Cinéma espagnol

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Clap espagnol

Le cinéma espagnol a été composé tout au long de son histoire par de grandes figures emblématiques. Luis Buñuel et Pedro Almodóvar sont les réalisateurs espagnols les plus influents en Europe et en Amérique latine; nous pouvons également citer Segundo de Chomón, Florián Rey, Juan Antonio Bardem, Luis García Berlanga, Carlos Saura, Jesús Franco, Antonio Isasi-Isasmendi, Mario Camus, José Luis Garci, et Alejandro Amenábar.

Le cinéma espagnol est également composé d'autres artistes qui ont néanmoins connu une répercussion internationale moins importante. Seuls Gil Parrondo (directeur artistique) et Néstor Almendros (directeur d'images) ont reçu un Oscar à Hollywood. En Espagne, plusieurs acteurs ont connu une certaine renommée : Fernando Rey, Francisco Rabal, Fernando Fernán Gómez, Antonio Banderas, Sergi López, Javier Bardem y Sara Montiel, Ángela Molina, Victoria Abril, Carmen Maura, Maribel Verdú et surtout Penélope Cruz pour ses interventions en dehors du pays.

Actuellement, le pourcentage du box-office du cinéma espagnol se maintient depuis quelques années entre 10% et 20%, ce qui se traduit par un sentiment de crise qui s'étend ces derniers temps.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le cinéma muet (1896-1930)[modifier | modifier le code]

Fructuós Gelabert est connu comme le père du cinéma espagnol. Il a réalisé de nombreux films documentaires et a tourné à partir de 1897 les premières fictions espagnoles. Cependant, le cinéaste qui perce vraiment à cette époque est Buñuel, à qui on doit El perro andaluz (1929) qu'il produit grâce à sa mère ainsi qu'à l'aide de Dali. Ce court-métrage reçoit un véritable succès et reste l'un des films espagnols les plus pertinents parce que Buñuel et Dali ne cherchent pas à montrer le beau, le plaisant, ainsi que de laisser le spectateur s'identifier aux protagonistes mais tentent plutôt de mettre en avant le dérangeant à travers des scènes censées représentées les désirs inavoués et inavouables de notre inconscient. e film dérange le public qui ne parvient pas à se sentir à l'aise ni à comprendre les protagonistes.

Autre réalisateur pionnier, Segundo de Chomón a contribué, à l'instar de Georges Méliès en France, à développer les trucages cinématographiques.

Les années 1910 et 1920 se caractérisent par un grand nombre d'adaptations d’œuvres littéraires espagnoles, montrant un certain folklore national.

En 1914, Barcelone est le centre de l'industrie cinématographique d'Espagne. Débute alors la prédominance des appels "españoladas" qui exagèrent le caractère espagnol qui s'est prolongé jusque dans les années 1980. Les réalisations portent sur :

  • des drames historiques comme Vida de Cristóbal Colón y su descubrimiento de América (1917) du Français Gerard Bourgeois
  • des adaptations folkloriques comme Los misterios de Barcelona (1916) de Joan Maria Codina
  • des œuvres théâtrales comme Don Juan Tenorio de Ricardo Baños
  • des opérettes espagnoles

En 1928, Ernesto Giménez Caballero y Luis Beluga fonde le premier cinéclub à Madrid. La capitale devient dès lors le premier centre industriel cinématographique. Cette même année est placée sous le signe du premier film sonore du ciné espagnol avec la réalisation de El misterio de la Puerta del Sol de Francisco Elías Riquelme.

L'année 1930 est marquée par le drame rural avec La aldea maldita réalisé par Florián Rey qui a connu un réel succès à Paris pendant que Buñuel et Dalí lancent la première projection d'Un chien andalou.

Le cinéma parlant (1930-1939)[modifier | modifier le code]

En 1931, l'arrivée de productions sonores étrangères fait plonger l'industrie du cinéma espagnol, qui se réduit à uniquement quatre titres.

L'année suivante, Manuel Casanova fonde la Compañía Industrial Film Española S.A.(CIFESA) (Compagnie Industrielle du Film Espagnol), la production la plus importante de droite. Six films ont été tournés dont la première œuvre documentaire de Luis Buñuel Las Hurdes, tierra sin pan.

17 films ont été tournés en 1937 et 21 en 1934 dont le premier succès du cinéma sonore espagnol La hermana San Sulpicio (1934) de Florián Rey.

La production de films ne cesse d'augmenter jusqu'à 24 œuvres en 1935. Pendant ces années de productions, les réalisateurs qui sont parvenus à obtenir l'approbation du public populaire comme Benito Perojo, à qui on doit El negro que tenía el alma blanca (1934) et La verbena de la Paloma (1935), le principal succès du cinéma espagnol à cette période.

Cela aurait pu être le début de la consolidation de l'industrie cinématographique espagnole, cependant le début de la guerre civile interrompt ce progrès.

