Comté de Guînes

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Le Blason du Comté de Guînes

Historique[modifier | modifier le code]

D'après La Chesnaye-Desbois et Jacques Badier, dans leur Dictionnaire de la noblesse, le comté de Guînes fut l'un des premiers grands comtés qui devinrent héréditaires sous les Carolingiens. C'est l'antique blason des seigneurs de Guînes qui a été relevé par la commune au XIXe siècle. Il est vairé d'or et d'azur, au chef d'azur à trois fleurs de lys d'or.

Il semble bien que, dès le VIIe siècle, le territoire fît partie du comté de Flandre qui englobait tout le pays compris entre la Somme et l'Escaut. Vers 663, Walbert, comte d'Arques, remit entre les mains de Saint-Bertin, apôtre de la région de Saint-Omer et fondateur de l'abbaye qui porte son nom, toutes les terres qu'il possédait à Guînes ; mais la première mention officielle, si l'on peut dire, du nom de Gisna, Guînes, ne se trouve qu'en 807 dans un acte de donation daté du 11 octobre de la même année, par lequel une dame nommée Lebtrude transmet aux moines de la célèbre abbaye audomaroise les propriétés qu'elle détient sur les bords de Ghisnervlet, rivière de Guînes, en un lieu-dit Wasconingawalla, mot dans lequel il est facile de reconnaître le nom actuel de La Walle.

Le comté de Guînes comprenait les châtellenies de Guînes et Tournehem, la seigneurie d'Ardres, les terres de Bredenarde et d'Audruicq. Il s'agrandit de la châtellenie de Bourbourg, en Flandre, y compris le pays de l'Angle (sur la rive gauche de l'Aa), par le mariage du comte Arnoul II avec Béatrix de Bourbourg (vers 1194)[1].

Au XIIe siècle, le territoire et la ville de Guînes eurent terriblement à souffrir des guerres qui opposèrent le roi de France Philippe Auguste et le comte de Flandre. Ils furent plusieurs fois envahis par les troupes royales ainsi que celles de Renaud de Dammartin, comte de Boulogne. En dépit de ces catastrophes, Arnould II de Guînes eut pourtant en 1214 la consolation de participer à la bataille de Bouvines aux côtés de Philippe Auguste, dont il était devenu le vassal.

Arnould III, douzième comte de Guînes, fait prisonnier à la bataille de Walcheren (Zélande) le , dut, pour se racheter, vendre son comté au roi de France, en 1283. Huit ans plus tard cependant, en 1295, Philippe le Bel en rendit une partie à Jeanne de Guînes, petite-fille d'Arnould III, épouse de Jean II de Brienne, comte d'Eu qui prit alors le titre de comte d'Eu et de Guînes. La châtellenie de Tournehem fut cependant détachée du comté de Guînes et rattachée à l'Artois[2].

Le , Raoul II de Brienne, quinzième et dernier comte de Guînes, connétable de France, accusé de trahison après la prise de Caen par les Anglais, fut décapité à Paris, dans l'hôtel de Nesle, sur l'ordre de Jean II le Bon qui donna le comté d'Eu à Jean d'Artois et rattacha le comté de Guînes au domaine royal. Trois ans après la prise de Calais, le , le château de Guînes fut livré par trahison aux Anglais, et en 1360, le traité de Brétigny abandonna complètement au roi d'Angleterre la ville et son comté.

Le comté de Guînes fut recouvré par Charles VI en 1374 et réuni au domaine de la couronne. Marck et Calais, que les Anglais avaient occupé dès 1347, furent conservés par eux jusqu'en 1558[2].

Le comté de Guînes, tout comme les comtés de Boulogne et de Saint-Pol, entra dans la mouvance de l'Artois, et, à l'exception des territoires qui furent temporairement occupés par l'Angleterre, ils suivirent ses destinées[3].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Lors de son rattachement au domaine royal français, en 1284, le comté comprenait douze baronnies et quatre châtellenies.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. I, Bruxelles, H. Lamertin,‎ 1902 (réimpr. 1981) (lire en ligne), p. 268-269
  2. a et b Léon Vanderkindere, op. cit., p. 269.
  3. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 267-268.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Lambert d'Ardres, La chronique de Guînes et Ardres, 1203.