Soissonnais

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Soissonnais
Pays France
Région française Hauts-de-France
Département français Aisne, Oise
Villes principales Compiègne
Soissons
Villers-Cotterêts
Choisy-au-Bac
Pierrefonds
Cuise-la-Motte
Vic-sur-Aisne
Trosly-Breuil
Attichy
Tracy-le-Mont
Blérancourt
Morienval
Relief Succession de plateaux et de vallées
Régions naturelles
voisines
Noyonnais
Laonnois
Tardenois
Orxois
Valois

Image illustrative de l'article Soissonnais
Localisation

Le Soissonnais est une région naturelle de France, située au coeur du Bassin Parisien, à cent kilomètres au nord de Paris, dans l'ancienne région administrative de Picardie.

Au delà de ses caractéristiques géographiques et géologiques, le Soissonnais est marqué par une architecture typique forte et riche, celle de la pierre de taille et des pignons à redents dits aussi pignons à gradins ou pas de moineaux, liée tant à son histoire qu'à la présence de pierres calcaires dont l'exploitation contribuera également à la construction des monuments historiques les plus célèbres de Paris et de ses environs, comme la Cathédrale Notre Dame de Paris, le Panthéon, le Grand Palais ou encore le Château de Versailles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le Soissonnais est une région naturelle française située dans la région administrative des Hauts-de-France [1], sur les départements de l'Oise et de l'Aisne et comprenant 3 sous-entités paysagères : la Vallée de l'Oise Compiègnoise, la Vallée de l'Aisne et les Plateaux du Soissonnais.

Le tableau suivant renseigne sur les autres régions naturelles entourant la région du Soissonnais.

Régions Naturelles Petites Régions Naturelles
Nord Laonnois Chaunois, Massif de Saint-Gobain, Collines du Laonnois
Est Champagne Pays Rémois
Sud Tardenois, Orxois, Valois
Ouest Noyonnais (Nord-Ouest)

Plateau Picard (Sud-Ouest)

Vallée de l'Oise Noyonnaise

Plaine d'Estrées-Saint-Denis

Les frontières naturelles[modifier | modifier le code]

Les frontières naturelles du Soissonnais

La région naturelle du Soissonnais est délimitée par des frontières géographiques naturelles très nettes [1] que forment principalement 4 rivières : l'Oise à l'Ouest, l'Ailette au Nord et l'Automne et l'Ourcq au Sud.

Plus précisément, ces frontières géographiques sont :

Carte du Diocèse de Soissons - 1656

Il est intéressant de constater que les frontières de la région naturelle du Soissonnais s'accordent assez bien avec les limites de l'ancien Diocèse de Soissons. Et pour cause, l'église, avait pour habitude de définir les limites de ses circoncriptions en respectant les limites naturelles des territoires où elle s'établissait, bien souvent les mêmes limites qui formaient les différents territoires des peuples de la Gaule. Ainsi, le diocèse de Soissons avait également pour limites, au Nord l'Ailette (Laeta, Delleta), à l'Ouest l'Oise (Isara), jusqu'à Rhuis (au dessous de Verberie), de Rhuis, au Sud, la limite suivait la vallée de l'Automne (Altomna, Automna) et descendait plus au Sud vers Ormoy-le-Davien pour gagner l'Ourcq (Urc, Urcum) au ru d'Alland, qu'elle traversait à l'Est sous la Ferté-Milon.[2]

