Sun Quan

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Sun Quan
Grand empereur des Wu occidentaux
Portrait de Sun Quan en tant que premier empereur de Wu.
Noms
Chinois traditionnel (simplifié) : 孫權 (孙权)
Pinyin: Sūn Quán
EFEO : Souen Ts’iuan ou Souen K’iuan
Wade-Giles : Sun Ch’üan
Prénom social : Zhòngmóu (仲謀)
Nom japonais : Sonken Chūbō
Nom coréen : Songweon Jungmo (손권 중모)
Nom vietnamien : Tôn Quyền Trọng Mưu
Noms de règne
Nom de temple : Taizu (« grand ancêtre »)
太祖
Titre posthume : Grand empereur des Wu occidentaux
(東吳大皇帝)
Ères de règne

Sun Quan (182 - Avril 252) (chinois traditionnel : 孫權, simplifié : 孙权), de son prénom social Zhongmou (仲謀), était un seigneur de guerre chinois à l'époque de la fin de la dynastie Han et premier empereur de la dynastie des Wu occidentaux lors du début de la période des Trois Royaumes. Comme de nombreuses personnalités de son époque, Sun Quan fut immortalisé dans le Roman des Trois Royaumes de Luo Guanzhong.

En 200, Sun Quan hérite de la région du Jiangdong, théoriquement sous vasselage de l'empereur Xiandi de la dynastie Han, mais gardant une très grande indépendance de par sa position géographique. Sun Quan protégea l'indépendance de son territoire en sortant victorieux de la bataille de la Falaise Rouge en 208. En 220, à la chute des Han, il renouvela son serment de vassalité envers la nouvelle dynastie Wei, mais proclama son indépendance en 222 en fondant le royaume de Wu dont il se donna le titre d'empereur en 229. Après sa mort, il lui succède son fils Sun Liang et reçut le titre posthume de grand empereur des Wu occidentaux (東吳大皇帝).

Son règne se caractérise initialement par une gestion très efficace de l'administration et une sélection rigoureuse de ses conseillers, mais se détériore après les années 230 lorsqu'il commet plusieurs erreurs de jugement qui aboutissent à des défaites militaires et l'aliène temporairement de son état-major. La fin de son règne est marqué par des crises de succession et des affaires de cour.

Il est le fils de Sun Jian et de Wu Guotai, le petit frère de Sun Ce et le grand frère de Sun Yi et de Sun Shangxiang.

Sa concubine préférée était Bu Lian, qui lui donna deux filles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Sun Quan naît vers 182. Il est le cadet des quatre fils du seigneur de guerre Sun Jian, et le petit frère du guerrier Sun Ce. D'après les Mémoires du fleuve Yangzi[1], il naît à Xiapi, lorsque son père était alors député. Il a la mâchoire carrée, la bouche grande et les yeux brillants. Il est d'un naturel humain, ayant les idées larges et aimant se lier d'amitié avec les personnalités héroïques.

Toujours selon les Mémoires du fleuve Yangzi, dans les années qui suivent la mort de Sun Jian en 191, lorsque Sun Ce part à la conquête du Jiangdong, Sun Quan l'accompagne. Malgré sa jeunesse, Sun Quan se fait très vite un nom dans la région et sa célébrité est comparable à celle de son père et de son frère aîné. Il participe aux réunions d'état-major, et son talent impressionne grandement Sun Ce.

À 14 ans, Sun Quan reçoit de Sun Ce le poste de chef du district de Yangxian (陽羨長), qui se trouve au sud de l'actuelle ville-district de Yixing dans la province de Jiangsu.

En 199, le seigneur de guerre Cao Cao doit lancer une campagne contre son rival Yuan Shao et craint que Sun Ce n'en profite pour l'attaquer. Il propose à Sun Ce plusieurs mariages entre leurs clans, et fait pression sur le gouverneur de la région pour que celui-ci recommande Sun Quan à la cour en tant que « Talent accompli » (茂才) lors de l'examen xiaolian. Sun Quan est en conséquence nommé « commandant faisant respecter la justice » (奉義校尉). Cette même année, il accompagne Sun Ce dans son expédition contre Liu Xun, le grand administrateur de Lujiang, puis contre Huang Zu à Shaxian.

Prise de succession[modifier | modifier le code]

Le 5 mai 200, Sun Ce est grièvement blessé dans une tentative d'assassinat. Sur son lit de mort, il fait officiellement de Sun Quan son successeur.

