Marine chinoise

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la marine de la république populaire de Chine. Pour la marine de Taïwan, voir marine de la République de Chine.
Marine de l’Armée populaire de libération
Pavillon de la marine chinoise
Pavillon de la marine chinoise

Période 23 avril 1949[1]
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Allégeance Commission militaire centrale
Type Marine militaire
Effectif 225 000 personnes
Fait partie de l'armée populaire de libération
Équipement navires de guerre, aéronefs, etc.
Batailles Bataille des îles Paracels

La marine chinoise (nom officiel : Marine de l’Armée populaire de libération ; chinois simplifié : 中国人民解放军海军 ; chinois traditionnel : 中國人民解放軍海軍 ; hanyu pinyin : Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn Hǎijūn) est la composante maritime de l'Armée populaire de libération. Avec près de 225 000 membres et plus de 400 navires de guerre en 2012[2], la marine chinoise est la plus importante d'Asie et la troisième marine mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de la marine en Chine est très ancienne ; la flotte de Beiyang fut, par exemple, l'une des meilleures d'Asie dans les années 1880.

L'histoire de la Force navale de l'Armée populaire de libération débute en 1949 à la fin de la guerre civile chinoise, lorsque les troupes s'emparent de 123 navires abandonnés par la marine de l'armée nationaliste fuyant vers Taïwan. Mao Zedong affirme peu après l'indépendance : « Pour nous opposer à l'agression impérialiste, nous devons construire une marine puissante ». Dès 1950, la marine dispose d'une école pour la formation du personnel à Dalian avec l'aide de l'URSS, et l'aviation navale est créée deux ans plus tard. En 1954, 2 500 conseillers de la marine soviétique passent en Chine et les premières livraisons de navires soviétiques commencent. Avec les flottes du Nord, de l'Est et du Sud de l'armée soviétique, les deux parties envisagent sérieusement la création d'une flotte du Pacifique commune. Le 14 novembre 1954, des vedettes-torpilleurs de l’APL coulent le destroyer de la marine de la République de Chine Tai Ping (ex-USS Decker (DE-47))[3],[4] dans les îles Dachen durant la première crise du détroit de Taïwan, cela sera l’une de ses premières victoires. Dans les années qui vont suivre, il y aura d’autres batailles navales avec les forces nationalistes.

Avec la rupture sino-soviétique, ce projet de flotte commune ne verra jamais le jour. Et la marine chinoise doit désormais se débrouiller sans l'aide soviétique. Ainsi, dans les années 1960, la marine chinoise subit de plein fouet les conséquences du Grand Bond en avant. À la mort de Mao, la Révolution culturelle est diversement appréciée par les différentes provinces et en juillet 1967, la marine chinoise réprime une révolte à Wuhan. Ainsi, l'accent est mis sur l'alignement politique au détriment du professionnalisme militaire[5],[6].

Dans les années 1970 la marine chinoise se développe grâce à un budget qui a été considérablement augmenté jusqu'à atteindre 20 % des dépenses militaires chinoises. Le nombre de sous-marins à propulsion conventionnelle passe de 35 à 100 unités, le nombre de navires lance-missiles est multiplié par dix, passant de 20 à 200 unités. Et les premiers sous-marins à propulsion nucléaire (SNLE et SNA) commencent leur développement.

Blindés de l'infanterie de marine chinoise en 2009.

En janvier 1974, la bataille des îles Paracels contre la république du Viêt Nam fut une victoire et la Chine se trouve en position de force dans le conflit territorial en mer de Chine méridionale.

Dans les années 1980 la marine chinoise se concentre davantage sur la qualité de ses équipements plutôt que sur la quantité. En 1982, le premier tir d'un missile MSBS a lieu et en 1986 la marine chinoise dispose d'un SNLE de Classe Xia et trois SNA de classe Han. En 1987, elle devient la troisième flotte mondiale mais souffre encore de manques importants dans la lutte anti-sous-marine, dans la guerre des mines et, en l'absence de porte-avions en service (le Shi Lang (83), ex-Varyag à effectué son premier essai en mer en août 2011[7]), dispose d'une aéronavale très limitée.

