Adam de la Halle

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Adam (homonymie) et Bossu (homonymie).
Adam de la Halle
Adam de la halle.jpg
Biographie
Naissance
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
ArrasVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
ou vers Voir et modifier les données sur Wikidata
NaplesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Mouvement

Adam de la Halle (dit Adam d'Arras ou le Bossu d'Arras) est un trouvère de langue picarde actif au XIIIe siècle, mort probablement en 1288 (ou un peu avant) à la cour du comte d'Artois à Naples.

Son art, à la charnière de la monodie et de la polyphonie, fait qu'on le considère souvent comme le dernier trouvère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adam de la Halle naît, selon les sources, vers 1220[1], vers 1235[2] ou dans les années 1240[3], selon toute vraisemblance à Arras ou à proximité.

Il meurt a priori entre 1285 et 1288 à la cour du comte d'Artois à Naples, dans le sud de l'Italie. Certaines sources le font mourir vers 1306, après son retour à Arras et un hypothétique voyage en Angleterre[4], mais elles paraissent hasardeuses[5].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poète et compositeur, il intéresse aussi bien l'histoire de la littérature que l'histoire de la musique. On l'appelle quelquefois le dernier des trouvères, car son art présente une double appartenance : il se rattache à la musique monodique (pratiquée par les troubadours du sud de la France et par les trouvères du nord aux XIIe et XIIIe siècles), mais il est aussi héritier du premier grand développement de la musique polyphonique (celle qu'avaient pratiquée les musiciens de l'École de Notre-Dame de Paris, avant et après l'an 1200).

Il est l'auteur des deux premières pièces de théâtre profanes françaises conservées : le Jeu de la Feuillée (1276) et le Jeu de Robin et Marion (± 1274-1282).

Le Jeu de la Feuillée (ou Le Jeu Adam, vers 1262) est considéré comme la mise en scène d'un congé (genre lyrique où le poète fait ses adieux : Adam a écrit lui-même un Congé). C'est une pièce de caractère satirique dans la mesure où le poète, après s'être présenté, décrit son père puis les citoyens d'Arras avec leurs particularités et leurs défauts. Adam a laissé une chanson de geste en l'honneur de Charles d'Anjou, « roi de Sicile », commencée en 1282 et on lui attribua parfois un bref poème, Le jeu du pélerin[6].

Le Jeu de Robin et Marion, mise en scène d'une pastourelle (genre lyrique où un chevalier cherche à séduire une bergère), est souvent considéré comme le précurseur de l'opéra-comique[7]. En réalité, il n'en est rien : cette forme théâtrale et musicale est née progressivement au début du XVIIIe siècle et n'a donc guère de liens avec cette production du XIIIe siècle.

Comme poète lyrique, Adam de la Halle a écrit (à part du Congé susmentionné) des motets et des rondeaux, dont la musique a été conservée[8].

Dans la culture populaire du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Son nom est utilisé pour nommer le coq troubadour dans la version française du film de Disney Robin des bois[réf. nécessaire].

Un amphithéâtre du campus d'Arras de l'université d'Artois porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Adam <de la Halle> - Deutsche Biographie », sur www.deutsche-biographie.de (consulté le 29 mars 2017)
  2. « ADAM DE LA HALLE », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 29 mars 2017)
  3. Gérard Pernon, Dictionnaire de la musique, Éditions Jean-Paul Gisserot, , 320 p. (ISBN 9782877479189, lire en ligne), p. 4
  4. Fabienne Gégou, « Adam le Bossu était-il mort en 1288 ? », Romania, vol. 86, no 341,‎ , p. 111-117 (lire en ligne)
  5. Normand R. Cartier, « La mort d'Adam le Bossu », Romania, vol. 89, no 353,‎ , p. 116–124 (DOI 10.3406/roma.1968.2642, lire en ligne)
  6. (en) « Adam (or Adan) de le Hale », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne], p. 171
  7. Cf. toutefois l'avis plus nuancé de Jules Combarieu, « Histoire du drame lyrique : le Jeu de Robin et Marion », La Revue Musicale, vol. 9, nos 16-17,‎ (lire en ligne)
  8. Voir p.ex. l'édition-traduction de Pierre-Yves Badel, Adam de la Halle, Œuvres complètes, Paris, Livre de Poche, Lettres gothiques, 1995.

Liens externes[modifier | modifier le code]