Gansu

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38° 00′ N 102° 00′ E / 38, 102

Gansu
Carte indiquant la localisation du Gansu (en rouge) à l'intérieur de la Chine
Carte indiquant la localisation du Gansu (en rouge) à l'intérieur de la Chine
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Autres noms Chinois : 甘肃
Pinyin : Gānsù
Abréviation 甘 (gān), 陇 (lǒng)
Statut politique Province
Capitale Lanzhou
Démographie
Population 26 190 000 hab. (2004)
Densité 58 hab./km2
Rang 22e
Nationalités Hans (91 %)
Hui (5 %)
Dongxiang (2 %)
Tibétains (2 %)
Géographie
Superficie 454 000 km2
Rang 7e
Économie
PIB (2004) 155 900  (27e)
PIB/hab. 5 953 Ұ (30e)

Le Gansu (chinois : 甘肃 ; pinyin : gānsù) est une province du nord-ouest de la République populaire de Chine.

Longue province étroite, coincée entre le plateau de Mongolie au nord et les contreforts du plateau Tibétain au sud, épousant le tracé principal de l'ancienne route de la soie, le Gansu est habité par environ 26 millions d'habitants (en 2004), dont une minorité importante de Hui. La capitale, Lanzhou, est située dans le sud-est de la province.

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom du Gansu est un nom composé, utilisé pour la première fois l'époque de la dynastie Song, formé de celui de deux préfectures des dynasties Sui et Tang : Gan (près de Zhangye) et Su (près de Jiuquan).

Le nom de la province est abrégé en Gan (, gān) ou Long ( / , lǒng).

Histoire[modifier | modifier le code]

Fort de Jiayuguan.

Aux temps préhistoriques, la région du Gansu héberge un certain nombre de cultures néolithiques. La culture de Daviwan prospère dans l'est du Gansu entre 6000 et 3000 av. J.-C. La culture de Majiayao et une partie de la culture de Qijia ont également leur origine dans le Gansu, respectivement entre 3100 et 2700 av. J.-C., et 2400 et 1900 av. J.-C.

L'État de Qin — qui donne par la suite la dynastie fondatrice de l'Empire chinois — se développe initialement dans le sud-est du Gansu, spécifiquement dans la région de Tianshui. Des tombes et des objets Qin ont été excavés à Fangmatan, près de Tianshui.

Aux temps impériaux, le Gansu est un avant-poste et une voie de communication importants de l'Empire chinois, le corridor du Hexi courant le long de la province. La dynastie Han étend la Grande Muraille à travers ce corridor et construit les villes fortifiées de Yumenguan et Yangguan. La dynastie Ming y construit l'avant-poste de Jiayuguan. Le nord-ouest de la province, à l'ouest de Yumenguan et des monts Qilian, est habité par des Yuezhi, Wusun et autres tribus nomades.

En 822, le traité de paix sino-tibétain fut signé entre l’empereur du Tibet, Tri Ralpachen et l’empereur chinois Tang Muzong (820 — 824) de la dynastie Tang. Le traité permit de stabiliser les relations politiques, militaires et commerciales entre le Tibet et la Chine. Ainsi le traité délimita la frontière entre les deux empires[1] et la Chine reconnaît l'occupation du Gansu par les tibétains[2].

Après la chute de l'Empire ouïghour, un État ouïghour s'établit dans le Gansu entre 848 et 1036. À cette époque, de nombreux habitants du Gansu se convertissent à l'Islam. Plus tard, une partie du Gansu fait partie de l'Amdo, région du nord-est du Tibet, et une autre partie appartient à la Mongolie. Province créée sous la dynastie Yuan, située le long de la route de la soie, le Gansu est une région économiquement importante, ainsi qu'un vecteur de transmission culturelle.

La province est le lieu d'origine de la Révolte des Dungan de 1862-1877, qui s'étend par la suite au reste de la Chine. La communauté musulmane du Gansu est alors presque entièrement anéantie.

Les fréquents tremblements de terre, disettes et famines ont eu tendance à freiner le développement du Gansu. En 1920, un tremblement de terre d'une magnitude de 8,6 tue 180 000 personnes. En 1932, un autre de magnitude 7,6 décime 70 000 habitants.

Pendant la Grande famine entre 1958 et 1961, selon l'universitaire chinois Yang Jisheng, les données officielles pour le Gansu indiquent un nombre de morts non naturelles de 666 700 et un nombre de naissances non avenues de 800 000. Le professeur Cao Shuji arrive quant à lui au chiffre de 1,023 million de décès non naturels[3]. Yang Jisheng mentionne aussi de nombreux cas de cannibalisme. Dans la ville de Linxia, 588 personnes ont mangé 337 cadavres; à Hongtai, 170 personnes ont mangé 125 cadavres dont 5 tués à cet effet. Il y eut des cas où des maris mangeaient leurs femmes, des mères leurs enfants, des frères leurs sœurs[4].