Le Soissonnais fut connu pendant plusieurs siècles comme étant le "Grenier de Paris"; aussi est-il intéressant d'étudier les limites de la Région Agricole du Soissonnais définies par l'INSEE en 1946, qui s'inspirent largement de celles la région de la région naturelle. Cette région administrative comporte 278 communes dont 27 se situent dans le département de l'Oise[3],[4] : Attichy, Autrêches, Berneuil-sur-Aisne, Bitry, Chelles, Choisy-au-bac, Compiègne, Couloisy, Courtieux, Croutoy, Cuise-la-Motte, Hautefontaine, Jaulzy, Lacroix-Saint-Ouen, Moulin-sous-Touvent, Nampcel, Pierrefonds, Rethondes, Saint-Crépin-aux-Bois, Saint-Etienne-Roilaye, Saint-Jean-aux-Bois, Saint-Pierre-les-Bitry, Saint-Sauveur, Tracy-le-Mont, Tracy-le-Val, Trosly-Breuil, Vieux-Moulin. Dans ce découpage administratif agricole de 1946, les communes du versant Nord de la vallée de l'Automne du Soissonnais étaient détachées du Soissonnais pour être rattachées au Valois.

Carte géologique du Soissonnais

Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

La région naturelle du Soissonnais est caractérisée par 2 types de reliefs : Les plateaux du Soissonnais divisés en blocs et le relief en creux de ses nombreuses vallées. Les vallées du Soissonnais composent son réseau hydrographique qui appartient au réseau hydrographique du Bassin Seine-Normandie.

Les vallées les plus importantes du Soissonnais sont :

Un réseau hydrographique secondaire de plusieurs dizaines de petites rivières, ruisseaux et rus compose de plus petites vallées fluviales et vallons dont les plus remarquables sont la vallée de la Jocienne, la vallée de Vaux, la vallée de l'Argentel, la vallée du Ru de Berne qui traverse les villages de Pierrefonds et de Vieux-Moulin avant de se jetter dans l'Aisne, la vallée du Vandy, la vallée du Ru de Bonneuil, la vallée du Ru de Longpré, la vallée de du ru de Retz (ou vallée de Retz) qui traverse le village de Montgobert, puis rejointe par le ru de Saint-Pierre-Aigle avant de traverser les villages de Coeuvres-et-Valsery et Ambleny pour enfin se déverser dans l'Aisne

Géologie[modifier | modifier le code]

D'un point de vue géologique, le Soissonnais appartient plus largement au Bassin parisien et correspond au domaine des formations d’âge Cénozoïque. La région est notamment constituée d’un ensemble de plateaux découpés par l’Aisne et ses affluents. Situé sur les marges des Pays de la craie (Picardie et Champagne). Ces plateaux du Soissonnais correspondent à la plateforme structurale des calcaires du Lutétien. Au sud, le territoire est limité par une série de petites buttes couronnées de terrains du Miocène plus récents disposés sur une ligne ouest-est, passant au nord de Villers-Cotterêts et de Fère-en-Tardenois[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contrairement aux limites naturelles des régions géographiques, les frontières des divisions civiles et militaires de la France furent fréquemment déplacées au cours des siècles; ainsi, le Pays du Soissonnais de l'Empire Romain d'Occident ne fut ni celui du Vème siècle ni celui du XVIIème et n'en conservera ni l’étendue ni la circonscription d’origine. Il est toutefois utile de tenir compte de cette histoire tant elle laissera d'empreintes au paysage de cette région.

Le Soissonnais dans l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité gauloise, le Soissonnais correspond au territoire de la Gaule septentrionale ou Gaule Belgique occupé par le peuple gaulois des Suessions ou Suessiones, centré initialement autour de la ville de Soissons et de la Vallée de l'Aisne, puis qui s'étendra de l'Oise à la Marne. Il est entourré par les territoires des Rèmes, des Viromanduens, des Bellovaques, des Silvanectes et des Meldes, et à l'époque gallo-romaine des Tricasses[6].

Pour comprendre les premières divisions franques, il est utile de comprendre les divisions romaines dont les francs adopteront le système de découpage.

