Habsbourg

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La Maison de Habsbourg ou Maison d'Autriche est une importante famille royale d'Europe connue pour avoir fourni tous les empereurs du Saint-Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi que les dirigeants de l'Espagne et de l'Empire d'Autriche, puis de l'Empire austro-hongrois. La dynastie a pris le nom de « Habsbourg-Lorraine » en 1780.

Armoiries anciennes

Historique de la Maison d'Autriche[modifier | modifier le code]

Sous le nom de Maison d'Autriche, la dynastie régna sur plusieurs pays d'Europe :

Drapeau de la Maison de Habsbourg - également drapeau de l'Empire d'Autriche jusqu'au compromis de 1867 (Empire austro-hongrois)
Blason de l'Empereur Habsbourg montrant l'étendue de ses possessions territoriales.
Poignée en forme d'aigle habsbourgeoise, petit appartement de la reine à Versailles.

Marie-Thérèse d'Autriche fut la dernière représentante de cette Maison. Les enfants qu'elle eut de son mariage avec François-Étienne de Lorraine commencèrent la dynastie des Habsbourg-Lorraine.

Les chefs de la Maison de Habsbourg-Lorraine régnèrent comme empereurs germaniques, rois de Hongrie et de Bohême jusqu'en 1806 puis comme empereurs d'Autriche 1804-1918, rois de Hongrie et de Bohême jusqu'en 1918).

Les membres actuels de la Maison de Habsbourg-Lorraine, dite Maison d'Autriche, tous descendants de Marie-Thérèse et de François-Étienne, portent tous les titres d'archiduc ou archiduchesse d'Autriche, prince ou princesse royale de Hongrie et de Bohême, avec le prédicat d'altesse impériale et royale. Les membres de la famille ayant contracté une union non égale au regard du statut de la Maison de Habsbourg, ou non autorisée par le chef de famille, et issus de telles unions portent le titre de comte ou comtesse de Habsbourg à défaut d'un autre nom ou titre attribué, comme Hohenberg pour les descendants de l'Archiduc François-Ferdinand, issus de son union morganatique avec la comtesse Sophie Chotek, titrée duchesse de Hohenberg.

La devise des Habsbourg d'Autriche est « Alles Erdreich ist Österreich untertan » en allemand et « Austriae est imperare orbi universo » en latin. On l'abrège « A.E.I.O.U. », dans chacune des deux langues. Elle signifie « Il appartient à l'Autriche de commander à tout l'univers » et affiche l'ambition de cette famille.

Les ancêtres des Habsbourg[modifier | modifier le code]

Tirant son nom du château de Habsbourg en Suisse, l'histoire de cette illustre maison ne commence à offrir quelques certitudes qu'à partir de Gontran (Guntram) surnommé le Riche[1], comte d'Alsace de 917 à 954.

On a cherché à la faire descendre d'Ethico, duc d'Alsace, né vers 626 et mort vers 690[2]. En effet, la première mention du premier ancêtre des Habsbourg date du milieu du Xe siècle avec Gontran le Riche (Guntramnus dives). Or, dans le but de contrôler les routes commerciales reliant la Germanie et l'Italie, le roi Otton Ier confisqua, lors d'une diète d'Empire à Augsbourg en août 952, une grande partie des possessions situées en Alsace, en Brisgau et en Thurgovie d'un comte, dénommé Gontran (Guntramnus comes), un membre de la famille des comtes éberhardiens du Nordgau (Bas-Rhin). Un solide faisceau d'arguments tend à montrer que ce dernier et Gontran le Riche ne forment qu'un seul et même personnage. Si l'identité s'avérait, la Maison de Habsbourg descendrait ainsi des Étichonides, l'illustre famille des ducs mérovingiens issue d'Etichon (ou Adalric), régnant aux VIIe et VIIIe siècles sur l'Alsace, dont le membre le plus éminent est sainte Odile.

Deux petits-enfants de Gontran le Riche, Radbot et Rodolphe, entrèrent dans l'histoire comme d'actifs bâtisseurs. Le premier, tige du lignage des Habsbourg, jeta les bases du monastère de Muri (Argovie) en Suisse ; le second, mort sans descendance, fonda l'abbaye d'Ottmarsheim en Alsace, un chef-d'œuvre architectural qui se présente comme une réplique de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle.

L'évêque Werner de Strasbourg, (mort à Constantinople le 28 octobre 1028[3]), un frère de Radbot et de Rodolphe, fonda en Argovie, au début du XIe siècle, le Château de Habsbourg, qui donna son nom à la dynastie issue de Radbot. Jamais les Habsbourg ne devaient habiter leur château éponyme : à sa fondation le château se présentait comme un simple avant-poste militaire au service de la politique impériale, face à un royaume de Bourgogne mûr pour tomber dans l'escarcelle de l'Empire.

