Utrecht

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Utrecht
Héraldique
Héraldique
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Utrecht
Administration
Pays Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Province Utrecht
Code postal 3500-3585
Indicatif téléphonique international +(31)
Démographie
Gentilé Utrechtois
Population 340 153 hab. (mai 2016[1])
Densité 3 425 hab./km2
Géographie
Coordonnées 52° 05′ 00″ Nord, 5° 06′ 00″ Est
Superficie 9 932 ha = 99,32 km2
Localisation
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Liens
Site web www.utrecht.nl
Vue aérienne du centre-ville d'Utrecht, avec la cathédrale Saint-Martin au centre.

Utrecht est une ville des Pays-Bas, chef-lieu de la province d’Utrecht.

Avec ses 316 448 habitants au 1er février 2012, elle est la quatrième ville du pays. Son agglomération fait partie de la conurbation de la Randstad (7 100 000 habitants entre Amsterdam - La Haye - Rotterdam - Utrecht). Située en plein cœur des Pays-Bas, cette ville très dynamique et étudiante est aujourd’hui connue pour sa cathédrale (Dom) et son université.

À l’ouest de la ville, un grand quartier prévu pour abriter 85 000 habitants, appelé Leidsche Rijn, est en cours de développement. Les travaux devraient se poursuivre jusqu’en 2015.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine d'une partie de la contrée remonte vraisemblablement à une fortification ou installation romaine commencée en 47 apr. J.-C.. À l'époque, le nom ancien Rheno Traiectum aurait indiqué un poste frontière typique du limes rhénan, proche d'un éventuel gué en basses eaux ou, plus trivialement, un petit port-relais militaire, lieu d'embarquement pour la traversée sur le Rhin ou sur un de ses principaux bras existants à l'époque.

Il est alors logique que l'autre rive et la contrée non marécageuse au nord de ce poste d'embarquement puissent être désignées génériquement plus tard en latin médiéval par "Ultraiectum", soit littéralement , ce qui est "au loin" ou "au-delà", de la petite entité "(Tra)jectum" ou encore en ancien français olte, "ou(l)t" ou "oultre", c'est-à-dire une fois passé le fleuve et payé le droit de pontenage[2]. La dernière précision sur ce droit d'octroi, nommé en ancien français otroi de genre masculin ou otrise de genre féminin, n'est pas anecdotique, car elle a influencé, si ce n'est complétement parasité, l'évolution du toponyme lors de sa germanisation tardive et quasi-globale après le XIe siècle en (ut)recht.

Pour un habitant familier de la frontière linguistique, cette dénomination banale suggérant un droit pour l'au-delà pouvait prendre une connotation mystique ou religieuse[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au VIe siècle, la contrée rhénane d'Utrecht passe sous l'influence franque, en particulier celle de grand royaume mérovingien dont les jalons sont posés par Clovis.

Utrecht aurait été, selon la légende de la Magna Frisa, la capitale du royaume de Frise pendant le règne d'Aldgisl 1er et éventuellement pendant celui de son fils.

Avant 690, le chef missionnaire anglo-saxon, de tradition irlandaise, Willibrord s'installe à Utrecht, et en 690 selon son hagiographie, avec ses frères-compagnons, il y rénove et déploie les institutions chrétiennes avec le titre de père (papa selon la tradition): la vaste contrée évangélisée est ensuite promue terre épiscopale lors de son retour dans le royaume mérovingien. L'évêché d'Utrecht sera pour les Pays-Bas le centre de la foi chrétienne pendant tout le Moyen Âge. Parmi l'héritage de cette vaste période, l'historien cite la cathédrale, la salle capitulaire, sans oublier l'école cathédrale et ses écolâtres, dont les avatars sont à l'origine de la fondation de l'université.

En 838, l'évêque Frédéric, adepte du franc-parler colombanien, critique ouvertement les mœurs dissolues de la reine Judith de Bavière, il est assassiné dans la cité de son diocèse probablement par des sbires à la solde des partisans de la reine. Canonisé ultérieurement par son église, il est devenu le saint protecteur des Pays-Bas.

En 1122, les bourgeois et corporations d'Utrecht obtiennent de l'évêque et seigneur du lieu une charte d'affranchissement. Les évêques d'Utrecht exercent aussi un pouvoir séculier et princier sur toute la province d'Utrecht et une grande partie de la partie orientale des Pays-Bas.