En 57 av. J.-C., la bataille de l’Aisne à Berry-au-Bac marque le début de la domination romaine dans la région. L'organisation romaine de la Gaule donne naissance à la Civitas Suessionum (Cité de Soissons); il faut comprendre par Civitas

La Civitas Suessionum dont le territoire correspond à celui du peuple des Suessions et plus tard au Diocèse de Soissons. La Civitas Suessionum compte cinq pagi ou pays, correspondant chacun au territoire d'une tribu [7] :

  • Le Pagus Suessionicus ou Pays du Soissonnais ou Comté de Soissons
  • Le Pagus Orcensis ou Urcisus ou Pays de l'Orxois
  • Le Pagus Tardanisus ou Pays du Tardenois
  • Le Pagus Vadensis ou Pays du Valois
  • Le Pagus Briegius ou Briegensis ou Pays de Brie

D'après l'historien Adolphe Chéruel, le pagus repose sur une distinction naturelle du sol, sur sa configuration géologique ou géographique. On peut alors deviner que les frontières de la région naturelle du Soissonnais et du Pagus Suessonicus étaient assez proches.

Le Pagus Suessonicus a pour limites au Nord-Ouest le Pagus Noviomagensis (Pays du Noyonnais), au nord-est le Pagus Laudunensis (Pays du Laonnois), au sud-est le Pagus Tardensis (Pays du Tardenois), au sud-ouest le Pagus Vadensis (Pays du Valois) et à l’ouest le Pagus Rossontensis (Pays de Resson).

De Diviciacos (début du Ier siècle), roi des Suessions, généralissime des Belges et « empereur » de Bretagne à Aetius (début du Ve siècle) qui choisit Soissons comme capitale de la Gaule Romaine, le Soissonnais occupe ainsi une position de premier plan.

Le Diocèse de Soissons naît au iiie siècle. Sinice vient évangéliser les régions de Soissons et de Reims en compagnie de Sixte qui le désignera 1er évêque de Soissons. À la mort de Sixte, Sinice devient également évêque de Reims. Les limites du Diocèse sont encores floues et s'étendent surtout à l'Est de la région naturelle du Soissonnais.

Le Soissonnais au Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Le domaine de Syagrius en 481

Le Royaume de Soissons de 476 à 486[modifier | modifier le code]

En septembre 476, après l'abdication de Romulus Augustule, dernier empereur de l'Empire Romain d'Occident, l'ancienne province de Gaulle de cet empire devient une enclave autonome et indépendante constituant le Domaine Gallo-Romain. D'un point de vue géographique, les frontières du Royaume dépasse largement les limites de la région naturelle; il comprend notamment une grande partie du bassin parisien et s'étend du Rhin jusqu'à la Loire; il a pour frontières au Nord le Royaume des Francs Saliens et au Sud celui des Wisigoths. Les cités principales du Domaine Gallo-Romain sont  Noviomagus Veromanduorum (Noyon), Augustomagus (Senlis) et Augusta Suessionum (Soissons) où réside Syagrius, dernier représentant du pouvoir gallo-romain dans la région. Si ce dernier gouverne sous le titre de dux (général), plus haut grade de l'armée romaine, les rois des royaumes voisins font référence à lui comme "Roi des Romains" et même si son domaine n'a rien d'un Royaume, celui-ci devient pourtant ce que l'on nomme pour la première fois comme étant le Royaume de Soissons.

En 481, à la mort de Childéric 1er, roi du Royaume des Francs Saliens, fils de Mérovée, premier représentant de la Dynastie des Mérovingiens, Clovis 1er hérite de ce territoire voisin du Royaume de Syagrius qui s'étend du Rhin à la Mer du Nord. 

En 486, Clovis oppose une vision radicalement différente de son père qui s'était jusqu'alors entendu avec les Romains, et mène contre Syagrius la bataille de Soissons dont il sort victorieux. Les Francs, s’emparent rapidement des cités avoisinantes de Soissons, conduisant à la disparition de la présence romaine et du Royaume de Soissons sous domination Romaine et à l'avénement du Royaume des Francs dont le pourtour quasi définitif fait suite à la victoire de l'armée de Clovis et de son fils aîné Thierry contre les Wisigoths lors de la bataille de Vouillé en 507.