Pendant la guerre et le franquisme[modifier | modifier le code]

Lors de cette période de guerre apparaît un nouveau genre cinématographique : le cinéma de propagande. En effet, avec l'arrivée de Franco au pouvoir, les cinéastes de cette époque se retrouvent dans une impasse et n'ont que trois possibilités : cesser toute production, faire des films correspondant aux demandes franquistes de l'époque ou l'auto-censure. La plupart choisissent l'auto-censure mais certains décident de se conformer aux exigences de Franco, tel que José Luis Sáenz de Heredia (qui n'a d'ailleurs jamais cessé de produire des films de ce genre) grâce à qui le film Raza voit le jour. Ce film de 1942 naît donc de José Luis Saénz de Heredia mais aussi de Franco, sous un pseudonyme. Il est l'image de ce qu'est un bon citoyen espagnol selon Franco, d'un bon peuple espagnol et donc, d'une bonne force militaire espagnole. Il véhicule également une image d'une Espagne très catholique, d'où le fait que cette époque soit qualifié par le terme de "catholicisme national". Un autre film est ensuite produit par ces deux mêmes : Espíritu de una raza. Ces deux films sont les meilleurs démonstrations du cinéma de cette époque. Vers les années 50, un nouveau genre cinématographique fait son apparition. On l'appelle el cine de la Autarquía (le cinéma de l'Autarcie en français). Ce cinéma reflète la mentalité franquiste, tel qu'on peut par exemple le constater dans le film de Juan Antonio Bardem, Calle Mayor, de 1956. Dans ce film, l'idée d'une Espagne très catholique est, une fois de plus, indéniable, mais les valeurs patriarcales transmises par chacun et chacune ne sont pas à prendre à la légère.

Le renouveau[modifier | modifier le code]

Personnalités du cinéma espagnol[modifier | modifier le code]

Réalisateurs et réalisatrices[modifier | modifier le code]

Acteurs et actrices[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Luis Enriquez Ruiz, El cine mudo español en sus películas, Ediciones Mensajero, 2004. (ISBN 8427125712)
  • (es) Palmira González López et Joaquín T. Cánovas Belchi, Catalogo del cine español. Películas de ficción, tome 2 (1921-1930), La Filmoteca Española, 1993. (ISBN 84-86877-12-1)
  • (es)Ángel Luis Hueso, Catalogo del cine español. Películas de ficción, tome 4 (1941-1950), Ediciones Cátedra et La Filmoteca Española, 1998. (ISBN 84-376-1690-5)
  • (es) Luis Gasca, Un siglo de cine español. Un catálogo completo de toda la producción cinematográfica de nuestro país, Éditorial Planeta, 1998. (ISBN 84-08-02309-8)
  • (es) Pascual Cebollada et Luis Rubio Gil, Enciclopedia del cine español : Cronología, Ediciones del Serbal, 1996. (ISBN 84-7628-165-X) (2 volumes)
  • (es) José Luis Borau, Diccionario del cine español, Alianza Éditorial, 1999. (ISBN 84-206-5257-1)
  • (es) José Luis López, Diccionario de películas españolas, Ediciones JC, 2000. (ISBN 84-89564-22-1)
  • (es) María Luisa Martínez Barnuevo, El cine de animación en España (1908-2001), Fancy Ediciones, 2003. (ISBN 8495455269)
  • (fr) Emmanuel Larraz, Le Cinéma espagnol des origines à nos jours, Paris, Cerf, 7e Art, 1986. 341p.
  • (fr) Erwann Lameignère, Le Jeune cinéma espagnol des années 90 à nos jours, Séguier, 2003, 204 p.
  • (fr) Jean-Claude Seguin, Histoire du cinéma espagnol, Paris, Armand Colin, Collection 128 Cinéma, 2005, 128 p. (ISBN 2-200-34213-6)
  • (fr) Jocelyne Aubé-Bourligueux, Gérard Cornu, Pilar Martínez-Vasseur, Antoine Resano, Cinéma, écriture et histoire dans Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodóvar, Voix Off 1, CRINI, Université de Nantes, 1997, 151 p. (ISBN 2-86939-118-8)
  • (fr) Jocelyne Aubé-Bourligueux, Gérard Cornu, Emmanuel Larraz, Pilar Martínez-Vasseur, Le sexe, le rire et la mort. Essai sur Le Bourreau de Luis García Berlanga, Voix Off 2, CRINI, Université de Nantes, 1999, 145 p. (ISBN 2-86939-145-5)
  • (fr) Jocelyne Aubé-Bourligueux et Gérard Cornu, La mémoire et l'œuvre. Deux essais sur ¡Ay Carmela! de Carlos Saura, Voix Off 3, CRINI, Université de Nantes, 2001, 99 p. (ISBN 2-86939-167-6)
  • Coord. Dolores Thion, Le cinéma espagnol des années 90, Voix Off 4, CRINI, Université de Nantes, 2003, 156 p. (ISBN 2-86939-193-5)
  • Coord. Dolores Thion, Chronique d'un desamor : le cinéma espagnol entre deux siècles, Voix Off 6, CRINI, Université de Nantes, 2004, 253 p. (ISBN 2-86939-210-9)
  • Coord. Dolores Thion, Temps, mémoire et représentation. L'avant scène du cinéma espagnol, Voix Off 7, CRINI, Université de Nantes, 2005, 141 p. (ISBN 2-9521752-4-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Listes et catégories[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]