Hanna Dyâb

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Hanna Dyâb
Biographie
Naissance
Époque
1691-1766
Activités
Autres informations
Religion

Novice chez les moines libanais d'Alep au début du XVIIIe siècle et chrétien maronite, Hanna Dyâb accompagne Paul Lucas dans un voyage initiatique qui le conduit d'Alep à Paris entre et , dont il raconte les péripéties 54 ans après être revenu au pays. Il est à l'origine de quelques contes des Mille et Une Nuits traduits par Antoine Galland[1].

Origine du récit[modifier | modifier le code]

Le manuscrit unique de Hanna Dyâb est entré dans la Bibliothèque apostolique vaticane en 1928 avec la collection du prêtre aleppin Paul Sbath. Il est composé de 174 folios, soit 347 pages de 21 lignes serrées, mais il manque les cinq premiers folios. Ce manuscrit a été traduit de l'arabe (syrien) en français et annoté par Paule Fahmé-Thiéry, Bernard Heyberger et Jérôme Lentin, traduction parue en 2015 chez Actes Sud sous le titre D'Alep à Paris. Les pérégrinations d'un jeune syrien au temps de Louis XIV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hanna Dyâb est membre d'une famille chrétienne maronite d'Alep né vers 1691. Il entre comme novice chez les moines libanais, ordre récemment fondé par des jeunes d'Alep, dans le mont Liban, au nord de Tripoli. Doutant de sa vocation, il rentre chez lui, et ne retrouvant pas son emploi chez le marchand marseillais Rémuzat, il décide de repartir. Il vit avec deux frères ainés, Abdallâh et Antoûn, et sa mère au moment où il entreprend son voyage, comme il le dit dans son manuscrit.

C'est alors qu'il fait la connaissance du voyageur Paul Lucas qui lui propose de l'accompagner dans son voyage commandé par Louis XIV. D' à , son parcours le conduit à Beyrouth, à Saïda, à Chypre, en Égypte, dans les régences de Tripoli et de Tunis, à Livourne, à Marseille et à Paris. Le retour sans Lucas passe par Marseille, Smyrne, Constantinople puis Alep où il retrouve en 1710 une occupation de marchand drapier dans une boutique du souk sous la conduite d'un oncle maternel.

Il se marie en 1717. En 1740, d'après un recensement des maronites d'Alep, son ménage compte douze personnes. D'après une note en bas de page de son manuscrit, le récit est entré en la possession de son petit fils Jibrâ'îl Dyâb, lui-même fils de Didkûz Dyâb.

Il écrit le récit de son voyage en 1766 alors qu'il a soixante quinze ans comme il le dit dans son manuscrit.

Contenu du récit[modifier | modifier le code]

Son récit relate rencontres et conversations, déplacements en caravane, tempêtes et attaques de corsaires en mer, dans un style vivant et dans un langage non littéraire. Il décrit précisément l'horloge astronomique de la cathédrale Saint-Jean à Lyon, la vie sur les galères, le grand hiver de 1709, le supplice de la roue ou encore une représentation d'Atys de Lully à l'Opéra[2].

Il raconte qu'il accompagna Paul Lucas à son arrivée à Paris chez un ministre de Louis XIV, Pontchartrain, puis présenté en costume oriental à la cour royale, ce qui lui permet de décrire le monde méditerranéen et la vie au temps de Louis XIV vu par un simple conteur et voyageur oriental[3]. Son récit relate la liaison de Louis XIV avec Madame de Maintenon en la mettant dans la bouche de Paul Lucas. Il relate ensuite la révocation de l'édit de Nantes et la répression des protestants.

Quand Paul Lucas le présente à l'orientaliste Antoine Galland, Hanna Dyâb raconte avoir rencontré un vieil homme chargé de la bibliothèque des livres arabes qui traduisait le livre de contes des Mille et Une Nuits. « Cet homme recourait à mon aide sur certains points qu'il ne comprenait pas et que je lui expliquais. Il manquait au livre qu'il traduisait quelques nuits, et je lui racontai les histoires que je connaissais. Il pût compléter son livre avec ces contes, et fut fort content de moi ». Bien que la postérité n'ait pas retenu son nom, on doit à Hanna Dyâb rien moins que les contes universellement célèbres, d'Aladin ou la Lampe merveilleuse et d'Ali Baba et les Quarante Voleurs[3].

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédéric Bauden et Richard Waller (éd.), « Le Journal d'Antoine Galland », op. cit.,t.1, p. 290, 320, 343, 412, 483 et 504,‎ 1710-1711
  2. « Présentation du récit de Hanna Dyâb », sur https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/dalep-paris (consulté le 11 décembre 2019)
  3. a et b Bernard Heyberger, L'Exploration du Monde : une autre histoire des Grandes Découvertes, Paris, Editions du Seuil, (ISBN 978-2-02-140625-2), p. 293 Un Syrien à Paris : le "Grand Hyver" d'Hanna Dyâb

Liens externes[modifier | modifier le code]