Laura Antonelli

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Laura Antonelli

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Laura Antonelli dans Sexe fou (Sessomatto) (1973) de Dino Risi.

Nom de naissance Laura Antonaz
Naissance 28 novembre 1941 (72 ans)
Pola (Italie)
Nationalité Drapeau : Italie Italienne
Profession Actrice
Films notables Sans mobile apparent
Malicia
Les mariés de l'an II
Docteur Popaul
Il Merlo Maschio
L'Innocent.

Laura Antonelli est une actrice italienne née le 28 novembre 1941 à Pola (aujourd'hui Pula, en Croatie), ville d’Istrie, appartenant à l'époque à l'Italie, avant d'être reprise par la Yougoslavie. Son nom de naissance est Laura Antonaz.

Elle a été la compagne de Jean-Paul Belmondo de 1972 à 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alors qu’elle est encore enfant, Laura Antonelli est chassée de sa région natale d’Istrie avec sa famille lors de l’exode des Istriens à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après un périple de plusieurs années où elle passe par Venise, Milan et Gênes elle arrive avec ses parents et ses frères à Naples où elle poursuit des études supérieures au lycée scientifique Vincenzo Cuoco. En 1960, elle est, diplômé de l'ISPEF Istituto Superiore Pareggiato di Educazione Fisica (Institut supérieur Conservatoire d'Éducation Physique). Elle déménage à Rome avec sa famille, ville où elle devient, pendant une courte période, professeur d’éducation physique au Liceo artistico situé sur la Via di Ripetta.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Laura Antonelli commence sa carrière dans la série télévisée italienne populaire Carosello, un feuilleton-western et apparait dans de nombreux romans photos très en vogue à l’époque avant d’obtenir de petits rôles au cinéma dans Le sedicenni une comédie sentimentale de Luigi Petrini en 1965 ou, la même année avec Vincent Price dans L'Espion qui venait du surgelé de Mario Bava, une parodie des films de James Bond.

Son premier rôle important lui est offert en 1969, quand le réalisateur Massimo Dallamano la choisit comme actrice principale du film Vénus en fourrure, inspiré du roman de Leopold von Sacher-Masoch. Mais la censure, féroce à l'époque, bloque la sortie du film[1], qui ressortira six ans plus tard sous le titre Venere nuda.

En1965, elle épouse le producteur italien Enrico Piacentini[2]

En 1971 Laura Antonelli atteint une certaine notoriété grâce au premier rôle dans Ma femme est un violon (Il merlo maschio) avec Lando Buzzanca réalisé par Pasquale Festa Campanile. L'affiche du film, qui présente ses hanches parfaites vues de dos, avec les ouïes d'un violoncelle en surimpression, est directement inspirée d'une photo de Man Ray.

L'année suivante, elle retrouve Buzzanca dans Obsédé malgré lui de Lucio Fulci. Le film, qui sur un fond d'obsession sexuelle raille les liens entre pouvoirs politiques, religieux, militaires et mafieux, provoque un nouveau scandale. En interprétant Sœur Delicata, une religieuse dévoyée, Laura Antonelli confirme son statut de vedette de la comédie érotique à l'italienne.

La France et Jean-Paul Belmondo[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, on peut aussi voir Laura Antonelli dans quelques films français comme Sans mobile apparent de Philippe Labro, Les Mariés de l'an II de Jean-Paul Rappeneau ou Docteur Popaul de Claude Chabrol. Lors de ces tournages, elle rencontre Jean-Paul Belmondo et devient sa compagne. Elle se sépare de son mari et s’installe à Paris dans une grande maison où vit Jean-Paul avec ses trois enfants[3]. Leur liaison passionnée et orageuse s’étendra de 1972 à 1980.

Le succès de Malicia[modifier | modifier le code]

Scène du film Malicia de Salvatore Samperi

En 1973 elle incarne Angela La Barbera, la servante du film Malicia de Salvatore Samperi auprès de Turi Ferro et du jeune Alessandro Momo. Le film, qui fera plus de 6 milliards de lires de recette, deviendra un film culte pour toute une génération d’italiens ainsi que dans le monde entier. Il élèvera l'actrice au rang de sex-symbol.

Pour Malicia, elle reçoit en 1973 le « Calice d’or » (Grolla d’oro) de la meilleure actrice principale[4] attribué par les plus grands critiques de cinéma italiens, en 1974 le Ruban d'argent (Nastro d’Argento) de la meilleure actrice, décerné par le Syndicat National italien des journalistes cinématographiques et le 5 avril 1974 lui est remis à San Remo le « Globo d'oro » de la révélation de l'année par les journalistes étrangers[5].

Les portes de la gloire lui sont désormais grandes ouvertes. Son cachet passe de 4 à 100 millions de lires par film. Dès lors, elle tourne avec les plus grands de Dino Risi (Sexe fou, 1973 et Les Derniers Monstres, 1982) à Ettore Scola (Passion d'amour, 1981) en passant par Luigi Comencini (Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ?, 1974) et Mauro Bolognini (Black Journal, 1977). Elle tient le rôle de Giuliana dans L'Innocent de Luchino Visconti avec Giancarlo Giannini pour partenaire.

