Mon nom est Personne
Mon nom est Personne
| Titre original | Il mio nome è Nessuno |
|---|---|
| Réalisation | Tonino Valerii |
| Scénario | Sergio Leone |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Rafran Cinematografica Les Films Jacques Leitienne Imp.Ex.Ci. Alcinter Rialto Film Preben-Philipsen |
| Pays d’origine | |
| Genre | Western spaghetti |
| Sortie | 1973 |
| Durée | 117 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Mon nom est Personne (Il mio nome è Nessuno) est un western spaghetti de Tonino Valerii sorti à l'écran en 1973.
Sommaire |
Synopsis[modifier]
L'action se déroule en 1899 à la fin de la conquête de l'Ouest. Jack Beauregard, interprété par Henry Fonda, est un héros vieillissant qui veut quitter les États-Unis pour aller finir ses jours en Europe. Avant de payer son passage en bateau pour le vieux continent, il souhaite venger la mort de son frère Nevada qui exploitait une mine d'or avec un certain Sullivan, son associé. Sur sa route il croise un jeune aventurier (Terence Hill) qui se présente comme étant "personne", admirateur facétieux de Beauregard depuis son enfance, qui multiplie les calembours et semble chercher son amitié. Alors que des hommes de main de Sullivan tentent de le tuer, Jack Beauregard est sauvé par l'inconnu qui lui fait part de son admiration en relatant ses exploits passés du temps où Beauregard était un justicier exceptionnel connu dans la région.
Lorsqu'il se rend au cimetière où est enterré Nevada, Jack Beauregard y retrouve à nouveau "Personne" qui semble s'intéresser de près à ses moindres faits et gestes. Au cours d'un faux duel d'intimidation, "Personne" finit par dévoiler à Jack ses intentions : il veut voir son héros d'enfance accomplir un dernier exploit : affronter à lui tout seul la « Horde sauvage », une bande qui sème la terreur dans toute la région, afin qu'il entre définitivement «dans les livres d'Histoire ».
Mais Jack Beauregard n'a que faire des rêves d'enfance de Personne. Il rencontre enfin Sullivan qui est aux ordres de la Horde sauvage pour transformer en or de la mine l'or volé par la bande.
Au lieu de venger la mort de son frère et tuer Sullivan, Jack accepte les sacs d'or que celui-ci lui donne pour compenser la mort de Nevada. Jack Beauregard rencontre à nouveau Personne et tente de lui expliquer pourquoi il a accepté l'or et renoncé à venger son frère. Devant la déception de Personne, Jack Beauregard tente de lui faire la morale et de lui expliquer qu'il ne tient pas à entrer dans l'histoire, que le "bon vieux temps" dont parle Personne n'a jamais existé et que le temps qui passe ne "produit que des vieillards et non des sages". Il quitte Personne convaincu d'aller prendre un train rempli d'or qui le mènera à son bateau ; mais c'était sans compter sur la malice de Personne qui avait volé ce train et qui lui a préparé une toute autre sortie.
Alors qu'il s'approche du train, il découvre que Personne en est le conducteur et qu'il l'empêche de monter à bord. C'est en voyant la nuée de poussière soulevée par la Horde sauvage venant attaquer le train que Jack Beauregard comprend que Personne est arrivé à ses fins : lui faire affronter seul la meute de cavaliers. Après une fusillade épique où Beauregard tue des dizaines de bandits, Personne laisse enfin Beauregard monter dans le train. Beauregard demande alors à Personne comment il a prévu de le faire entrer dans la légende. Celui-ci répond qu'il n'y a qu'un seul moyen : le tuer. Le lendemain dans les rues de la Nouvelle-Orléans Personne et Jack Beauregard s'affrontent en duel singulier devant la foule, devant un photographe venu pour immortaliser cet instant et devant les survivants de la Horde sauvage qui veulent se venger. Jack Beauregard est tué par Personne et le lendemain sur sa tombe on peut lire "Jack Beauregard 1848-1899. Personne n'était plus rapide que lui."
