Château de Coucy

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Château de Coucy
Image illustrative de l’article Château de Coucy
Le château de Coucy, depuis l'Ailette.
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIIe siècle
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel État français
Destination actuelle Ruiné, ouvert au public
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)[1]
Coordonnées 49° 31′ 18″ nord, 3° 19′ 07″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Commune Coucy-le-Château-Auffrique
Géolocalisation sur la carte : Aisne
(Voir situation sur carte : Aisne)
Château de Coucy
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Coucy

Le château de Coucy est un château fort, construit à partir du XIIIe siècle[3], dont les vestiges se dressent sur la commune de Coucy-le-Château-Auffrique dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.

Avant 1917, le château de Coucy était connu pour son imposant donjon, le plus haut jamais bâti en Occident (53 mètres de hauteur)[réf. nécessaire]. Ce donjon a été détruit lors de la Première Guerre mondiale.

Les ruines du château font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Les vestiges du château de Coucy sont situés dans le département français de l'Aisne, sur la commune de Coucy-le-Château-Auffrique, à la limite du Laonnois et du Soissonnais, dominant les vallées de l'Oise et de l'Ailette, à l'extrémité d'un éperon rocheux où s'est établie la ville, dont il est séparé par un fossé large d'environ 50 mètres.

Historique[modifier | modifier le code]

Vue générale du château avant 1917.

La première mention d'un château à Coucy date de 920 : il s'agit d'une simple motte castrale édifiée par Hervé, évêque de Reims.

En 1079, Albéric (ou Aubry) s'empare de ce premier château et devient le fondateur de la dynastie des sires de Coucy.

La ville de Coucy est affranchie du pouvoir seigneurial en 1197.

Entre 1225 et 1230, Enguerrand III de Coucy, reconstruit le château dont les ruines sont encore visibles actuellement. Voulant rivaliser avec les rois de France, il dépense une fortune dans la construction de ce château au donjon colossal dont Viollet-le-Duc dira : « Auprès de ce géant, les plus grosses tours connues, soit en France, soit en Italie ou en Allemagne, ne sont que des fuseaux. »

Vers 1380, Enguerrand VII, grand diplomate, embellit et transforme la forteresse en aménageant de vastes salles et en la dotant d'un palais d'architecture gothique. Il meurt sans descendant mâle.

En 1400[3], Louis d'Orléans, fils du roi Charles V le Sage, acquiert de la fille d'Enguerrand VII, pour 400 000 livres tournois, la baronnie de Coucy pour compléter la défense de son duché de Valois qui avait été érigé en comté-pairie en 1344.

Au cours de la guerre de Cent Ans, durant l'hiver 1411, pendant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, le château est assiégé pendant trois mois par 600 hommes d’armes sous la conduite de Waléran de Luxembourg, comte de Saint-Pol aux ordres du duc Jean Ier de Bourgogne. Robert d'Esnes (dit « Mansart »), défenseur, se rendra faute de vivres.

Il est rattaché à la couronne royale en 1498, sous le règne de Louis XII.

Pendant la Fronde (1648-1653), le château occupé refuse de se soumettre à Louis XIV. Ce dernier ordonne son démantèlement et son abandon, ce qui est fait en 1652[3] sous le contrôle de Mazarin.

Le , un tremblement de terre fend le donjon de haut en bas.

À la Révolution, le château démantelé est vendu comme bien national et devient une carrière de pierres.

Louis-Philippe Ier achète le site en 1829 puis l'État le rachète en 1848. Les ruines du château furent alors consolidées par plusieurs architectes dont Viollet-le-Duc au XIXe siècle qui rajoute une armature métallique tout autour de la grosse tour afin de rendre plus sûres les visites de ce monument très visité à l'époque.

Pendant la Première Guerre mondiale, la ville de Coucy-le-Château-Auffrique fut occupée pendant trois ans par les armées allemandes. En 1917, lors de son repli sur la ligne Hindenburg et bien que cela ne se justifiât pas tant d'un point de vue stratégique, mais plutôt en application d'une décision prise en amont appelant à détruire les lieux culturels occupés lors du repli[réf. nécessaire], elles décidèrent de détruire le site fortifié. Ainsi, 28 tonnes de cheddite furent placées dans le donjon et plus de 10 tonnes dans les tours du château. Pour les trois portes d'entrée de la ville, de plus petites charges furent utilisées. L’explosion eut lieu le . Au même moment, la ville de Coucy-le-Château-Auffrique fut bombardée et dévastée par des tirs d’artillerie.

Quelques jours avant, le , le château de Ham avait subi le même sort.

Les ruines du château font aujourd'hui l'objet de travaux de restauration et des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour les soubassements d'une chapelle. Le site est ouvert à la visite.

Le , la poste française a émis un timbre représentant le château de Coucy[4].