C'est à cette époque entre 1958 et 1961 qu'a été ouvert le camp de rééducation par le travail de Jiabiangou utilisé pour emprisonner des intellectuels et d'anciens fonctionnaires gouvernementaux qui ont été déclarés « droitistes » lors du mouvement anti-droitier du Parti communiste chinois. Lorsqu'il était en opération, il contenait approximativement 3 000 prisonniers politiques, dont environ 2 500 sont morts à Jiabiangou, principalement de famine[5],[6],[7].

En août 2010, des glissements de terrain dus à des inondations ont provoqué plus de 700 morts et plus de 1 100 disparus[8] dans le Xian de Zhugqu de la préfecture autonome tibétaine de Gannan.

Géographie[modifier | modifier le code]

La majeure partie des 454 000 km2 du Gansu est située à plus de 1 000 m d'altitude, à la jonction du plateau tibétain, de la Mongolie-Intérieure et du plateau de Lœss, et bordant la Mongolie au nord-ouest. Le centre géographique de la Chine est situé dans le Gansu (35° 50′ 40.9″ N 103° 27′ 07.5″ E / 35.844694, 103.452083 (Centre géographique de la Chine)). Administrativement, le Gansu est bordé par les provinces ou régions autonomes de Mongolie-Intérieure, Xinjiang, Qinghai, Sichuan, Shaanxi et Ningxia.

Le Gansu est très montagneux dans le sud et plat dans le nord. Les montagnes du sud font partie de la chaîne de Beishan et culminent au Qilian Shan, à 5 547 mètres d'altitude. Au nord, le Gansu comprend une partie du désert de Gobi. La province a une forme très allongée et mesure plus de 1 500 km du nord-ouest au sud-est, et une forme très étroite dans sa partie centrale (souvent moins de 100 km). Cette forme résulte de sa situation le long de l'ancienne route de la soie, passant par un étroit corridor coincé entre le plateau du Tibet et le plateau de Mongolie.

Composante centrale du Gansu, le corridor du Hexi est un passage très étroit et étiré d'un millier de kilomètres, reliant la ville moderne de Lanzhou à Yumenguan, à la frontière du Gansu et du Xinjiang. C'est le passage le plus important permettant d'accéder au Xinjiang et à l'Asie centrale. Géographiquement, le corridor débute dans la préfecture de Haidong du côté de la ville de Xining et du lac Juyan (appelé en mongol Gaxun Nuur, Goshun Nur pour le lac de l'ouest et Sogo Nur pour le lac de l'est) et constitue la majeure partie de la province. On y trouve de nombreuses oasis fertiles entourées des vastes étendues du désert de Gobi.

Au nord se situe le plateau d'Alashan, semi-désertique. L'est de la province est recouvert par le plateau de Lœss.

Le Fleuve Jaune traverse le sud du Gansu et traverse Lanzhou, sa capitale. Le fleuve dont la source est sur le plateau du Tibet, passe par les province du Sichuan et du Qinghai, avant de la traverser. Il est la principale source d'eau de cette province aride. Quelques grandes oasis sont dispersée autour de Dunhuang, à l'ouest de la province. Les nappes d'eau souterraines permettent tout de même la culture du raisin.

Le 20 juillet 2013, un tremblement de terre de magnitude 6,6 sur l'échelle de Richter a eu lieu dans le Xian de Min / 岷縣, mín xiàn).

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Subdivisions du Gansu
Article détaillé : Subdivisions du Gansu.

En dessous du niveau provincial, le Gansu est subdivisé en douze villes-préfectures et deux préfectures autonomes.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2004, le Gansu comptait 26 033 400 habitants. 73 % de la population est rurale. 92 % sont des Hans et la province compte comme minorités des Hui, des Tibétains, des Dongxiang, des Tu, des Mandchous, des Ouïghours, des Yugur, des Bonan, des Mongols, des Salar et des Kazakhs.

Langues[modifier | modifier le code]

La plupart des habitants du Gansu, y compris dans les minorités, parlent des dialectes du mandarin. Le tu, le tibétain amdo, le mongol et le kazakh sont également employés sur les frontières de la province.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La nouvelle histoire du Tibet de Gilles Van Grasdorff Édition Perrin 2006 Pages 78 et suivantes
  2. Source : Histoire de la Chine de Jean Dif
  3. Yang Jisheng, Stèles. La Grande famine en Chine, 1958-1961, Seuil, 2012, p. 279.
  4. Yang Jisheng, Stèles. La Grande famine en Chine, 1958-1961, p. 281 et suivantes
  5. Wen Huang (2009): I hope to be remembered as a writer who speaks the truth, guest post at Three Percent - a resource for international literature at the University of Rochester
  6. Sarah Halzack (2009): Surviving Jiabiangou, The Washington Post, 23 août 2009
  7. (en) Xu Zhao, The Tragedy at Jiabiangou, Laogai Research Foundation Publications,‎ 2008
  8. Le Monde - Chine : plus de 700 morts dans des glissements de terrain LEMONDE.FR avec Afp | 10.08.10 | 11h48 • Mis à jour le 10.08.10 | 12h56

Liens externes[modifier | modifier le code]

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