Stratégie[modifier | modifier le code]

Selon la loi antisécession de 2005, une des fonctions majeures de la marine chinoise est de s'assurer une suprématie militaire dans le détroit de Formose, afin de dissuader l'île de Taïwan de proclamer officiellement son indépendance. Une telle capacité militaire remettrait également en cause la capacité d'un État comme le Japon, pauvre en matières premières, à assurer ses importations, qui passent majoritairement par le détroit de Formose, ou à proximité immédiate. La marine chinoise doit faire respecter sa vaste zone économique exclusive (ZEE). Le problème principal est donc la délimitation de cette zone très étendue, dans des mers riches en petites îles à la souveraineté contestée.

1re chaîne d'îles ou green line et la 2e chaîne d'îles ou blue line
Dessin du bateau lance-missiles Type-022 ou classe Houbei. Début aout 2011, 83 de ces catamarans sont en service, les premiers étant lancés en avril 2004[8].

Le Livre Blanc de la défense chinoise définit une stratégie de développement en trois temps qui reprend la doctrine de l’amiral Liu Huaqing, mise en place à la fin des années 1980. Première phase, qui doit être atteinte vers 2010 : pouvoir contenir Taïwan et le Japon en deçà de la green line grâce à l’augmentation des capacités de projection dans le détroit de Formose. À cette date, la marine chinoise espère avoir regagné une certaine parité avec la marine japonaise. Deuxième phase, entre 2010 et 2020 : pouvoir intervenir militairement jusqu’à la blue line. Pour cela, les modernisations majeures de la flotte devront avoir été réalisées. Troisième phase, qui devrait s’étendre jusqu’au milieu du XXIe siècle : pouvoir servir ses ambitions au-delà de la blue line et se positionner comme la puissance navale de l’Asie de l’Est. La marine chinoise devra pouvoir mener des guerres en réseau[9] et interarmées, et avoir réduit son écart technologique avec l’United States Navy[10].

En attendant, la Chine augmente ses relations internationales et tente de se constituer un réseau de bases navales dans l'océan Indien : de l'ouest (golfe Persique et mer Rouge) à l'est (détroit de Malacca). Ces implantations de bases navales en Birmanie (celle des îles Cocos est située à proximité de la base indienne des îles Andaman), au Bangladesh (Chittagong), au Pakistan (notamment la base de Gwadar, inaugurée en 2007) et au Sri Lanka[11] sont perçues par l'Inde comme une tentative d'encerclement naval. La stratégie du « collier de perles », développée par Booz Allen Hamilton, est critiquée par certains experts et aurait une valeur limitée étant donnée la vulnérabilité chinoise en matière de sécurisation de ses voies maritimes[12]. Ainsi, Toshi Yoshihara, professeur à l'US Naval War College, estime : « Je ne crois pas que les Chinois cherchent à étendre leur pouvoir jusqu'à la deuxième chaîne d'îles. Le regard de Pékin est figé sur les abords de leurs côtes du sud et du sud-ouest »[9].

Selon des informations déclassifiées en vertu du Freedom of Information Act, les 54 sous-marins chinois auraient réalisé seulement 12 patrouilles en 2008 (soit le double par rapport à l’année précédente)[13].

Organisation actuelle[modifier | modifier le code]

Localisation des unités navales majeures selon un rapport américain de 2006.

L'organisation actuelle (mise en place en 1987) regroupe trois flottes distinctes. Une nouvelle base navale est actuellement en construction[14] près de Sanya. Elle sera susceptible de cacher une vingtaine de sous-marins aux satellites-espions. La marine chinoise dispose d'une aéronavale de 24 000 hommes, d'une troupe d'infanterie de marine de 6 000 hommes (28 000 en temps de guerre), et d'une unité de gardes-côtes de 25 000 membres.

