Soufflet (outil)

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Un soufflet domestique

Le soufflet est un outil pour alimenter un foyer en air, domestique ou industriel comme notamment celui de forge (appelé aussi vache) ou d'un bas fourneau.

Le soufflet domestique se compose de deux surfaces, les flasques réunies par un morceau de cuir qu’on nomme aussi peau ou quartier, et terminées par deux poignées que l’on nomme manches ou queues. L’une des flasques est munie d’une soupape ou âme, s’ouvrant de dehors en dedans, amenant l'air qui est expulsé à travers la tuyère.

Les soufflets industriels peuvent être constitués d'une simple outre de peau (cas des forges de Likasi).

Le soufflet à travers l'histoire[modifier | modifier le code]

Ancien soufflet à bouche en fer forgé. Le plus élémentaire et sans doute le plus primitif des soufflets. Le soufflet à bouche était constitué d'un long tube en fer ou en bois d'un mètre environ, ou quelquefois par un canon de fusil sans culasse.

Avant le premier millénaire apparaissent en Chine des soufflets capables de délivrer un grand débit d'air, et de manière continue. Construits en bois, ou associés pas paires, ils contribuent à la naissance d'une puissante industrie métallurgique dès le Ve siècle av. J.-C.[1]. En 31, le Chinois Du shi améliore la ventilation avec l'utilisation de la force hydraulique pour actionner un soufflet en bois : il obtient ainsi un air délivré à la fois à grande pression et à grand débit[2] : le haut fourneau se généralise alors.

Au Moyen Âge il était connu sous le nom de buffet, du vieux verbe français buffer signifiant souffler, encore employé dans quelques régions notamment en Poitou et dans les Charentes. En Occitanie le soufflet à bouche est connu sous le nom de bouffadou.

Au XIVe siècle, les cheminées de noble ou bourgeois disposaient de soufflets luxueusement décorés ; les inventaires nous parlent de « buffets » d’or ou d’argent avec émaux et pierreries.

Pendant la Renaissance, le soufflet grandit, à l'instar des monumentales cheminées. On l’orne de dorures, de personnages fantastiques ou mythologiques (presque toujours au bas est sculpté Éole mordant la tuyère) et souvent d’armoiries.

Au XVIIe siècle la sculpture est à peu près abandonnée, les incrustations de nacre, de cuivre, de verroterie sont prédominantes.

Au XVIIIe siècle la marqueterie est majoritairement employée.

Au XIXe siècle, le rendement des cheminées augmentant, celles-ci diminuent de volume. Les soufflets en font de même et deviennent plus fonctionnels que décoratifs.

Dans la sidérurgie, les soufflets des hauts fourneaux sont remplacés dès 1776, par des pistons en fonte actionnés par la vapeur, appelés machines soufflantes.

Soufflets d'instruments de musique[modifier | modifier le code]

Divers instruments de musique sont munis de soufflets : orgue, accordéon, diverses cornemuses (uilleann pipes, bodega, musetteetc.).

C'est aussi le mécanisme de la boîte à meuh.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Corbion (préf. Yvon Lamy), Le Savoir… fer — Glossaire du haut fourneau : Le langage… (savoureux, parfois) des hommes du fer et de la zone fonte, du mineur au… cokier d'hier et d'aujourd'hui, 5,‎ 2003 [détail des éditions] (lire en ligne), § Chine
  2. Ye Fan, Livre des Han postérieurs., coll. « Encyclopedia of China »,‎ Ve siècle