Fiche technique[modifier]
- Titre original : Il mio nome è Nessuno
- Titre français : Mon nom est Personne
- Titre américain : My Name is Nobody
- Réalisation : Tonino Valerii
- Scénario : Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi
- Décors : Gianni Polidori
- Costumes : Vera Marzot
- Photographie : Giuseppe Ruzzolini, Armando Nannuzzi
- Montage : Nino Baragli
- Musique : Ennio Morricone (direction d'orchestre : Bruno Nicolaï)
- Production :
- Claudio Mancini (producteur exécutif)
- Fulvio Morsella (producteur)
- Sociétés de production : Rafran Cinematografica, Les Films Jacques Leitienne, Imp.Ex.Ci., Alcinter, Rialto Film Preben-Philipsen
- Pays d'origine :
Italie - Langue : italien, anglais
- Couleurs : Technicolor
- Format : 35 mm scope-procédé Panavision
- Sociétés de distribution : Titanus Distribuzione, Les Films Jacques Leitienne
- Genre : western spaghetti
- Durée : 117 minutes
- Dates de sortie :
Distribution[modifier]
- Henry Fonda (VF : Raymond Loyer) : Jack Beauregard
- Terence Hill (VF : Jean Fontaine) : Personne
- Jean Martin (VF : Jean Martin) : Sullivan
- Geoffrey Lewis (VF : Serge Sauvion) : le leader de la Horde sauvage
- R. G. Armstrong (R. K. Armstrong - sic - ) (VF : Henry Djanik) : l'homme à la bombe (Honnest John)
- Karl Braun : Jim
- Leo Gordon : Red
- Steve Kanaly : le faux barbier
- Marc Mazza (Mark Mazza - sic - ) : le pistollero en noir (Don John)
- Neil Summers : l'Anguille (Squirell)
- Mario Brega : Pedro
- Piero Lulli : le sheriff
- Benito Stefanelli : Porteley
- Rainer Peets (Raimus Peets - sic - ) : Big Gun
- Antoine Saint-John : Scape
- Franco Angrisano : le conducteur de train
Commentaires[modifier]
On peut percevoir ce film comme :
- un western élégiaque dans la lignée de ceux de Sam Peckinpah où l'on assiste à la « mort du vieil Ouest ». À l'« époque héroïque » succède le XXe siècle : Jack Bauregard constate amèrement que « même la violence a changé » ; la horde sauvage étant le parfait exemple de cette nouvelle violence à la fois organisée et anonyme. Dans le cimetière, Personne lit le nom de Sam Peckinpah sur une croix, avant d'en trouver une autre avec le frère de Beauregard ;
- une métaphore : le western spaghetti, Terence Hill dans un rôle « à la Trinita », a « assassiné » le western classique américain représenté par Henry Fonda tout en lui rendant hommage, sans chercher à le rabaisser ou le remplacer. Terence Hill revendique dans le film son peu d'importance ("Je ne suis personne"), et admire la retraite sublime d'Henry Fonda : le western italien se pose en farce sympathique avec humilité, et révère son prestigieux prédécesseur ;
- un « western spaghetti de plus ».
Autour du film[modifier]
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- Un documentaire "Nobody is... Perfect" accompagne l'une des éditions DVD du film. Il semblerait qu'il y ait eu des vives tensions entre Valerii et Leone pendant le tournage. Le divorce entre les deux hommes a été consommé lors de la promotion du film (le nom de Leone apparaissait au sommet des affiches,...).
- Sergio Leone est crédité du scénario. Il semble qu'en fait Leone ait eu l'idée originale, mais que l'histoire ait été écrite par Fulvio Morsella (beau-frère de Leone) et Ernesto Gastaldi. Le scénario final a été écrit par Ernesto Gastaldi. Selon ce dernier, l'écriture a été très longue ("à un rythme biblique").
- Certaines scènes ont été tournées par Sergio Leone : la première scène, le "duel de baffes" dans le saloon, probablement le "duel final"... et la "scène de la pissotière" (scène que Tonino Valerii trouve "affreuse". Valerii prétend que Leone a voulu inclure ce "gag" car il connaissait des problèmes de prostate).
