Alida Valli

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Alida Valli

Nom de naissance Alida Maria Laura Altenburger, Baronne von Marckenstein und Frauenberg
Naissance 31 mai 1921
Pula, Istrie, Italie (aujourd'hui Croatie)
Nationalité Drapeau d'Italie Italienne
Décès 22 avril 2006 (à 84 ans)
Rome, Italie
Profession actrice
Films notables Le Troisième Homme
Senso
Les Yeux sans visage
Œdipe roi
La Stratégie de l'araignée
1900
Suspiria
Inferno
Site internet http://www.alidavalli.net/

Alida Maria Laura von Altenburger, connue sous le nom d'Alida Valli, est une actrice italienne née le 31 mai 1921 à Pola, en Istrie[1], et morte le 22 avril 2006 à Rome.

Elle était la fille d'un journaliste autrichien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle fait ses débuts comme actrice à quinze ans au Centro sperimentale di Cinematografia (Centre expérimental du cinéma) de Rome en 1936 dans Les Deux sergents. Mais son premier rôle lui est offert par Mario Bonnard dans Le Féroce Saladin en 1937. C'est d'ailleurs ce réalisateur qui a choisi son nom d'artiste. Elle signa ensuite un contrat à long terme avec Italciné. Merveilleusement belle et douée, elle devient l'étoile montante du cinéma italien, « la plus aimée des italiens » et « la fiancée de l'Italie ». Le début de sa carrière se déroule devant les caméras des grands réalisateurs italiens de l'époque, Mario Camerini et Goffredo Alessandrini, bien sûr (période des Téléphones blancs oblige), mais aussi Mario Bonnard, Max Neufeld, Mario Mattoli, Carmine Gallone et Mario Soldati. C'est ce dernier qui va lui permettre de devenir une vedette en Italie, en 1942, avec Le Mariage de minuit (Piccolo mondo antico), où elle fera montre d'une qualité de jeu dramatique peu ordinaire, qui lui vaudra un prix à la Mostra de Venise.

Après Le Mariage de minuit, où elle joue d'une manière bouleversante, Darryl F. Zanuck lui propose Hollywood. Mais elle sent que l'Italie glisse dans la guerre et veut d'autant moins quitter son pays, ses amis, sa mère. Dans le film monumental Noi vivi ou Addio Kira, une critique sociale de la dictature, elle interprète le premier rôle de telle façon que la critique la compare à Garbo — ce film fut interdit cinq mois après sa sortie, en 1942, par Mussolini. La Valli a rompu les contacts avec ses producteurs et s'est cachée chez des amies à Rome, chez Leonor Fini et Luciana d'Avack.

En 1944, elle épouse le musicien de jazz triestien, Oscar de Mejo (dont la musique est mal vue par le régime), échappant ainsi à l'enrôlement d'office dans le cinéma de propagande fasciste. C'est en 1947 qu'elle va tenter sa deuxième chance aux États-Unis où elle ne jouera que dans quatre films dont Le Procès Paradine de Hitchcock, et Le Troisième Homme de Carol Reed. Dans Le Troisième homme (1949), elle apparaît comme « l'incarnation de l'Europe martyrisée par la guerre » (Frédéric Mitterrand)[réf. nécessaire].

Peu satisfaite du système hollywoodien et séparée de son mari Oscar de Mejo, un an après avoir donné naissance à un second fils à Los Angeles, Lorenzo "Larry", Alida Valli retourne seule en Italie, sa mère patrie, avec ses deux fils, Carlo De Mejo, Lorenzo De Mejo, en 1953, et elle s'installe définitivement à Rome. En 1951 elle va travailler avec des réalisateurs italiens ou français. Les réalisateurs italiens seront Mario Soldati à nouveau, Gianni Franciolini et, surtout, les deux « grands » que sont Luchino Visconti, qui lui confie le rôle principal de Senso, en 1954, et Michelangelo Antonioni qui la fait jouer dans Le Cri, en 1957. Les réalisateurs français seront entre autres Yves Allégret, Henri Decoin, Roger Vadim, René Clément, Yves Robert, Georges Franju, Jacques Deray, Claude Chabrol. En 1960, elle incarne la prieure dans les Dialogues des Carmélites de Philippe Agostini, d'après la pièce de Georges Bernanos.

En 1957, elle aura témoigné en faveur du principal accusé de l'affaire Wilma Montesi.

Après 1963, elle se fera plus rare sur les écrans, à raison d'un film par an, parfois moins. Il faut noter cependant ses rôles importants dans Œdipe roi (Edipo re) de Pier Paolo Pasolini, en 1967, dans La Stratégie de l'araignée (La Strategia del ragno) de Bernardo Bertolucci, en 1970, dans L'Antéchrist (L'Anticristo) d'Alberto de Martino, en 1974, et dans 1900 de Bernardo Bertolucci, en 1976.

Au milieu des années 1950, elle commence une carrière théâtrale dans (entre autres) des œuvres d'Ibsen, Tchekhov, Shakespeare, O'Neill, Pirandello, D'Annunzio, Sartre, Williams, Miller et Marlowe, en Italie, en France et aux États-Unis. Elle travaille pendant deux ans en Amérique du Sud et au Mexique où elle tourne plusieurs séries de téléfilms (telenovelas), et elle participe au fameux Manolo Fabregas Show. À la télévision italienne, elle conduit son propre show 'Music Rama', avec des chansons de films. Un grand succès fut le téléfilm La Stratégie de l'araignée (1970) de Bernardo Bertolucci.

Son dernier film, Semana Santa, fut tourné en 2001 à Séville, en Espagne.

Elle a tourné 100 films pour le cinéma, participé à plus de 30 productions de TV (show et téléfilms, sans compter les feuilletons), et à plus de 30 productions de théâtre comptant plusieurs centaines de représentations.

Au cours de sa carrière, elle obtint quelques prix ; parmi les plus importants se trouvent le 'Lion d'or pour la carrière', au festival de cinéma à Venise ; la 'Laurea ad Honorem' del 'Terza Università' de Rome ; le 'Chevalier des Arts et des Lettres' de la France, le 'Prix international Lumière' et, en dernier lieu, le prix 'Vittorio de Sica 2001' du Président de la République Italienne, le prix 'Bacchelli' pour sa carrière au cinéma et au théâtre par le Conseil des ministres de la République Italienne.

Alida Valli est morte le 22 avril 2006 à Rome. Elle est inhumée au cimetière communal monumental de Campo Verano de Rome.

Filmographie[modifier | modifier le code]

de 1936 à 1968[modifier | modifier le code]

de 1970 à 2002[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La ville de sa naissance, Pula, a été reprise à l'Italie en 1945 et Alida Valli s'est toujours considérée italienne. Elle a même refusé la citoyenneté honoraire croate qui lui a récemment été offerte en disant : « Vi ringrazio molto ma faccio parte di un'altra etnia, sono italiana. » ( « Je vous remercie beaucoup mais je suis d'une autre origine ethnique : je suis italienne. »)

Sources[modifier | modifier le code]

alidavalli.net

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette région était italienne à l'époque de sa naissance ; elle fait aujourd'hui partie de la Croatie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]