Nos meilleures années (film)

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Nos meilleures années (titre original : La meglio gioventù) est un film italien réalisé par Marco Tullio Giordana, sorti en 2003.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1966, deux frères, Nicola et Matteo Carati, révisent pour leurs examens de fin d’études. Nicola qui se destine à la médecine, a tout d’un homme qui s'épanouit, au caractère bienveillant. Matteo, de son côté, devrait selon toute vraisemblance obtenir haut la main son diplôme de littérature ; il est au contraire d’une nature plus ténébreuse et introvertie. Dans le cadre d’un programme d’accompagnement, il fait la connaissance d’une jeune fille aliénée mentale nommée Giorgia. Cette rencontre va durablement bouleverser la vie des deux frères.

« Ce noyau de personnages permettra de faire revivre des événements et des lieux qui ont joué un rôle crucial dans l'histoire de l'Italie. Sans le vouloir, ils poursuivront leur passion en croisant l'Histoire, ils grandiront, se blesseront… comme tout le monde. (ce film)… est la fresque d'une génération qui — avec ses contradictions, sa fougue tantôt ingénue, tantôt violente, avec sa rage parfois déplacée — a essayé de ne pas se résigner au monde tel qu'il est, mais de le rendre un peu meilleur[1]. »

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons et musiques choisies pour la bande originale du film :

  • The Animals :The House of Rising Sun
  • Fausto Leali et son tube de la fin des années soixante : A chi ?
  • Astor Piazzola, l'Argentin, l'Italien du bout du monde, Oblivion ainsi que Remembrance portent les moments douloureux du film
  • Cesária Évora : Sodade et Fruto Proibido
  • Georges Delerue : Le thème « Catherine et Jim » du film Jules et Jim
  • Amado mio déformé en Anatomia par les personnages Carlo et Vitale
  • Mina : Ora o mai più
  • Allegro Maestoso de la sonate pour piano no 8 de Mozart

Analyse[modifier | modifier le code]

Le film présente de nombreux archétypes et figures emblématiques, autant de stéréotypes, de figures conventionnelles de la société italienne, destinées à fondre l'ensemble de l'œuvre dans son temps et son lieu :

  • la famille (italienne), les réunions familiales pendant les grandes occasions, mariage, décès, etc. ;
  • les rapports particuliers tragiques ou dramatiques entre deux éléments humains dans une même famille : mère-fils, mari-femme, la fratrie, deux frères entre eux, père-fille ;
  • les rapports particuliers entre deux éléments humains hors de la famille : voyage de l'étudiant seul à l'étranger, la rencontre, la séparation, le mariage avec la sœur du copain d'enfance ;
  • le suivi des relations amicales dans et hors famille : les rencontres rituelles, les retrouvailles à travers tous les événements de la vie courante ou ceux exceptionnels ;
  • toute l'Italie y est représentée par ses grandes capitales régionales : Rome, Florence, Turin, Milan, Naples, Palerme ;
  • les villes mais aussi les campagnes, en Sicile et en Toscane (le val d'Orcia) ;
  • les événements importants qui ont marqué l'Italie : les inondations de Florence en 1966, les manifestations étudiantes et ouvrières, les Brigades rouges, la Mafia ;
  • Les habitudes culturelles de tous les Italiens : le football et ses rencontres internationales, les chants ;
  • les troubles sociaux et politiques dus aux événements de l'année 1968, identiques dans de nombreux pays occidentaux ;
  • les profils socioculturels : le petit entrepreneur, la classe ouvrière, les étudiants, la banque, les anarchistes, les communistes, les policiers, les intellectuels, l'artiste ;
  • le renouveau dans les traitements de la médecine psychiatrique et le suivi pendant des années d'un malade mental ;
  • l'autisme d'un personnage, malade mental qui peut représenter la passivité de la société italienne dans son ensemble pendant les années de plomb et la présence de la démocratie chrétienne à la tête du gouvernement italien ;
  • les différences d'opinion politique entre les protagonistes : entre amis, dans la famille - entre mari et femme, entre frères, entre enfants et parents ;
  • Certains critiques ont fait remarquer, à juste titre, que le film présente le terrorisme (l'engagement politique) systématiquement sous un jour défavorable et l'attachement à la famille (la sphère privée) comme l'unique clé du bonheur. La dernière partie du film exprime d'ailleurs le désaveu de la jeune génération à l'égard des actions politiques des aînés.
  • le pardon (des nouvelles générations envers les fautes des précédentes)
  • le personnage disparu, aimé de deux protagonistes précis réunis par son souvenir, son image fantomatique les observant
  • la fin heureuse du film, le happy end avec la plupart des protagonistes, dans la campagne toscane, dans une maison ancienne rénovée richement ;
  • le recours dans la bande sonore à toutes les chansons et musiques ayant marqué cette époque (le titre même du film s'il est connu récemment pour être le titre d'un recueil de poèmes en frioulan de Pier Paolo Pasolini, référence constante du réalisateur dans ses commentaires, est aussi le titre d'une ancienne chanson des chasseurs alpins italiens).