Flotte du Nord[modifier | modifier le code]

La flotte du Nord (北海舰队), attachée à la région militaire du Jinan, couvre la mer Jaune jusqu'à la hauteur de Lianyungang. C'est la moins dotée en grands navires de surface mais elle gère les sous-marins nucléaires et réalise les tests des submersibles.

Ses bases principales sont[15] :

Flotte de l'Est[modifier | modifier le code]

La flotte de la mer de Chine orientale (东海舰队) est chargée entre autres de la protection de Shanghai et de la surveillance de Taïwan, elle couvre la mer de Chine orientale de Lianyungang au nord à de Nan'ao et à Shantou au Sud.

Ses quartiers généraux se trouvent à Ninngbo, et ses bases principales sont :

Flotte du Sud[modifier | modifier le code]

La flotte du Sud (南海舰队) couvre la mer de Chine méridionale, du détroit de Taïwan à la frontière du Viêt Nam.

Ses bases principales sont :

  • Zhanjiang : Q.G, base aéronavale, base des grandes unités de surface, Q.G. du corps de fusiliers marins ;
  • Guangzhou (Canton) : base de destroyers ;
  • Yulin à Sanya : base de sous-marins et des futurs porte-avions.

Forces maritimes paramilitaires[modifier | modifier le code]

Un navire garde-côte chinois en 2011.

Outre sa marine de guerre, la Chine dispose de cinq corps paramilitaires de garde-côtes qui arment de très nombreux bâtiments de petit ou moyen tonnage dont plusieurs navires transférés de la marine de guerre. Ce sont ses administrations qui sont par exemple présente lors du conflit territorial des îles Senkaku avec le Japon. Fin 2012, ils étaient organisé ainsi[16] :

  • China Custom, douane du ministère de l’économie et chargée de la lutte contre les trafics illicites dans les eaux territoriales,
  • China Coast Guard, du ministère de la sécurité publique et chargée de la police dans les eaux territoriales,
  • China Maritime Safety Administration, du ministère des transports et chargée de l’application de la réglementation maritime dans les eaux territoriales et la zone économique exclusive,
  • China Fisheries Law Enforcement Command, du ministère de l’agriculture et chargé de la police des pêches dans les eaux territoriales et la ZEE
  • China Marine Surveillance, du ministère des ressources naturelles et chargée de la protection de l’environnement maritime dans les eaux territoriales et la ZEE. Ce dernier corps est en pleine expansion puisqu’il va passer de 10 000 à 15 000 hommes d’ici 2020.

En mars 2013, il est annoncé une réorganisation de ses administrations les mettant sous le commandement unique de l'administration océanique d’État placée sous l'autorité du ministère du Territoire et des ressources naturelles, mais sa direction opérationnelle pour le maintien de l'ordre va être confiée au ministère de la Sécurité publique[17].

Navires[modifier | modifier le code]

le DDG 138 Taizhou, Le 3e des Sovremennyy livré à la Chine en décembre 2005.
Le destroyer Shenzhen 167.
Un SNLE Type 094.
Sous-marin nucléaire d'attaque de classe Han.
Livraison du 2e sous-marin classe Kilo en 1995.
YuanWang 2, bâtiment d'observation spatiale utilisé dans le programme spatial de la Chine.

La Chine reste très discrète sur les effectifs et matériels de ses forces armées et ses chantiers navals produisant à vive allure de nouveaux bâtiments ; c'est pourquoi l'inventaire suivant n'est qu'une estimation.

Dans les années 1980, la flotte chinoise était en dessous du 10e rang mondial. Selon l'almanach Flottes de combat, au 1er janvier 2002, la flotte totalise 402 830 tonnes[18]. Celle ci à très fortement augmenté et au 1er janvier 2005, la marine de guerre chinoise se classe au rang de 3e puissance navale mondiale, avec 424 bâtiments de combat pour 788 870 tonnes[19]. Au 1er novembre 2012, le tonnage atteint 919 280 t[20].

