Hassan Gouled Aptidon

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Hassan Gouled Aptidon
حسن جولد أبتيدون
Hassan Gouled Aptidon
Hassan Gouled Aptidon
Fonctions
1er président de la République de Djibouti
27 juin 19778 mai 1999
(&&&&&&&&&&&0798521 ans, 10 mois et 11 jours)
Premier ministre Lui même
Ahmed Dini
Abdallah Mohamed Kamil
Barkat Gourad Hamadou
Prédécesseur Poste crée
Successeur Ismaïl Omar Guelleh
1er Premier ministre de Djibouti
27 juin12 juillet 1977
(&&&&&&&&&&&&&0551 mois et 24 jours)
Président Lui-même
Prédécesseur Lui-même (Premier ministre du Territoire français des Afars et des Issas)
Successeur Ahmed Dini
3e Premier ministre du Territoire français des Afars et des Issas
18 mai27 juin 1977
Gouverneur Camille d'Ornano (haut-commissaire)
Prédécesseur Abdallah Mohamed Kamil
Successeur Lui-même (Premier ministre de Djibouti)
2e vice-président du Conseil de gouvernement de la Côte française des Somalis
décembre 1958avril 1959
Gouverneur Jacques Compain
Prédécesseur Mahmoud Harbi
Successeur Ahmed Dini
Biographie
Nom de naissance Hassan Gouled Aptidon
Date de naissance 15 octobre 1916 ou plus tôt
Lieu de naissance Lughaya (en)
(Somalie britannique)
Date de décès 21 novembre 2006 (à 90 ans) ou plus
Nationalité française, puis djiboutienne
Parti politique RPP

Hassan Gouled Aptidon
Premiers ministres de Djibouti
Présidents de la République de Djibouti

Hassan Gouled Aptidon (né officiellement à Djibouti le 15 octobre 1916, mais sans doute vers 1908-1910 à côté de Zeila[1]; mort le 21 novembre 2006), est un homme politique de la Côte française des Somalis, du Territoire français des Afars et des Issas puis de la République de Djibouti.

La période coloniale[modifier | modifier le code]

Hassan Gouled commence sa carrière dans les années 1930, comme infirmier. Il est en poste à Dikhil en 1932[2]. Il est ensuite entrepreneur.

En 1946, il fonde avec Mahmoud Harbi le Club de la jeunesse somalie et dankalie. Ils sont élus ensemble en 1950 au Conseil représentatif de la colonie, puis se séparent. Hassan Gouled est élu sénateur français, contre Mahmoud Harbi. Il le reste de 1952 à 1958, puis est député à l'Assemblée nationale de 1959 à 1962. Il est battu aux élections législatives de 1962 par Moussa Ahmed Idriss, du Parti du mouvement populaire (PMP).

En 1957, il n'est pas élu au Conseil représentatif, c'est la liste soutenue par Mahmoud Harbi qui l'emporte. Mais au référendum de 1958, Hassan Gouled appelle à voter pour le maintien du territoire sous souveraineté française. Avec le soutien de l'administration, son parti gagne les élections territoriales consécutives et il devient vice-président du Conseil de gouvernement.

Dans les années 1960, il dirige l’Union démocratique issa. Il est signataire de l'accord d'Arta en septembre 1963. Il est ensuite ministre de l'enseignement dans un gouvernement dirigé par Ali Aref Bourhan.

Il est brièvement emprisonné en juillet 1967, avec d'autres responsables du Parti du mouvement populaire (PMP). Il est élu à l'Assemblée territoriale en novembre 1968, puis devient ministre de l'intérieur.

Vers l'indépendance[modifier | modifier le code]

En 1974, Hassan Gouled appelle à voter pour François Mitterrand. Il devient président de la Ligue populaire africaine pour l'indépendance (LPAI) créée en février 1975 par la fusion de l'Union populaire africaine (UPA) et de la Ligue pour l’avenir et l’ordre. Le secrétaire général est Ahmed Dini.

Il devient président du Conseil de gouvernement le 18 mai 1977, et est élu président de la future République de Djibouti le 28 mai par la Chambre des Députés. Il le reste jusqu'en 1999. Après l'attentat contre le «Palmier en Zinc», en décembre 1977, il interdit le principal parti d'opposition, le MPL et instaure un système de parti unique.

Le président[modifier | modifier le code]

En 1981, il instaure un système politique dominé par un parti unique en déclarant que son propre parti, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), était le seul parti légal. Selon l'opposition, il aurait alors pratiqué une politique «tribale» en faveur de son clan, les Mamassan, et en particulier visant à exclure les Djiboutiens identifiés comme «Afars»[3]. La pratique de la torture par les forces de l'ordre sur les opposants est aussi dénoncée[4].

Après le début de la guerre civile en 1991, il autorise la tenue des élections «libres» en 1992. Seuls quatre partis eurent le droit de se présenter. Le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD), à l'origine des affrontements armés, en est exclu. Le RPP obtient 72 % des votes et Hassan Gouled est réélu pour un quatrième mandat en 1993.

Il quitte son poste en 1999, à l'âge officiel de 83 ans, après plus de 22 ans au pouvoir. Ismail Omar Guelleh, son neveu et chef de cabinet, lui succède en remportant l'élection présidentielle de 1999.

Hassan Gouled Aptidon est décédé à son domicile, à Djibouti, le 21 novembre 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Absieh Omar Warsama, Botbol (Maurice), Djibouti : les institutions politiques et militaires, La Lettre de l’océan Indien, Paris, 1986.
    Il n'existe pas d'état civil à Djibouti pour les «indigènes» avant 1935, ce qui explique l’imprécision de dates de naissance souvent établies a posteriori.
  2. Journal officiel de la Côte française des Somalis, arrêté du 5 avril 1932.
  3. Ali Coubba, 1995, p. 54.
  4. Ali Coubba, 1995, p. 60.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ali Coubba, Le mal djiboutien : rivalités ethniques et enjeux politiques, Paris, L'Harmattan,‎ 1995 (ISBN 9782738437006 et 2738437001), p. 174.