Une implication politique au plus haut niveau doublée d'une habile stratégie matrimoniale permit aux descendants de Radbot d'asseoir durablement leur domination sur un grand nombre de terres alsaciennes, suisses et badoises. Le centre de leur puissance, essentiellement politique, accessoirement territoriale, se situait en Alsace. Dès le début du XIIe siècle, les Habsbourg acquirent le landgraviat (le comté provincial) de Haute-Alsace (Haut-Rhin), l'avouerie sur des terres épiscopales strasbourgeoise (le Haut-Mundat) et surtout l'avouerie sur la puissante et prestigieuse abbaye de Murbach.

Le statut social des Habsbourg se modifia en 1273 lorsque le comte Rodolphe IV de Habsbourg, allié des bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich, accéda au trône impérial sous le nom de Rodolphe Ier. En effet, les princes-électeurs préférèrent, comme souvent, confier la couronne de l'empire à un seigneur qui ne leur semblait alors ni trop puissant, ni trop menaçant pour leurs propres intérêts[4].

Histoire des Habsbourg[modifier | modifier le code]

Armoiries des premiers comtes de Habsbourg
Sur l'actuel drapeau alsacien, les couronnes symbolisent les aspirations des Habsbourg, elles sont ajoutées au rouge et blanc, couleurs alémaniques traditionnelles

Werner II, un des fils de Radbot, fut le premier à prendre le titre de comte de Habsbourg. Dans la guerre entre l'empereur Henri IV du Saint-Empire et l'anti-empereur Rodolphe, Werner embrassa le parti de ce dernier (1077-1080).

Adalbert III, petit-fils de Werner II, succéda à son père Werner III en 1163, fit la guerre en Palestine (1187-1191 et 1196-1198), combattit ensuite Bertold V de Zähringen et fonda Waldshut ; il prit le premier le titre de Landgrave d'Alsace.

Après la mort de Rodolphe II l'Ancien, fils d'Adalbert III, en 1232, la maison des Habsbourg se partage en deux branches : Habsbourg-Habsbourg et Habsbourg-Laufenbourg, dont les chefs sont Albert IV le Sage et Rodolphe III, son frère. La maison de Habsbourg-Laufenbourg s'éteint en 1415[5].

Depuis l'Alsace historique, la famille étendit son influence vers l'est, contrôlant le Saint-Empire romain germanique dès 1273, l'étendant jusqu'à l'actuelle Autriche (1278-1382). En seulement deux ou trois générations, les Habsbourg ont réussi à s'assurer le contrôle quasi-permanent du trône impérial pour plusieurs siècles (1273-1291, 1298-1308 et 1438-1740).

Branche aînée[modifier | modifier le code]

Albert IV le Sage (mort en croisade en 1239/1240), tige de la branche aînée ou impériale, eut pour sa part Habsbourg, le comté d'Argovie et les alleux d'Alsace; il y joignit par mariage le comté de Kybourg. Son fils Rodolphe IV agrandit considérablement ses domaines du côté de la Suisse et acquit en 1278 les duchés d'Autriche et de Styrie par la défaite de son compétiteur Ottokar II de Bohême à la bataille du Marchfeld. Il fut le premier Habsbourg appelé au trône impérial en 1273; il régna 18 ans (1273-1291) sous le nom de Rodolphe Ier, et eut pour successeur dans ses États héréditaires, et plus tard à l'empire (1298), son fils Albert (Albert Ier comme duc d'Autriche et empereur). Sous celui-ci les Suisses se révoltèrent, et pendant toute la durée du XIVe siècle et la moitié du XVe siècle, la maison de Habsbourg s'épuisa vainement à les combattre; elle se vit successivement enlever la plus grande partie de ses domaines. En 1438 un nouveau prince de la Maison d'Autriche-Habsbourg fut appelé au trône impérial ; Albert V, roi de Hongrie et de Bohême, régna sous le nom d'empereur Albert II; depuis lors, la Maison de Habsbourg régna sans interruption sur le Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1740, date de la mort sans descendance mâle de Charles VI du Saint-Empire. Sa fille aînée, héritière de cette Maison, Marie-Thérèse "La Grande", porta ses possessions, par mariage, dans la Maison de Lorraine.

Branche cadette[modifier | modifier le code]

Elle eut pour tige Rodolphe III, oncle de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, et reçut en partage Laufenbourg, Waldshut, Neu-Habsbourg (sur le lac des Quatre-Cantons) et les domaines de Klekgau. Après la mort de Rodolphe III, cette branche se partagea en deux rameaux (les comtes de Habsbourg-Laufenbourg et les nouveaux comtes de Kybourg). Le premier de ces deux rameaux, commencé par Godefroy (mort en 1271), s'éteignit au commencement du XVe siècle. Eberhard, tige du second, avait acquis le comté de Kybourg en épousant Anne, héritière de cette maison; il mourut en 1284; sa descendance s'éteignit en 1415. La branche aînée réunit alors tous les domaines de la maison.

