Commando marine

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Les commandos marine sont des unités de combat de la Marine nationale française.

Ils ont pour mission d'effectuer les opérations spéciales de la Marine (assaut à la mer, appui et destruction à distance, reconnaissance, action sous-marine) ainsi que certaines missions en appui des forces aéromaritimes (opérations amphibies, guidage et appui feu, renfort des équipes de visite, contrôle d’embargo) et d’action de l’État en mer (opérations de police en mer : pêches, immigration clandestine, lutte contre le terrorisme maritime, la piraterie et contre les trafics illicites).

Ils sont, depuis 1992, rattachés au Commandement des opérations spéciales (C.O.S.).

Insigne de béret vert commando marine (se porte du côté gauche).

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Les commandos marine ont été créés en 1947 au centre Siroco de Cap Matifou en Algérie.

Ils sont les héritiers directs du 1er Bataillon de fusiliers marins commandos qui s'était constitué durant la Seconde Guerre mondiale en Grande-Bretagne, sur le modèle des Royal Marines Commandos, à partir de fusiliers marins français regroupés au Royaume-Uni. Le 1er B.F.M.C. est la seule unité française à participer au débarquement de Normandie. Le 6 juin 1944, ils sont 177 à participer au débarquement en Normandie, sous les ordres du capitaine de corvette Kieffer.

Article détaillé : Commandos Kieffer (France libre).

À la fin de l'année 1947, six commandos marine sont constitués : le commando Jaubert, le commando François, le commando de Montfort, le commando de Penfentenyo, le commando Trepel et le commando Hubert.

Trois de ces commandos partent pour l'Indochine (Jaubert, François et de Montfort), les trois autres restent en métropole.

La guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

En Indochine, de 1946 à 1954, en huit années de guerre, les commandos marine (Jaubert, François, de Montfort) ont perdu 104 hommes sur un effectif de 1 200. 61 de ces morts pour la France appartenaient au commando François (49 morts ou disparus à Ninh Binh le 30 mai 1951, fusillés par le Viêt-Minh pour la plupart et 7 morts à Anh-Thoi le 23 avril 1949), dissous en 1953. Ces faits d'armes ont valu à ce commando l'attribution de quatre citations à l'ordre de l'armée de mer (1948, 1950 et deux fois en 1951) et l'attribution de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire avec l'olive croix de guerre TOE (1952) et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre TOE (1951), qui s'ajoute à la fourragère de la Légion d'Honneur attribuée à tous les commandos marine, pour la participation des Commandos au débarquement du 6 juin 1944 et leurs faits d'armes postérieurs.

Sélection[modifier | modifier le code]

La sélection des commandos marine est particulièrement rigoureuse.

Après une sélection interne par leurs commandants de compagnies de l'École des fusiliers marins, autrefois à Siroco, Cap Matifou (Algérie), maintenant à Lorient (France), les premiers du cours fusilier, s'ils sont aptes et volontaires, intègrent le stage commando long de 20 semaines. Celui-ci comprend une semaine de tests psychologiques, 6 semaines de stage préparatoire, 4 semaines d'évaluation commando, le stage commando de 7 semaines, et 2 semaines de stage parachutiste à Pau (autrefois Philippeville, Algérie). À l'issue de ce stage, en moyenne 5 à 10 % des stagiaires reçoivent le certificat de Commando Marine et son béret vert. Cependant, à aucun moment le certificat n'est garanti et toute faute peut aboutir à la radiation du stage.

Le "stac" ou stage commando se déroule à Lorient, en Bretagne, au sein de l'École des fusiliers marins, héritière du 1er bataillon de fusiliers marins, et l'une des unités les plus décorées de l'Armée française. Les épreuves préparent les fusiliers à leurs futures missions possibles au sein de l'un des six commandos de la marine. Le « stac » est ouvert en nombre restreint à d'autres spécialités de la marine (radio, infirmier) qui pourront ainsi intégrer l'effectif opérationnel des commandos marines. Cependant, le stage commando n'est que le début de la formation du commando marine, qui doit également passer trois semaines de stages complémentaires ainsi que d'autres certificats techniques de commandos au cours de la formation interne, ainsi qu'une période de 4 mois à Djibouti avant d'être déclaré opérationnel et apte à rejoindre un des commandos de la Marine de Lorient, excepté Kieffer. Ce dernier est composé de spécialistes qui sont amenés à un niveau de commando. Cette formation de base est l'une des plus difficiles au monde, comparable à celle des SAS et SBS britanniques ainsi que celle des Spetsnaz Russes ou encore des Navy SEAL américains.

Les commandos voulant postuler au commando d'action sous-marine Hubert de Toulon doivent, après une période d'ancienneté (5 ans) dans les unités commandos de Lorient, passer le certificat de nageur de combat à Saint-Mandrier, sur un tempo comparable à celui du cours Commando élémentaire, en plus difficile et plus long (deux semaines de pré-sélection, sept mois de Cours Nageur).