D'après les Mémoires du fleuve Yangzi, Li Shu, qui avait été nommé grand administrateur de Lujiang par Sun Ce, refuse de reconnaître Sun Quan comme successeur et fomente une rébellion. Sur les conseils de Cao Cao, Sun Quan lance une expédition punitive. Li Shu, qui comptait sur l'aide de Cao Cao et ignorait que celui-ci agissait de concert avec Sun Quan, est vite vaincu et exécuté. Sa ville est rasée et les trente mille survivants sont relogés.

Sous les conseils de Zhang Zhao, Sun Quan abandonne le deuil pour prendre en main la direction des affaires de la région et achever les conquêtes commencées par Sun Ce. Cao Cao le recommande à l'empereur pour qu'il soit nommé « général punissant les criminels » (討虜將軍) et grand administrateur de Kuaiji (會稽太守), correspondant à l'actuelle ville de Yuyao. Il l'envoie se poster dans la région du Wu et lui envoie un assistant administratif.

Sun Quan s'attache également les services des anciens conseillers de généraux de son père et de son frère : il prend Zhang Zhao comme tuteur et conseiller principal et nomme généraux le stratège Zhou Yu, le conseiller Lü Fan et le militaire Cheng Pu. Il part ensuite à la recherche de nouveaux talents et recrute Yan Jun, Lu Su et Zhuge Jin.

Élargissement[modifier | modifier le code]

Dans les années qui suivent, Sun Quan s’atèle à pacifier les régions aux alentours : en 203, il lance une expédition navale contre Huang Zu et lui inflige une défaite, mais ne parvient pas à capturer sa base d’opérations. Il envoie Lü Fan pour pacifier Poyang (à l'est de l'actuel district de Poyang dans le Jiangxi), Cheng Pu à Lean (l'est de l'actuelle ville-district de Dexing), Taishi Ci à Haihun (l'actuel district de Yongxiu). Il charge Hang Dang, Zhou Tai et Lü Meng de la gestion des divers districts.

En 205, il envoie He Qi pour capturer Shangrao qui servira de base pour construire le district de Jianping (l'actuel district de Jianyang dans le Fujian). En 207, il lance une nouvelle campagne à l’ouest contre Huang Zu, qu'il renouvelle au printemps 208. La flotte de Huang Zu est dépassée par les tactiques du général Lü Meng et Huang Zu s'enfuit, mais est capturé par des bandits qui offrent sa tête à Sun Quan. Cette même année, Sun Quan envoie He Qi pour attaquer les districts de Yi (à l'est de l'actuel district de Yi) et de She.

Bataille de la Falaise Rouge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de la Falaise rouge.
Chronologie des événements importants
182 Naissance à Xiapi.
196 Nommé chef du district de Yangxian.
199 Est nommé « talent accompli »lors de l’examen xiaolian, sous la pression de Cao Cao.
200 Mort de Sun Ce. Sun Quan prend la direction de ses terres et de son armée.
208 Alliance avec Liu Bei.
Gagne la bataille de la Falaise Rouge contre Cao Cao.
211 Déplace sa capitale à Molin.
212 Sort vainqueur de la bataille de Ruxu.
214 Violente dispute avec Liu Bei concernant les territoires de la province de Jing.
Après plusieurs escarmouches, la province est divisée et l’alliance rétablie.
215 Subit une violente défaite à Hefei.
217 Signe la paix avec Cao Cao.
219 Sort vainqueur de la lutte contre Guan Yu.
Conquiert la totalité de la province de Jing.
Carte du déroulement de la bataille.

Prélude[modifier | modifier le code]

Vers septembre 208, Liu Biao, le protecteur de la province de Jing, meurt et Sun Quan dépêche Lu Su pour assister aux funérailles, présenter ses condoléances aux fils de Liu Biao, et observer la situation. Mais avant que Lu Su n'arrive, la province de Jing s'est soumise à Cao Cao. Lu Su fait cependant la rencontre du guerrier Liu Bei lorsque ce dernier manifeste son intention d'affronter Cao Cao. À la bataille de Changban, Liu Bei subit une sévère défaite et se réfugie à Xiakou. Il envoie son stratège Zhuge Liang auprès de Sun Quan pour négocier une alliance.