Ordre de bataille en 2012[modifier | modifier le code]

Entre fin 2011 et fin 2012, la Chine a lancé ou mis en service un porte-avions, 3 sous-marins, 5 destroyers lance-missiles, 5 frégates, 7 corvettes, une vingtaine de patrouilleurs lance-missiles, 4 dragueurs océaniques, 2 transports de chalands de débarquement, 2 pétroliers-ravitailleurs, 2 bâtiments-bases de sous-marins et 2 bâtiments d’expérimentation[16].

Au 1er octobre 2012, le tonnage de 919 280 t, selon flotte de combat 2012, se répartissait comme ci[21] :

  • 1 porte-avions, 46 000 t, 48 aéronefs embarquables,
  • 3 SNLE, 22 500 t, 36 missiles mer-sol balistique stratégique
  • 6 sous-marins nucléaires d'attaque, 28 500 t,
  • 57 sous-marins diesel-électrique, 106 750 t,
  • 346 autres bâtiments de combat, 312 620 t, dont 40 d'un tonnage supérieur à 2 000 t,
  • 96 bâtiments amphibies, 195 980 t, dont 30 d'un tonnage supérieur à 2 000 t,
  • 18 bâtiments de soutien, 206 930 t.

Ordre de bataille en 2008[modifier | modifier le code]

Navires en service en 2008[2],[22],[23] :

Ordre de bataille en 2002[modifier | modifier le code]

La flotte amphibie comprenait au 1er janvier 2002[24] :

  • 1 porte-hélicoptères auxiliaire Shichang de 10 000 t (capacité de transport : 200 h) ;
  • 6 transports d'assaut Quiongshu de 2 150 t (capacité : 400 hommes) ;
  • 10 LST Yuting de 3 770 t (250 hommes + 10 chars) ;
  • 7 LST Yukan de 3 110 t (200 hommes + 10 chars) ;
  • 2 LSM de 1 460 t (250 t de matériel) ;
  • 22 LSM Yuliang de 1 100 t (cap : 3 chars) ;
  • 13 LSM Yuhai de 800 t (250 hommes + 2 chars) ;
  • 236 LCM Yunnan de 85 t (+ 200 en réserve) (cap : 46 t ou 1 char) ;
  • 30 LCM Yuchin de 60 t (+ 30 en réserve) ;
  • 10 aéroglisseurs Jingsah de 70 t.

La flotte de soutien comprenait au 1er janvier 2002 :

  • 3 bâtiments-bases de sous-marins (AS) Da Jiang de 10 975 t ;
  • 2 bâtiments-bases de sous-marins (AS) Dalang I de 3 700 t ;
  • 2 bâtiments-bases de sous-marins (AS) Dalang II ;
  • 1 bâtiment-base de sous-marins (AS) Hudong de 4 500 t ;
  • 2 bâtiments-bases de sous-marins (AS) Dadong de 2 800 t ;
  • 2 bâtiments-bases de sous-marins (AS) Dazhou de 1 100 t ;
  • 1 pétrolier-ravitailleur (AOR) type Komandarm Fedko de 37 000 t ;
  • 2 pétroliers-ravitailleur (AOR) type Fuquing de 14 600 t ;
  • 3 pétroliers côtiers (AOL) type Jinyou ;
  • 2 pétroliers côtiers (AOL) type Shengli de 3 300 t ;
  • 1 pétrolier côtier (AOL) type N 1101 ;
  • 1 pétrolier côtier (AOL) type N 1102 ;
  • 3 pétroliers côtiers (AOL) type 630 ;
  • 19 pétroliers côtiers (AOL) type Fuzhou de 1 200 t ;
  • 16 pétroliers côtiers (AOL) type Fulin de 2 200 t ;
  • 23 pétroliers côtiers (AOL) type Guangzhou de 530 t ;
  • 2 transports (AK) Dayan de 8 500 t ;
  • 1 transport léger (AKL) Galati de 5 200 t ;
  • 2 transports légers (AKL) Yantai de 3 330 t ;
  • 7 transports légers (AKL) Hongqi de 1 950 t ;
  • 7 transports légers (AKL) Danlin de 1 290 t ;
  • 5 transports légers (AKL) Dandao de 1 600 t ;
  • 5 navires hydrographiques (AGS) type Yanlai de 1 100 t ;
  • 5 navires hydrographiques (AGS) type Yannan de 1 750 t ;
  • 1 navire hydrographique (AGS) type Shuguang de 500 t ;
  • 1 navire hydrographique (AGS) type Gabzhu de 1 000 t ;
  • 2 navires océanographiques (AGOR) type Kan de 2 300 t ;
  • 3 navires collecteurs de renseignement (AGI) Yanha de 3 200 t ;
  • 1 navire collecteur de renseignement (AGI)Yanbing de 4 400 t ;
  • 1 navire collecteur de renseignement (AGI)Dadie de 2 300 t ;
  • 1 bâtiment d'expérimentation (AGE) type Yen Hsi de 1 200 t ;
  • 1 bâtiment d'expérimentation (AGE) type Wuhu de 4 630 t ;
  • 1 bâtiment d'expérimentation (AGE) type Shiyan de 4 600 t ;
  • 1 navire-école (AX) type Dakin de 4 500 t ;
  • 4 bâtiments d'observation spatiale (ASVS) YuanWang de 17 000 t ;

