Dynastie Wei du Nord

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Dynastie Wei du Nord
北魏 (zh)

386534

Description de cette image, également commentée ci-après

Territoire approximatif des Wei du Nord (en bleu) et des Song du Sud (en rouge) vers 440.

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Pingcheng, puis Luoyang
Religion Bouddhisme
Histoire et événements
386 Fondation
439 Réunification de la Chine du Nord
523 Guerre civile
534 Scission en Wei de l'Ouest et Wei de l'Est
Empereurs
(1er) 386-409 Daowudi
(Der) 532-534 Xiaowudi

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Les Wei du Nord ou Bei Wei (北魏) sont une dynastie de la période des Dynasties du Nord et du Sud (420-589), qui régna en Chine du Nord de 386 à 534.

Elle fut fondée par un peuple turc, les Tabghatch, appelés encore Tuoba en pinyin[1]. Dominant au départ le nord du Shanxi actuel, ils réunifient toute la Chine du Nord en 439. Ils luttent également avec les Ruanruan. La dynastie Wei eut d'abord sa capitale à Pingcheng (Datong) puis, à partir de 494, à Luoyang. Progressivement, elle se sinise et adopte le bouddhisme[2].

En 523, éclate une guerre civile entre l'aristocratie sinisée et les Tabghatch fidèles à la culture des steppes. En conséquence, la dynastie éclata en deux branches en 534 : les Wei de l'Ouest (Xi Wei), représentant les Turcs sinisés[3], en Chine du Nord-Ouest (trois empereurs) et les Wei de l'Est (Dong Wei), en Chine du Nord-Est (un seul empereur).

Les arts sous la dynastie des Wei du nord[modifier | modifier le code]

L'art bouddhique[modifier | modifier le code]

Au IVe siècle[5] a lieu un vaste mouvement de traductions en chinois des textes religieux bouddhiques. De plus, l'unité de l'empire des Wei du Nord favorise la diffusion du Bouddhisme, qui est adopté par la suite comme religion officiel de la dynastie. C'est dans ce contexte que se développe l'art bouddhique en Chine. Celui-ci connaitra plusieurs formes d'expressions.

Sur les conseils du moine Tanyao, le souverain Wen Chang amorce, après le rétablissement du Bouddhisme comme religion officielle en 452, une vaste campagne d'aménagement de grottes. Le site des grottes de Mogao à Dunhuang voit ainsi l'aménagement de dix grottes bouddhiques, reconnues pour leurs sculptures et leurs peintures. Sur ces peintures, on représente majoritairement le thèmes des jataka (vie antérieures du Bouddha), qui mettent en avant les qualités essentielles pour devenir un bodhisattva. On y trouve par exemple la jataka du Roi de Shivi, qui illustre le dont de soi. Les couleurs, limitées au rouge, au brun, au blanc et au vert, sont posées en aplat et cernées par un épais trait de contour. Les volumes sont plutôt ronds. L'usage des riches bijoux et des guirlandes de fleurs témoignent de la forte influence du monde indien, aux portes duquel se trouve le site de Dunhuang. Les plans sont superposées et les scènes, vue à vol d'oiseau, se développent en registres.

À côté des peintures, il se trouve que les premiers témoignages d'art bouddhique sont en bronze. Même si beaucoup d'objets ont aujourd'hui disparus car refondus, les bronzes dorés tenaient une grande place dans la production. On distingue plusieurs phases. La première, comme on peut le voir sur le Bouddha assis du Musée d'art asiatique de San Francisco, est marquée par des traits du visage particulièrement doux et un canon général encore très rond. Cette phase est influencée par l'art du Gandhara au Pakistan et en Afghanistan. La seconde phase, comme en témoigne l'autel dédié à Maitreya au Metropolitan Museum de New York, est caractérisée par un tout autre canon, beaucoup plus élancé et étiré. Le corps et ses volumes sont moins prononcés, et le visage est beaucoup plus anguleux. Les plis des vêtements sont plus dynamiques et graphiques. Cette phase dénote un style bouddhique sinisé. Il se retrouve dans le groupe des Bouddhas Prabhûtaratna et Sâkyamuni dite « la Conversation mystique » du musée Guimet[6].