Au début du XVe siècle, la ville bourgeoise et épiscopale connaît une forte croissance. Mais, vers la fin de la période médiévale, de nouvelles villes comme Amsterdam, Leiden et Rotterdam commencent lentement à s'enrichir grâce au commerce, puis s'imposent à l'époque moderne dans la course urbaine, devenant plus importantes qu'Utrecht. En 1528, face la montée de la Réforme dans une ville à l'économie stagnante, l'évêque contesté remet son pouvoir temporel, c'est-à-dire sa principauté, à l'empereur d'Allemagne Charles Quint qui règne également sur le Brabant, la Hollande et les autres principautés voisines d'Utrecht.

Après la signature de l'Union d'Utrecht en janvier 1579, le siège de l'évêché est abandonné. La religion réformée s'impose définitivement.

Lors de la guerre de Hollande, la ville est prise en 1672 par les troupes royales françaises.

Le , le traité d'Utrecht y est signé ; il met fin à la Guerre de Succession d'Espagne.

L'évêché grâce à la minorité catholique locale est rétabli en 1723. L'institution reconnue se nomme l'Église vieille-catholique;

Depuis l'ouverture de la ligne de ferroviaire Amsterdam-Arnhem en 1843, Utrecht s'impose petit à petit comme le nœud principal du réseau de chemin de fer néerlandais. Les boucheries et surtout le marché aux fleurs, organisé au crépuscule, d'Utrecht, acquièrent une grande renommée. Les étudiants qui parlent selon la tradition trois langues véhiculaires font connaître les mérites des facultés de sciences et de philosophie. Ils marquent l'animation de la ville universitaire, lors de leurs bruyants charivaris menés avec fanfare, en particulier pendant la pittoresque "marche funèbre de la mort", un groupe élu portant une bière sous les cris de "birr, birr" des autres participants.

En 1853, le siège officiel de l'évêché de l'Église catholique romaine est rétabli.

Démographie[modifier | modifier le code]

Historique de la population[modifier | modifier le code]

Évolution récente[4]
Commune Agglomération Aire urbaine
1960 254 186 272 573 372 014
1970 278 966 303 333 429 195
1980 237 037 318 874 460 262
1990 230 358 348 058 503 801
2000 233 667 365 646 535 814
2010 306 731 434 697 640 000

Origines des habitants[modifier | modifier le code]

Nombre[5] Pourcentage
Autochtones 205 439 68,51
Allochtones occidentaux 30 495 10,17
Allochtones non occidentaux 63 928 21,32
Maroc 26 446 8,82
Turquie 13 210 4,41
Suriname + Antilles néerlandaises et Aruba 10 107 3,37
Autres 14 165 4,72

Culture[modifier | modifier le code]

Tour de la cathédrale
Canal d’Utrecht

La vieille ville d’Utrecht a beaucoup de curiosités touristiques. Des églises médiévales, la plus grande était la cathédrale Saint-Martin d'Utrecht. Aujourd’hui il n’en reste que la moitié, depuis le terrible ouragan de 1674. La tour de la cathédrale, avec sa hauteur de 112 m est devenue le symbole de la ville.

Les canaux, bordés de terrasses et de verdure, donnent à la cité son charme réputé.

Utrecht, le canal Weerdsingel en 1902.

La Maison Schröder de l’architecte Gerrit Rietveld (1924) est reconnue comme un des premiers symboles du mouvement moderne en architecture. Elle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000.

À cela s'ajoute la présence du Jaarbeurs, le salon le plus important des Pays-Bas, et les sièges sociaux des Nederlandse Spoorwegen (entreprise ferroviaire) et de la Rabobank.

Chaque année, Utrecht accueille la Trance Energy puis Energy jusqu'en 2012 et depuis 2014 le festival A State Of Trance au sein du Jaarbeurs Utrecht. Thunderdome y a également fréquemment élu domicile.

Du 17 au 26 juillet 2009, la ville d’Utrecht a accueilli la dix-septième édition du festival international de chant choral Europa Cantat.

Université et Hautes Écoles[modifier | modifier le code]

Utrecht accueille plusieurs institutions d’enseignement supérieur et universitaire. Avec 20 % de la population qui est étudiante, Utrecht est donc par excellence une ville estudiantine.

