13e demi-brigade de Légion étrangère

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13e demi-brigade de Légion étrangère
Insigne régimentaire
Insigne régimentaire

Période 1940
Pays Drapeau de la France France
Branche armée de Terre
Légion étrangère
Type régiment interarmes
Rôle préparation des unités au combat interarmes en milieu désertique
Effectif 120 personnes
Garnison Émirats arabes unis
Surnom Phalange magnifique
Couleurs vert et rouge
Devise More Majorum
Marche Sous le soleil brûlant d'Afrique
Inscriptions
sur l’emblème
CAMERONE 1863
BJERVIK-NARVIK 1940
KEREN-MASSAOUAH 1941
BIR-HAKEIM 1942
EL-ALAMEIN 1942
ROME 1944
COLMAR 1945
AUTHION 1945[Où ?]
INDOCHINE 1946-1954
AFN 1952-1962
Anniversaire Camerone (30 avril)
Équipement VAB
ERC-90 Sagaie
MPG
Guerres Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Algérie
Batailles Narvik
Bir-Hakeim
Điện Biên Phủ
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Médaille militaire puis de la croix de la Libération
Décorations Croix de la Libération
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Commandant lieutenant-colonel Maffeis
Commandant historique Raoul Magrin-Vernerey
Dimitri Amilakvari
Gabriel Brunet de Sairigné
Jules Gaucher

La 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) est la seule unité interarmes de la Légion étrangère. Créée en 1940, elle est le seul régiment en unités constituées à rallier les Forces françaises libres (FFL). Des côtes de Norvège aux sables de Bir Hakeim, de l'Érythrée à l'Alsace, en passant par la Syrie et l'Italie, elle fut de toutes les campagnes de la Seconde Guerre mondiale.

La 13e DBLE quitte l'Algérie en 1962. Elle est basée jusqu'en 2011 au quartier général Monclar à Djibouti, en vertu d'un accord entre la France et la République de Djibouti après l'accession de ce pays à l'indépendance en 1977. Au cours de l'été 2011, la structure du régiment a été profondément remaniée à l'occasion de son déménagement aux Émirats arabes unis.

Comme toutes les unités outre-mer, la 13e DBLE est composée en partie de permanents et en partie d'unités en missions de courte durée (MCD de 4 mois). La particularité de la Phalange Magnifique, est que ses personnels en MCD sont presque tous issus de la Légion étrangère. Les grands espaces désertiques et les facilités de la coopération interarmées permettent un entraînement de qualité aux unités sur place. Elles peuvent ainsi s'aguerrir au combat en zone désertique.

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

Cette unité de Légion est créée le 1er mars 1940 dans le cadre du corps expéditionnaire franco-anglais destiné à intervenir initialement en Finlande. Sa première dénomination est 13e demi-brigade de marche de la Légion étrangère (13e DBMLE).

Le 1er juillet 1940, le 1er bataillon, 900 hommes, constitue en Angleterre au sein des FFL la 14e DBMLE tandis que le reste de la demi-brigade, 800 hommes issus principalement du 2e bataillon, rentre au Maroc et conserve le nom de 13e DBMLE.

Le 4 novembre 1940, la demi-brigade du Maroc est dissoute ce qui permet aux troupes restées en Angleterre de reprendre le nom de 13e DBLE.

Historique des campagnes, des batailles et garnisons[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'unité est constituée en Afrique du Nord à partir de volontaires des autres unités étrangère stationnées sur places. Elle est alors commandée par le lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey et comprend au départ deux bataillons :

À partir du 13 mai 1940, elle livre ses premiers combats en Norvège au sein des troupes du général Béthouart où elle s'empare de Bjervik puis de Narvik. L'opération est un succès mais les évènements en France l'oblige à être rapatriée sur la France. Les pertes en Norvège sont de 8 officiers et 93 légionnaires dont le CBA Guéninchault.