Affrontement[modifier | modifier le code]

En faisant la conquête du Jing, Cao Cao semble tenir désormais une position de choix pour attaquer Sun Quan, d'autant qu'il avait renforcé son armée avec les anciens soldats de Liu Biao. Sun Quan organise une réunion d'état-major pour décider de la marche à suivre. La plupart de ses généraux sont d'avis de se soumettre à Cao Cao, mais le stratège Zhou Yu, appuyé par Lu Su s'y oppose de façon véhémente et considère que malgré leur infériorité numérique, de nombreux facteurs font qu'il est possible de résister à Cao Cao. Sun Quan décide de faire confiance à Zhou Yu et lui offre le commandement de l'armée ainsi qu'à Cheng Pu et donne à chacun dix mille soldats et l'envoie rejoindre l'armée de Liu Bei.

L'affrontement entre les forces de la coalition Sun Quan – Liu Bei et celles de Cao Cao a lieu en novembre à la Falaise Rouge (au nord-ouest de l'actuelle ville de Chibi, ou au nord-est de Jiayu). D'après les Mémoires du fleuve Yangzi, Cao Cao dispose alors d'une armée de 800 000 hommes tandis que la coalition dispose de vingt fois moins d'hommes. La bataille s'achève pourtant par une sévère défaite pour Cao Cao qui perd sa flotte dans un incendie et plus de la moitié de ses hommes en raison d'épidémies. Cao Cao doit battre en retraite.

Suite à cette victoire, Sun Quan donne à Liu Bei sa sœur Sun Shangxiang en mariage.

Suites[modifier | modifier le code]

Sun Quan et Liu Bei tentent d'assurer leurs positions et de tenter de capturer les territoires abandonnés par Cao Cao dans sa fuite : vers janvier 209, Sun Quan dirige en personne une expédition pour capturer Hefei et envoie Zhang Zhao pour attaquer le district de Dangtu (au sud-est de l'actuel district de Haiyuan). Cependant les efforts de Sun Quan et Zhang Zhao ne sont pas couronnés de succès et après quelques mois de siège, Sun Quan doit abandonner et se retirer lorsque arrivent les renforts de Cao Cao.

Vers janvier-février 210, après presque un an de siège, Zhou Yu parvient à forcer Cao Ren à fuir, et prend possession du district de Nanjun (actuel district de Jiangling) dont Sun Quan le nomme grand administrateur. Il nomme également Liu Bei général et lui offre la charge de protecteur de la province de Xu, puis protecteur de la province de Jing[2].

En 210, Sun Quan entreprend une réforme des frontières administratives de son territoire, puis en 211, déplace sa capitale à Molin (l'actuelle Nankin), fait construire le château de Dantou (à l'ouest de Nankin), puis en 212 installe définitivement sa capitale administrative à Molin.

Bataille de Ruxu[modifier | modifier le code]

En 212, apprenant que Cao Cao avait l'intention de lancer une nouvelle campagne contre lui, Sun Quan fait construire des murailles à l'embouchure de la rivière Ruxu. En février 213, Cao Cao attaque Ruxu, mais est tenu en respect par les fortifications de Sun Quan. Après un mois, voyant l'organisation de l'armée de Sun Quan, il abandonne le siège.

Selon l’Histoire du Wu[3], au cours de cette campagne, Cao Cao perd plusieurs milliers d'hommes lors des batailles navales. Sun Quan tente de le provoquer à mener ouvertement bataille, parfois en se présentant en personne, mais Cao Cao, échaudé par ses défaites navales et suspectant une ruse, n'y répond pas. Il soupire : « Que j'aimerais avoir un fils comme Sun Zhongmou ! En comparaison les fils de Liu Jingsheng sont tels des porcs et des chiens[4] ! » Sun Quan envoie plus tard à Cao Cao une lettre : « Les eaux du printemps seront bientôt là. Monseigneur, il est temps que vous vous retiriez. » Voyant l'organisation de l'armée de Sun Quan, Cao Cao décide de se retirer, estimant que Sun Quan ne profitera pas de sa retraite pour l'attaquer.

Selon le Wei Lüe[5], Cao Cao fit tirer ses archers sur les navires de Sun Quan si bien que le poids des flèches menaçaient de les faire chavirer. Voyant cela, Sun Quan demanda à ses vaisseaux de se retourner afin que les nouvelles flèches équilibrent leur poids, puis se retira.

Premières tensions contre le Shu[modifier | modifier le code]

En juillet 214, Sun Quan part à l'assaut du château de Wan (correspondant à l'actuel district de Qianshan) et au mois suivant[6] le capture, faisant prisonnier Lu Jiang, le grand administrateur de Zhuguang, et son conseiller militaire, Dong He.

