Picardie (province)

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Les limites de la Picardie au XVIIIe siècle dans les frontières actuelles de la France.

La Picardie fut de la fin du Moyen Age à 1790 une province du royaume de France, en même temps qu'un territoire géographique et culturel, situé au nord-ouest de la France et bordé par la Manche.

Étymologie[modifier | modifier le code]

C'est à la fin du XIe siècle que le mot « Picard » apparut pour la première fois dans un texte : Guillaume le Picard mourut au cours de la Première croisade, en 1098[1]. « Picard » désigna des hommes avant de désigner un territoire. Au XIIIe siècle, il y avait une « nation picarde » (ensemble des étudiants parlant le dialecte picard) à l'Université de Paris. La Province de Picardie n'émergea réellement qu'à la fin du Moyen Âge (fin du XVe siècle), lorsqu'elle devint la marche frontière entre les Pays-Bas bourguignons et le royaume de France. Un gouvernement de Picardie fut alors créé, qui disparut à la Révolution française.

Le mot signifie en picard « piocheur », au sens de laboureur. Les Parisiens appelaient « piocheurs » tous les agriculteurs vivant au nord des zones forestières du Senlisis et du Valois (où les paysans étaient bûcherons), et dans le Nord on appelait « Picards » tous ceux qui ne parlaient pas le flamand : Arras, Boulogne, Calais, Tournai étaient des villes « picardes ».

À Paris, le néologisme fit florès parce qu'il associait en un jeu de mots la pique et une province réputée pour sa hardiesse militaire (sa milice s'était illustrée à Bouvines en 1214, quelques années avant l'apparition du mot). Il perdura dans ce sens les siècles suivants à cause du caractère montré par les Picards, du genre « tête de pioche », dans leur attachement aux libertés communales acquises par les villes drapières défendues par une milice bourgeoise.

Les étudiants des diocèses de Beauvais, Noyon, Amiens, Laon, Arras, Thérouanne, Cambrai, Tournai, ainsi qu'une partie des diocèses de Liège et d'Utrecht formaient à Paris, Orléans et Boulogne la « Nation Picarde ». Celle-ci représentait les domaines linguistiques picard et flamand.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason de la Picardie

Les armoiries de la Picardie se blasonnent ainsi :
« écartelé, au premier et au quatrième : d'azur à trois fleurs de lys d'or ; au second et au troisième : d'argent à trois lionceaux de gueules. »

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La Picardie se caractérise sur le plan géo-morphologique par l'omniprésence de la craie dans sa partie septentrionale et par la calcaire du bassin parisien dans sa partie méridionale.

Sur la plan hydrographique, la Picardie est partagée entre deux bassins versants : le bassin de la Somme et le bassin de la Seine avec son affluent l'Oise et ses sous-affluents (Aisne, Thérain, etc.)

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

La Picardie se caractérise par l'importance numérique de sa population rurale et l'absence de très grandes agglomérations. La ville la plus importante est Amiens avec 133 448 habitants (270 000 hab. pour la communauté d'agglomération Amiens Métropole). Cette situation était déjà celle de la Picardie sous l'Ancien Régime.

L'économie de l'ancienne province de Picardie reposait très largement sur l'agriculture : céréales, plantes tinctoriales ou textile qui alimentaient une industrie textile à la fois urbaine et très répandue en milieu rural.

Localisation[modifier | modifier le code]

La province de Picardie en 1789.

La province de Picardie, sous l'autorité d'un gouverneur, réunissait les territoires suivant : Calaisis ou Pays reconquis, Boulonnais, Pays de Montreuil, Marquenterre, Ponthieu, Vimeu, Amiénois, Santerre, Vermandois, Thiérache, Noyonnais pour partie, etc. Cet ensemble territorial prit corps avec la réunion à la couronne de France de l'héritage bourguignon en 1477 à la mort de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne. A ce territoire, au XVIe siècle on rattacha Calais et ses environs reconquis sur l'Angleterre.

Ces territoires formèrent une entité appelée Gouvernement de Picardie, dont la capitale était Amiens. La Picardie était pour l'essentiel administrée par la Généralité d'Amiens et pour partie, par la Généralité de Soissons.

Culture[modifier | modifier le code]

La province de Picardie fut, du XVe au XVIIe siècle, une marche frontière qui subit les exactions anglo-bourguignonnes, bourguignonne puis espagnoles. Cette situation façonna la mentalité et les traits de caractère des Picards.

