Vermandois

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Vermandois
Blason de Vermandois
Héraldique
Vermandois
Carte du Vermandois, pays traditionnel de Picardie, indiquant ses villes et principaux bourgs.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Province Picardie Picardie
Région  Hauts-de-France
Départements  Aisne
 Somme
 Oise
Nord
Villes principales  Saint-Quentin
 Ham,
 Vermand,
 Beaurevoir,
 Vendeuil,
  Bohain-en-Vermandois,
Démographie
Gentilé Vermandisien, Vermendesien,
Vermandisienne, Vermendesienne,
Régions et espaces connexes Noyonnais 
Thiérache 
Santerre
Laonnois
Cambrésis
Géographie
Coordonnées 49° 51′ nord, 3° 17′ est
Comté de Vermandois

876–1215

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Le Comté de Vermandois au sein du Royaume de France c.1030
Informations générales
Statut fief mouvant de la
couronne de France.
Capitale Saint-Quentin
Langue(s) Latin médiéval
Ancien français
Histoire et événements
1215 Intégration au domaine royal

Entités suivantes :

Le Vermandois est un pays traditionnel de Picardie, départagé aujourd'hui entre les départements de l'Aisne en majeure partie, de la Somme, et de l'Oise et du Nord pour quelques petites portions. Cette région historique est entièrement contenue dans la région Hauts-de-France.

À l'époque contemporaine, le Vermandois est le pays dont la ville-centre est Saint-Quentin, ville du département de l'Aisne dans la région Hauts-de-France. Il est assimilé à l'arrondissement de Saint-Quentin.

Le Vermandois se trouve démembré par le Traité d'Arras de 1435, qui cède Saint-Quentin aux Bourguignons.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason du Vermandois

Les armoiries du Vermandois se blasonnent ainsi :
«  échiqueté d'or et d'azur, au chef aussi d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or[1]. »

Il s'agit des armoiries de la commune de Vermand, dont la région tient son nom. Sont parfois tenues comme armoiries du Vermandois celle du comté homonyme :

blason du Vermandois

Les armoiries du Vermandois se blasonnent ainsi :
« échiqueté d'or et d'azur[2]. »

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Vermandois est une région constituée d'une plaine crayeuse et de mamelons sableux. Traversée par la Somme, elle comprend également des zones humides en particulier aux environs des deux villes principales : Saint-Quentin et Vermand.

Carte du Vermandois.

Histoire[modifier | modifier le code]

1571, Coutume du Vermandois par Christophe de Thou.

Le pagus Viromandensis du haut Moyen Âge formait avec le pagus noviomensis ou Noyonnais la civitas Viromanduorum, le territoire des Viromanduens (en latin Viromandui), du nom du peuple gaulois qui occupait la région.

Le nom de Vermandois est directement dérivé de celui des Viromandui par l'adjonction du suffixe -ensis, « relatif à » (à l’origine de certaines terminaisons françaises en –ois).

Durant le haut Moyen Âge, sa capitale a probablement été Vermand ; à partir du IXe siècle, c'est Saint-Quentin, fréquemment appelée dans les textes médiévaux, Saint-Quentin-en-Vermandois.

L'évêché du même nom, héritier de la cité, voit son siège épiscopal transféré à Noyon au VIe siècle.

Le Vermandois est érigé en comté par Louis Ier, fils de Charlemagne, en faveur du fils illégitime de son aîné Pépin, roi d'Italie, dont la famille, dite des Herbertiens, le possédera jusqu'au milieu du XIe siècle.

Herbert IV de Vermandois, huitième descendant de Pépin, étant mort, Eudes, son fils, fut dépouillé par les barons de son comté, qui fut donné à Hugues de France dit ensuite Hugues Ier de Vermandois, frère du roi capétien Philippe de France, Hugues étant l'époux d'Adèle, fille d'Herbert IV.

Le Vermandois passe ensuite à Raoul Ier, né en 1085, dit « le Vaillant » ou « le Borgne » connu aussi sous le nom de Raoul de Crépy. Il est le fils d'Hugues de France, comte de Valois et de Vermandois du chef de sa mère, Adèle. Il est de 1102 à 1152 le second comte de Vermandois et de Valois. Raoul s’est marié trois fois :

  • v. 1120 sa cousine Éléonore (répudiée en 1142) fille d’Étienne II de Blois, comte de Champagne et d’Adèle d’Angleterre ; ils ont :
    • Hugues II, né à Amiens le , décédé le , comte de Vermandois et de Valois, puis religieux au couvent de Cerfroy.
  • 1142 sa cousine, Pétronille (ou Perronelle, dite enfin parfois Alix), née vers 1125, décédée en 1153, qui est la fille de Guillaume X, duc d’Aquitaine, et la sœur d’Aliénor d'Aquitaine, dont :
    • Élisabeth, dite « Mabille », (1143-), épouse de Philippe d'Alsace, comte de Flandres.
    • Raoul II, dit le Jeune, comte de Vermandois et de Valois, né en 1145, épouse en 1160 sa cousine Marguerite de Flandres dite d’Alsace (décédée le ), fille de Thierry de Flandres dit d’Alsace. Atteint de la lèpre en 1163, son mariage n’est pas consommé et est rompu sans qu’il ait d’enfant. Il décède le , sans postérité.