Chaque commando devra, à chaque nouvel examen de carrière, remettre son béret vert en jeu et repasser un stage commando équivalent, avec un niveau de responsabilité accru (stage commando chef d'équipe, stage commando chef d'escouade, stage commando chef de mission). Ainsi, certains officiers mariniers supérieurs (premier maître, maître Principal, major) peuvent avoir cumulé jusqu'à quatre stages commando. Ce type de formation est unique au monde, même dans les forces spéciales.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Uniforme[modifier | modifier le code]

Leurs origines britanniques se remarquent au port du béret vert couché à l'opposé des autres unités militaires françaises. En effet, il se porte couché à droite, insigne à gauche, les autres unités françaises portant le béret couché à gauche, insigne à droite. Cela permet notamment de différencier rapidement les commandos marine des légionnaires, portant eux aussi le béret vert. Le certificat de commando est porté par les commandos marine sur leur béret directement ainsi que la "banane" commando écrit en rouge sur fond noir au niveau supérieur de la manche de leur tenue.
On reconnaît les membres et anciens membres du commando Hubert au badge de certificat "nageur de combat" qu'ils portent à la poitrine de leur tenue de sortie.

Missions[modifier | modifier le code]

La France compte actuellement six unités de commandos marine qui appartiennent à la force des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO), sous le commandement d'un amiral (ALFUSCO), dépendant directement du chef d'état-major de la marine, en ce qui concerne l'organisation et la préparation de cette force. Ils sont souvent déployés sous l'autorité du commandement des opérations spéciales (COS) pour des missions sur des théâtres extérieurs et sont particulièrement entraînés :

  • aux reconnaissances tactiques préalables aux opérations amphibies ou terrestres (renseignement) ;
  • à la protection et à l'évacuation de ressortissants ;
  • aux actions de destruction et de sabotage ;
  • aux interventions en mer dans le cadre des missions de sauvegarde maritime (lutte contre le terrorisme, les trafics illicites et les infractions maritimes).

En particulier, les commandos marine sont souvent utilisés pour la protection d'ambassades en zone de guerre (par exemple dans certains pays d'Afrique).

Organisation[modifier | modifier le code]

FORFUSCO constituent La branche opérationnelle de la Base des Fusiliers Marins et Commandos, notamment le Secteur des vecteurs nautiques commando, SVNC (vecteurs nautiques d'assaut mer et équipages opérationnels).

Chaque commando est constitué de 80 à 100 soldats répartis en groupes de 15 à 17 opérateurs.

Cinq de ces unités sont basées à Lorient :

  • Commando Jaubert, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime ;
  • Commando Trepel, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime ;
  • Commando de Montfort, spécialisé dans l'appui et la destruction à distance (le sniping, notamment) ;
  • Commando de Penfentenyo, spécialisé dans la reconnaissance et l'acquisition de renseignement opérationnel ;
  • Commando Kieffer, spécialisé dans les technologies de pointe (Brigade canine, etc...) ;

Une unité est basée à Saint Mandrier (Var) :

Commandos marine contenait autrefois la composante Escouade de contre-terrorisme et de libération d'otages (ECTLO).

Actions des commandos marine[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • Opération Jubilé, 14 hommes de la 1re Cie de fusiliers marins commando sont impliqués dans le raid sur Dieppe (19 août 1942).
  • Missions de renseignement sur les côtes françaises, hollandaises et les îles Anglo-Normandes (raids Hardtack 7, 11, 13, 21, 26, 28 et 36 du 23 décembre 1943 au 28 février 1944).
  • Participation au débarquement et à la campagne de France, notamment aux combats en Normandie (06 juin-27 août 1944).
  • Campagne des Pays-Bas, prise de Flessingue et de Vrouwerpolder, raids offensifs sur l'île de Schouwen (octobre-décembre 1944).

Guerre d'Indochine 1945-1954[modifier | modifier le code]

  • Opérations de ré-occupation puis de pacification de la Cochinchine, dégagement de Saïgon, prises de Mytho, Vinh Long, Cantho... par le commando Ponchardier (octobre 1945- mai 1946).
  • Opération fluviales et côtières en Cochinchine, en Annam et au Tonkin (novembre 1947-mai 1950)
  • Opérations côtières au Tonkin, participation aux batailles de Dong Trieu et du Day (octobre 1950-mai 1952).
  • Opérations côtières sur les côtes d'Annam et du golfe du Siam, plus de 70 coups de mains, opérations combinées... (avril 1952- janvier 1954).
  • Mission d'encadrement de l'armée sud-vietnamienne, commando Jaubert (1954-mars 1956)

Guerre d'Algérie 1954-1962[modifier | modifier le code]

Commando de marine de l'armée française attend d'être héliporté par un Sikorsky H-34, dans le sud oranais (Algérie-avril 1961).
  • Opérations de maintien de l'ordre dans les zones côtières; d'abord dans le Constantinois puis à la frontière Tunisienne (août 1955- février 1957).
  • Interventions au profit de la DBFM à la frontière algéro-marocaine (février 1957-juin 1959).
  • Opérations héliportées dans l'Atlas présaharien contre le FLN (juin 1959-juillet 1962).
  • Protection rapprochée du général de Gaulle par le commando Hubert (1960-1961) pendant l'ensemble du conflit, y compris durant le putsch des généraux.

Autres conflits et opérations depuis 1945[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Autres commandos à l'étranger[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie Babey, Commandos marine en action, éditions Pêcheur d'images, 2004 (album de photographies)
  • Roch Pescadère et Frank Jubelin, Le Commando Hubert, éditions du Fanal, 2002 (264 pages)
  • Roch Pescadère et Frank Jubelin, Commandos marine"", Marines éditions (160 pages)
  • Marius "Parcours commando" [Nimrod]

Liens externes[modifier | modifier le code]