La 13e DBLE débarque en Bretagne le 4 juin en vue de constituer l'ossature d'un réduit breton à la mi-juin. Toutefois, devant la progression allemande, elle est prise dans la tourmente de la débâcle. Le 21 juin les rescapés de la demi-brigade réussissent à embarquer et rejoindre l'Écosse. Ces troupes qui n'ont pas entendu l'appel du 18 juin retrouvent d'autres unités du Corps expéditionnaire de Norvège dans la région de Trentham (en). Les plus avertis n'entendent parler de l'appel du 18 juin que les jours suivants, dans la presse britannique ou par ouï-dire.

Adhérant à cet appel, le capitaine Pierre Kœnig[1] adjoint du lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey, convainc celui-ci de se rendre à Londres, où ils ont un entretien avec le général De Gaulle. Magrin-Vernerey y rencontre le général Antoine Béthouart, chef du Corps expéditionnaire de Norvège qui lui permet de rencontrer ses hommes au camp de Trentham Park (en) le soir du 30 juin. Sur 1 619 légionnaires présent le 28 juin, un peu moins de 900 rallient la France libre, les autres rejoignent le Maroc sous le commandement du général Béthouard.
Rejoignant ensuite le camp d'Aldershot, où sont regroupées les Forces françaises libres, la 13e DBLE participe au défilé du 14 juillet à Londres.

L'unité des Forces françaises libres prend temporairement, entre le 1er juillet et le 2 novembre 1940, le nom de 14e demi-brigade de Légion étrangère[2], elle se compose :

  • d'un état-major (avec une compagnie de commandement et une compagnie régimentaire d'engins) commandé par le CBA Cazaud
  • 3 unités de combat
  • 1 unité d'accompagnement

Elle est alors forte de 25 officiers, 102 sous-officiers et 702 militaires du rang[3].

Légionnaire - 1942

Fin septembre 1940, l'unité participe à l'opération Menace contre Dakar. Suite à l'échec de débarquement au Sénégal, elle finit par débarquer, sous le commandement du lieutenant-colonel Cazaud, en Afrique-Équatoriale française pour participer, en novembre 1940, à la campagne du Gabon et au ralliement de la région à la France libre[2], sous le commandement du général de Larminat[4].

Elle reprend alors sa dénomination d'origine et, au sein de la Brigade française d'Orient, contourne l'Afrique et débarque à Port Soudan le 12 février 1941[4] pour participer aux combats en Érythrée contre l'armée italienne. La brigade se distingue lors de la bataille de Keren, le 27 mars 1941, puis de Massaoua le 8 avril 1941).

Au cours du mois de mai suivant, l'unité rejoint la Palestine et le camp de Qastina (en) en vue de participer à la Campagne de Syrie. La demi-brigade entre en Syrie le 8 juin et après de durs combats, elle entre à Damas le 21 juin.
Le 6 septembre 1941, le lieutenant-colonel prince Amilakvari prend le commandement de l'unité.
En décembre, les 2e (chef de bataillon commandant René Babonneau), et 3e bataillons partent pour l'Afrique du Nord où l'unité, au sein de la Brigade Koenig, fait face aux forces de l'Afrika Korps[4].

Lieutenant - 1942

Promu chef de bataillon en septembre 1941, excellent entraîneur d'hommes, René Babonneau prend le commandement du 2e bataillon qui, à Bir Hakeim, le 27 mai 1942, repousse l'attaque de plus de 70 chars de la Division Ariete, en détruisant 35[5]. Son bataillon reçoit une citation à l'ordre de l'armée. Resté à l'arrière pour assurer le repli, lors de la sortie de vive force de Bir Hakeim, dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, il est fait prisonnier et transféré en Italie, d'où il tente de s'évader par deux fois.


De mai à juin 1942, une partie de l'unité se couvre de gloire à la bataille de Bir-Hakeim. Ce sera l'occasion pour Pierre Messmer, capitaine commandant de compagnie d'écrire plus tard, un livre : La patrouille perdue. Puis la "13" prend part à la seconde bataille d'El Alamein, où son chef est tué.