Cette même année, Liu Bei conquiert la région de Shu (correspondant à peu près à l'actuelle province de Sichuan). Voyant que Liu Bei avait conquis un fief, Sun Quan envoie auprès de lui Zhuge Jin afin de lui demander de lui restituer la province de Jing. Liu Bei refuse, et demande que Sun Quan attende le temps qu'il s'empare de la province de Liang. Irrité par le refus de Liu Bei, Sun Quan envoie des mandarins pour prendre la direction de la province à la place de Liu Bei, mais ils sont chassés par le général Guan Yu.

Cette fois véritablement furieux, Sun Quan envoie Lü Meng, Xian Yudan, Xu Zhong et Sun Gui avec vingt mille hommes pour reprendre possession des districts de Changsha, Lingling (l'actuelle Yongzhou) et Guiyang (l'actuelle Chenzhou). Il dépêche également Lu Su avec dix mille hommes pour défendre Baqiu (le mont Baling, dans l'actuelle ville de Yueyang) contre Guan Yu. Sun Quan s'installe à l'embouchure du fleuve Lu pour superviser l'armée.

Lü Meng capture Changsha et Guiyang, mais ne parvient pas à venir à bout de Hao Pu, le grand administrateur de Lingling. De son côté, Liu Bei envoie Guan Yu à Yiyang avec trente mille hommes, forçant Sun Quan à rappeler Lü Meng pour assister Lu Su. Lü Meng parvient entre-temps à soumettre Hao Pu par la ruse, accomplissant sa mission initiale. Suivant les ordres de Sun Quan, il fusionne son armée avec celles de Lu Su, Sun Jiao et Pan Zhang pour affronter Guan Yu à Yiyang.

Néanmoins, l'affrontement n'a pas lieu : l'armée de Cao Cao vient de pénétrer Hanzhong, lui offrant une place stratégique de choix pour envahir le Shu. Liu Bei signe en toute hâte la paix avec Sun Quan et la province de Jing est divisée : les districts de Changsha, Jiangxia et Guiyong reviennent à Sun Quan, ceux de Nanjun, Lingling et Wuling (ouest de l'actuelle Changde) à Liu Bei.

Bataille de Hefei[modifier | modifier le code]

Vers septembre-octobre 215, Sun Quan monte une expédition de plusieurs dizaine de milliers d'hommes pour assiéger à nouveau Hefei, mais sa campagne se montre infructueuse. Alors qu'il lève le camp, il est attaqué par l'armée des généraux Zhang Liao, Li Dian et Yue Jin. Sun Quan est dépassé par les événements et manque de peu de se faire tuer, devant se défendre avec sa hallebarde (Il perd d'ailleurs Taishi Ci, qui tout comme Sun Ce, le protégeait).

D'après les Mémoires du fleuve Jiangzi, sa seule voie de sortie est un pont sur la rivière, mais celui-ci est détruit sur une distance de plus d'un zhang (environ 2,4 m). Son cheval parvint néanmoins à sauter par dessus le pont, permettant à Sun Quan de fuir le champ de bataille.

Soumission au Wei – Nouvelles tention avec le Shu[modifier | modifier le code]

En novembre 216, Cao Cao, maintenant roi de Wei, prépare une nouvelle campagne contre Sun Quan, et en février 217, attaque Ruxu. Sun Quan décide d'envoyer un émissaire pour négocier la paix avec Cao Cao. Des mariages sont alors arrangés entre les deux familles pour sceller l'alliance.

En 219, le général Guan Yu harcèle le général Cao Ren, menaçant de prendre des positions stratégiques vitales pour Cao Cao. Ce dernier tente de détourner l'attention de Guan Yu en donnant d'une part l'ordre à Sun Quan d'attaquer Guan Yu, et de l'autre en tentant d'inciter Guan Yu à attaquer Sun Quan. Guan Yu refuse de s'en prendre à Sun Quan, mais Sun Quan fait le premier geste et attaque Guan Yu au mois de décembre.

