Zeilah

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Zeilah

Zeilah ou Zeila ou Zaila, (somali : Saylac, arabe : زيلع), est une ville portuaire située au débouché méridional du golfe de Tadjoura, au sud de la mer Rouge et au bord du golfe d'Aden. C'est la principale ville de la région de Salal, au Somaliland, État qui occupe le territoire de l'ancienne Somalie britannique sans être reconnu par les institutions internationales.

La population serait de 4500 habitants au recensement de 2012.

Ses coordonnées sont : 11° 12′ 38″ N 43° 17′ 09″ E / 11.2105, 43.285711° 12′ 38″ N 43° 17′ 09″ E / 11.2105, 43.2857.

Histoire[modifier | modifier le code]

Zeilah a été identifiée avec la cité antique des Avalites du nom de Avalites emporium [1]. Elle apparaît ensuite en 891 sous la plume du géographe Ya'qubi qui la mentionne dans son Kitab al-Balden (« Le Livre des pays »), puis par Al-Mas'ûdî vers 935 et Ibn Hawqal en 988.

Son importance comme port de commerce est confirmée par Al Idrissi et Ibn Saïd, qui décrivent Zeilah comme une ville importante, centre de traite d'esclaves.

On pense également que Marco Polo se réfère à Zeilah (alors capitale d'Adal) quand il décrit comment le « sultan d'Aden » captura un évêque d'Éthiopie voyageant à travers ses États, tenta de le convertir de force, et le circoncit selon les pratiques musulmanes. Cet affront provoqua la levée d'une armée par le Négus et la prise de la capitale du sultan [réf. souhaitée].

Le voyageur Ibn Battûta visite Zeilah vers 1331. Impressionné par cette ville, il écrit qu'elle est « la plus sale au monde, la plus laide et la plus puante. L'odeur nauséabonde qui s'en dégage vient du grand nombre de poissons qu'on y consomme et du sang des chameaux qu'on égorge dans les rues[2]. »

Vers cette même époque, Zeilah est possédée par les Oualashma, qui règnent sur l'Ifat, et, bien qu'elle passe par la suite au XIVe siècle dans les mains des maîtres du Yémen, cette famille reste si bien implantée que le sultan Sa'ad ad-Din II s'y réfugie en 1403 (ou 1415) pour échapper à l'empereur David Ier. L'empereur éthiopien prend la ville après un siège de plusieurs jours et tue le sultan. Après sa mort, celui-ci est considéré comme un saint, et sa tombe vénérée pendant plusieurs siècles [réf. souhaitée].

Les voyageurs du XVIe siècle rapportent qu'à cette époque Zeilah est une importante place de négoce, bien qu'ayant été ravagée par les Portugais en 1517 et 1528. Plus tard dans le siècle, les raids des nomades somalis poussent son gouverneur Garad Lado à la fortifier [réf. souhaitée].

Avec Tadjourah, Zeilah est un des principaux débouchés portuaires de la ville d'Harar et des régions d'Asayita et de Choa, mais la ville perd de son importance avec le temps. Au début du XIXe siècle, le port est devenu une dépendance de Mocha. Elle est administrée par un «pacha», fermier qui paye une redevance à l'empire ottoman, Ali Shermake jusqu'en 1852, puis Abu Bakr.

À partir de 1864, Zeila est directement occupée par les Ottomans, qui transfèrent leur souveraineté à l'Égypte en 1865. C'est de Zeila que part en 1875 l'armée égyptienne qui occupe Harrar.

Zeilah est occupée par les Britanniques dès 1885, et intégrée à la Somalie britannique lors de sa création en 1888, après un conflit de légitimité avec la France[3]. La construction de la voie ferrée de Djibouti à Addis-Abeba au début du XXe siècle accélère son déclin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ports antiques (pdf)
  2. Voyageurs arabes, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1995, p. 603
  3. Imbert-Vier [2011], p. 70-74.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fontrier (Marc), Abou-Bakr Ibrahim, Pacha de Zeyla - Marchand d’esclaves, Paris, Aresae, L’Harmattan, 2003, 275 p.
  • Imbert-Vier (Simon), Tracer des frontières à Djibouti. Des territoires et des hommes aux XIXe et XXe siècles, Paris, Karthala, 2011, 480 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]