Lors de la mise sur pied de la 1re DFL, début 1943, la DBLE disparaît en tant que corps de troupe et ses trois unités (le 1er BLE, 2e BLE et la 13e compagnie antichars) sont incorporées dans la 1re brigade de la division.

Elle combat ensuite au sein du Corps expéditionnaire français en Italie puis débarque en Provence dans le cadre de l'opération Dragoon mi-août 1944. La demi-brigade prend part à la libération de la France au sein de la 1re Armée française, notamment au cours de la Bataille des Vosges.

Le 6 avril 1945, l'unité se voit attribuer la Croix de la Libération.

Guerre d'Indochine[6][modifier | modifier le code]

Désignée pour faire partie du corps expéditionnaire français en Extrême-Orient, la 13e DBLE débarque du SS Ormonde le 6 février 1946 à Saïgon et s’installe au nord de la ville, dans le triangle Gia Dinh -Thu Duc - Hoc Mon.

Les opérations commencent, avec le 19 juin 1946, le premier combat à Mat Cat. La 13e DBLE est engagée des frontières du Siam jusqu’à Tourane, en passant par la plaine des Joncs. Ses bataillons sont éparpillés.

  • Le 1er bataillon au Cambodge, poursuit les Khmers issarak, qui se réfugient au Siam.
  • Le 2e bataillon au Centre Annam, défend Tourane, dégage Hué et installe une série de postes autour de Quang Nam.
  • Le 3e bataillon affronte les durs combats de Cochinchine, où les embuscades quotidiennes alternent avec des actions de force.

La 13e DBLE participe aux opérations « Vega », « Dragon II et III », « Geneviève », « Jonquille », « Canigou »… Souvent les adversaires y laissent de nombreux combattants, comme à Largauze le 26 mars 1949. En 1950, la 13e DBLE, rassemblée en Cochinchine, reçoit en renfort un 4e bataillon. Elle est désignée pour se joindre aux unités ayant pour mission de nettoyer la plaine des Joncs, la « plaine maudite »[réf. nécessaire].

Le rythme des opérations s’accentue avec le début de la saison sèche : « Potager », « Normandie », « Ramadan », « Trois Provinces », « Tulipes », « Ulysse 3 », « Neptune », « Revanche ». Après cette opération, la 13e DBLE est à nouveau scindée. Trois bataillons restent en Cochinchine où il participent à différentes opérations « Araba », « Mandarine », « Pamplemousse », « Caïman ».

Le 31 janvier 1953, le 4e bataillon est dissous et le 3e bataillon se transforme en bataillon itinérant : il se retrouve au Tonkin, puis à Hué, à Na Sam, Xoang Xa, à Than Hoa, dans une série de durs combats.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le 29 septembre 1946, l’interprète «indigène» du poste de Trunq Chan mélange du datura aux aliments : 47 légionnaires sont dans le coma, mais huit autres ont heureusement préféré prendre une douche avant le repas. Voyant l’état de leurs camarades, ils demandent des secours et préviennent ainsi l’attaque.
  • Un an plus tard, le 19 août 1947, encore une séance d’empoisonnement collectif au poste de Ben Muong. Nantis de l’expérience précédente, les ennemis coupent les fils du téléphone et mettent le datura dans le café. Mais un sergent et quatre légionnaires n’ont pas eu le temps d’en boire lorsque l’attaque se déclenche. L’un d’eux traverse inaperçu les lignes ennemies tandis que les autres tiennent tête aux 150 assaillants, pas trop mordants, il est vrai, car ils sont convaincus qu’ils n’ont qu’à attendre pour vaincre sans pertes. Quelques heures plus tard les renforts arrivent et les attaquants deviennent assiégés.
  • Le 24 avril 1947, la sentinelle du poste « Franchini » voit arriver un groupe de soldats français poussant devant eux un prisonnier ligoté. La sentinelle les laisse pénétrer dans le poste, mais à l’intérieur, sur un signe du soi-disant prisonnier, ils ouvrent le feu, tuant les sept légionnaires et quatre partisans de la garnison.
  • En avril 1948, on arrête un agent VM qui offre aux légionnaires des briquets. Le prix est très intéressant, et pourtant ce n’est pas une bonne affaire. Le coton est remplacé par du fulmi-coton destiné à exploser à la première étincelle. Mais les briquets sont vendus sans pierre, le vendeur déclare les avoir épuisées et quand un légionnaire en sort une de sa poche pour essayer, le vendeur tente de s’enfuir.

