Godefroid Kurth

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Godefroid Kurth est un historien belge, né à Arlon le et mort à Asse le (à 68 ans).

Biographie[modifier | modifier le code]

Godefroid Kurth naît en 1847 à Arlon[1]. Son père était un ancien militaire originaire de Cologne (Rhénanie) devenu commissaire de police à Arlon, chef-lieu de la province belge de Luxembourg, et mort en 1850. Sa mère, née Jeanne Erpelding, était arlonaise et parlait, évidemment, le dialecte allemand de la région, c'est-à-dire le Lëtzebuerger Däitsch|sous-titre= |éditeur= |collection= |lieu= |année=parler francique occidental ou mosellan que les Luxembourgeois du Grand-Duché qualifient aujourd'hui simplement de Lëtzebuergesch et considèrent comme leur langue nationale (loi de 1984). Au XIXe siècle, « allemand » ne signifiait pas nécessairement « de nationalité allemande » ou Hochdeutsch. Le Lëtzebuerger Däitsch était la langue maternelle de Godefroid Kurth.

Ce n'est qu'à l'âge de huit ans, à l'école primaire, qu'il commença à apprendre le français. Doué, il entra à l'Athénée royal d'Arlon (école secondaire) à onze ans et y fit un parcours aussi classique que brillant. À la fin de ses études secondaires, il rafla trois premiers prix au Concours général organisé entre les athénées du royaume de Belgique (composition française, histoire et latin), et, au vu des points obtenus, il se classait comme le meilleur élève des athénées de toute la Belgique. En 1865, l'École normale de Liège accueillit cet élève. Après y avoir terminé ses études en 1869, il fut chargé du cours d’Histoire à l’Athénée royal de Liège[1].

En 1873, après sa thèse sur Caton, il fut nommé professeur d'histoire médiévale à l'Université de Liège et Docteur spécial en sciences historiques. Il introduisit à l'Université de Liège des innovations inspirées de la pratique historique allemande. Fervent catholique, ses opinions lui valurent parfois des difficultés dans le milieu universitaire. Toutefois, son livre Les Origines de la civilisation moderne (1886) lui apporta la célébrité en son temps. En renseignant l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours aux étudiants, il devint en effet le spécialiste des Mérovingiens[1]. Cet ouvrage, sa biographie de Clovis et ses études sur l'histoire de la Ville de Liège lui ont valu de passer à la postérité. Le journaliste Fernand Neuray a écrit un livre sur lui.

Pro allemand jusqu'en 1914, Godefroid Kurth fut révulsé par les conséquences de l'invasion allemande et des combats en Belgique avec leur cortège d'atrocités sur la population civile. Il investigua et le résultat de ses enquêtes paraîtra après sa mort sous le titre « Le Guet-Apens prussien en Belgique » (Paris-Bruxelles 1919). Inachevée de par le décès de son auteur, cette recension des faits s'appuyait sur des témoignages, notamment sur les massacres d'Aarschot. Le cardinal Mercier écrira, dans la préface, que Godefroid Kürth dont les origines familiales étaient allemandes, fut « accablé par l'invasion, son iniquité, ses atrocités, ses perfidies »[2].

Kurth concentra notamment sur ses écritures. Il reste 504 titres d'œuvres, dont les livres et articles de revues[1].

Publications (aperçu)[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Caton l'ancien, étude biographique, Bruges, Daveluy,‎ (lire en ligne).
  • Les Origines de la civilisation moderne, Louvain, Ch. Peeters,‎ (lire en ligne).
  • La lèpre en Occident avant les Croisades, Paris, Alphonse Picard,‎ (lire en ligne)
  • Histoire poétique des Mérovingiens, Bruxelles, Société belge de librairie,‎ (lire en ligne)
  • La Frontière linguistique en Belgique et dans le nord de la France, Bruxelles, Société belge de librairie,‎
  • Das deutsche Belgien und der Deutsche Verein, Arlon et Aubel, Willems,‎ , 50 p.
  • Clovis, le fondateur, Paris, Éditions Tallandier,‎ (réimpr. 2000) (ISBN 2-235-02266-9)
  • Qu’est-ce que le moyen âge ? (Discours prononcé à Fribourg au Congrès international des catholiques le 19 août 1897),‎ (lire en ligne)
  • L'Église aux tournants de l'histoire, Bruxelles, Société belge de librairie,‎
  • Saint Boniface, Paris, Lecoffre, coll. « Les Saints »,‎ , 159 p. (lire en ligne)
  • Notger de Liége et la civilisation au Xe siècle, Paris, Bruxelles, Liège, A. Picard, O. Schepens, L. Demarteau,‎ , 2 tomes p. (lire en ligne)
  • La cité de Liège au moyen âge, vol. 3, Bruxelles, Liège, Dewit, Cormaux et Demarteau,‎ , LXXI-322, VII-345, VII-417 p.
  • Mizraim, souvenirs d'Égypte, Albert Dewit,‎ (lire en ligne)
  • La Nationalité belge, Namur, Picard-Balon,‎ , 231 p. (lire en ligne)
  • Études franques, Paris, Bruxelles, Honoré Champion, Albert Dewitte,‎ , 2 tomes p. (lire en ligne)

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Saint Grégoire de Tours et les études classiques au VIe siècle », Revue des questions historiques, vol. XXIV,‎ , p. 586-593 (ISSN 2017-7275, lire en ligne)
  • « La Loi de Beaumont en Belgique », Mémoires couronnés et autres mémoires, vol. XXXI,‎ , p. 769-790 (lire en ligne)
  • « Une biographie de l'évêque Notger au XIIe siècle », Bulletin de la Commission royale d'Histoire,‎ (lire en ligne)
  • « Les Nationalités en Auvergne au VIe siècle », Bulletins de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, vol. 4,‎ , p. 224-242 (lire en ligne)
  • « Les Ducs et les comtes d'Auvergne au VIe siècle », Revue d'Auvergne,‎ (ISSN 0035-1008)
  • « Ce que demandent les Allemands », Le Vingtième Siècle,‎
  • « Recherche sur l'origine des paroisses de Liège », Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, vol. 16,‎ , p. 234 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Godefroid Kurth, Clovis, le fondateur, Paris, Éditions Tallandier,‎ (réimpr. 2000) (ISBN 2-235-02266-9), « Préface », p. VII-XI
  2. John Horn et Alan Kramer, 1914, les Atrocités allemandes, Paris, Tallandier,‎ , 640 p. (ISBN 2847342354), p. 396

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Triffaux, Combats pour la langue dans le Pays d'Arlon aux XIXe et XXe siècles - Une minorité oubliée?, Arlon, La Vie arlonaise - Institut archéologique du Luxembourg, 2002, 478 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]