Tradition

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La tradition désigne au sens général l'ensemble des connaissances et des pratiques qui sont transmises de génération en génération, le plus souvent de manière orale, mais aussi par la conservation et l'imitation de coutumes, de comportements, de modèles et d'exemples. Il s'agit d'une forme d'héritage immatériel.

La transmission continue d'un contenu culturel à travers l'histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial peut constituer le vecteur d'identité d'une communauté humaine, élément pouvant contribuer à son ethnogenèse. Dans son sens absolu, la tradition est une mémoire et un projet, en un mot une conscience collective : le souvenir de ce qui a été, avec le devoir de le transmettre et de l'enrichir. Avec l'article indéfini, une tradition peut désigner un mouvement religieux par ce qui l'anime, ou plus couramment, une pratique symbolique particulière, comme les traditions populaires.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme est issu du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre »[1], entendu comme la remise de la chose nécessaire pour former un contrat de vente ou un contrat de prêt en droit romain[2].

Langage[modifier | modifier le code]

Dans le langage courant, le mot tradition est parfois employé pour désigner un usage, voire une habitude, consacré par une pratique prolongée au sein d'un groupe social même restreint (par exemple une tradition familiale).

Le concept de tradition revêt un sens différent dans le mot traditionalisme, qui représente une volonté de retour à des valeurs traditionnelles, et non de transmission d'un héritage à travers l'évolution historique. Le traditionalisme est l'opposé du progressisme. Il ne s'agit donc pas d'une notion directement liée à la définition première de la tradition.

Religion[modifier | modifier le code]

La tradition en général prend une place importante dans la composition des religions. Selon le sociologue Maurice Halbwachs, « la religion entière se résume dans le processus de traditionalisation »[3].

Voici quelques exemples de religions avec leurs composantes religieuses :

René Guénon rassemble ainsi la variété des phénomènes religieux en distinguant symboliquement une tradition occidentale : judaïsme, christianisme, islam et la philosophie antique ; face à une tradition orientale : bouddhisme, hindouisme, taoïsme... Cette classification perd de sa pertinence avec l'avancement des études anthropologiques et d'histoire des religions. Désormais, l'ésotérisme s'intéresse aussi au chamanisme, ou aux religions africaines[réf. nécessaire].

Tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Tradition catholique[modifier | modifier le code]

Pour le catholicisme, la Tradition (avec une majuscule) est la deuxième source de la Révélation avec la Sainte Écriture[4]. Elle la précède dans le temps (la Révélation étant d'abord orale) et la dépasse en contenu : c'est en effet la Tradition qui définit quels sont les livres appartenant à la Sainte Écriture, comment les interpréter, quel est le nombre des sacrements et en quoi ils consistent, les dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption de la Vierge Marie, etc.[4]. On la définit couramment comme « la parole de Dieu non écrite dans la Bible, mais transmise par l'enseignement des Apôtres et parvenue comme de main en main jusqu'à nous »[4], ou plus simplement comme ce qui a toujours été cru, partout et par tous. Selon l'affirmation solennelle du concile de Trente du , reprise en partie par le concile du Vatican, la Tradition désigne « les traditions non écrites qui, reçues de la bouche du Christ par les Apôtres, à qui l'Esprit-Saint les avait dictées, transmises comme de main à main, sont parvenues jusqu'à nous. »[5].

Tradition protestante[modifier | modifier le code]

Le protestantisme rassemble les églises fondées sur les écritures seules. Depuis le reformateur Martin luther les églises protestantes se dissocient de l'église catholique.

Sciences sociales[modifier | modifier le code]

Une tradition est, en sociologie, une coutume ou une habitude qui est mémorisée et transmise de génération en génération, à l'origine sans besoin d'un système écrit[réf. nécessaire]. Les outils pour aider à ce processus incluent des éléments de poésie comme la rime et l'allitération. Des histoires sont bâties pour une ritualisation de la pensée autour d'une manière de faire et de ses accessoires, désormais fortement relayées par la publicité et les lois[réf. nécessaire].

De traditions anciennes et orales peuvent naître peu à peu des traditions modernes et écrites, à une autre époque, dans un autre contexte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éditions Larousse, « Définitions : tradition - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le )
  2. « Droit Romain - Resume TOME 2 - DROIT ROMAIN – TOME 2 INTRODUCTION – LE COMMERCE, LA VIE SOCIALE ET », sur StuDocu (consulté le )
  3. Hélène Bernier-Farella, « Maurice Halbwachs, La Topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte. Étude de mémoire collective », Revue de l’histoire des religions, no 1,‎ , p. 133
  4. a b et c Le Dogme, Clovis, coll. « Encyclopédie de la Foi / Exposition de la doctrine chrétienne »,
  5. René Alleau, Encyclopédie Française, vol. 19, Paris, Larousse, (ISBN 2-03-151749-X), p. 12063

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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