Combats[modifier | modifier le code]

  • La 13e DBLE est attaquée à Ca Mau par 700 combattants[réf. nécessaire] le 13 juin 1947.
  • À Cau Xang neuf légionnaires défendent la tour de garde, jusqu’à la mort.
  • Le 23 août 1947, la compagnie d’intervention du 3e bataillon est surprise par un ennemi supérieur en nombre. Les légionnaires forment le carré et repoussent tous les assauts en chantant le « Boudin ». Lorsque la colonne de secours arrive, le poste déplore un tué et quatre blessés, mais l’ennemi se retire avec trois charrettes pleines de morts ou de blessés[réf. nécessaire].
  • Le 1er mars 1948, un convoi de permissionnaires et de civils escortés emprunte la route de Saigon à Dalat et tombe dans une embuscade. Le lieutenant-colonel de Sairigné, chef de corps de la 13e DBLE est tué parmi les premiers. Les adversaires s’emparent de 134 civils pour servir de boucliers[réf. nécessaire]. La poursuite n’aboutit qu’à la récupération d’une partie des otages que l’ennemi est contraint d’abandonner.

Điện Biên Phủ[modifier | modifier le code]

Fin 1953, la 13e DBLE se rassemble au Tonkin, le 2e bataillon dans le Delta, les 1er et 3e sont à la bataille de Điện Biên Phủ, où ils tiennent respectivement « Claudine » et « Béatrice ». Au soir du 13 mars 1954, après cinq assauts, « Béatrice » est submergée. Le 3e bataillon est mort et avec lui le lieutenant-colonel Gaucher, son chef de corps. Les survivants atteignent à peine l’effectif d’une compagnie et à la base arrière on s’efforce de reconstituer le bataillon, mais le temps manquera. Le 7 mai, tout est fini. Le camp de Diên Biên Phu est submergé et le 1er bataillon disparaît à son tour. Les fanions de ses unités sont détruits dans les dernières minutes. Seuls quelques fragments de celui de la 2e compagnie pourront être rapportés à Sidi bel-Abbès par les légionnaires qui l’ont partagés avant de tomber aux mains de l’ennemi. La guerre est finie. La 13e DBLE déplore 80 officiers, 307 sous-officiers, 2 334 légionnaires hors de combat.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Parade de la 13e DBLE à travers les ruines romaines de Lambèse, en Algérie en 1958. Les légionnaires ont des fusils MAS 36, les officiers et sous-officiers ont des pistolets mitrailleurs MAT 49, les armes dans les holsters sont probablement des MAC modèle 1950.

En 1955, la 13e DBLE retrouve le continent africain. Engagé dans les opérations de maintien de l’ordre en Algérie, le régiment débarque à Tunis le 28 juin 1955. Basé à Guelma, il rayonne dans le Constantinois, du Nord au Sud, dans les Nememcha. Il trouve des « caches », mais pas de combattants. C’est alors le temps de la «pacification» [7].

La 13e DBLE construit ou restaure des postes : Khsirane est le premier d’une longue série[Laquelle ?]. La lutte se poursuit dans les djebels, marquée par des combats très durs : Zaouia, Bou Zakadane, Ouindj, djebel Seike… En juillet 1957, un groupe de combattants[Lequel ?] de l'ALN est détruit.