Aéronefs[modifier | modifier le code]

Chasseur Shenyang J-8 de l'aéronavale
Principaux aéronefs de la marine chinoise en 2008
Aéronefs Type Nombre[25]
Chengdu J-7 chasseur ~ 100
Soukhoï Su-30 chasseur multirôle 28[26]
Nanchang Q-5 avion d'attaque au sol ~ 50
Xian JH-7 avion d'attaque au sol ~ 30
Shenyang J-8 bombardier
Xian H-6 bombardier ~ 80
Harbin SH-5 avion de reconnaissance
Xian Y-7 avion de transport
Xian Y7H-500 avion de transport
Nanchang CJ-6 avion d'entraînement
Mil Mi-8 hélicoptère de transport
Zhihengi-8 hélicoptère de transport/Lutte ASM
Zhihengi-8 hélicoptère de combat

Le parc aérien de la marine, armé par 24 000 hommes, est composé alors de 780 avions et hélicoptères, il devrait être réduit à 500 appareils modernes dans les années 2010.

Il devrait être, selon des spéculations, composé entre autres de :

Il fut spéculé par divers médias spécialisé dans la seconde moitié des années 2000 que la Chine achète deux avions de grande reconnaissance Tupolev Tu-95 Bear et 4 bombardiers Tupolev Tu-22M mais cela ne s'est pas concrétisé[27].

Les porte-avions chinois[modifier | modifier le code]

L'ex-porte-avions soviétique Kiev converti en parc à thème à Tianjin, Chine en 2004.

La République populaire de Chine a acheté, à partir de 1985, quatre porte-avions désarmés ou en construction. Le HMAS Melbourne australien acheté en 1985 officiellement destiné au ferraillage fut étudié dans le cadre du programme secret de porte-avions chinois.

Ce programme a été explicité implicitement à la suite des déclarations de Sun Laiyan, directeur général du Bureau d'État de la navigation en octobre 2006 : « La Chine, dont les eaux territoriales s'étendent à plus de trois millions de kilomètres carrés, est sans nul doute un grand pays maritime. Avec la croissance rapide de son industrie de construction navale, elle sera capable petit à petit de construire ce genre de bâtiment de guerre »[28]. En effet, et bien qu'à l'heure actuelle essentiellement côtière, la marine chinoise est la 3e au monde et prétend au statut de puissance militaire globale. Au-delà, elle ambitionne d'assurer la protection de ses lignes maritimes (approvisionnement en pétrole et gaz) et d'assoir son influence sur le sud de la mer de Chine, l'océan Indien et de peser sur Taïwan. On estime que l'armée populaire de libération pourrait mettre en service son premier porte-avions de conception nationale de 48 000 tonnes vers 2015 (« plan 9985 » ou « projet 9935 »).

