Jade

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Jade
Catégorie IX : silicates[1]
Morceau de jade brut

Morceau de jade brut
Général
Formule brute jadéite : NaAl(Si2O6)
néphrite : Ca2(Mg, Fe)5((OH,F)Si4O11)2
Identification
Couleur variable
Système cristallin monoclinique
Échelle de Mohs 6,5 - 7
Propriétés optiques
Indice de réfraction 1,660
Biréfringence 0,02
Propriétés chimiques
Densité 3,34
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
Boutons antiques en jadéite réalisés à la main (Chine).

Le jade est une pierre gemme très dure et tenace employée en ornementation et en joaillerie.

Son origine étymologique est espagnole : les conquistadors du XVe siècle la baptisèrent piedra de ijada - textuellement pierre pour la fosse (iliaque) : selon la croyance indienne, elle passait pour guérir les maux de reins et les coliques néphrétiques mais aussi pour éloigner les mauvais esprits[2].

Le jade désigne en fait trois minéraux distincts pouvant avoir une apparence semblable : la jadéite, la néphrite et le kosmochlor. Initialement les deux minéraux premiers ne sont pas différenciés. Les noms jade et néphrite ont la même origine : lapis nephriticus est l'équivalent latin de l'espagnol piedra de ijada, c'est-à-dire pierre du flanc, en référence à son utilisation par les peuples mésoaméricains pour guérir divers maux internes, dont les problèmes néphrétiques[3]. C'est en 1863 qu'Alexis Damour décrit et nomme la jadéite[4], après avoir observé une variété de jade dont la composition différait radicalement de celle d'une autre variété qu'il avait étudiée en 1846 (i.e. néphrite) et identifiée comme appartenant à la famille des trémolites[5]. On distingue depuis :

  • le jade néphrite composé essentiellement de néphrite, un silicate de calcium et magnésium du groupe des amphiboles, assez commun.
  • le jade jadéite composé essentiellement de jadéite, un silicate de sodium et aluminium du groupe des pyroxènes, plus dur, plus dense, plus rare et considéré comme plus précieux.

Les différentes variétés de jade étaient très employées à l'époque de la pierre polie pour la confection des haches. Les artistes chinois utilisent depuis longtemps cette pierre semi-précieuse pour réaliser de petits objets d'art.

Le jade est généralement d'un vert plus ou moins prononcé.
Le jade blanc est le jade pur
Le jade vert contient des sels de chrome
Le jade bleu-vert contient des sels de cobalt
Le jade noir contient des sels de titane
Le jade rose contient des sels de fer et de manganèse

Gisements[modifier | modifier le code]

On trouve de la néphrite en Chine, en Russie, en Nouvelle-Zélande et au Canada. La jadéite fut également utilisée au Guatemala par les Mayas ; elle provenait sans doute des hautes terres du pays (Sierra de las Minas).
Au Guatemala, le géologue Jay Ridinger et son épouse Mary Lou qui est archéologue, ont prospecté dans la région d'Antigua, les rives du fleuve Motagua. En 1974, ils y ont découvert les anciens gisements qui furent exploités à l'époque précolombienne. Dans les gisements qu'ils exploitent avec leur société Jade S.A, on trouve plusieurs couleurs de jade allant du blanc au noir en passant par la traditionnelle couleur verte ainsi que du jade rose très rare. Le jade bleu-vert est appelé « jade des Olmèques », le jade vert foncé « jade des Mayas ».

On en trouve aussi au Kazakhstan, et en Birmanie riche en kosmochlor (jade impérial).

Il existe des gisements de jadéite dans les Alpes italiennes, à proximité du mont Viso. Redécouverts en 2003, ils avaient été exploités au néolithique pour fabriquer des outils en pierre polie[6]. Une hache dont le matériau provient de ces gisements a été retrouvée en Angleterre[7],[8].