Sun Quan charge Lü Meng de mener la campagne contre Guan Yu, et celui-ci marque de nombreuses victoires, forçant Guan Yu à battre en retraite et à trouver refuge dans le district de Dangyang dans le château de Mai (sud-est de l'actuelle Dangyang). La situation se montre alors critique pour Guan Yu et Sun Quan, qui éprouvait beaucoup de respect pour Guan Yu, lui offre de se rendre. Guan Yu fait initialement mine de soumettre, puis fait attacher des bannières et faux soldats pour donner l'illusion d'une grosse armée protégeant le château, espérant ainsi pendant un temps couvrir sa fuite. Guan Yu est finalement capturé avec son fils Guan Ping en février 220 et tous deux sont exécutés, permettant à Sun Quan d'achever la conquête de la province de Jing.

Pour le récompenser de ses victoires, Cao Cao recommande Sun Quan à l'empereur pour que Sun Quan soit nommé général de la cavalerie blanche (驃騎將軍). Il l'officialise également dans son rôle de protecteur de Jing (荊州牧), et lui confère le titre de marquis de Nanchang (南昌侯).

Fondation du royaume de Wu[modifier | modifier le code]

En mars 220, Cao Cao meurt et son fils Cao Pi lui succède. Quelques mois plus tard, il force l’empereur Xiandi à abdiquer, mettant fin à la dynastie Han, et se proclame premier empereur de la dynastie Cao Wei. En mai 221, il est imité par Liu Bei qui fonde sa propre dynastie, celle des Shu Han.

Sun Quan, qui avait sans succès par le passé tenté de pousser Cao Cao à se proclamer empereur, transmet ses félicitations à Cao Pi.

Sun Quan renomme le district de E de Gong’an (aujourd’hui Ezhou) en Wuchang, crée la préfecture de Wuchang à partir des districts de Wuchang, Xiazhi (aujourd’hui au sud-est de Yangxin), Xunyang (aujourd’hui au nord de Huangmei), Yangxin (aujourd’hui au sud-ouest de Yangxin), Chaisang (aujourd’hui au sud-ouest de Jiujiang) et s’y installe en septembre 221.

Au mois de décembre, Cao Pi décerne à Sun Quan le titre de roi de Wu (吳王) et lui transmet les neuf sacrements[7].

Cao Pi demande à ce que Sun Quan lui envoie son fils Sun Deng à la capitale comme otage, mais Sun Quan refusa, arguant que Sun Deng était encore trop jeune. Sun Quan nomme ensuite Sun Deng son héritier. D’après les Mémoires du fleuve Jiangzi, devant le refus de Sun Quan, Cao Pi exige de Sun Quan un tribut grandiose : argent, perles, défenses d’éléphant, cornes de rhinocéros, jade, faisans, émeraudes, canards de Dou et poulets de Changming. Sun Quan estime cependant qu’il s’agit d’un faible prix pour garder son fils à ses côtés.

En février 222, Liu Bei lance une attaque contre Sun Quan. Ce dernier envoie Lu Xun, qui reste sur la défensive plusieurs mois, avant de soudain passer à l’offensive au mois de juillet, et inflige à Liu Bei une défaite écrasante lors la bataille de Yiling.

Au mois de septembre, comprenant que Sun Quan n’enverra pas d’otage à la capitale, Cao Pi lui envoie plusieurs armée pour assiéger ses villes : Cao Xiu, Zhang Liao, et Zang Ba à Dongkou, Cao Ren à Ruxu, Cao Zhen, Xiahou Shang, Zhang He et Xu Huang à Nanjun. De son côté, Sun Quan dépêche Lü Fan avec cinq armées et parvient à résister efficacement à chaque siège. Entre-temps, les tribus Yue sur les terres de Sun Quan se rebellent, poussant Sun Quan à demander à Cao Pi de lever le siège. Cao Pi accepte de lever le siège à la condition que Sun Quan renouvelle son allégeance et que Sun Deng lui soit envoyé comme otage.

Sun Quan refuse et déclare son indépendance en proclamant une nouvelle ère puis interrompt les relations diplomatiques avec le Wei. La séparation de la Chine en trois royaumes et alors effective. La situation au front se faisant mauvaise après la chute de Xuling, il envoie un émissaire auprès de Liu Bei pour entamer les négociations pour une nouvelle alliance.

Vers février-mars 223, Cao Pi envoie Cao Zhen pour tenter de capturer Jiangling et de couper le territoire de Sun Quan en deux. Vers avril-mai, Cao Ren envoie le général Cheng Diao avec 5 000 hommes pour tenter de traverser le fleuve Ruxu. Cependant toutes les tentatives du Wei échouent et battent en retraite. Sun Quan est alors pressé par ses conseillers pour qu'il se proclame lui-même empereur, mais Sun Quan refuse.