Suite[modifier | modifier le code]

Les possessions des Habsbourg après la bataille de Mühlberg (1547)
L'Europe en 1547

Après le mariage de Maximilien Ier avec Marie de Bourgogne, princesse de Valois et héritière des possessions Bourguignonnes (notamment les Pays-Bas) et le mariage de son fils Philippe « le Beau » avec Jeanne « la Folle », héritière des Espagnes et de leurs nombreuses dépendances, le fils de ces derniers, Charles Quint (ou Charles V), hérita d'un empire sur lequel « le soleil ne se couchait jamais ».

Après l'abdication de l'empereur Charles V - aussi roi Charles Ier des Espagnes et des Indes (1516-1556), la famille se sépara en deux branches, l'autrichienne et l'espagnole.

Pour maintenir au sein de la famille les possessions acquises par la politique matrimoniale de leurs ancêtres, les Habsbourg, successeurs de Charles, malgré le Traité d'Oñate (1617), abusèrent des unions consanguines qui finirent par épuiser la lignée et on estime que les unions à l'intérieur de la Maison de Habsbourg contribuèrent à son extinction : ainsi Philippe IV d'Espagne était simultanément plusieurs fois cousin de Ferdinand III d'Autriche, son beau-frère et son gendre. Son fils Charles II fut de santé délicate et ne put avoir de descendance.

La branche espagnole s'éteignit dans les mâles en 1700, déclenchant la guerre de Succession d'Espagne, comme fit l'autrichienne en 1740, provoquant la guerre de Succession d'Autriche. Cependant la dernière de tous les Habsbourg (Marie-Thérèse) avait épousé François-Étienne, duc de Lorraine et de Bar, et leurs descendants perpétuèrent le nom de Habsbourg dans la Maison de Lorraine sous l'appellation Habsbourg-Lorraine. La Hongrie, nominalement sous la royauté Habsbourg depuis 1526, mais pour la plus grande partie sous occupation turque pendant un siècle et demi, fut reconquise en 1683-1699 par Charles V de Lorraine qui épousa une Habsbourg, sœur de Léopold Ier du Saint-Empire. Ils furent les grands-parents de l'époux de Marie-Thérèse. La Hongrie se révolta contre les Habsbourg-Lorraine en 1848 ; ceux-ci ne parvinrent à la maintenir sous leur joug qu'en faisant appel aux troupes russes du tsar Nicolas Ier.

Souverains issus de la Maison de Habsbourg[modifier | modifier le code]

Empereur du Saint-Empire, roi de Hongrie et de Bohême, archiduc souverain d'Autriche[modifier | modifier le code]

N.B. : Marie-Thérèse Ire, ultime Habsbourg et épouse de l'empereur des Romains François Ier Étienne, régna comme roi de Hongrie, reine de Bohême et archiduchesse souveraine d'Autriche, 1740-1780

Roi des Espagnes et des Indes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison de Habsbourg en Espagne.

Roi de Portugal et des Algarves[modifier | modifier le code]

Roi de Bohême[modifier | modifier le code]

Roi de Naples[modifier | modifier le code]

Roi de Hongrie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Guntram le Riche sur le site Medieval Lands
  2. Les Habsbourg et Ottmarsheim - Ottmarsheim, berceau des Habsbourg par Philippe Nuss
  3. Généalogie de Werner de Strasbourg sur le site Medieval Lands
  4. Pour en savoir plus, consulter le verbatim de cette conférence.
  5. Die Habsburger, Eine Europäische Familiengeschichte, Brigitte Vacha, Sonderausgabe 1996, p.22

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bérenger, Histoire de l'Empire des Habsbourg : 1273 - 1918, Fayard, [Paris], 1990.
  • Henry Bogdan, Histoire des Habsbourg : des origines à nos jours. Paris, Perrin, coll. « Tempus », n° 107, 2005. 425 pp., 18 cm. ISBN 2-262-02376-X.
  • Philippe Nuss, Les Habsbourg en Alsace, des origines à 1273. Recherches pour une histoire de l’Alsatia Habsburgica. Société d'Histoire du Sundgau, Altkirch, 2002, 542p.
  • Habsbourg Biographies
  • Philippe Nuss, Les Regestes des Comtes de Habsbourg : en Alsace avant 1273. Société d'histoire du Sundgau, Altkirch, 2005, 513 p.

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Habsbourg » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]