Elle joue aussi dans deux comédies tirées des pièces de Molière Il malato immaginario et L'avaro, réalisées par Tonino Cervi avec Alberto Sordi.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Après cet apogée cinématographique, sa carrière marque le pas. Elle est absente des écrans pendant trois ans avant de faire son retour en 1985 avec Tranches de vie de François Leterrier, son quatrième et dernier film « français » et avec L'Enchainé de Giuseppe Patroni Griffi. L'année suivante, Mauro Bolognini en fait son interprète principale de La Vénitienne, donnant à l'actrice l'occasion de tenir son dernier grand rôle dramatique.
Laura Antonelli se voit ensuite confier des rôles comiques : Grandi magazzini en 1986, Roba da ricchi ou Rimini Rimini en 1987.

À la fin des années 1980, elle apparait sur le petit écran dans deux mini-séries télévisées à succès : Gli indifferenti (Les Indifférent) en 1988 et Disperatamente Giulia (Julia désespérément) en 1989, réalisées respectivement par Mauro Bolognini et Enrico Maria Salerno.

Démêlés judiciaires et drame personnel[modifier | modifier le code]

La trajectoire de Laura Antonelli décline brutalement dans la nuit du 27 avril 1991, lorsque sont retrouvés, dans sa villa de Cerveteri, 36 grammes de cocaïne après une perquisition. L'actrice est arrêtée puis assignée à résidence. Elle est condamnée en première instance à 3 ans et 6 mois de prison pour trafic de drogue. En 2000, après neuf années de procédures, la Cour d'appel de Rome retient la détention pour consommation personnelle mais pas de trafic de drogue. Laura Antonelli est acquittée des accusations portées contre elle.

Le désir de revoir Laura Antonelli sur grand écran au-delà de ses mésaventures judiciaires est si fort qu’il aboutit à la production en 1991 de Malicia 2000, la suite du film qui la rendit mondialement célèbre presque vingt ans plus tôt. Le film est à nouveau dirigé par Salvatore Samperi et produit par Silvio Clementelli. Mais la magie n’opère plus et le film se révèle être un bide au box-office (entrées). Les répercussions de cet échec, ainsi que l’imbroglio juridique en cours poussent l'actrice à abandonner sa carrière.

En outre, lors de la préparation de Malicia 2000, Laura Antonelli se soumet aux soins d'un chirurgien esthétique qui pratique une injection de collagène sur le visage pour cacher quelques rides mais l'effet, inattendu et dramatique, lui cause une violente allergie qui lui laisse des séquelles plus ou moins irréversibles.

Un procès civil oppose l'actrice et le chirurgien. Après treize ans de procédures, la Cour de Rome rejette sa demande de dommages et intérêts et juge que les troubles dermatologiques subis par Laura Antonelli ne sont pas dus à l’injection des substances, mais à une réaction allergique appelée œdème de Quincke. Par conséquent, les charges sont levées à l’encontre du chirurgien, ainsi que sur le producteur et le réalisateur poursuivis eux aussi pour l’avoir forcée à suivre le traitement.

La lenteur excessive de la justice a provoqué un état de souffrance psychique profonde pour Laura Antonelli qui est admise à l’asile de Civitavecchia, ce qui pousse ses avocats à poursuivre le Ministère de la Justice et à exiger une juste réparation par l’État italien pour le préjudice subi. La procédure judiciaire épuisante se termine enfin : la Cour d'appel de Pérouse, par décret du 23 mai 2006, reconnaît un dédommagement de 108 000 euros correspondant aux dommages sur sa santé et sur son image.

Vivre, après[modifier | modifier le code]

En mai 2003, le journaliste Pine Corrias du Corriere della Sera n’a pu obtenir le rendez-vous souhaité. Voulant au moins parler au téléphone à Laura Antonelli, il s’entend répondre par l’actrice : « Laura Antonelli n’existe plus »[6].

En juin 2010, l'ancienne actrice vit retirée du monde à Ladispoli, à une quarantaine de kilomètres de Rome[7].

En mars 2012, elle accorde un de ses très rares entretiens au journal local L'Ortica, qu'elle lit depuis longtemps et qui « n'a jamais écrit des choses méchantes sur moi », dans lequel elle dit aller mieux après des années de souffrance au cours desquelles certains de « ceux qu'elle croyait du bon côté » avaient, en fait, abusé d'elle et de son argent. Limitée par la justice dans ses prérogatives, encore aujourd'hui, elle se sent un peu « prisonnière » mais heureuse tout de même. Elle s'estime en bonne santé « comme une femme de son âge », dit ne pas avoir besoin d'argent et apprécie énormément le soutien dont elle bénéficie auprès de la communauté religieuse de Ladispoli, la discrétion de ses concitoyens et la ferveur de ses fans regroupés sur le site web « divinacreatura.com »[8].

En février 2013, Simone Cristicchi, sort un album intitulé Album di famiglia dans lequel il dédie la chanson Laura à son intention[9].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions notables[modifier | modifier le code]

Source de traduction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]