Soissonnais

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Soissonnais
Subdivision administrative Hauts-de-France
Subdivision administrative Aisne
Villes principales Soissons
Relief plateaux, vallée

Le Soissonnais désigne un ensemble géographique, historique et administratif situé dans le département de l'Aisne en région des Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La région naturelle ou pays du Soissonnais occupe le centre du département de l’Aisne autour de la ville de Soissons et de la vallée de l'Aisne. Elle est encadrée par le Valois, le Noyonnais, le Laonnois, le Rémois, le Tardenois et l'Orxois[1].

La région est constituée d’un ensemble de plateaux découpés par l’Aisne et ses affluents. Situé sur les marges des pays de la craie (Picardie et Champagne), le Soissonnais appartient aux pays d'Île-de-France et correspond au domaine des formations d’âge Cénozoïque.

Ces plateaux du Soissonnais correspondent à la plateforme structurale des calcaires du Lutétien.

La vallée de l’Aisne, orientée est-ouest, constitue la colonne vertébrale du principal réseau hydrographique. A l’ouest, cette vallée partage les plateaux en deux régions d’égale importance, tandis qu’à l’est le cours de la Vesle introduit une subdivision : le plateau de Brenelle, au revêtement plus sableux.

Au nord, les plateaux sont bordés par la vallée de l’Ailette, affluent de l’Oise, également très encaissée, qui isole, dans l’angle nord-est, l’extrémité occidentale des collines du Laonnois.

Au sud, le territoire est limité par une série de petites buttes couronnées de terrains du Miocène plus récents disposés sur une ligne ouest-est, passant au nord de Villers-Cotterêts et de Fère-en-Tardenois[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Soissonnais (ou Soisonnois) au sein de l'Île-de-France sous l'Ancien Régime.

Le Soissonnais correspond tout d'abord au territoire du peuple gaulois des Suessions ou Suessiones, centré sur la ville de Soissons et la vallée de l'Aisne, qui s'étendait de l'Oise au nord à la Marne au sud (avec une pointe vers Montmirail sur le Petit Morin). Il est encadré par les territoires des Rèmes, des Viromanduens, des Bellovaques, des Silvanectes et des Meldes, et à l'époque gallo-romaine des Tricasses[3].

En 57 av. J.-C., la bataille de l’Aisne (Berry-au-Bac) marque le début de la domination romaine dans la région.

L'organisation romaine de la Gaule donne naissance à la civitas Suessionum (cité de Soissons), dont le territoire correspond à celui du peuple des Suessions et plus tard au Diocèse de Soissons. La civitas Suessionum compte cinq pagi ou pays, correspondant chacun au territoire d'une tribu : le pagus Suessonicus avec pour chef-lieu la ville épiscopale de Soissons, le pagus Tardunensis (Tardenois), le pagus Otmensis (Omois), le pagus Vadensis (Valois)[4].

Le pagus Suessonicus a pour limites au nord-ouest le pagus Noviomagensis (Noyon), au nord-est le pagus Laudunensis (Laon), au sud-est le pagus Tardensis (Tardenois), au sud-ouest le pagus Vadensis (Valois) et à l’ouest le pagus Rossontensis (Beauvais). Le pagus Suessonicus correspond donc à un territoire plus restreint que la civitas Suessionum. L'étendue du pagus Suessonicus coïncide avec le grand archidiaconé de Soissons ou le comté de Soissons du Xe siècle, voir la liste des comtes de Soissons.

Dès l'antiquité celtique, le territoire des Suessions occupe une position de premier plan. Diviciacos (début du Ier siècle), roi des Suessions, est généralissime des Belges et « empereur » de Bretagne. Aetius (début du Ve siècle) choisie comme capitale ce qui restait de romanité en Gaule après le sac de Rome par les barbares : Soissons.

Au Ve siècle, le royaume de Soissons, ou royaume de Syagrius, successeur d'Aetius et dernier représentant du pouvoir gallo-romain en Gaule du Nord, s'étend entre la Somme et la Loire avec pour capitale Soissons.

En 486, la victoire de Clovis sur Syagrius à la bataille de Soissons conduit à la disparition de la présence romaine et à l'avènement des Francs. Le royaume de Clovis s'étend entre Somme et Loire avec pour capitale Soissons.