Faux jade[modifier | modifier le code]

L'Antigorite, une serpentine (minéral) est souvent utilisée, colorisée, afin de simuler du jade alors qu'elle est beaucoup plus courante et moins chère que le jade. L'autre raison étant que l'antigorite est nettement plus tendre que le jade et donc plus aisée à tailler[Atlas_RoMi 1].

Symbolique[modifier | modifier le code]

Dans la symbolique orientale, le jade était une pierre relative à l'empereur, symbole d'un pouvoir absolu. L'empereur se devait d'arborer un sceptre de jade (Ruyi) lors des grandes cérémonies. Les cinq rangs de princes recevaient chacun une tablette de jade d'un type particulier.

  • Le premier rang recevait une tablette oblongue avec deux colonnes gravées.
  • Le second rang recevait une tablette oblongue où figurait un homme debout, le corps droit.
  • Le troisième rang recevait une tablette oblongue où était représenté un homme courbé.
  • Le quatrième rang recevait une tablette annulaire sur laquelle figurait du millet.
  • Le cinquième rang recevait une tablette annulaire gravée de feuilles de jonc.

Chaque année, les princes se rendaient en audience devant l’empereur et rendaient leurs tablettes qui étaient alors comparées avec les formes-modèles conservées au palais. Si tout était conforme les tablettes leur étaient restituées. Le simple fait que l’empereur ne désire pas rendre une tablette signifiait la destitution du prince. Les envoyés de l’empereur et les ambassadeurs possédaient, quant à eux, des demi-tablettes coupées dans la longueur et qui se devaient de parfaitement correspondre à la partie complémentaire qui avait été confiée au correspondant. Posséder un jade, en Chine, est donc, en quelque sorte, pouvoir prétendre à une dignité impériale.

Par ailleurs, on plaçait dans la bouche des défunts une cigale en jade, symbole de la vie éternelle et de la résurrection dans l'au-delà. Les neuf orifices du corps bouchés par de l'or et de la pierre de jade étaient aussi censés le protéger de la putréfaction. En Orient, le jade est également assimilé à la semence du dragon. [réf. nécessaire]

Les noces de jade symbolisent les 26 ans de mariage dans le folklore français. Dans l'antiquité et jusqu'au Moyen Âge, le jade était censé protéger des maladies rénales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, t. 1, Dictionnaires Le Robert,‎ 1992
  3. (en) Easby, Elizabeth Kennedy, Pre-Columbian Jade from Costa Rica, New York, André Emmerich Inc.,‎ 1968
  4. Alexis Damour, « Notice et analyse sur le jade vert. Réunion de cette matière minérale à la famille des Wernerites », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 56,‎ 1863, p. 861-865 (lire en ligne)
  5. Alexis Damour, « Analyse du jade oriental, réunion de cette substance à la Trémolite », Annales de chimie et de physique, 3e série, vol. 16,‎ 1846, p. 469-474 (lire en ligne)
  6. (en) P. Petrequin et al., 2006 : The Neolithic quarries of Mont Viso (Piedmont, Italy). Initial radiocarbon dates. [Journal of Archaeology], vol. 9, no 1, p. 7-30 (ISSN 1461-9571) texte intégral (page consultée le 14 janvier 2010) ] 
  7. (en) « 14 », dans Neil MacGregor, Une histoire du monde en 100 objets [« A History of the World in 100 Objects »], Penguin Books,‎ 28 octobre 2010, 608 p. (ISBN 9781846144134), p. 85-89
  8. Axe - British Museum. Consulté le 14 janvier 2010.
  • (en) Angeles Gavira and Peter Frances, Rocks and Minerals, The definitive visual guide, p. 280-281 [« Rock and Gem (2005) »], Londres (Grande-Bretagne), Dorling Kindersley Limited,‎ 2008, 364 p. (ISBN 978 1 4053 2831 9) (RoMiGuide)
  • Minéraux et Pierres de collection, Paris (France), Éditions Atlas,‎ 1996, 1246 p. (Atlas_RoMi)
  1. Serpentine (gemme)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]