Le Royaume de Soissons de 511 à 561[modifier | modifier le code]

Le Royaume de Soissons en 511

À la mort de Clovis en 511, le royaume est divisé entre ses quatre fils, comme le prévoit la Loi salique. L'aîné, Thierry (Theuderic), né d'un premier mariage, reçoit le Royaume de Reims qu'il a conquis avec son père avant sa mort, car c'est également le territoire le plus menacé par les Burgondes et les Germains.

Les trois autres fils de Clovis, issus de son union avec Clotilde,  fille du roi burgonde Chilpéric II, héritent du reste du Royaume : Clodomir reçoit le Royaume d'Orléans, Childebert le Royaume de Paris et Clotaire, le benjamin, hérite du nouveau Royaume de Soissons.

Une fois encore, les limites du Royaume de Soissons s'étendent bien au delà de celles de la région naturelle du Soissonnais; le Royaume de Soissons est alors subdivisé en deux parties distinctes, l'une au Nord, en Gaule belgique, où se situe sa capitale à Soissons et l'autre au Sud, en Gaule aquitaine.

En 524, à la mort de Clodomir lors de la Bataille de Vézeronce contre les Burgondes (Royaume de Bourgogne), les trois fils de Clodomir, sont beaucoup trop jeunes pour pouvoir siéger sur le trône. Clotaire épouse alors la veuve de Clodomir, Gondioque, Reine d'Orléans, dans le but de trouver un accord avec son frère Childebert pour se partager le Royaume d'Orléans.

En 532, pour éviter que l'un des fils de Clodomir revendique un jour le trône d'Orléans, comme le veut la loi salique, Clotaire et Childebert organisent l'assassinat des jeunes héritiers puis se partagent avec Thierry le territoire de leur défunt frère. La partie Sud de ce territoire comprenant la ville d'Orléans revient à Childebert.

En 534, le Royaume de Soissons s'agrandit encore suite à la conquête et au partage du Royaume de Bourgogne par Childebert, Clotaire et Thibert Ier, fils de Thierry, qui a hérité du Royaume de Reims à la mort de son père quelques mois plus tôt. Thibert meurt en 548 lors d'une partie de chasse laissant un unique héritier qui meurt de maladie en 555, sans laisser de descendance et Childebert 1er meurt en 558, ne laissant derrière lui que des filles. L'ensemble des royaumes sont alors réunifiés sous Clotaire qui devient roi des Francs jusqu'à sa mort en 561.

Le Royaume de Soissons après 561[modifier | modifier le code]

Royaume de Soissons en 561

A la mort de Clotaire en 561, le Royaume est à nouveau divisé entre ses quatre fils.

Bien qu'ayant reçu quelques enclaves situées dans les autres royaumes, comme Nantes et Rouen, le Royaume de Soissons de Chilpéric est alors le plus petit des quatre royaumes, surtout comparé au Royaume de Paris qui est cinq fois plus grand. Pourtant, le partage était censé être égal; les critères de découpage tenant compte non pas de la superficie mais du nombre de cités et des caractéristiques patrimoniales des territoires.

Le Soissonnais sous les Carolingiens[modifier | modifier le code]

Sous les Carolingiens, la France va se structurer en donnant naissance à de nouvelles circonscriptions administratives. Pour comprendre la naissance du nouveau Pays du Soissonnais en 853, il est utile de se plonger quelques années en arrière.

En 751, Pépin le bref, recrute parmi ses vassaux de petite noblesse, des messagers appelés "missi dominici", chargés de vérifier la bonne exécution de ses ordres au sein du royaume, lui permettant ainsi de gouverner à distance. La mission de ces envoyés spéciaux évolue sous Charlemagne, fils de Pépin le Bref en 802; les Misssi Dominici sont alors choisis parmi des personnalités de plus haut rang et deviennent des représentants officiels du pouvoir royal; Se déplaçant en collège de deux ou trois, ils comportent à minima un comte et un ecclésiastique, généralement un évêque. Notons au passage que le titre de noblesse « comte », issu du latin comes (compagnon), est un terme repris de l'Empire Romain sous lesquel il désignait un conseiller de l’empereur. Sous les Franques Mérovingiens et jusqu'en 853, sous les Carolingiens, les comtes n'assurent que des fonctions fiscales, militaires et judiciaires, mais pas encore de fonctions régaliennes sur un territoire défini et permanent; ansi les comtes existèrent avant que le terme « comté» n’apparaisse.

