Maciste

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Bartolomeo Pagano incarnant Maciste dans Maciste en enfer (1926)
Maciste alpino (1916)

Maciste est un personnage de fiction créé en 1913 par Gabriele d'Annunzio et Giovanni Pastrone dans le film Cabiria en tant que simple personnage secondaire, mais qui devient ensuite le héros de plusieurs dizaines de films dans les années 1910-1930 et 1960-1970. Héros solitaire, toujours au service du bien, il est connu pour ses prouesses physiques qui font de lui l'un des héros musclés des péplums du milieu du siècle. Ses aventures se déroulent dans des pays et à des époques très variés.

Le personnage Maciste[modifier | modifier le code]

Maciste apparaît dans Cabiria en 1913 où il est un personnage secondaire, garde du corps d'une Romaine à Carthage. Interprété par le docker génois Bartolomeo Pagano, l'esclave herculéen fait sensation. Par la suite, le personnage est repris dans toute une série de films mettant en valeur ses qualités athlétiques, et ne se passant pas forcément sous l'Antiquité (dans Maciste alpino par exemple, on le voit soldat lors de la Première Guerre mondiale). Pagano restera Maciste jusqu'à la fin du cinéma muet ; après quoi le personnage tombe dans l'oubli.

Puis, vers la fin des années 1950, on assiste à un renouveau du péplum en Italie, suite aux succès d'Ulysse (Mario Camerini, 1954) et surtout des Travaux d'Hercule (Pietro Francisci, 1958). Ce dernier lance la mode des costauds à l'antique, et les suiveurs déterrent Maciste, qui, plus que les Goliath, Samson ou Ursus, devient le grand rival du demi-dieu grec[1]. Contrairement à celui-ci, et suivant en cela l'exemple de son ancêtre du muet, le Maciste des années 1960 n'est limité ni dans l'espace ni dans le temps, puisque, outre la Grèce mythologique, on peut le croiser en Égypte antique (Maciste dans la vallée des rois), dans la Russie tsariste (Maciste à la cour du Tsar), dans l'Angleterre du XVIIe siècle (Maciste en enfer), dans l'Amérique du XIXe siècle (Maciste contre Zorro) ou en Afrique à une période indéterminée (Maciste contre les coupeurs de têtes). À l'occasion, il affrontera le comique Totò (Totò contre Maciste) ou se trouvera une fratrie (Les Invincibles Frères Maciste).

Le latiniste et spécialiste des péplums Claude Aziza dénombre une petite trentaine de films mettant en scène Maciste entre 1915 et 1926, puis vingt-cinq films entre 1960 et 1965. Des les années 1910, le personnage devient très populaire en Italie, plus généralement en Europe, ainsi qu'aux États-Unis[2].

Comme ses confrères culturistes, Maciste ne survivra pas au déclin du péplum et aux assauts des western spaghetti sortant sur les écrans à la suite du succès de Pour une poignée de dollars.

Filmographie après-guerre (partielle)[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Selon Claude Aziza, les films de Maciste comprennent « le meilleur (rare) et le pire (fréquent) » ; il cite parmi les meilleurs Maciste en enfer, Maciste contre le cyclope et Maciste contre le fantôme[3]. Maciste lui semble une figure particulièrement intéressante d'un cinéma populaire souvent méprisé[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

Les spécialistes du péplum rapprochent Maciste de plusieurs autres héros de péplums de la même époque, tous connus pour leur musculature et leurs prouesses physiques. Martinelli et Quarngnolo, qui leur consacrent un livre en 1981, parlent[5] des « giganti buoni » (les « bons géants »). Hervé Dumont, en référence à Hercule qui est l'un d'entre eux, les nomme[6] « les Héraclides (musclemen de l'Antiquité) ». Aux États-Unis, le genre est baptisé[7] « muscle opera ». Dumont voit en Maciste[7] « le prototype du "bon géant" à l'âge d'or du cinéma muet italien, le champion apolitique - mais vaillant patriote - du prolétariat local ».

Références dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Maciste désigne, en informatique, le nom d'un système réflexif à base de méta-connaissance développé par Jacques Pitrat. Voir notamment son papier « Implementation of a reflective system » (Future Generation Computer Systems, volume 12, 1996).

Un clin d'œil à Maciste est fait dans le film Dobermann, Maciste est le nom du chiot de Jacky Sueur dit Pitbull.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aziza (2009), p. 126.
  2. Aziza (2009), p. 128.
  3. Aziza (2009), p. 129.
  4. Aziza (2009), p. 130.
  5. Martinelli et Quarngnolo (1981)
  6. Dumont (2009), p. 619.
  7. a et b Dumont (2009), p. 617.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Aziza, Le Péplum, un mauvais genre, Paris, Klinckieck, coll. "50 questions", 2009, p. 126-130.
  • Hervé Dumont, L'Antiquité au cinéma. Vérités, légendes et manipulations, Paris, Nouveau monde / Lausanne, Cinémathèque suisse, 2009.
  • Florent Fourcart, Le Péplum italien (1946–1966) : Grandeur et décadence d'une antiquité populaire, CinExploitation, 2012.
  • (it) Vittorio Martinelli et Mario Quarngnolo, Maciste & Co. I giganti buoni del muto italiano, éd. Cinepopolare, La Cineteca del Friuli, 1981.

Voir aussi[modifier | modifier le code]