Aire du parler picard[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition du Picard.

Le picard fait partie de l'ensemble linguistique de la langue d’oïl (comme le français) et appartient à la famille des langues gallo-romanes. C’est d’ailleurs à la langue d’oïl que l’on fait référence lorsque l’on parle d’ancien français. Certains linguistes classent le picard dans le sous-groupe septentrional de la langue d'oïl[2].

Le dialecte picard, tel qu’il est et a été parlé est quelque peu différent de ce qu'on appelle « picard » l'histoire de la littérature. Dans ce cas, il s’agit d’un ensemble de variétés utilisées à l’écrit (scriptae) dans le Nord de la France dès avant l’an 1000 et bien sûr marquées par des traits dialectaux picards.

L'aire linguistique du picard dépasse de loin les limites de la province de Picardie ; elle réunit outre l'ancienne province de Picardie, une partie du nord de l’Île-de-France, les départements du Pas-de-Calais et du Nord (exceptée la région de Dunkerque) et une partie de la Wallonie.

Costume traditionnel[modifier | modifier le code]

On a recensé plusieurs coiffes féminines :

  • « la calipette », sorte de bonnet, de capuchon très simple ;
  • « la capeline », de l’hortillonne ou de l’ouvrière des champs était un bonnet prolongé sur le devant par une visière qui encadrait le visage, maintenue rigide par des moyens divers : lattis de bois, baleines, morceaux de carton ;
  • « la marmotte » était un simple mouchoir à carreaux, de grande taille que l’on nouait derrière la nuque ou sous le menton ;
  • « l’ahotoir » sorte de grand châle recouvrait la tête et descendait à hauteur de poitrine.

Les vêtements féminins se composaient le plus souvent :

  • « du caraco », chemisier ample et boutonné haut
  • « d'un cotron », ample jupe de serge gonflée par des jupons, possédant une poche intérieure où l’on pouvait mettre quelques sous mais plutôt un morceau de pain lorsqu’on allait aux champs;
  • Un grand tablier recouvarit l’habillement.

Les vêtements du dimanche étaient souvent, pour les femmes, de couleur noire ou sombres à motifs fondus ; les coiffes blanches étaient très simples, ornées ou non de dentelles. Les jeunes filles, en revanche, s'habillaient de couleurs vives.

Les vêtements masculins étaient moins variés :

  • bonnet de laine ou de coton dont la pointe retombait sur l’épaule ;
  • remplacé par la suite par la casquette.

Le dimanche, les hommes portaient un « capieu » (chapeau) en feutre mou. La « rouillère » était une sorte de blouse large, en toile, en général de couleur bleue. Les hommes étaient chaussés de sabots, de galoches ou de gros souliers ferrés[3].

Architecture picarde[modifier | modifier le code]

  • L'architecture monumentale de la Picardie est marquée par l'art gothique primitif, l'art gothique et l'art gothique flamboyant : les cathédrales d'Amiens, de Beauvais, de Laon, de Noyon, la basilique de Saint-Quentin comptent parmi les édifices majeurs du premier gothique. L'église abbatiale de Saint-Riquier, la collégiale Saint-Vulfran d'Abbeville et la chapelle du Saint-Esprit de Rue sont des chefs d'œuvre du gothique flamboyant sans compter les très nombreuses églises rurales ou urbaines reconstruites après la Guerre de Cent ans.
  • L'architecture de l'habitat traditionnel se caractérise par des maisons longues, en torchis (peintes en blanc près du littoral) s'élevant sur un seul niveau. À cette architecture en torchis s'est substituée une architecture de brique lors de la reconstruction de l'entre-deux-guerres.

Littérature[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Sculpture[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Picardie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Debrie (dir.), La Picardie, Paris, Les Éditions d'Organisation, coll. « peuple et pays de France », (ISBN 2 - 7 081 - 0 422 - 5).
  • Albert Demangeon, La Picardie et les régions voisines. Artois, Cambrésis, Beauvaisis, Paris, Armand Colin, 1905, 496 p. réédition, Paris, Guénégaud, 1973 - disponible sur Gallica
  • Philippe Pinchemel, Jacques Godard, René Normand, Colette Lamy-Lassalle, Visages de la Picardie, Paris, Éditions des Horizons de France, 1949.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]