Description[modifier | modifier le code]

Construit sur un éperon rocheux calcaire, le château se présente sous la forme d'une enceinte flanquée de quatre tours circulaires aux angles, dessinant ainsi un trapèze irrégulier. Les tours mesurent 20 mètres de diamètre et se dressent à plus de 40 mètres de hauteur ; elles sont divisées à l'intérieur en trois étages voûtés sur sous-sol; percées d'archères, elles étaient couronnées de hourds. Pourvues de cheminées et de latrines, elles constituaient chacune à elles seules de véritables « donjons ». Elles étaient reliées entre elles par une courtine, pratiquement aussi haute que les tours et épaisse d'environ 3 mètres, que des contreforts réunis par des arcs en tiers-point étayaient à l'intérieur. Les logis s'appuyaient sur cette courtine, autour d'une cour intérieure.

Après avoir traversé le bourg de Coucy et franchi la « porte de maître Odon », on accède au château par une vaste basse-cour flanquée de tours rondes, dans laquelle s'élève la chapelle castrale, placée en travers du chemin, entre ville et château.

Le château et son enceinte comprennent :

  • la tour Jacquet (qui n'existe plus) ;
  • la tour de l'Avoine ;
  • la tour de l'ouest ;
  • la tour de l'artillerie ;
  • les restes d'une église ;
  • les ruines du donjon ;
  • les ruines du logis seigneurial ;
  • les ruines de la chapelle seigneuriale ;
  • la grande salle également appelée salle des Preux ;
  • les caves.
Le donjon de Coucy en 1910.

Son donjon cylindrique, dressé du côté de l'attaque en saillie, mesurait 31 mètres de diamètre pour 54 mètres de haut, ce qui faisait de lui, jusqu'en 1917, le plus important d'Europe. Il dépassait de 20 mètres celui du château du Louvre. Un profond fossé l'isolait entièrement de la chemise (fortification) et on y accédait par un pont-levis.

Le donjon et une grande partie du château furent détruits par l'armée allemande le . Les pierres du donjon forment aujourd'hui un tas compact parmi lesquelles on peut voir les grandes barres de fer qui cerclaient le donjon.

La salle des Preux fut entièrement couverte sous Enguerrand III : son plafond était alors constitué exclusivement de lambris ; puis il fut enrichi sous Enguerrand VII. Elle tire son nom des neuf statues de Preux qui l'ornent et qui représentent des combattants célèbres : David, Judas Macchabée, Josué, César, Alexandre le Grand, Hector, Charlemagne, le roi Arthur et Godefroi de Bouillon.

Les remparts des flancs nord et sud étaient encore en cours de restauration en 2007.

Les deux tours du flanc ouest de la basse-cour, entre la tour d'angle et le château lui-même, sont effondrées. Actuellement, une promenade qui longe l'extérieur des remparts permet d'en deviner l'architecture, de type ogival.

Ce chemin, au pied des murailles, est bien mis en valeur : l'herbe y est fauchée et un garde-fou (constitué par une clôture basse de branches tressées) permet de signaler tout autour, d'une manière concentrique, le danger de la pente très raide vers la vallée.

Cette mise en valeur du site est axée par ailleurs sur :

  • la présence en de nombreux endroits du village fortifié de drapeaux et oriflammes ;
  • les costumes médiévaux portés par les guides, en particulier lors des nombreuses animations ;
  • des spectacles son et lumière, reconstitutions diverses ;
  • des chantiers de bénévoles (taille de pierre, maçonnerie traditionnelle, forge, sculpture), organisés chaque année sur le monument par l'Association de Mise en Valeur du Château de Coucy.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de Coucy », notice no PA00115617, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. a b et c Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 372.
  4. phil-ouest.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maximilien Melleville, Histoire de la ville et des sires de Coucy-le-Château, Fleury et A. Chevergny, 1848 (en ligne).
  • Jean Mesqui, Île-de-France Gothique 2 : Les demeures seigneuriales, Paris, Picard, , 404 p. (ISBN 2-7084-0374-5), p. 134-159.
  • Eugène Viollet-le-Duc, Description du château de Coucy, Bance éditeur, 1861 (en ligne).
  • Jean Mesqui, « Les programmes résidentiels du château de Coucy du XIIIe au XVIe siècle », in Congrès archéologique de France. Aisne méridionale, Société française d'archéologie, Paris, 1994, pp. 207-247 ([PDF] en ligne).
  • Christian Corvisier, historien de l'architecture, Le château de Coucy et l'enceinte de la ville, Itinéraires Picardie, Éditions du Patrimoine, Centre des Monuments Nationaux (ISBN 978-2-85822-882-9).
  • Jean-Marc Laurent, Le château féodal de Coucy, La Vague verte, 2001.
  • Étienne Lallau, « À Coucy-le-Château, les cuisines princières de Louis d'Orléans », Archéologia, n°586, pp. 54-61.
  • A-M. Cocula et M. Combet (dir), Châteaux, cuisines, et dépendances, Éditions Ausonius, 2014.
  • É. Lefevre-Pontalis, Le Château de Coucy, Éd.Henri Laurens, collection « Petites Monographies des Grands Édifices de France », 1913.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]