Laissant alors les Nemenchta, la 13e DBLE réduite à deux bataillons s’implante dans les Aurès. Aux pitons arides et désolés succèdent les massifs boisés. Au début de 1958, trois combats contre les combattants ALN de la bande d’Amrani, oblige ce dernier à refuser le contact et de réagir par la violence sur la population civile. Près de 800 familles viennent, en plein hiver, se masser autour du poste Bou Hamama[réf. nécessaire]. Le 7 mai 1958, à l’issue d’un accrochage à l’oued Kelaa, le cadavre d’Amrani, entouré de ceux de ses tireurs d’élite, est retrouvé sur le terrain.

En octobre 1958, la 13e DBLE devient un régiment d’intervention. Sa mission itinérante l’amène à travers toute l’Algérie, dans une série d’opérations : « Emeraude », « Dordogne », « Georgevie », « Isère ». De la Kabylie aux pitons de l’Atlas, d’Alger au Barrage est, puis encore dans les Aurès où, le 10 février 1961, elle met hors de combat 49 combattants de la Willaya 1 et récupère 29 armes. Elle retourne alors dans le fameux «Bec de Canard», sur le Barrage est, où les opérations, les patrouilles et les embuscades se succèdent jusqu’à la fin des combats, en mars 1962.

À l'indépendance de l'Algérie, le régiment y laisse 214 tombes[réf. nécessaire].

Mascotte[modifier | modifier le code]

En 1958, la société protectrice des animaux d’Angleterre décerne une médaille à la Harka de la 13e DBLE qui a recueilli un ânon famélique « Bambi », voué à une mort certaine. Une photo montrant un légionnaire portant Bambi sur son dos lors d'un déplacement de l'unité est publiée sur Paris Match et fait la une de plusieurs journaux.

1962-1977[modifier | modifier le code]

Un premier détachement rejoint Bougie pour s’embarquer, à la fin d’avril 1962, à destination de la Côte française des Somalis (actuelle République de Djibouti). Progressivement, les autres unités vont suivre. Le drapeau arrive sur le territoire le 15 octobre de la même année. Les compagnies débarquent les unes après les autres sur leur nouveau lieu de séjour. N’ayant jamais connu la paix durant ses vingt-deux premières années d’existence, la « 13 » va enfin pouvoir justifier la réputation de bâtisseur qui existe en tout légionnaire[8].

Elle construit ou améliore des postes déjà existants.

  • La CCAS s’installe à Gabode,
  • la 1re compagnie à Dikhil
  • la 2e à Gabode (Compagnie de travaux)
  • la 3e à Ali Sabieh et
  • la 4e à Holl-Holl.
  • E.R. (Escadron de Reconnaissance) à Oueah

À cette époque, l’effectif du régiment atteint presque celui d’un gros bataillon. Le 1er octobre 1968, le régiment se dote d’un escadron de reconnaissance. La 1re compagnie lui cède son lieu d’implantation et part s’installer à Dikhil. La 2e compagnie quitte Obock, prend la dénomination de 2e compagnie de travaux (2e CT) et rejoint l’état-major et la CCAS à Gabode, quartier de Djibouti.