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Es ist ein gigantischer Wurf, […], den Giordana hier […] hingelegt hat. […] Dabei glänzlich undogmatisch […], überaus unterhaltsam, spannend und dicht erzählt., Die Welt[2],[3] (« C'est un projet gigantesque, que Giordana a couché ici. […] Raconté de manière à la fois brillamment non dogmatique, extrêmement divertissante, captivante et dense. »)
  • Es sagt sich so leicht, man habe im Kino nicht bloß einen Film gesehen, sondern eine Erfahrung gemacht. Diesmal ist es wahr., FAZ[4],[3] (« On dit de manière si légère, qu'on n'a au cinéma pas simplement vu un film, mais fait une expérience. Cette fois-ci, c'est vrai. »)
  • Die unerträgliche Leichtigkeit des Seins im ersten Teil schwächt im zweiten ein sentimentaler Zwang zum Happy End. Einen starken, fast betäubenden Eindruck hinterlässt der Film aber allemal., playerweb.de (« L'insoutenable légèreté de l'être, dans la première partie, est affaiblie par une pression sentimentale au happy end dans la deuxième. Le film laisse toutefois une impression forte, presque assourdissante. »)
  • Bob Mondello, critique de cinéma de la NPR a qualifié en 2006 ce film comme un des meilleurs de 2005 (la diffusion du film aux États-Unis n'a commencé qu'en 2005) : « L'Italie a produit ce qui est vraiment le regard le plus épique de l'année sur la perte de l'innocence. Nos meilleures années passe six longues et glorieuses heures à suivre deux frères italiens à travers 40 ans d'histoire européenne. Cette durée l'a sans doute empêché de faire beaucoup d'entrées. Mais faites-moi confiance : louez Nos meilleures années et lorsque la fin du film approchera, je vous garantis que ce sera le film de l'année que vous auriez regretté de ne pas avoir vu. » (traduction libre de (en) Italy produced what is definitely the year's most epic look at the loss of innocence. The Best of Youth spends six glorious hours following two Italian brothers through some 40 years of European history. The six-hour movie proved way too hard a sell at the box office. But trust me on this: Rent The Best of Youth, and as the ending approaches, I promise it'll be the one film this year you'll be sorry to let go).
  • La durée en France est de 358 minutes, mais la durée totale du film non coupé est d'exactement 400 minutes. Il a été diffusé avec différentes durées selon les pays — au Canada 366 min (Festival des films du monde de Montréal) ou 383 min (Festival international du film de Toronto) — en Italie, 336 min pour la diffusion en salles — aux États-Unis, 366 min (salles).
  • Sortie en DVD commercial, il comporte 2 disques pour l'histoire entière qui avait été projetée en salle en 2 films différents, accompagné d'un troisième en bonus contenant biographies, filmographies et entretiens du réalisateur et du scénariste, enregistrés à la Maison du Cinéma de Lyon, l'Institut Lumière dirigé par Bertrand Tavernier.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La meglio gioventù, un film di Marco Tullio Giordana by Sandro Petraglia & Stefano Rulli, Rai Radiotelevisione Italiana, 2004 (ISBN 88-397-1269-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]