Théorème (film)
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Théorème (Teorema) est un film italien de Pier Paolo Pasolini. Vive critique de la bourgeoisie italienne, ce film fit scandale à sa sortie en 1968.
Théorème
| Titre original | Teorema |
|---|---|
| Réalisation | Pier Paolo Pasolini |
| Scénario | Pier Paolo Pasolini (roman) |
| Acteurs principaux | |
| Pays d’origine | |
| Sortie | 1968 |
| Durée | 98 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Annoncé par un messager, un personnage mystérieux d'une étrange beauté s'immisce dans une riche famille milanaise et entretient des rapports sexuels avec chaque membre de la famille, changeant radicalement la vie de chacun.
Le film présenté par Pasolini [modifier]
« Dans une famille bourgeoise, arrive un personnage mystérieux qui est l'amour divin. C'est l'intrusion du métaphysique, de l'authentique, qui vient détruire, bouleverser une vie, qui est entièrement inauthentique, même si elle peut faire pitié, si elle peut même avoir des instants d'authenticité dans les sentiments, par exemple, dans ses aspects physiques aussi. »[1] Puis, un nouveau télégramme annonce le départ de cet étrange visiteur. « Et chacun, dans l'attente, dans le souvenir, comme apôtre d'un Christ non crucifié mais perdu, a son destin. C'est un théorème et chaque destin est son corollaire. »[2]
Fiche technique [modifier]
- Titre du film : Théorème (Teorema)
- Réalisation, sujet et scénario : : Pier Paolo Pasolini d'après son récit homonyme, publié en 1968 pour Garzanti (Milan) et traduit en français par José Guidi pour Gallimard en 1978.
- Photographie : Giuseppe Ruzzolini - Noir et blanc(Introduction)/Couleur
- Décors : Luciano Puccini
- Costumes : Marcella De Marchis (Roberto Capucci pour Silvana Mangano)
- Son : Dino Fronzetti
- Musique : Ennio Morricone
- Production : Franco Rossellini et Manolo Bolognini pour Aetos Film
- Directeur de production : Paolo Frascà
- Durée : 98 minutes
- Pays d'origine :
Italie - Dates de sortie : 4 septembre 1968 au Festival de Venise ; 25 janvier 1969 en France
Distribution [modifier]
- Terence Stamp : le Visiteur
- Silvana Mangano : Lucia, la mère
- Massimo Girotti : Paolo, le père
- Laura Betti : la servante
- Ninetto Davoli : Angelino, le Messager
- Anne Wiazemsky : Odetta, la fille
- Andrés José Cruz : Pietro, le fils
- Carlo De Mejo : un amant occasionnel de Lucia
Critique [modifier]
Ce film contient une part de mysticisme rarement atteinte dans l'histoire du cinéma. Pasolini sublime ici la dimension matérialiste du « Vivant », son aspect à la fois spirituel mais surtout charnel. En athée convaincu, Pasolini analyse le phénomène (intemporel ?) de la foi. La foi selon Pasolini se manifeste avant tout par une transcendance ressentie du plus profond de l'être jusqu'à son propre corps (ici clairement évoquée par l'acte charnel). La foi transcende, bouleverse. La peinture du Christ est d'autant plus saisissante que celui-ci se manifeste presque uniquement à travers l'acte sexuel (le personnage incarné par Terence Stamp recourt rarement à la Parole...).
Si la foi se manifeste ici par le « scandale » (décrié par le Vatican), elle est en plein accord avec la pensée pasolinienne (« Je ne vis que par et pour le scandale », disait-il).
Le film se présente comme une interprétation audacieuse et réussie de la phrase biblique : « Et le Verbe s'est fait chair. » Cette œuvre est avant tout un poème.
Récompenses [modifier]
Ce film a obtenu le grand prix de l'Office catholique international du cinéma (OCIC) et Laura Betti a reçu le Prix d'interprétation féminine au Festival de Venise en septembre 1968. Ce qui a causé une certaine perplexité dans le public catholique à cette époque d'importants changements des mentalités. Le jury de l'OCIC était, à ce moment-là, présidé par un jésuite canadien Marc Gervais, admirateur de l'œuvre de Pasolini. Six mois plus tard, désavouant son jury, l'Office catholique regretta officiellement l'attribution du prix à Théorème.
La réception du film [modifier]
- La sortie en salles fut plutôt accueillie favorablement mais un avocat romain en demandera la saisie pour obscénité. Un procès se tint à Venise à la fin du mois de novembre 1968. Pasolini assura sa propre défense et déclara en substance : « Mon film, comme toutes les scènes qui le composent, est un film symbolique. »[3] Quant au tribunal romain, il réfuta les assertions de l'accusation et leva le séquestre du film. « Le bouleversement que m'a causé Théorème - déclara le président du tribunal - n'est nullement sexuel, il est essentiellement idéologique et mystique. Comme il s'agit essentiellement d'une œuvre d'art, elle ne peut pas être obscène. »[4]
Références [modifier]
- in : Jeune Cinéma, n°33, octobre 1968.
- cité par Jean A. Gili : op. cité.
- in L'Avant-scène cinéma, n° 97, novembre 1969.
- cité par Jean A. Gili in : Le cinéma italien, Éditions de La Martinière, Paris, 2011.