Le 25 août 1966, le président de la République, le général de Gaulle, visite le territoire. Les unités du régiment en tenue de parade lui rendent les honneurs. À la suite de l'apparition de banderoles réclamant l'indépendance du territoire, des manifestations sont déclenchées et trois sections de la 2e compagnie interviennent en tenue de parade vers 20 et 22 heures. Une dizaine de gradés et légionnaires sont blessés dans les affrontements qui causent officiellement trente-six blessés parmi les forces de l'ordre et dix-neuf chez les manifestants.
Le lendemain, après la mort de deux manifestants le matin, à 14 heures, le chef de corps reçoit l'ordre de faire évacuer la place Lagarde où le général de Gaulle devait prononcer un discours. Les 2e, 3e et 4e compagnies ainsi que deux sections de la CCAS sont désignées. La place est dégagée en vingt-cinq minutes à partir de 16h20. Les affrontements continuent au niveau du «Bender» bloqué par les forces de police renforcées par la Légion. Au total, il y aurait eu un mort et quarante-six blessés dans les forces de l'ordre, trois morts et deux cent trente-huit blessés parmi les manifestants[9].
Les jours suivants, un couvre-feu est instauré sur la «ville indigène», qui est quadrillée et fouillée par les patrouilles. À partir du 14 septembre, la «13» ainsi que le 5e RIAOM installent un barrage qui encercle la ville pour filtrer les entrées et sorties[10]. Composé de rangées de barbelés («ribard») et de miradors sur 14 kilomètres de long, il est maintenu jusqu'à l'indépendance et même au-delà. Le nombre de personnes tuées en essayant de le franchir reste indéterminé.
Le 20 mars 1967, lendemain d'un référendum sur l'autonomie du territoire, des manifestations indépendantistes sont à nouveau réprimées par les hommes de la 3e compagnie. La fin de l'année 1967 et l'année 1968 seront encore l'occasion de nombreuses tensions et d'opérations de maintien de l'ordre.

En 1976 le régiment et notamment l’escadron de reconnaissance intervient lors de l’affaire de Loyada.

1977 à 2011[modifier | modifier le code]

Après l'accession à l'indépendance de la République de Djibouti (1977), la 13e DBLE participe régulièrement à des missions militaires ou humanitaire au profit du territoire ou dans la Corne de l'Afrique.

En 1979, la 4e compagnie est dissoute. Son poste de Holl-Holl est cédé à l’AND (Armée nationale djiboutienne). Le régiment ne conserve alors que la 3e compagnie, la 2e CT, la CCAS, l’escadron et la compagnie tournante du 2e REP (compagnie détachée pour 4 mois), basée à Arta.

Les engagements opérationnels se succèdent. En mai 1991, le régiment assure le contrôle des frontières du pays, lesquelles sont submergées par un afflux massif de réfugiés en provenance d’Éthiopie et recueille, accueille et désarme une division éthiopienne (Opération Godoria). En mars 1992, ce sera l’opération Iskoutir. En décembre 1992, c’est l’opération Oryx, en Somalie, puis quelques mois plus tard, l’opération ONUSOM II, où les légionnaires de la 13 servent pour la première fois de leur histoire sous le casque bleu de l’ONU. En juin 1994, la 3e compagnie est dépêchée au Rwanda dans le cadre de l’opération Turquoise et le régiment participe aussi à l'opération Diapason au Yémen. Cette même année, en mai, la COMPARA (compagnie parachutiste), stationnée à Arta et armée par le 2e REP est dissoute.

Il convient d’ajouter à toutes ces opérations les aides ponctuelles apportées par le régiment à la jeune République lors des catastrophes naturelles qui la secouent régulièrement. Les légionnaires interviendront ainsi dans le cadre des mesures prises face aux inondations mais aussi face à la sécheresse, pour venir en aide à une population à chaque fois durement touchée. La 2e CT est régulièrement mise à contribution pour effectuer divers travaux et diverses constructions sur le territoire. Les stèles commémoratives de la Légion marquent les efforts d’une section ayant œuvré au profit de la collectivité sur les routes du territoire.

Outre cette dernière spécificité, la 2e CT prendra la dénomination de 2e CAT (compagnie d'appuis et de travaux) en se dotant de deux sections d’appui, l'une composée de 6 mortiers de 120 mm et l'autre de 8 postes de tir Milan.

Cette compagnie est dissoute en 1998 pour laisser place à une compagnie de génie tournante armée par des légionnaires du 1er REG puis du 2e REG.

