembourg, et mort en 1850. Sa mère, née Jeanne Erpelding, était arlonaise et parlait, évidemment, le dialecte allemand de la région, c'est-à-dire le Lëtzebuerger Däitsch, parler francique occidental ou mosellan que les Luxembourgeois du Grand-Duché qualifient aujourd'hui simplement de Lëtzebuergesch et considèrent comme leur langue nationale (loi de 1984). Au XIXe siècle, « allemand » ne signifiait pas nécessairement « de nationalité allemande » ou Hochdeutsch. Le Lëtzebuerger Däitsch était la langue maternelle de Godefroid Kurth.

Ce n'est qu'à l'âge de huit ans, à l'école primaire, qu'il commença à apprendre le français. Doué, il entra à l'Athénée royal d'Arlon[1] (= école secondaire) à onze ans et y fit un parcours aussi classique que brillant. À la fin de ses études secondaires, il rafla trois premiers prix au Concours général organisé entre les athénées du royaume de Belgique (composition française, histoire et latin), et, au vu des points obtenus, il se classait comme le meilleur élève de toute la Belgique. En 1865, l'École normale de Liège accueillit cet élève[1]. Après y avoir terminé ses études en 1869, il fut chargé du cours d’Histoire à l’Athénée royal de Liège[1].

En 1873, après sa thèse sur Caton, il fut nommé professeur d'histoire médiévale à l'Université de Liège[1] et Docteur spécial en sciences historiques. Il introduisit à l'Université de Liège des innovations inspirées de la pratique historique allemande. Fervent catholique, ses opinions lui valurent parfois des difficultés dans le milieu universitaire. Toutefois, son livre Les Origines de la civilisation moderne (1886) lui apporta la célébrité en son temps. En renseignant l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours aux étudiants, il devint en effet le spécialiste des Mérovingiens[1]. Cet ouvrage, sa biographie de Clovis et ses études sur l'histoire de la Ville de Liège lui ont valu de passer à la postérité. Le journaliste Fernand Neuray a écrit un livre sur lui.

Kurth concentra notamment sur ses écritures. Il reste 504 titres d'œuvres, dont les livres et articles de revues[1].

Publications (aperçu)[modifier | modifier le code]

  • Caton l'ancien, étude biographique, 1872
  • Saint Grégoire de Tours et les études classiques au VIe siècle, 1878
  • La Loi de Beaumont en Belgique, 1881
  • Les Origines de la civilisation moderne, 1886
  • Une biographie de l'évêque Notger au XIIe siècle, 1891
  • La lèpre en Occident avant les Croisades, 1891
  • Histoire poétique des Mérovingiens, Paris 1893
  • La Frontière linguistique en Belgique et dans le nord de la France, Bruxelles 1896-1898, 2 tomes[1]
  • Das deutsche Belgien und der Deutsche Verein ; Arlon & Aubel, 1896.
  • Clovis, Tours 1896 ; Paris 1901 ; Bruxelles 1923 ; Tallandier, Paris 2000 (ISBN 978-2-84734-215-4) 628 p.[1]
  • Qu’est-ce que le moyen âge ?, 1897
  • Les Ducs et les comtes d'Auvergne au VIe siècle, 1900
  • L'Église aux tournants de l'histoire, 1900
  • Les Nationalités en Auvergne au VIe siècle, 1900
  • Saint Boniface, 1902
  • Notger de Liége et la civilisation au Xe siècle, 1905
  • Ce que demandent les Allemands; in: Le Vingtième Siècle, édition du lundi 27 août 1906.
  • L'Histoire de la Cité de Liège Liège au Moyen Âge, vol. 3, Bruxelles, Dewit, Cormaux et Demarteau,‎ 1909-1910, LXXI-322, VII-345, VII-417 p.
  • Mizraim, souvenirs d'Égypte, 1912
  • La Nationalité belge, 1913
  • Études franques, Bruxelles 1919, 2 tomes

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Triffaux, Combats pour la langue dans le Pays d'Arlon aux XIXe et XXe siècles - Une minorité oubliée?, Arlon, La Vie arlonaise - Institut archéologique du Luxembourg, 2002, 478 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Préface de Clovis, Paris, Tallandier, 2000, p. VII-XI,