Bataille de Tolbiac (496)

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Bataille de Tolbiac (496)
Bataille de Tolbiac, fresque du Panthéon (Paris) de Paul-Joseph Blanc vers 1881 conjointement à d'autres fresques dont
Bataille de Tolbiac, fresque du Panthéon (Paris) de Paul-Joseph Blanc vers 1881 conjointement à d'autres fresques dont
Informations générales
Date 496
Lieu Zulpich, près de Cologne
Issue Victoire franque décisive
Belligérants
Francs Alamans
Commandants
Clovis Ier
Forces en présence
Inconnues Inconnues
Pertes
Très lourdes Lourdes
Coordonnées 50° 40′ 31″ N 6° 36′ 04″ E / 50.675277777778, 6.601111111111150° 40′ 31″ Nord 6° 36′ 04″ Est / 50.675277777778, 6.6011111111111  

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Tolbiac (496).

La bataille de Tolbiac a eu lieu à Zülpich, anciennement appelée Tolbiac, une ville de l'ancienne Gaule située près de Cologne. On appelle victoire de Tolbiac, la victoire emportée par Clovis, roi des Francs, sur les Alamans, sur un point non déterminé du cours moyen du Rhin. Les historiens, à la suite de Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs, la plaçaient traditionnellement en 496, mais des révisions récentes situeraient la bataille de Tolbiac en 506[1].

En remerciement pour cette victoire, Clovis, qui avait épousé une chrétienne catholique du nom de Clotilde, se convertit à la foi de Nicée avec ses soldats. Ce fut l'évêque de Reims, Remi, qui baptisa Clovis.

Le nom de Tolbiac a été attribué à une rue importante du XIIIe arrondissement de Paris et, par extension, aux quartiers ou bâtiments environnants : « faculté de Tolbiac » (qui fait en fait partie de l'université de Paris I - Panthéon-Sorbonne), secteur Tolbiac de la zone Paris Rive Gauche, passerelle Bercy-Tolbiac (passerelle Simone-de-Beauvoir).

Situation avant la bataille[modifier | modifier le code]

Les Francs étaient divisés en deux peuples voisins et alliés, les Francs saliens dont le roi était Clovis et les Francs ripuaires dont la capitale était Cologne et qui avaient Sigebert le Boiteux pour roi. Sigebert avait pour voisins les Alamans, une confédération de peuples germaniques, dont la vaillance équivalait celle des Francs. Les Alamans et les Francs ripuaires avaient souvent des incidents de frontière et multipliaient les pillages et les raids punitifs, mais il semble qu'en l'année 496, ils subirent une vraie invasion et Sigebert appela Clovis à l'aide. Clovis répondit favorablement à son allié et leva une armée. Il est généralement admis que Sigebert défendit Tolbiac et que son armée subit de grosses pertes. Il y aurait donc eu deux batailles de Tolbiac.

La bataille elle-même[modifier | modifier le code]

Les batailles de Tolbiac.

On sait peu de choses sur la bataille, à part que les Francs ripuaires ne furent probablement d'aucune aide suite à la première bataille. Il est fort probable que les guerriers de Clovis étaient moins nombreux que les Alamans. En tout cas est-il dit de Clovis qu'il vit ses guerriers se faire massacrer et sentit la bataille lui échapper des mains. Ému jusqu'aux larmes, il invoqua alors le Dieu unique de sa femme Clotilde, ce Dieu qu'elle lui prêchait depuis leur mariage en 493, en demandant son secours.

Grégoire de Tours transmet sa prière complète dans le chapitre II de l'Histoire des Francs : « O Jésus-Christ, que Clotilde affirme Fils du Dieu Vivant, toi qui donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, je sollicite avec dévotion la gloire de ton assistance  : si tu m’accordes la victoire sur ces ennemis, et si j'expérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à ton nom déclare avoir prouvé qu'elle venait de toi, je croirai en toi, et me ferai baptiser en ton nom. J'ai en effet invoqué mes dieux, et, comme j'en fais l'expérience, ils se sont abstenus de m'aider; ce qui me fait croire qu’ils ne sont doués d'aucunes puissances; eux qui ne viennent pas au secours de ceux qui les servent. C'est toi que j’invoque maintenant, je désire croire en toi ; pourvu que je sois arraché à mes adversaires ». À ces mots, les Alamans se mirent à fuir, à reculer car leur chef venait d'être tué d'une hache (francisque). Les Francs soumirent ou massacrèrent les Alamans.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Les Alamans abandonnèrent le cours supérieur du Rhin aux Francs ripuaires et cette absence de profit pour Clovis, qui a tout laissé à son allié, lui permit d'avoir l'aide de Sigebert lors de la conquête de la partie française du royaume wisigoth.

Une autre conséquence fut la conversion de Clovis à la religion catholique après une longue réflexion (généralement les historiens estiment sa conversion à l'année 498 ou 499), ce qui permit de mettre tous les chrétiens des pays voisins de son côté ainsi que le clergé[réf. nécessaire] qui pouvait être influent. De plus, cela permit à Clovis de transformer ses conquêtes en "croisades" et de christianiser ces nouveaux territoires en luttant contre l'arianisme, considéré comme une hérésie par le clergé, puis Clovis lui-même.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Gauvard, La France au Moyen Âge du Ve au XVe siècle. Voir aussi page de discussion où un contributeur anonyme a écrit à ce sujet : La France au Moyen Âge de Claude Gauvard (professeur de d'histoire médiévale à Paris I) développe un peu les différentes hypothèses sur la datation de la bataille de Tolbiac qui effectivement pour certains historiens se situerait en 506 en raison d'une lettre de Théodoric roi des ostrogoths datant de cette année et dans laquelle il félicite Clovis de sa grande victoire sur les Alamans. D'autre part, Michèle Laforest dans Clovis, un roi de légende de 1996, date cette bataille dite de Tolbiac à l'année 496.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Van de Vyver, « La victoire contre les Alamans et la conversion de Clovis », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 15-3-4, 1936, p. 859-914, [lire en ligne].
  • Ferdinand Lot, « La victoire sur les Alamans et la conversion de Clovis », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 17-1-2, 1938, p. 63-69, [lire en ligne].
  • André Van de Vyver, «  L'unique victoire contre les Alamans et la conversion de Clovis en 506 », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 17-3-4, 1938, p. 793-813, [lire en ligne].
  • Claude Gauvard, La France au Moyen Âge du Ve au XVe siècle, Paris, PUF, 1996.

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