Xianbei

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Archer xiambei. Peinture chinoise du IVe siècle

Les Xianbei (鮮卑, parfois transcrit Sien-pei) sont les représentants d'une tribu proto-mongole venue du haut Amour et établie en Mongolie actuelle au IIe siècle. Leur chef Tanshihuai, qui règne de 156 à 181, leur donne l'hégémonie sur la Mongolie orientale au détriment des Xiongnu septentrionaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les chroniques chinoises rapportent qu’ils descendent des Donghu, mentionnés dès le VIIe siècle av. J.-C. Battu par les Xiongnu du Chanyu Modu vers 208 av. J.-C, il reçoivent leur nouveau nom (Xianbei) du mont Sien-pei où ils se sont installés.

En 93, ils infligent une sévère défaite aux Xiongnu du Nord affaiblis[1]. Ils incorporent cent mille Xiongnu dans leurs rangs.

Vers 156, Tanshihuai (Tanshikui, Tan Shihuai ou Tan Chi-houaï, 141-181), chef des Xianbei, crée une confédération avec les milliers de Xiongnu. Elle se désintègre à sa mort en 181[2]. Il est élu par l’assemblée des chefs de tribus, mais par la suite sa dignité deviendra héréditaire. Ils se fait construire un palais et s’entoure d’une armée de cavaliers et soumet les chefs de tribus à la sa volonté. Il porte l’empire Xianbei du lac Baïkal à la frontière septentrionale de la Chine. Après sa mort, les chefs de tribus tentent vainement de retrouver leur autonomie.

Après le décès de son fils en 235, ils attaquent le pouvoir central. L’empire s’effondre à partir du milieu du IIIe siècle[3].

Société[modifier | modifier le code]

Boucle de ceinture Xianbei, IIIe-IVe siècle. Musée Guimet, Paris

Les Xianbei sont des éleveurs nomades organisés en clans. Ils maîtrisent la métallurgie et l'orfèvrerie, fabriquent des arcs portant à grande distance à partir de cornes collées. Ils portent des vêtements de cuir et de tissus. Les femmes se coiffent d'un bonnet pointu orné de coraux et de perles.

Ils utilisent des passeports fait de bois, et les seigneurs envoient leurs ordres gravés dans le bois. On n'a pas retrouvé de traces de cette sorte d'écriture.

Ils enterrent les morts avec leur cheval et leurs vêtements brûlés. Ils sacrifient un chien à côté du cadavre pour préserver l'âme du mort. Le futur gendre doit travailler deux ans dans la yourte des parents de sa promise avant de l'épouser.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Grousset (1885-1952), [PDF] « L'empire des steppes, Attila, Gengis-Khan, Tamerlan », Payot, Paris,‎ quatrième édition : 1965, première édition : 1938
  2. Barbara A. West, Encyclopedia of the Peoples of Asia and Oceania, vol. 1, Infobase Publishing,‎ 2009 (ISBN 9780816071098, résumé)
  3. László Lőrincz, Histoire de la Mongolie : des origines à nos jours, Akadémiai Kiadó,‎ 1984 (ISBN 9789630533812, résumé)