Yue Minjun

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Dans ce nom chinois, le patronyme, Yue, précède le prénom.
Exposition « Yue Minjun », Times Square, Hong Kong 2008.

Yue Minjun (岳敏君 en chinois), né en 1962 dans la province de Heilongjiang en Chine, est un artiste chinois contemporain vivant à Beijing, en Chine, connu par ses toiles le dépeignant en diverses mises en scène, figé dans un rictus hilare.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Minjun a toujours travaillé dans l'industrie du pétrole[1]. Quand Yue a six ans, sa famille déménage à Jianghan puis à Pékin alors qu'il en a dix. Après le lycée, il se rend à Tianjin puis à l'université du Hebei où il étudie la peinture entre 1985 et 1989. Dans les années 1980, il commence à peindre les portraits de ses collègues ou encore l'océan après avoir été embauché sur une installation pétrolière en haute mer. En 1989, il est particulièrement inspiré par une peinture de Geng Jianyi exposée à un salon d'art à Pékin, la toile révélant le propre visage riant du peintre. En 1990, il s'installe à Hongmiao dans le quartier Chaoyang de Pékin, où vit une communauté d'artistes chinois. Durant cette période, il réalise des portraits de ses compagnons de bohème.

Au fil des ans, le style de Yue Minjun s'est rapidement développé, celui-ci remettant souvent en question les conventions sociales et culturelles en décrivant des objets et même des questions politiques d'une manière radicale et abstraite. Il a également changé son orientation par rapport aux aspects techniques de la « notion de création pure ». Ses autoportraits ont été décrits par le théoricien Li Xianting comme « une réaction auto-ironique au vide spirituel et à la folie de la Chine moderne. » Les critiques d'art associent souvent Yue au mouvement artistique du « réalisme cynique » dans l'art contemporain chinois. Pourtant, il refuse ce label tout en... « ne se sentant pas concerné par ce que les gens disent de lui. »

Yue réside actuellement avec une cinquantaine d'autres artistes chinois dans le village de Songzhuang.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'une des séries les plus populaires de Yue Minjun est celle dite du « chapeau ». Cette série, représente Yue portant une variété de chapeaux — une toque de chef, un béret des forces spéciales, le casque d'un policier britannique, le masque de Catwoman, et ainsi de suite. L'artiste nous dit que la série se rapporte au « sentiment de l'absurdité des idées qui gouvernent le protocole socio-politique entourant les chapeaux. » La série illustre bien la façon dont ce personnage est universellement adaptable, une sorte de logo qui peut être attaché à n'importe quel paramètre à ajouter de la valeur.

Invité à participer à la biennale de Venise en 1999, Yue choisit de commencer la fabrication en bronze de versions sculpturales de sa signature d'auto-portraits, parodiant la célèbre armée de guerriers en terre cuite de la dynastie Qin. Alors que les sculptures sont connues pour l'individualité subtile de chacun des guerriers, la version moderne les représente strictement identiques, jetés dans le même moule. Cette participation l'a rendu célèbre et lui a ouvert les portes du marché international de l'art.

Dans Noah's Ark, six autoportraits de Yue sont assis dans un petit bateau à rames sur une mer bleue, accroupis ensemble, serrant les genoux en hurlant dans un rire silencieux. Dans Solar System, trois Yue identiques sont représentés « caquetant » au bas de la toile, chacun vêtu seulement de sous-vêtements, des plantes géantes tournoyant derrière eux dans l'espace.

Cote marchande[modifier | modifier le code]

À partir de 2007, treize de ses peintures sont vendues plus d'un million de dollars. Sa peinture à l'huile de 1995 Execution[2] fut en 2007 l'œuvre d'art la plus chère de l'histoire de l'art contemporain chinois, vendue pour 2 932 500 livres (3,7 millions d'euros) chez Sotheby's, à Londres[3],[4]. Depuis, ce record a été battu par Cai Guo-Qiang et Zeng Fanzhi.

Le record de vente a eu lieu une semaine plus tard avec la peinture The Massacre at Chios vendue à Hong Kong chez Sotheby's pour près de 4,1 millions d'euros[5]. La toile emprunte son nom à une toile d'Eugène Delacroix, représentant l'évènement de 1822 dans l'histoire grecque.

Expositions[modifier | modifier le code]

A-maze-ing Laughter (détail) à Vancouver

Depuis ses débuts, son travail a été présenté dans de nombreuses galeries à Singapour, à Hong Kong et à Beijing. Il expose aujourd'hui dans le monde entier dans nombre de manifestations et de lieux prestigieux, parmi lesquels la 5e biennale de Shanghai, « Mahjon », au musée d'art de Berne, et « Xianfeng ! », au musée Beelden aan Zee aux Pays-Bas.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'où le caractère nomade de l'existence d'Yue, sa famille se déplaçant régulièrement afin de trouver du travail sur les chantiers pétroliers.
  2. Jusqu'à sa vente chez Sotheby's en 2007, ce tableau appartenait à Trevor Simon, un banquier d'affaires qui l'avait acheté pour environ un tiers de son salaire tout en travaillant dans la région. Simon avait stocké cette pièce pendant 10 ans comme l'exigent les conditions de vente.
  3. Voir sur le site chine-informations.com.
  4. Sur Art.net d'octobre 2007, repris par Nathalie Guiot dans Collectionneurs, les VIP de l'art contemporain, p. 19, éditions Anabet, 2008.
  5. Voir sur shanghaiist.com.
  6. « Chine, le corps partout ? / China, the body everywhere? », Henry Périer, musée d'art contemporain de Marseille,  éd. Indigène, 2004 (ISBN 9782080113016)
  7. Première grande exposition aux États-Unis.
  8. Voir sur queensmuseum.org.
  9. Première exposition européenne majeure qui lui est consacrée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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