Informations complémentaires[modifier | modifier le code]

La Lignée Impériale des Wu[modifier | modifier le code]

Autres articles[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Jiang Biao Zhuan (江表傳) ou Mémoires du fleuve Yangzi est un ouvrage écrit par Yu Pu lors de la première dynastie Jin (317420) et regroupe un ensemble de biographies fortement embellies des personnalités de la région du sud du fleuve Yangzi. L'ouvrage favorise également les personnalités du royaume de Wei et diminue grandement l'importance de celles du royaume de Shu. Son contenu est accueilli avec beaucoup de suspicion par les historiens.
  2. Selon l'historien Rafe de Crespigny dans Generals of South, Liu Bei avait probablement pris possession de lui-même de ces territoires, et il est alors vraisemblable que ces titres offerts par Sun Quan aient été une façon de sauver la face. Les chroniques de ces événements ont en effet été écrits par des hommes du royaume de Wu qui s'accordent à dire que Sun Quan aurait prêté les provinces de Xu et Jing à Liu Bei. Le royaume de Shu fondé par Liu Bei n'a pas gardé d'annales offrant leur point de vue sur la question.
  3. L'Histoire du Wu, ou Wu Li (吳曆) est un ouvrage de Hu Chong. Hu Chong fut un chroniqueur du Wu à l'époque de Sun Hao, puis sous la dynastie Jin devint grand administrateur du district de Wu.
  4. Allusion aux fils de Liu Biao qui en 208 se soumirent à Cao Cao sans livrer bataille.
  5. La Chronologie sommaire du Wei, ou Wei Lüe (魏略) parfois appelé Dian Lüe (典略) est une chronique des nations composant la Chine, écrite par Yu Huan entre 240 et 265. Cet ouvrage a aujourd'hui disparu et seuls survivent des passages insérés au début du Ve siècle par Pei Songzhi dans les Chroniques des Trois Royaumes. Tout en ne citant aucune source, Yu Huan tenta d'être aussi exhaustif que possible, au point d'inclure des récits qui se contredisent si bien que son contenu est parfois accueilli par les historiens avec beaucoup de réserves. Il s'agit cependant du plus ancien texte chinois à faire mention de l'empire romain.
  6. Les Chroniques des Trois Royaumes disent que l'attaque eut lieu au « 5e mois » et la capture au « mois intercalaire ». Cependant cette année-là, le mois intercalaire eut lieu entre le 4e et le 5e mois. Il est possible que le rédacteur ait fait une erreur.
  7. Jiu xi (九錫) - Récompenses que l’empereur offre à ses mandarins les plus méritants. Selon le Classique des rites, ces neuf sacrements étaient :
    1) don d’un chariot et de chevaux : le mandarin est modeste dans sa démarche et n’a plus besoin de marcher – Sun Quan reçut de Cao Pi un grand chariot et un chariot de guerre, chacun tirés par deux étalons noirs ;
    2) don de vêtements : le mandarin écrit élégamment et montre ses bonnes actions – Sun Quan reçut les vêtements d’honneur, un bonnet et des chaussons rouges ;
    3) don d’une partition musicale : le mandarin a l’amour en son cœur et enseigne la musique aux siens – Sun Quan reçut une sélection d’instruments pour décorer son palais ;
    4) don d’une porte rouge : le mandarin gère bien sa maisonnée, et a le droit d’utiliser une porte rouge pour montrer que sa maison est différente des autres ;
    5) don d’une rampe : le mandarin fait ce qui est approprié, il peut marcher en usant de la rampe pour maintenir sa force ;
    6) don de gardes : le mandarin est brave et prêt à dire la vérité, il doit être protégé – Sun Quan reçut cent « guerriers ayant l’énergie du tigre » ;
    7) don d’armes, d’un arc et de flèches : le mandarin a bonne conscience, il représente le gouvernement et écrase la trahison – Sun Quan reçut un arc écarlate avec cent flèches écarlates et dix arcs noirs avec mille flèches noires ;
    8) don d’une hache cérémonielle : le mandarin est fort, sage et loyal envers le clan impérial, il doit exécuter les criminels ;
    9) don de vin : le mandarin fait preuve de piété filiale et doit offrir des libations à ses ancêtres – Sun Quan reçut une coupe de jade pour les libations avec une liqueur de millet noir.