Dunhuang

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Dūnhuáng
敦煌
Place principale du centre ville.
Place principale du centre ville.
Localisation de la ville de Dunhuang dans sa juridiction (en rose) et la préfecture de Jiuquan (en jaune), dans la province de Gansu.
Localisation de la ville de Dunhuang dans sa juridiction (en rose) et la préfecture de Jiuquan (en jaune), dans la province de Gansu.
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Gansu
Préfecture Jiuquan
Statut administratif Ville-district
Code postal 736200[1]
Démographie
Population 186 027 hab. (2010)
Densité 6,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 40° 09′ 00″ N 94° 40′ 00″ E / 40.15, 94.66666740° 09′ 00″ Nord 94° 40′ 00″ Est / 40.15, 94.666667  
Superficie 2 696 000 ha = 26 960 km2
Localisation

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Dūnhuáng

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Dūnhuáng
Marché à Dunhuang

Dunhuang (chinois simplifié : 敦煌 ; pinyin : Dūnhuáng), parfois orthographié Touen-Houang, est une ville de la province du Gansu en Chine. C'est une ville-district placée sous la juridiction de la ville-préfecture de Jiuquan. Son territoire, essentiellement désertique, s'étend sur 26 960 km2.

Géographie[modifier | modifier le code]

À l'origine poste de contrôle de la route de la soie, elle est située à l'est du désert du Taklamakan, près de la jonction des deux pistes caravanières qui contournaient ce désert, l'une par le nord, l'autre par le sud, en provenance d'Asie centrale.


Climat[modifier | modifier le code]

Dunhuang a un climat désertique sec et froid (BWk selon la classification de Köppen), avec un total de précipitations annuelles de 67 mm2, dont la majorité en été. Les précipitations ne se produisent que sporadiquement et s'évaporent rapidement[2]. Les hivers sont longs et froids, avec une température moyenne sur 24 heures de −8,3 °C en janvier, tandis que les étés sont chaud avec une moyenne en juillet de 24,6 °C ; La moyenne annuelle est de 9,48 °C. Les moyennes de variation de températures diurnes annuelles sont de 16,1 °C. Il y a 3 258 heures de soleil par an, et seul mars ne reçoit que 70 % du total possible[pas clair].

Il n'est pas rare d'observer des trombes terrestres de faible intensité dans le désert avoisinant la ville.

Relevé météorologique de Dunhuang (période 1971-2000)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −14,6 −10,5 −3,2 4,1 9,6 13,9 16,4 14,6 8,5 0,6 −5,5 −12 3,5
Température maximale moyenne (°C) −0,8 4,9 12,7 21,2 27 30,9 32,7 31,7 26,8 18,8 8,4 0,6
Précipitations (mm) 0,8 0,8 2,1 2,4 2,4 8 15,2 6,3 1,5 0,8 1,3 0,8
Nombre de jours avec précipitations 1,5 0,9 1,2 1,3 1,3 3,7 4,8 2,6 0,9 0,5 1,1 1,3
Source : China Meteorological Administration

Histoire[modifier | modifier le code]

Dunhuang est devenue une préfecture en 117 av. J.-C., sur une décision de l'empereur Han Wudi, et après la campagne menée contre les Huns par le général Huo Qubing. La ville a été un point important d'échanges entre la Chine et le monde extérieur pendant les dynasties Han et Tang, au point qu'au IIe siècle, elle comptait la population considérable de 76 000 habitants. Les premières grottes bouddhiques furent creusées en 353, décorées de peintures par les pieux voyageurs pour garantir le bon achèvement du périlleux voyage qu'ils avaient entrepris.

Au cours de la seconde moitié du VIIe siècle, les Tibétains s'emparent de Dunhuang, et n'en seront chassés que vers la fin de la dynastie Tang, en 851, par un général chinois, Zhang Yichao, avant que la ville ne tombe sous la dépendance d'autres populations.
En 1227, l'année de la mort de Gengis Khan, et de l'arrivée au pouvoir en Chine de son héritier, Qubilai Khan, les Mongols s'emparent de la région, et de la majorité de l'Asie.
Cependant, dès le XVIe siècle, la région échappe à l'empire chinois, pour tomber sous la coupe du khanat musulman de Djaghataï[3].

