Vermandois

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Le Vermandois est le pays dont la ville-centre est Saint Quentin

A l'époque contemporaine, le Vermandois est le pays dont la ville-centre est Saint-Quentin, ville du département de l'Aisne dans la région Hauts-de-France. Il est assimilé à l'arrondissement de Saint-Quentin.

Mais le Vermandois historique était beaucoup plus vaste. Le pagus Viromandensis du haut Moyen Âge correspondait à la plus grande partie de l'évêché du même nom, sauf un petit secteur autour de Noyon, appelé pagus noviomensis ou Noyonnais. Il était l'héritier de la civitas Viromanduorum, le territoire des Viromanduens (en latin Viromandui), du nom du peuple gaulois qui occupait la région.

Le nom de Vermandois est directement dérivé de celui des Viromandui par l'adjonction du suffixe -ensis, « relatif à » (à l’origine de certaines terminaisons françaises en –ois).

Durant le haut Moyen Âge, sa capitale a probablement été Vermand ; à partir du IXe siècle, c'est Saint-Quentin, fréquemment appelée dans les textes médiévaux, Saint-Quentin-en-Vermandois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Vermandois est érigé en comté par Louis Ier, fils de Charlemagne, en faveur du fils illégitime de son aîné Pépin, roi d'Italie, dont la famille, dite des Herbertiens, le possédera jusqu'au milieu du XIe siècle.

Herbert IV, huitième descendant de Pépin, étant mort, Eudes, son fils, fut dépouillé par les barons de son comté, qui fut donné à Hugues de France dit ensuite Hugues 1er de Vermandois, frère du roi capétien Philippe de France, Hugues étant l'époux d'Adèle, fille d'Herbert IV.

Le Vermandois passe ensuite à Raoul 1er, né en 1085, dit « le Vaillant » ou « le Borgne » connu aussi sous le nom de Raoul de Crépy. Il est le fils d'Hugues de France, comte de Valois et de Vermandois du chef de sa mère, Adèle. Il est de 1102 à 1152 le second comte de Vermandois et de Valois. Raoul s’est marié trois fois :

  • v. 1120 sa cousine Eléonore (répudiée en 1142) fille d’Étienne II de Blois, comte de Champagne et d’Adèle d’Angleterre ; ils ont :
    • Hugues II, né à Amiens le 9 avril 1127, décédé le 4 novembre 1212, comte de Vermandois et de Valois, puis religieux au couvent de Cerfroy.
  • 1142 sa cousine, Pétronille (ou Perronelle, dite enfin parfois Alix), née vers 1125, décédée en 1153, qui est la fille de Guillaume X, duc d’Aquitaine, et la sœur d’Aliénor d’Aquitaine, dont :
    • Élisabeth, dite Mabille, (1143 - 28/03/1183), épouse de Philippe d'Alsace, comte de Flandres.
    • Raoul II, dit le Jeune, Comte de Vermandois et de Valois, né en 1145, épouse en 1160 sa cousine Marguerite de Flandres dite d’Alsace (décédée le15 novembre 1194), fille de Thierry de Flandres dit d’Alsace. Atteint de la lèpre en 1163, son mariage n’est pas consommé et est rompu sans qu’il ait d’enfant. Il décède 17 juin 1167, sans postérité.

Le comté de Vermandois passe alors naturellement à Élisabeth, comtesse de Vermandois et de Valois (1167-1183), fille de Raoul Ier (mais aussi la nièce d'Aliénor d'Aquitaine, épouse du roi Henri II Plantagenet d'Angleterre ; elle est de ce fait la cousine germaine de Richard Cœur de Lion et Jean Sans Terre. Elle épouse en 1159 Philippe d'Alsace, comte de Flandre (de 1156 à sa mort en 1191), dont elle n'aura pas d'enfant.

Au lieu de rendre le comté de Vermandois à la mort d'Élisabeth, Philippe d'Alsace cherchera pendant de longues années à l'annexer. Il restera comte de Vermandois de 1167 (décès de Raoul II) à 1185. De retour de Palestine (où il avait décliné la régence du Royaume de Jérusalem), le roi Louis VII, revenu malade nomme Philippe d'Alsace tuteur de son jeune fils, Philippe Auguste. Ce dernier, couronné Roi de France le 1er novembre 1179 du vivant de son père très affaibli par la maladie, se rapproche de son parrain Philippe d'Alsace qui a besoin, de son côté, d’entrer dans les bonnes grâces du nouveau Roi. Il lui donne en mariage Isabelle, sa nièce (fille de Baudouin V de Hainaut), avec l’Artois pour dot.

Philippe Auguste qui cherche à agrandir le domaine royal, ne peut cependant tolérer l'annexion du Vermandois qui bafoue son autorité. La guerre éclate dès 1180. Le roi s'empare du Comté de Vermandois en 1185, et le réunit à la couronne de France en 1215.

Le Vermandois sera désormais le siège d'un bailliage. Sa coutume reste vivace jusqu'à la Révolution. On peut citer au XVIIème siècle, l'un de ses baillis:

  • Jean Béguin, Reims 1615-Reims 1692, seigneur de Chalons-sur-Vesle, lieutenant général du bailliage vers 1650.

Députés de 1789 du bailliage du Vermandois[modifier | modifier le code]

Bailliages secondaires : La Fère, Marle, Chauny, Couci, Guise, Noyon. (12 députés)

  • Noblesse.
    • 4. Desfossez (Charles-Jean-Louis, vicomte), chevalier, seigneur du Faux-Aumencourt et autre lieux, lieutenant de MM. les maréchaux de France aux bailliages de Soissons et Coucy-le-Château.
    • 5. Quémy (Charles-François-Louis de Maquerel de), ancien capitaine au régiment de Brie-infanterie, chevalier de Saint-Louis, seigneur de Quémy et autres lieux.
    • 6. Jean de Miremont (Charles-Jean-François-Alphonse, comte de), chevalier, capitaine au régiment de chasseurs du Languedoc.
  • Tiers état.
    • 7. Le Carlier, maire de Laon et secrétaire du roi.
    • 8. Viefville des Essars (Jean-Louis de), avocat et subdélégué de l'Intendant de Soissons en l'élection de Guise.
    • 9. Visme (Jacques-François-Laurent de), avocat et procureur-syndic de 1"assemblée intermédiaire de l'élection de Laon.
    • 10. Bailly (Charles-Maximin), laboureur à Crécy-aux-Monts.
    • 11. L'Eleu de la Ville aux Bois (Claude-Antoine), lieutenant en l'élection et subdélégué de l'intendance.
    • 12. Le Clercq de Lannoy (Jean-Antoine), laboureur, propriétaire de la seigneurie de Lannoy, y demeurant, bailliage de Chauny.

Suppléants.[modifier | modifier le code]

  • Clergé.
    • 1. Féquant (Jean-Marie), curé de Leschelles, près Guise.
  • Noblesse.
    • 2. Royer (Charles-Louis du), chevalier, seigneur de Savriennois et Flavy-le-Martel.
    • 3. Novion (Jean-Victor de), chevalier, capitaine au régiment de Vermandois.
    • 4. Lamirault de Noircourt (Jean-Baptiste), chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment de Condé-infanterie, seigneur d'Etréaupont.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Buridan, Les coustumes générales du vaillage de Vermandois, en la cité, ville, banlieue et prévosté foraine de Laon. Et les particulières de Ribemont, Sainct Quentin, Noyon et Coucy. Avec commentaires sur icelles..., Editeur : Reims : Nicolas Hécart, 1631.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]