Cette évolution du style bouddhique se retrouve dans la sculpture des grottes bouddhiques. On a ainsi deux phases pour l'art bouddhique chinois à cette période. La première est incarnée par le site des grottes de Yungang dans le Shanxi, comme en témoigne le Bouddha rupestre monumental de la grotte n°20. Comme pour la première phase des bronzes, le canon est rond et robuste. Le visage est tout en rondeur, et les yeux, grands, sont ouverts. Le corps, sous des vêtements à l'indienne, est très présent. Avec le changement de capitale des Wei pour la ville de Luoyang, le style bouddhique devient plus dynamique. C'est ce qu'on peut voir sur le site des grottes de Longmen, qui marque la deuxième phase du style bouddhique. Les figures sont élancées, et le corps, aplati, est dissimulé sous les grands plis des vêtements. Ce style sinisé, beaucoup plus graphique, est caractérisé par ses yeux fermés.

Chronologie politique de la période[modifier | modifier le code]

La période de désunion
« Trois Royaumes » 220-280 : 60 ans
Chine du Nord : Wei à Luoyang Chine du Sud-Ouest: Shu, Chine du Sud-Est : Wu
brève réunification : Jin occidentaux à Luoyang 265-316 : 51 ans
nouvelles fragmentations
au Nord : « Seize Royaumes » : 304-439 : 135 ans au Sud : Jin orientaux 317-420 : 103 ans
« Dynasties du Nord » et « Dynasties du Sud »
Wei du Nord 386-534 : 148 ans Liu Song 420-479 : 59 ans
Wei de l'Est 534-550 : 16 ans Qi ou Qi du Sud 479-502 : 23 ans
Wei de l'Ouest 535-556 : 21 ans Liang 502-557 : 55 ans
Qi du Nord 550-577 : 27 ans Liang postérieurs, ou Liang du Sud 555-587 : 32 ans
Zhou du Nord 557-581 : 24 ans Chen 557-589 : 32 ans

Liste des empereurs[modifier | modifier le code]

  1. Daowudi (Tuoba Gui) (386-409)
  2. Mingyandi (Tuoba Si] (409-423)
  3. Taiwudi (Tuoba Tao) (423-451)
  4. Wenchengdi (Tuoba Jun) (451-465)
  5. Xianwendi (Tuoba Hong) (465-470)
  6. Xiaowendi (Yuan Hong) (471-499)
  7. Xuanwudi (Yuan Ke) (499-515)
  8. Xiaomingdi (Yuan Xe) (515-528)
  9. Xiaozhuangdi (Yuan Ziyou) (528-530)
  10. Jiemindi (Yuan Gong) (530-531)
  11. Yuan Lang (531-532)
  12. Xiaowudi (Yuan Xiu) (532-534)

À la mort de Xiaowudi en 534, la Chine du Nord est divisée en 2 états (Chine du Nord-Ouest et Chine du Nord-Est).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. T'o-pa dans l'ancienne transcription EFEO.
  2. Jean Sellier, Atlas des peuples d'Asie méridionale et orientale, La Découverte, Paris, 2008, p. 136.
  3. Jean Sellier, op. cit., p. 136.
  4. Trois mille ans de peinture chinoise,ouvrage collectif, Philippe Piquier éditeur, 2003, ISBN 2-87730-667-4, pages 47-48. Et La peinture chinoise, Emmanuelle Lesbre et Liu Jianliong, hazan, 2004, ISBN 2-85025-922-5, pages 20-22.
  5. Sur toute la période : Béguin 2009, p. 297-305 et Danielle Elisseeff 2008, p. 244-259
  6. Danielle Elisseeff 2008, p. 258-259

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Béguin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions,‎ 2009, 415 p. (ISBN 978-2-271-06812-5). La Chine fait l'objet d'une partie, une vue d'ensemble actualisée et bien documentée, pages 278 - 331.
  • Flora Blanchon, Isabelle Robinet, Jacques Giès et André Kneib, Arts et histoire de Chine : Volume 2, Paris, Presses universitaires de Paris-Sorbonne,‎ 1999, 496 p. (ISBN 2-84050-123-6) De la dynastie Qin à la période des Six Dynasties.
  • Danielle Elisseeff, Art et archéologie : la Chine du néolithique à la fin des Cinq Dynasties (960 de notre ère), Paris, École du Louvre, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux, coll. « Manuels de l'École du Louvre »,‎ 2008, 381 p. (ISBN 978-2-7118-5269-7 RMN[à vérifier : isbn invalide])
    Ouvrage de référence, bibliographie et sites Internet.
  • Emmanuelle Lesbre,Liu Jianlong, La peinture chinoise, Paris, Hazan,‎ 2004, 480 p. (ISBN 2850259225)

Liens externes[modifier | modifier le code]