- Leone a produit un second western avec Terence Hill comme acteur : Un génie, deux associés, une cloche (Damiano Damiani, 1975). Ce film est sorti en Allemagne sous le nom Nobody ist der Größte laissant penser qu'il était une suite. Il a été aussi distribué aux USA sous forme de VHS sous le titre Nobody's the Greatest.
- Le nom « Personne » est une référence à l'épisode du cyclope dans l’Odyssée d'Homère.
- « Personne » est ouvertement habillé comme Trinita (On l'appelle Trinita, On continue à l'appeler Trinita,...). Leone a, à plusieurs occasions, déclaré qu'il était consterné par cette série de "westerns spaghettis" parodiques.
- Durant la scène du cimetière, on peut lire le nom de Sam Peckinpah (réalisateur, entre autres, de La Horde sauvage) sur l'une des tombes. La fête foraine du village est peut-être une référence à celle du début du film Coups de feu dans la Sierra du même Peckinpah.
- Durant la scène du cimetière, le "duel des chapeaux" est une référence à Et pour quelques dollars de plus de Leone. Les "cache-poussières" des membres de la "horde sauvage" évoquent ceux de la "bande de Cheyenne" dans Il était une fois dans l'Ouest du même Leone.
- Un anachronisme : on peut voir une bouche d'incendie moderne lorsque les deux héros se trouvent à la Nouvelle-Orléans.
- Avant les duels, Beauregard remonte régulièrement le bas de son gilet à un bouton pour dégager sa hanche. Lors du duel final, Beauregard constate que Personne tire plus vite que lui. Il faut regarder image par image pour voir en gros plan le bouton sauter et comprendre pourquoi Personne répète souvent à Jack Beauregard que sa vie "ne tient plus qu'à un fil".
- La musique écrite par Ennio Morricone est, à l'instar du film, pleine d'humour et de références. Le thème musical de la "horde sauvage" ("l'amas sauvage" sur le cd de la BO), où Morricone s'autoparodie, inclut une citation de la Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner. Le "thème de Jack" ("Bonne Chance, Jack") inclut une brève citation de My way (Comme d'habitude). "My fault" emprunte aussi le début du thème de l'homme à l'harmonica d'Il était une fois dans l'Ouest.
- Le nom du défunt "frère" de Jack Beauregard "Nevada", dont Henry Fonda dit (dans la version française) qu'il était "peu recommandable car prêt à tirer dans le dos de quelqu'un pour une poignée de dollars", est "Nevada Kid". Il ne s'agit pas d'une référence au western avec Clint Eastwood mais à un film italien méconnu "Per una bara piena di dollari" (titre États-Unis : Nevada Kid) de 1971 avec notamment l'acteur Klaus Kinski (le héros veut se venger de la famille de Nevada Kid qui a tué ses frères hors-la-loi).
- Dans le film Dead Man de Jim Jarmusch, un des personnages principaux, interrogé sur son nom, réplique : My name is nobody. (« Mon nom est personne. »).
- Le groupe français de Rock Dionysos a repris le titre du film à sa sauce sur son album Monsters in Love avec une chanson nommée Mon ombre est Personne.
- Le trio d'humoristes Les Inconnus avaient fait un sketch sur le thème d'une agence de publicité dont l'un des personnages s'appelait Jack Beauregard.
Bibliographie[modifier]
- Bert Frilund, Bert. The spaghetti western : thematic analysis. McFarland & Company, 2006. ISBN 978-0-7864-2507-5
- Howard Hugues. Once upon a time in the italian west : the filmgoer's guide to spaghetti western. I.B. Tauris, 2006. ISBN 1-85043-896-X
- Noël Simsolo. Conversations avec Sergio Leone. Cahiers du cinéma, 1999. ISBN 2-86642-209-0
Liens externes[modifier]
- (en) Mon nom est Personne sur l’Internet Movie Database
- (fr) Fiche sur allocine