Suite à la découverte en 1900, dans la « bibliothèque murée » des grottes de Mogao, de plusieurs dizaines de milliers de vieux manuscrits et autres d'objets anciens, par l'« abbé » Wang, les archéologues étrangers affluèrent. Paul Pelliot put acheter au taoïste Wang Yuanlu (« l'abbé Wang »), entre autres très nombreux objets, de vieux manuscrits tibétains, dont la totalité fut cataloguée par Marcelle Lalou ; ces manuscrits tibétains se trouvent actuellement à la Bibliothèque nationale de France.
Les quelques milliers d'autres objets rapportés par Paul Pelliot, telles que des peintures sur soie Tang, des statues, des manuscrits et autres documents non tibétains (tels qu'une rarissime version nestorienne de L'Évangile selon Saint-Jean, par exemple), se trouvent aujourd'hui essentiellement au musée Guimet.

Monuments et sites remarquables[modifier | modifier le code]

  • Grottes de Mogao (莫高窟, mògāo kū), à la découverte desquelles Dunhuang doit d'être aujourd'hui connu du monde entier, dans lesquelles fut découvert l'un des premiers ouvrages imprimés de l'histoire de l'humanité. Il s'agit du Soutra du Diamant, daté de 868 après J.-C.
  • Pagode du Cheval Blanc (白马塔 / 白馬塔, báimǎtǎ) : située au sud-ouest de la ville, cette pagode commémore la mort du cheval blanc qui fut, en 384, le fidèle compagnon du moine de Koutcha, Kumarajiva.
  • Portes de Yumenguan (玉门关 / 玉門關, Yùménguān, « le passage de Jade »), composante de la route de la soie proche de Majuanwan (马圈湾 / 馬圈灣, măjuānwān), et de Yangguan : Distantes l'une de l'autre de 68 km, et datant de la dynastie Han, elles faisaient partie de la portion la plus à l'ouest de la Grande Muraille de Chine, et contrôlaient l'accès de Dunhuang. Il n'en reste plus aujourd'hui que des vestiges.
  • Un gigantesque site de production d'énergie photovoltaïque, au sud-ouest de la ville, sur la nationale 215 (G215), à moins de 10 km du centre ville, et en face une reconstitution de château de la dynastie Han, utilisé comme décor de cinéma dans de nombreux films.
  • La grande mosquée de la ville, avec son dôme doré.
  • À l'Ouest de la ville, dans le désert de Gobi, il est possible de visiter des paysages de pierre Yadan (雅丹, yǎdān) dans une réserve protégée.
  • Un château de la dynastie est également visitable, avec quelques yourtes, des machines de guerre mongoles ou han, et un grand oasis. Il est possible d'y faire des tour à dos de cheval ou en carriole tiré par des ânes.

Quartier des attractions scéniques[modifier | modifier le code]

Le quartier des attractions scéniques des dunes Mingsha chantant et de la Source Croissant de Lune (鸣沙山月牙泉风景名胜区) : situés à 3 km au sud de Dunhuang, avec, parmi les 40 km d'Est en Ouest et 20 km du Nord au Sud des dunes Mingsha (鸣沙山, míng shāshān, « Dune du sable chantant »), une dune jaune surplombant de 250 mètres la source du Croissant de Lune (月牙泉, yuèyá quán). On peut aussi y trouver depuis peu le musée de Dunhuang. Il est également possible de se promener dans les dunes en chameau, en véhicule 4x4, ou de faire un tour en ULM. Des bottes oranges fluo sont également disponibles à la location afin de réduire considérablement l'ensablement des chaussures.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population du district était de 186 027 habitants en 2010[4].

Culture[modifier | modifier le code]

Une importante communauté musulmane vit à Dunhuang, aussi, l'édifice religieux le plus important de la ville est sa mosquée. Il est possible d'y voir des femmes intégralement voilées (à l'exception des yeux), surtout pour se protéger du soleil et des vents de sable.

Au sud-est de la ville, une ville fortifiée artificielle de l'époque des Han a été construite et sert principalement de décor de cinémas.

Grottes de Mogao[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grottes de Mogao.