En 814, les limites ecclésiastiques du Diocèse de Soissons sont fixées par un acte du Concile de Noyon.

Le Capitulaire de Servais : Emergence du Pays du Soissonnais[modifier | modifier le code]
Planche I. Le Capitulaire de Servais, 853. Carte des Pagi et des Missatica

En novembre 853, à Servais (Aisne), Charles le Chauve promulgue le "Capitulare missorum Silvacense", appelé plus simplement le Capitulaire de Servais, qui créée douze circonscriptions officielles ou Missatica (au singulier Missaticum), équivalent de nos régions administratives actuelles, comprenant chacune plusieurs Pagi (au singulier : Pagus pour Pays) attribuées par le Roi aux Missi Dominici.

Une fois encore, les missions des Missi Dominici ont évoluées puisque le roi leur attribue un rôle d’administrer la région et d’exercer leur pouvoir sur le territoire qu’ils ont reçus. Les Pagi deviennent ainsi de véritables subdivisions administratives et pas seulement de simples territoires militaires.

Le deuxième missaticum comprend 5 Pagi ou Pays

  • Pagus Laudunisus (11) : Pays du Laonnois
  • Pagus Portianus (12) : Pays du Porcien
  • Pagus Suessonicus (13): Pays du Soissonnais
  • Pagus Urcisus. l'Orceois (14): Pays de l’Orxois
  • Pagus Vadisus (15) : Pays du Valois
Le Capitulaire de Quierzy-sur-Oise : Emergence du Comté du Soissonnais[modifier | modifier le code]

En 877, Charles le Chauve promulgue un nouveau capitulaire, le Capitulaire de Quierzy-sur-Oise, qui donne les premiers contours de la noblesse carolingienne. Le roi qui réunit alors ses troupes pour une expédition militaire en Italie, doit rassurer ses comtes en leur promettant de ne pas leur enlever leurs terres s'ils mourraient au combat[8]. L'article 9 du capitulaire de Quierzu-sur-Oise répond à cette appréhension : "Le fils d'un compte sera honoré par le roi des honneurs paternels, que le roi conférera la dignité du père au fils". La succession des fiefs devient héréditaire et les comtes de véritables souverains sur leurs terres. Du fait de la juridiction qu’exerçaient ces nouvelles dynasties sur leur territoire, nait ainsi le terme "Comté" qui sera ainsi attribué au territoire administré par un Comte. Le terme comté qui s'appliquera en premier lieu aux "Pays" créés par le Capitulaire de Servais, s'étendra rapidement à des subdivisions civiles plus restreintes. Ainsi, emergeront plus tard de nouveaux comtés dont le territoire ne représentera qu'un canton, une ville, un bourg, voire même un château autour de son fief. 

En 895, apparaît ainsi pour la première fois la mention d'un Comté du Soissonnais, administré par Herbert Ier de Vermandois, appartenant à la famille des Herbertiens ou Maison de Vermandois, issue de la dynastie carolingienne, déjà seigneur de Péronne et de Saint-Quentin, Comte de Meaux, de Madrie, du Vexin, de Mézerais, et comte de Vermandois devient le premier Comte de Soissons. A cette époque, les villes importantes étaient possédées par des Barons, seigneurs qui en portaient le nom (exemple : Seigneur de Coucy); Entre le Xème et XIIIème siècles, les seigneuries connaîssent leur apogée et au début du XIVème, quasiment toutes les villes du Comté de Soissons disposeront de leur propre seigneurie, organisée autour d'un château plus ou moins imposant. Certaines familles plus considérables détenaient des fiefs et arrières-fiefs et rendaient la justice seigneuriale. notamment la Maison de Soissons-Nesle, la Maison d'Avesnes-Hainaut ou encore celle de Coucy.