Les deux porte-avions soviétiques de la classe Kiev, le Kiev et le Minsk ont été vendus à la Chine par l'Ukraine et la Russie pour y être utilisés l'un comme parc à thème à Tianjin en 2004, l'autre comme navire musée à Shenzhen en 1995.

Le Variag de 67 000 tonnes, navire-jumeau de l'Amiral Kouznetsov, était construit à 70 % lors qu'il fut abandonné en 1992. La structure était achevée mais il manquait l'armement, l'électronique et la propulsion. Le navire devait devenir officiellement un casino à Macao lorsqu'il fut acheté par une société chinoise en mars 1998[29]. Il arrive en mars 2002 à la base navale de Dalian[30].

En mai 2005 il est placé en cale sèche puis repeint en août au gris de la marine chinoise. À l'arsenal de Dalian, le Varyag est restauré, complété, modernisé et renommé Shi Lang puis finalement Liaoning.

L'ex-porte-avions soviétique Varyag remorqué de l'Ukraine vers la Chine.
Entre 2002 et 2009, le Varyag a été restauré, complété, modernisé, repeint aux couleurs de la marine chinoise et renommé Liaoning (16).

Ce porte-avions peut vraisemblablement devenir le navire-amiral de la flotte chinoise dans le courant de la décennie 2010. En 2009, des photographies satellites ont permis de localiser dans le district de Yanliang une base d'expérimentation chinoise testant des Soukhoï Su-30 et pourvue d'une rampe de décollage de porte-avions de type ski (réplique du Liaoning)[31],[32],[33]. En janvier 2010, l'aéronavale chinoise a 23 Su-30MK2 en service[34] et en juin de la même année, le porte-avions chinois était photographié mouillant à Dalian[35],[36], ses premiers essais en mer furent annoncés pour début juillet 2011[7]. Ils commencèrent le 10 août 2011[37]. Le 26 août 2012 au matin, le conflit de la Chine continentale et Taïwan contre le Japon sur les îles Diaoyu précipitent les choses. Le porte-avion stationné à Dalian est présenté à la population, via les journaux, comme prêt pour partir vers les îles. Il entre en service actif un mois plus tard, le 24 septembre 2012.