  • L’Université d'Utrecht est l’université la plus importante des Pays-Bas et l’une des plus prestigieuses d’Europe. Fondée en 1636, elle accueille en septembre 2008 plus de 29 000 étudiants.
  • La Hogeschool Utrecht est une école supérieure à Utrecht, axée principalement sur les sciences appliquées. En 2007, la Hogeschool accueillait près de 34 000 étudiants.
  • La Utrecht School of the Arts est une autre école supérieure des beaux-arts qui propose des programmes relatifs aux beaux-arts, au design, à la musique, au théâtre, aux médias et la gestion des métiers de l’art.

Musées[modifier | modifier le code]

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Utrecht est une des premières grandes villes d'Europe à expérimenter le Revenu de base sur une partie de sa population dans le courant de l'année 2016.

Transports[modifier | modifier le code]

Utrecht est souvent considérée comme étant le centre des Pays-Bas. Cela est en grande partie lié à sa position géographique et aux infrastructures routières et ferroviaires qui en ont fait un pôle incontournable dans les déplacements aux Pays-Bas.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gare centrale d'Utrecht.

La gare centrale d’Utrecht est le centre névralgique du réseau de la Nederlandse Spoorwegen, la compagnie nationale des transports ferroviaires, la plus grande gare de correspondance du pays et la 2e en nombre de passagers, juste derrière Amsterdam-Central, mais devant Rotterdam-Central. Des trains partent dans toutes les directions du pays : vers le sud (Bois-le-Duc, Eindhoven, Maastricht), l’ouest (Rotterdam, La Haye), le nord (Amsterdam et au-delà Alkmaar et Den Helder, l’aéroport de Schiphol, Almere, Zwolle, Groningue, Amersfoort, Leeuwarden), et l’est (Arnhem, Nimègue, Enschede). La gare est aussi desservie par des trains ICE en direction de l’Allemagne (Cologne, Francfort et au-delà Munich, Bâle), et des trains de nuit à destination de Prague, Copenhague, Moscou et Zurich. À cela s’ajoutent les nombreux trains omnibus en provenant des villes alentour. D’autres gares secondaires sont situées sur la commune et d’autres sont en projet afin de créer à terme un véritable RER pour Utrecht et les villes aux alentours.

Utrecht abrite d’autre part le siège de la NS, ainsi que de Prorail, gestionnaire des infrastructures ferroviaires du pays.

Transport automobile[modifier | modifier le code]

Utrecht est situe à l'intersection de plusieurs autoroutes de très grande importance, provoquant de nombreux embouteillages dans la région. Ces autoroutes sont :

De nombreux travaux sont entrepris afin d'augmenter les capacités, car les bouchons d'Utrecht ont des répercussions dans l'ensemble du pays, en rendant difficile la circulation entre villes.

Bus et tram[modifier | modifier le code]

La ville possède des transports en commun exploités par le GVU. Les lignes desservent l'ensemble de la ville, ainsi que les quartiers de Vleuten/De Meern (qui ont été rattaches à la commune d'Utrecht), ainsi que Maarssen. Les GVU sont notamment connus pour exploiter des bus articulés très longs, à 3 éléments[6]. D'autres bus, exploités par Connexxion relient la ville aux autres villes et villages alentour, souvent en utilisant les autoroutes, avec la possibilité de passer sur la bande d'arrêt d'urgence en cas de ralentissement. Il existe d'autre part une ligne de tramway reliant Utrecht et les villes de Nieuwegein et IJsselstein exploitée elle aussi par Connexxion. D'autres lignes de tramway sont en projet, en direction des nouveaux quartiers de Leidsche Rijn, et à l'est vers Soest La gare d'Utrecht-Central est le point névralgique du réseau, et il s'agit de la plus importante gare de bus du pays.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://statline.cbs.nl/Statweb/publication/?DM=SLNL&PA=37230NED&D1=17-18,20&D2=57-60,63-65,67-71,73,75-77,81-82,84-86,88-91,93-97,100-594&D3=l&LA=EN&HDR=T&STB=G1,G2&VW=T
  2. Cette approche est compatible avec la notion de position au-delà de la frontière contrôlée, mais ouverte du limes romain en temps de paix civile. Notons, que contrairement aux idées reçues, il n'y avait alors ni taxes ni droits de passage ou de douanes à l'époque romaine classique.
  3. D'où probablement la renommée ancienne des mystiques d'Utrecht.
  4. http://statline.cbs.nl/statweb/
  5. http://utrecht.buurtmonitor.nl/
  6. un exemple ici

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]