Le Soissonnais à l'Epoque Moderne[modifier | modifier le code]

Le Soissonnais sous l'Ancien Régime

Sous l'Ancien Régime, le Soissonnais fait référence au Pays du Soissonnais également nommé Comté de Soissons. A cette époque de l'Histoire de France, le "Pays" désigne une subdivision d'une Province; c'est une entité administrative à part entière correspondant à une zone de gouvernement militaire et chargée de faire appliquer les décisions politiques de la Province. Tout comme les Pays du Laonnois, du Noyonnais, du Valois et du Beauvaisis, le Pays du Soissonnais appartient à la Province d'Ile de France. De 1589, qui signe l'arrivée d'Henri IV sur le trône de France en 1589, premier souverain de la Maison capétienne de Bourbon, à 1789, le Pays du Soissonnais fut ainsi gouverné par plusieurs comtes de Maisons illustres de la Noblesse Française dont celle de la lignée capétienne de la Maison de Bourbon : Jean de Bourbon-Vendôme, Louis Ier de Bourbon-Condé, Charles de Bourbon-Soissons, Louis de Bourbon-Soissonsou encore Marie de Bourbon-Soissons. A la fin du XVXIIIème siècle, à la veille de la révolution, on recense en France trente quatre provinces et plus encore de Pays, mais ces derniers sont surtout devenues des sources de revenus fonciers pour leurs propriétaires. La majeure partie des terres du Pays du Soissonnais appartiennent aux grandes familles de la Noblesse française qui résident à la Cour et utilisent surtout leur demeure seigneuriale pour la chasse et les plaisirs. Ainsi, le Duc Philiipe d’Orléans, dernier Comte de Soissons, frère de sang de Louis XIV, qui lui avait fait cadeau du Château de Villers-Cotterêts se rendait avant tout dans sa résidence pour la chasse et se promener dans son parc aménagé par Le Nôtre avant d'y être exilé après s'être opposé à un édit financier lors d'une séance royale le 19 novembre 1788.

Généralité de Soissons entre 1780 et 1783 
Les Pays d'élection et les Pays d'Etat sous l'Ancien Régime

En 1542, l'Edit de Cognac, crée d'autres entités administratives pour réorganiser la perception de l'impôt : les Généralités. Ces circoncriptions fiscales sont indépendantes des Pays même si leurs frontières correspondent peu ou prou à celles des Pays. Pour faciliter la collecte et tenir compte des disparités fiscales au sein de chaque Pays, chaque Généralité est subdivisée en secteurs plus petits nommés Elections ou encore Pays d'élection. Ces Pays s'opposent aux Pays d'Etats, qui ont consérvé la possibilité de délibérer et de décider dans le domaine de la fiscalité. La Généralité de Soissons[9] est créée en 1595 et compte sept élections : Château-Thierry, Clermont-en-Beauvaisis, Crépy-en-Valois, Guise, Laon, Noyon et Soissons [10]. La généralité de Soissons s'étendra jusqu'à la révolution au delà des frontières du Pays du Soissonnais pour englober, une partie du Valois et du Beauvaisis, le Noyonnais et une partie du Vermandois.

Le Soissonnais à l'Epoque Contemporaine[modifier | modifier le code]

Après la révolution française, en 1790, le Soissonnais quitte la Province d'Ile de France pour ne devenir de 1791 à 1795 qu'un district de l'actuel département de l'Aisne, lors du redécoupage des provinces en 83 départements. D'abord nommé le 4 janvier 1790 "département du Vermandois-et-Soissonnais", il est renommé le 26 février 1790 "département de l'Aisne". Ce dernier adopte les limites départementales qu'on lui connait aujourd'hui correspondant approximativement à au territoire de la Généralité de Soissons (élections de Soissons, Laon et Guise) à laquelle est ajoutée l'élection de Saint-Quentin prise à la généralité d'Amiens. Laon devient la préfecture de l'Aisne et Soissons perd de son influence politique et territoriale. Le district de Soissons se compose alors de 11 cantons : Acy, Bazoches, Braisne, Bucy, Cœuvres, Oulchy-le-Château, Septmont, Soissons, Vailly, Vic-sur-Aisne et Villers-Cotterêts. En 1800, le département est redécoupé et le Soissonnais devient l'un des cinq arrondissements de l'Aisne.