Le 7 juin 2011, Chen Bingde, chef d'état-major des armées chinoises confirme qu'un autre porte-avions de construction nationale est en chantier[38] (« Plan 9985 » ou « Projet 9935 »). En 2008, il était estimé que sa construction débute en 2009, qu'il rentre en service vers 2015 et qu'il ait un tonnage entre 50 et 60 000 t[39].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le 60e anniversaire de la fondation de" la marine de l'APL », sur Xinhuanet,‎ 21 avril 2009 (consulté le 17 mars 2013)
  2. a et b (en) Vaisseaux de la marine chinoise sur Sinodefence.com
  3. (en) « USS Decker (DE 47) », sur Navsource Online,‎ 11 décembre 2011 (consulté le 13 avril 2013)
  4. (en) « Communists Sink Chinese Escort Destroyer », The Sydney Morning Herald, no 36 914,‎ 15 novembre 1954, p. 1 (lire en ligne)
  5. Joseph Henrotin, « Les conceptions chinoises de la guerre sous-marine : Entretien avec William S. Murray », Défense et Sécurité internationale, no 43,‎ décembre 2008, p. 37-40 (ISSN 1772-788X)
  6. (en) Andrew S. Erickson, Lyle J. Goldstein, William S. Murray, Andrew R. Wilson, China's Future Nuclear Submarine Force, U.S. Naval Institute Press, Annapolis, 2007 (ISBN 978-1-5911-4326-0)
  7. a et b Brahma Chellaney, « La Chine renforce sa présence navale dans l'océan Indien », Les Échos,‎ 20 juin 2011 (consulté le 23 juin 2011)
  8. David Axe, « China Builds Fleet of Small Warships While U.S. Drifts », Wired,‎ 8 avril 2011 (consulté le 17 mars 2013)
  9. a et b Joseph Henrotin, « Stratégie militaire chinoise : un jeu de dupes ? : Entretien avec Toshi Yoshihara, professeur à l'US Naval War College », Défense et Sécurité internationale, no 43,‎ décembre 2008, p. 34-36 (ISSN 1772-788X)
  10. Élodie Franco, « La Chine renfloue sa marine pour asseoir ses ambitions régionales », sur defense.gouv.fr, Ministère de la Défense français (consulté en 3 janvier 2009)
  11. Olivier Guillard, « Gwadar, Islamabad, Pékin, New Delhi et le « collier de perles » », Actualités stratégiques en Asie, no 9,‎ 28 mars 2007 (lire en ligne)
  12. « Bases navales. Le « collier de perles chinois » », sur letelegramme.com, Le Télégramme,‎ 30 mars 2008 (consulté en 3 janvier 2009)
  13. (en) Hans M. Kristensen, « Chinese Submarine Patrols Doubled in 2008 », sur http://www.fas.org, Federation of American Scientists,‎ 3 février 2009 (consulté en 26 avril 2009)
  14. (en) « Secret Sanya - China's new nuclear naval base revealed », Jane's Information Group,‎ 21 avril 2008 (consulté le 17 mars 2013)
  15. Office of Naval Intelligence, Chinese Navy 2007
  16. a et b « Focus : L’impressionnante montée en puissance de la marine chinoise », sur Mer et Marine,‎ 7 mars 2013 (consulté le 17 mars 2013)
  17. « La Chine tente d'améliorer l'image et l'efficacité de ses ministères », sur La Croix,‎ 10 mars 2013 (consulté le 11 mars 2013)
  18. Bernard Prézelin, Les Flottes de combat 2002, Rennes, Éditions maritimes et d'outre-mer,‎ novembre 2001, 1153 p. (ISBN 2-7373-2887-X), p. 245
  19. Vincent Groizeleau, « La marine chinoise accède au rang de 3ème puissance mondiale », sur Mer et Marine,‎ 11 décembre 2005 (consulté le 14 mars 2013)
  20. « Etat de lieux des marines à travers le monde », sur Mer et Marine,‎ 4 mars 2013 (consulté le 14 mars 2013)
  21. « Etat de lieux des marines à travers le monde », sur Mer et Marine,‎ 4 mars 2013 (consulté le 17 mars 2013)
  22. (en) Sous-marins de la marine chinoise sur Sinodefence.com
  23. (en) Navires de surface de la marine chinoise sur Sinodefence.com
  24. Flotte de combat 2002, p. 245 à 276
  25. L'armée chinoise aujourd'hui, Raids hors-série n°27, 2008, p. 80 et 81
  26. Une commade de 48 Su-30MKK3 n'est pas confirmée en 2008
  27. Max Verbitz, « Russian-Chinese Military Cooperation: Can a Bear Trust a Dragon? », sur http://www.bu.edu/iscip/index.html,‎ mai 2006 (consulté le 28 septembre 2011)
  28. Interview du 25 octobre 2006 de Sun Laiyan, directeur général du Bureau d'État de la navigation, au site Internet du gouvernement chinois, reprise par Le Quotidien du Peuple
  29. VariagWorld : The Mystery of the Hapless Varyag
  30. SinoDefense.com - Varyag Aircraft Carrier
  31. Varyag Replica
  32. Chinese Ski Jump Spotted
  33. Varyag On The Move Again
  34. "World Military Aircraft Inventory". 2010 Aerospace Source Book. Aviation Week and Space Technology, January 2010
  35. Photographie de l'ex-Varyag datée de juin 2010
  36. GALLERY - Varyag.com
  37. « Le premier porte-avions chinois fait ses débuts en mer », L’Express,‎ 10 août 2011 (consulté en 11 août 2011)
  38. (en) « PLA Chief Confirms Vessel Is 'Under Construction' », Global Times,‎ 8 juin 2011
  39. (ja) Minemura Minemura, « PLA Chief Confirms Vessel Is 'Under Construction' », Asahi Shinbun,‎ 31 décembre 2008