Le comté de Vermandois passe alors naturellement à Élisabeth, comtesse de Vermandois et de Valois (1167-1183), fille de Raoul Ier (mais aussi la nièce d'Aliénor d'Aquitaine, épouse du roi Henri II Plantagenet d'Angleterre ; elle est de ce fait la cousine germaine de Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Elle épouse en 1159 Philippe d'Alsace, comte de Flandre (de 1156 à sa mort en 1191), dont elle n'aura pas d'enfant.

Au lieu de rendre le comté de Vermandois à la mort d'Élisabeth, Philippe d'Alsace cherchera pendant de longues années à l'annexer. Il restera comte de Vermandois de 1167 (décès de Raoul II) à 1185. De retour de Palestine (où il avait décliné la régence du Royaume de Jérusalem), le roi Louis VII, revenu malade nomme Philippe d'Alsace tuteur de son jeune fils, Philippe Auguste. Ce dernier, couronné roi de France le du vivant de son père très affaibli par la maladie, se rapproche de son parrain Philippe d'Alsace qui a besoin, de son côté, d’entrer dans les bonnes grâces du nouveau roi. Il lui donne en mariage Isabelle, sa nièce (fille de Baudouin V de Hainaut), avec l’Artois pour dot.

Philippe Auguste qui cherche à agrandir le domaine royal, ne peut cependant tolérer l'annexion du Vermandois qui bafoue son autorité. La guerre éclate dès 1180. Le roi s'empare du comté de Vermandois en 1185, et le réunit à la couronne de France en 1214 ainsi que le comté d'Amiens[3].

Le Vermandois sera désormais le siège d'un bailliage. Sa coutume reste vivace jusqu'à la Révolution, elle couvrait une partie de la Champagne, les bailliages de Troyes, de Reims, de Chalons.

Les principales villes du bailliage de Vermandois sont au XVIe siècle Laon, Soissons, Noyon, Saint-Quentin, Ribemont en Thiérache, Coucy[4].

Le bailliage de Vermandois se trouve démembré par le Traité d'Arras de 1435, qui cède les Villes de la Somme, dont Saint-Quentin, aux Bourguignons. La ville fera ensuite partie jusqu'à la Révolution du gouvernement de Picardie, tandis que « le bailliage de Vermandois, réservé la ville de Saint-Quentin », en d'autres termes, Laon, Soissons, Noyon, Ribemont, Coucy restent au gouvernement de l'Île-de-France[5].

Il résulte de ce démembrement de fréquentes "hésitations" sur les limites de l'Île-de-France et de la Picardie historiques, qui comportent chacune une partie du bailliage de Vermandois, beaucoup plus étendu que le Vermandois originel ou naturel de la haute vallée de la Somme.

On peut citer au XVIIe siècle, l'un de ses baillis :

  • Jean Béguin, Reims 1615 - Reims 1692, seigneur de Chalons-sur-Vesle, lieutenant général du bailliage vers 1650.

Le titre de comte de Vermandois fut donné en 1669 par Louis XIV au fils légitimé qu'il avait eu de Madame de La Vallière. Le prince mourut prématurément en 1683 au siège d'Arras sans laisser de postérité.

Députés de 1789 du bailliage du Vermandois[modifier | modifier le code]

Bailliages secondaires : La Fère, Marle, Chauny, Couci, Guise, Noyon (douze députés).

Suppléants[modifier | modifier le code]

  • Clergé.
    • 1. Féquant (Jean-Marie), curé de Leschelles, près Guise.
  • Noblesse.
    • 2. Royer (Charles-Louis du), chevalier, seigneur de Savriennois et Flavy-le-Martel.
    • 3. Novion (Jean-Victor de), chevalier, capitaine au régiment de Vermandois.
    • 4. Lamirault de Noircourt (Jean-Baptiste), chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment de Condé-infanterie, seigneur d'Etréaupont.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Vermandois - La base Héraldique de FranceGenWeb », sur www.francegenweb.org (consulté le )
  2. « Vermandois - La base Héraldique de FranceGenWeb », sur www.francegenweb.org (consulté le )
  3. Denis Hayot, L'architecture fortifiée capétienne au XIIIe siècle - Un paradigme à l'échelle du royaume : Monographies Picardie, Artois, Flandre, Chagny, Édition du centre de castellologie de Bourgogne, , 568 p. (ISBN 979-10-95034-23-0), p. 11.
  4. Coustumes du bailliage de Vermandois, Christophe de Thou, 1571
  5. L'Île-de-France. Son origine, ses limites et ses gouverneurs, p. 1-43, Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, Auguste Longnon, 1875

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Buridan, Les coustumes générales du bailliage de Vermandois, en la cité, ville, banlieue et prévosté foraine de Laon. Et les particulières de Ribemont, Sainct Quentin, Noyon et Coucy. Avec commentaires sur icelles..., Éditeur : Reims : Nicolas Hécart, 1631.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]