Au XXième siècle, les limites du Soissonnais n'évolueront plus mais les deux grandes guerres modifieront pour longtemps les paysages de la région qui fut l'une des plus durement touchée. Lors de la Première Guerre mondiale, certaines bataillées resteront tristement célèbres pour leurs dommages occasionnés et leur nombre de morts. La Bataille du Chemin des Dames, du 16 avril au 24 octobre 1917 est certainement l'une des plus violente avec près de 200 000 morts du côté des Alliés. La Bataille du Soissonnais dite également Bataille du Soissonnais et de l'Ourcq qui se déroule du 18 au 22 juillet 1918 fait quant à elle plus de 120 000 morts en à peine quelques jours. De nombreuses autres batailles comme celle de la Malmaison ou encore celle de l'Ailette, auront des conséquences dramatiques pour la région tant sur le plan humain, qu'architectural. La Seconde Guerre Mondiale sera à nouveau le théâtre de violents combats pour le Soissonnais aux mois de mai et juin 1940 lors de la Bataille de l'Ailette.

La région naturelle du Soissonnais est aujourd'hui parfois confondue avec d'autres limites administratives comme celles de l'actuel Pays du Soissonnais, dont les limites territoriales fixées par l'arrêté prefectoral du 22 février 2005, sont celles d'une unité administrative correspondant au bassin économique situé autour de Soissons et regroupant la Communauté d'agglomération du Soissonnais, la Communauté de communes de Retz-en-Valois, la Communauté de communes du Val de l'Aisne et de la Communauté de communes du canton d'Oulchy-le-Château.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Denis Rolland, Architectures rurales en Picardie - Le Soissonnais, Editions Créer, , 272 p. (ISBN 9782909797250, lire en ligne), p. 66
  2. Stanislas Auteur du texte Prioux, Civitas Suessionum : mémoire pour servir d'éclaircissement à la carte des Suessiones / par Stanislas Prioux,..., Didier, (lire en ligne)
  3. Les Petites Régions Agricoles des Hauts de France [PDF] draaf.hauts-de-france.agriculture.gouv.fr
  4. « Les petites régions agricoles par régions, départements, communes »
  5. Charte pour l'environnement et le développement durable, « Valorisation du patrimoine naturel du Soissonnais - Vallée de l'Aisne », Département de l'Aisne,‎ (lire en ligne) [PDF]
  6. Stanislas Prioux, « Cartes des Suessiones (civitas Suessionum) », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  7. Kaiser Reinhold. Aspects de l'Histoire de la civitas suessionum et du diocèse de Soissons aux époques romaine et mérovingienne. In: Cahiers archéologiques de Picardie. N°1, 1974. pp. 115-122.
  8. Émile (1857-1934) Bourgeois, Le capitulaire de Kiersy-sur-Oise (877) : étude sur l'état et le régime politique de la société carolingienne à la fin du IXe siècle, d'après la législation de Charles le Chauve / par Émile Bourgeois,..., Hachette, (lire en ligne)
  9. Conseil Régional de Picardie, « Le Soissonnais - Conseil régional Hauts-de-France », sur www.picardie.fr (consulté le 8 septembre 2017)
  10. Les structures anciennes de la Généralité de Soissons, Société Archéologique, Historique et Scientifique de Soissons, http://www.sahs-soissons.org/menu/cadre.php?page=docg_generalite&som=doc&tpg=tp