Nanyue

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Carte du territoire de la dynastie des Yue du Sud.

Le Nanyue (chinois : 南越; pinyin: Nányuè), appelé par les Vietnamiens Nam Việt, était un royaume d'Asie dont le territoire comprenait les actuelles provinces chinoises du Guangdong, du Guangxi et du Yunnan, ainsi qu'une partie du Nord de l'actuel Viêt Nam. Le pays, gouverné par la dynastie des Yue du Sud, exista de 206 av. J.-C. à 111 av. J.-C..

Le Nanyue est fondé par le général chinois Zhao Tuo (appelé Triệu Đà par les Vietnamiens), qui conquiert pour le compte de la dynastie Qin le royaume d'Âu Lạc, alors pays du peuple Viêt. La mort de l'empereur de Chine et la chute de la dynastie donnent à Zhao Tuo des idées d'indépendance ; en 206 av. J.-C., il se proclame roi d'un nouvel État, le Nanyue (traduisible par Viêt du Sud, en vietnamien Nam Việt), fondant ainsi la dynastie des Yue du Sud (appelée par les Vietnamiens dynastie Triệu). Large de deux à trois cent kilomètres, le royaume longe la mer de Chine, du col de Ngang au sud, jusqu'au nord de l'actuelle Canton. En 113 av. J.-C., Zhao Xing, l'un des successeurs de Zhao Tuo, souhaite réintégrer le royaume au sein de la Chine en faisant allégeance à la dynastie Han ; il est alors renversé et tué par son premier ministre Lü Jia, qui installe sur le trône Zhao Jiande, frère de Zhao Xing. L'empereur de Chine Han Wudi profite des troubles au Nanyue pour envoyer son armée y « rétablir l'ordre ». En 111 av. J.-C., le Nanyue est battu et son territoire reannexé par la Chine[1].

En 544, le titre d'« empereur du Nam Việt » est à nouveau revendiqué par le premier souverain de la dynastie Lý antérieure, durant une période d'indépendance du pays.

Au XIXe siècle, la dynastie Nguyễn, après sa victoire sur les Tây Sơn, souhaite rebaptiser le pays, alors appelé Đại Việt et correspondant au territoire de l'actuel Viêt Nam, du nom ancien de Nam Việt ; la Chine des Qing, alors reconnue comme suzeraine du pays, s'oppose au choix de ce nom qui rappelle trop un royaume sécessionniste, qui possédait de surcroît une partie de l'actuel territoire chinois. Un compromis est alors trouvé et la monarchie des Nguyễn adopte le nom de Viêt Nam.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joël Luguern, Le Viêt-Nam, Karthala, 1997, pages 63-64