À 27 km au sud-est de la ville se trouvent les grottes de Mogao, où ont été découverts de magnifiques peintures murales créées de la dynastie Wei (386-581) à la dynastie Yuan (1279-1368). De très nombreuses statues, dont une statue de Maitreya assis en lotus de 35 mètres de haut, une allongée de plusieurs dizaines de mètres de long et de précieux manuscrits médiévaux. En 1879, des explorateurs russes puis géologues hongrois visitent ces grottes. En 1900, le moine taoïste Wáng Yuánlù redécouvre les manuscrits. Plus tard, la redécouverte de fresques vers 1946 est mentionnée et décrite par Francois Cheng dans son livre Le Dit de Tianyi.

Des destructions ont eu lieu : musulmans, réfugiés russes blancs, expédition Langdon Warner. Des prélévements massifs de manuscrits et objets, (de la bibliothèque secrète découverte par Wang Yuánlù), ont également eu lieu au début du XXe siècle, négociés et emportés par des archéologues de nationalité anglaise, française, japonaise et russe. Le site fut protégé durant la Révolution Culturelle.

Énergie[modifier | modifier le code]

Remplissage d'un taxi au gaz naturel dans une station service dédiée, en bordure de la ville.

Les taxis de Dunhuang roulent au gaz naturel. Lors du remplissage du véhicule, seul le personnel de la station et les chauffeurs sont autorisés à rester dans la station, afin de minimiser les risques liés aux possibles accidents, les passagers doivent se placer à la sortie de la station (voir photo).

Champs photovoltaïque de 10 MW de Dunhuang

Le Parc solaire Gansu-Dunhuang est une immense centrale solaire photovoltaïque d'environ 9 km2 et produisant 10 MW d’électricité est situé au Sud-Ouest de la ville[5]. C’était le plus grand de Chine en 2009[6]. Un réseau de distribution d'électricité de 750 000 volts a été créé spécialement[7].

L'utilisation de chauffe-eau solaire est massive dans cette ville (voir la photo de la mosquée) très ensoleillée, comme dans une bonne partie du reste de la Chine.

Transports[modifier | modifier le code]

  • Les taxis peuvent être loués pour plusieurs jours afin de visiter la ville et les environs
  • Une gare ferroviaire est située à l'Est de la ville et accueille des trains en provenance et à destination de Lanzhou et d'autres villes gérés par les chemins de fer de Lanzhou.
  • L'aéroport de Dunhuang (敦煌机场) est situé à l'Est de la ville, près de la gare. Il dessert des vols domestiques uniquement.
  • Un aérodrome de tourisme est situé au sud de la ville, au bord des dunes de sable et accueille des ULM à destination du tourisme. Des vols sont proposés à partir de 290 RMB pour voir quelques points de vue de la région.

Galerie photo[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Gansu, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. (en) « Dunhuang Climate − Best time to visit » (consulté le 2009-12-06)
  3. Judy Bonavia, Route de la Soie, Éditions Olizane, p. 150-151, (ISBN 2-88086-343-0)
  4. (en) National Bureau of Statistics Census 2010 in [1]
  5. [2] carte du champ sur OpenStreetMap
  6. (zh) 敦煌将建中国最大太阳能电厂
  7. 敦煌太阳能光伏发电项目遭遇并网尴尬

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Généralités
  1. Danielle Elisseeff, Art et archéologie : la Chine du néolithique à la fin des Cinq Dynasties (960 de notre ère), Paris, École du Louvre, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux (Manuels de l'Ecole du Louvre),‎ 2008, 381 p. (ISBN 9782711852697) Ouvrage de référence, bibliographie et Sites Internet.
  2. Emmanuelle Lesbre,Liu Jianlong, La peinture chinoise, Paris, Hazan,‎ 2004, 480 p. (ISBN 2850259225).
  3. Yang Xin,Richard M. Barnhart,Nie Chonghzeng,James Cahill,Lang Shaojun,Wu Hung, Trois mille ans de peinture chinoise, Arles, Philippe Piquier,‎ 2003, 402 p. (ISBN 2877306674).
  • Dunhuang
  1. Judy Bonavia, Route de la Soie, Genève, Éditions Olizane,‎ 2006, 480 p. (ISBN 2880863430).
  2. Jean-Pierre Drège et Olivier Venture, Études de Dunhuang et Turfan, Genève, Droz,‎ 2007, 448 p. (ISBN 9782600011327).

Liens externes[modifier | modifier le code]