En 2000, c'est au tour de la 3e compagnie d'infanterie de disparaître, remplacée elle-aussi par une unité "tournante" armée quant à elle alternativement par les unités des 2e REI et 2e REP. Cette dernière unité d'infanterie de la 13 avait pourtant un caractère unique. En effet, à l'instar des compagnies du 2e REP, chacune de ses sections avait une spécialité. La section de commandement disposait d’un groupe de mortiers de 81 mm. La 1re section perfectionnait ses savoir-faire dans le domaine du sabotage et de la manipulation des explosifs. La 2e section regroupait les nageurs de reconnaissance qui étaient chargés de missions d’infiltration par voie maritime utilisant le bateau pneumatique ou la palme. La 3e section regroupait les tireurs d’élites du régiment et disposait de Barret et de FRF2. Enfin, la 4e section, disposait de 5 VAB dont deux équipés de canons de 20 m/m.

En 2001, la compagnie de maintenance des FFDj est rattachée à la Demi-brigade.

En 2002, des éléments du régiment sont projetés en République de Côte d'Ivoire dans le cadre de l'opération Licorne.

Après une intervention à caractère humanitaire, où une section du génie est projetée en Indonésie en 2005 (Opération Béryx), pour apporter assistance et aide aux victimes du tsunami, la 13 renoue avec l'opérationnel en mars 2007. L'état major tactique, la compagnie d'infanterie et un détachement du génie sont envoyés d'urgence au nord de la République centrafricaine pour sécuriser et endiguer la propagation de la violence dans la zone des trois frontières (Tchad, RCA, Soudan) à Birao.

En outre, les légionnaires de l'unité sont, depuis le début des années 2000, régulièrement engagés sous forme de DIO (détachements d'instruction opérationnels) au profit de pays voisins (Éthiopie, Ouganda, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, etc.)

de 2011 à nos jours[modifier | modifier le code]

Le 31 juillet 2011, la 13e DBLE a quitté Djibouti pour s'implanter à Abou Dhabi dans l'Implantation militaire française aux Émirats arabes unis[11].

Ce déménagement a été l'occasion d'une profonde restructuration, l'unité passant du statut d'unité de combat opérationnelle interarmes à celui d'unité support de forces projetées. Elle continue néanmoins à être une tête de pont pour des opérations dans la région (Opération Tamour en 2012).

Traditions[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

More Majorum (À la manière des ancêtres)

Insigne[modifier | modifier le code]

Insigne régimentaire de la Phalange magnifique

Drapeau[modifier | modifier le code]

Dans les plis du drapeau, sont inscrits les noms de batailles suivants[12] :

Drapeau de la 13e demi -brigade de légion étrangère

Chant[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Le drapeau fait l'objet des citations et des décorations suivantes :

Ses hommes sont autorisés à porter :

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment[modifier | modifier le code]

Organisation en juin 2001[modifier | modifier le code]

Avant de changer de format et de s'implanter aux EAU, la 13e Demi-brigade de Légion étrangère était une unité combattante à vocation interarmes composée d'environ 800 hommes dont 320 permanents.