En 877, Charles le Chauve instaure le système féodal à Quierzy[5].

Avant 1789, le Soissonnais est un pays de la province d'Île-de-France, entouré par les pays du Valois (Crépy), du Noyonnais (Noyon) et du Laonnois (Laon), également parties de l'Île-de-France, du Vermandois (Saint-Quentin) et de la Thiérache (Guise), pays de la province de Picardie, de la Brie champenoise (Provins), de la Champagne propre (Châlons) et du Rémois (Reims), pays de la province de Champagne et Brie et donc, comme le Diocèse de Soissons, aussi étendu que l'ancienne civitas. 

Le terme de « Soissonnais » peut également renvoyer à la généralité de Soissons et à l'élection de Soissons. Créée en 1595, la Généralité (fiscale à l'origine) de Soissons compte sept élections : Château-Thierry, Clermont-en-Beauvaisis, Crépy-en-Valois, Guise, Laon, Noyon et Soissons [6]. En 1790, le découpage du nouveau département de l'Aisne coïncide approximativement avec la principale partie de la Généralité de Soissons (élections de Soissons, Laon et Guise) à laquelle est rattachée l'élection de Saint-Quentin prise à la généralité d'Amiens.

Le Soissonnais a été très durement touché par la Première Guerre mondiale. La Bataille du Soissonnais ou Bataille du Soissonnais et de l'Ourcq s'est déroulée du 18 au 22 juillet 1918 au sud de Soissons. L'inscription « SOISSONNAIS 1918 » figure sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille. Le territoire est également le théâtre des batailles du Chemin des Dames, de la Malmaison, de l'Ailette, ...

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, le Soissonnais est à nouveau le théâtre de violents combats en mai-juin 1940 lors de la Bataille de l'Ailette puis libéré en 1944 entre le 27 août et le 2 septembre par les 5e et 7e Corps de la 1e Armée Américaine.

Territoire administratif[modifier | modifier le code]

Lors de la création du département de l'Aisne en 1790, il fut constitué un district de Soissons composé de 11 cantons : Acy, Bazoches, Braisne, Bucy, Cœuvres, Oulchy-le-Château, Septmont, Soissons, Vailly, Vic-sur-Aisne et Villers-Cotterêts. Il est supprimé en 1795.

L'arrondissement de Soissons est l'un des cinq arrondissements de l'Aisne, créés en 1800, en même temps que les autres arrondissements français est parfois appelé pays du Soissonnais, plus de 160 communes, cohérence territoriale à l'échelle de la Vallée de l'Aisne[7].

La Région Agricole du Soissonnais définie en 1946, largement inspirée de la région géographique, compte 278 communes dont 27 dans le département de l'Oise[8],[9].

La Communauté d’Agglomération du Soissonnais regroupe 28 communes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Zégierman, Le Guide des Pays de France, Nord et Sud, éditions Fayard,
  2. Charte pour l'environnement et le développement durable, « Valorisation du patrimoine naturel du Soissonnais - Vallée de l'Aisne », Département de l'Aisne,‎ (lire en ligne) [PDF]
  3. Stanislas Prioux, « Cartes des Suessiones (civitas Suessionum) », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  4. Kaiser Reinhold. Aspects de l'Histoire de la civitas suessionum et du diocèse de Soissons aux époques romaine et mérovingienne. In: Cahiers archéologiques de Picardie. N°1, 1974. pp. 115-122.
  5. « Quierzy, résidence royale »
  6. Les structures anciennes de la Généralité de Soissons, Société Archéologique, Historique et Scientifique de Soissons, http://www.sahs-soissons.org/menu/cadre.php?page=docg_generalite&som=doc&tpg=tp
  7. Conseil Régional de Picardie, « Le Soissonnais - Conseil régional Hauts-de-France », sur www.picardie.fr (consulté le 8 septembre 2017)
  8. Les Petites Régions Agricoles des Hauts de France [PDF] draaf.hauts-de-france.agriculture.gouv.fr
  9. « Les petites régions agricoles par régions, départements, communes »