  • La CCS ou Compagnie de Commandement et de Soutien, est mixte, composée de légionnaires en MCD et de permanents. Elle regroupe tous les services projetables, nécessaire au commandement du régiment (transmissions, bureau opération, infirmiers, section transport, etc.). Elle arme aussi le CECAP (Centre d'entraînement au combat d'Arta Plage) qui organise les stages d'aguerrissement au milieu désertique et enseigne les savoir-faire tactiques propres au combat en zone désertique. Il forme les unités des FFDJ (Forces Françaises Stationnées à Djibouti), mais aussi les officiers de l'école d'application de l'infanterie ainsi que des unités étrangères.
Station radio dans un oued
  • La CM ou Compagnie de Maintenance. Cette compagnie est doublement mixte puisqu'elle compte en son sein à la fois des légionnaires et des soldats de l'arme du matériel, en MCD ou en poste permanent. Elle assure la maintenance de toutes les unités de l'armée de Terre présentes sur le territoire.
  • L'ER ou Escadron de Reconnaissance (unité élémentaire permanente). L'escadron, formé essentiellement de légionnaires en provenance du 1er REC est stationné en poste isolé, au poste Brunet de Sairigné, à Oueah, à 40 km de Djibouti depuis 1968. Il est équipé de blindés légers à roues de type ERC-90 Sagaie et de véhicules légers tout-terrains P4. Il est autonome sur le plan de la vie courante, de l’entretien de ses matériels et de son infrastructure.
  • La Compagnie d'Infanterie. Armée alternativement par une compagnie du 2e REI ou du 2e REP, elle est équipée de VAB (véhicules de l'avant blindé) et de VLRA (véhicules légers de reconnaissance et d'appui). Elle est constituée d'une section commandement, d'une section d'appui (un groupe de mortier de 81 mm et un groupe de missiles Milan) et de trois sections de combat.
  • La Compagnie de Génie. Provenant du 1er ou du 2e REG elle est composée d'une section de commandement, de trois sections de génie combat, d'une section appui et d'une section travaux. Cette dernière est en général chargée de le remise en état des routes ou pistes d'aérodromes sur le territoire. Il arrive qu'une de ces sections passe toute sa MCD dans le désert, sous tente, à tracer une piste, dans la plus pure tradition des légionnaires bâtisseurs.

Organisation depuis 2011[modifier | modifier le code]

L'unité est devenue, en 2011, le corps support du Groupement terre de l'IMF EAU. Elle se décompose en une unité de support (noyau dur de l'unité) ainsi que d'unités envoyées sur place en missions de courte durée (4 mois) décomposées comme suit :

Personnalités ayant servi au sein de l'unité[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André-Paul Comor, L'Épopée de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, 1940-1945 (préface de Pierre Messmer), Nouvelles Éditions latines, Paris, 1988 ;
  • (présentation et annotations par André-Paul Comor) Les Carnets du lieutenant-colonel Brunet de Sérigné, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1990.
  • La France et son empire dans la guerre, collectif, Éditions Littéraires de France, 1946.
  • Histoire de la Légion, de Narvik à Kolwesi, Henri Le Mire, Éditions Albin Michel, 1978 - (ISBN 978-2-226-00694-3)
  • L'Armée d'Afrique 1930-1962, collectif, Éditions Lavauzelle, 1980.
  • Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France libre. De l'appel du 18 juin à la Libération, Éditions Gallimard, 1996
  • Tibor Szecsko, "LA 13e D.B.L.E." préface de Pierre Messmer, ancien Premier ministre et de général d'armée Jean Simon, chancelier de l'Ordre de la Libération- Éditions EFM - Paris 1989

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Kœnig était à ce moment là capitaine
  2. a et b Site de l'Ordre de la Libération
  3. in Képi blanc magazine no 723 - juillet 2010
  4. a, b et c Page de la 13 sur le site de la France libre
  5. "Ce jour là 10 juin 1942, Bir-Hakeim" par le général KOENIG
  6. JMO 13e DBLE - Centre de documentation de la Légion étrangère
  7. JMO de la 13e DBLE - Centre de documentation de la Légion étrangère.
  8. Texte d’après KB no  198 févr. 1972 et JMO de la 13e DBLE - Centre de documentation de la Légion étrangère
  9. Imbert-Vier (Simon), Tracer des frontières à Djibouti. Des territoires et des hommes aux XIXe et XXe siècles, Karthala, 2011, p. 344-349, site de l'éditeur
  10. Dubois (Colette) [2002], «Jacques Foccard et la politique française dans le T.F.A.I.», Cahiers du Centre de recherches historiques, no 30, octobre, p. 35-49, site des Cahiers
  11. D'après l'historique du site de la 13e D.B.L.E. Site de la 13e Demi-brigade légion étrangère.
  12. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007.
  13. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie
  14. Képi blanc no 735 - août-septembre 2011
  15. Arrêté du 23 février 1996 portant création de la fourragère de l'Ordre de la Libération