John Waters (réalisateur)

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John Waters

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John Waters

Naissance (67 ans)
Baltimore, Maryland, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Profession Réalisateur, acteur, professeur de cinéma
Films notables Pink Flamingos,
Polyester,
Hairspray,
Cry-Baby,
Serial Mother,
Pecker

John Waters, né le à Baltimore (Maryland, É.-U.), est un réalisateur et acteur américain et également professeur de cinéma.

Comique et bizarre, à la limite de l'outrance, John Waters aborde sa matière de création sans retenue.[réf. nécessaire]

Biographie[modifier | modifier le code]

Il grandit à Lutherville (dans la banlieue de Baltimore), rentre dans une école catholique dont il ressort plus provocateur que jamais. Sa tante lui offre sa première caméra à l’âge de 16 ans. Parce qu’elles l’ennuient, il abandonne ses études de cinéma à l’université NYU. Il réalise deux films en 8 mm : Hag in a Black Leather Jacket et Roman Candles (1964) ; ses influences sont Jean-Luc Godard, Walt Disney, Andy Warhol, Russ Meyer, Kenneth Anger, Ingmar Bergman et Herschell Gordon Lewis.

Tous les films de Waters se passent à Baltimore, où il fait jouer des acteurs aussi différents que Divine, David Lochary, Mary Vivian Pearce, Mink Stole et Edith Massey. Il a aussi noué des liens avec des personnes telles que le décorateur Vincent Eriano, le créateur de costumes Van Smith et le directeur de casting Pat Moran ; tous l’aideront à donner à ses films le « Waters Look ».

Signature autographe de
John Waters

Au début des années 1970, Waters signe ses deux pamphlets les plus violents : Pink Flamingos, pour lequel il devra payer une amende pour obscénité, et Female Trouble dans lequel le travesti Divine réussit la performance de se violer lui-même ! Mais son œuvre commence à être reconnue, au point que le Musée d’Art Moderne inclut Pink Flamingos dans sa collection permanente ! Considéré comme un cinéaste culte, grand représentant du film underground (film expérimental, indépendant, produit sans l’aide des grands studios), Waters se fait connaître internationalement avec Polyester, le premier film en « odorama » (un sticker avec des pastilles à gratter était remis à l’entrée de la salle). Hairspray marque un tournant dans une filmographie se tournant vers un public plus large mais gardant un esprit indubitablement caustique.

En 1988, la disparition de son acteur-fétiche Divine afflige Waters. Vient ensuite Cry Baby dans lequel il révèle le talent de Johnny Depp. Mais c’est en 1994 que le réalisateur entre dans la fameuse « A-list » (film produit par une major) avec Serial Mom dans lequel Kathleen Turner tue à tour de bras, comédie noire qui sera présentée hors compétition à Cannes. Entre ce film et Pecker, Waters a introduit son cinéma dans l’art contemporain en accolant des images extraites de ses films et saisies sur un écran de télévision – comme un « story-board photographique ». Il a également rénové la copie de Pink Flamingos pour son 25ème anniversaire, ajoutant certaines scènes coupées au montage et présentant le film « neuf » au Festival du Film Américain de Deauville. Parallèlement à sa carrière cinématographique, John Waters a écrit plusieurs livres.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Sujets[modifier | modifier le code]

Cinéaste atypique, cassant les genres par un cinéma résolument « trash », ses premiers films du genre sont Pink Flamingos, Female Trouble, et Desperate Living. Des films en totale rupture avec les conventions et le bon goût, comme en témoigne une scène culte de Pink Flamingos dans laquelle Divine, acteur fétiche de John Waters, mange des excréments de chien.

John Waters fait souvent place aux femmes fortes dans ses films. Nombreuses sont ses héroïnes aux formes généreuses. Divine dans la plupart de ses films, mais aussi Ricki Lake dans Hairspray, où elle vampe les hommes et remporte un concours de danse devant toutes les autres candidates minces.

À partir de Hairspray, on notera un assagissement, du point de vue « trash », même si ses films auront toujours cette touche anti-conventionnelle qui caractérise John Waters. Que ce soit dans le choix des acteurs, aux physiques en totale opposition avec les acteurs américains conventionnels, que ce soit par l'humour qui caractérise ses œuvres, humour bien souvent noir ou décalé, voire de mauvais goût. Mais également au niveau des scénarios, qui nous emmènent dans des situations complément ahurissantes : ses films, même moins provocants qu’à ses débuts, seront toujours caractérisés par une vraie rupture avec le cinéma américain conventionnel.

À la différence de ses premiers films caractérisés par son mauvais goût, il utilisera une image plus « douce », plus « propre » dans les années 1980/90 mais son discours sera d'autant plus virulent et la perversion d'autant plus efficace : utiliser les conventions d'un teen movie (Hairspray) ou d'un soap opéra (Polyester) pour mieux les détourner est une des meilleures réussites du style Waters.

La ville de Baltimore selon John Waters[modifier | modifier le code]

Tous les films de John Waters se passent à Baltimore, ville où il est né. Il accorde un attachement particulier à cette ville et sa population. « À Baltimore aujourd'hui — le maire va me reprocher de ne pas faire un portrait flatteur — toutes les classes moyennes sont parties. Il ne reste que des pauvres, Blancs et Noirs, et des riches. Les bars sont sympas mais mieux vaut éviter de traîner dans la rue. À Baltimore, les gens ont beaucoup d'humour. Ils se croient normaux, mais ils sont complètement barrés. Ils refusent de quitter la ville et ne comprennent pas ceux qui le font. Mais ce qui les fait rire, c'est en général ce qui choque n'importe qui d'autre. Les gens sont tous obèses, c'est la capitale de la mayonnaise. On a de chouettes fripperies, de chouettes bars. On excelle dans tout ce qui est minable. Le chic, un peu moins. Le seul truc chic de Baltimore, ce sont des éleveurs de purs-sangs dans leurs superbes cottages. J'ai grandi à Baltimore en vouant un culte à tout ce que la ville tentait de cacher. Dans mes films, je disais du bien de ce que les gens détestaient »[1].

Influences cinématographiques et littéraires[modifier | modifier le code]

John Waters a avoué avoir été marqué par des films comme Fuego d'Armando Bo, ou par « des films cochons qui se passent dans des prisons pour femmes ».

« Jean Genet m'a aussi beaucoup influencé. La beauté du crime, c'est tout le propos du film Polyester. Le fait de croire à ça, c'est venu de Genet, un type avec assez de style et de génie pour dépeindre l'envers du décor. Genet m'a sauvé la vie, j'ai adoré tous ses livres. Ils me dispensaient de me farcir tous ceux que je n'aimais pas. Cela m'a donné la certitude que je pouvais continuer sur cette voie ».

John Waters apprécie les films français. « J'ai grandi avec eux et j'en regarde encore ». Il a déclaré préférer « les films d'art et d'essai aux films hollywoodiens qui pratiquent le terrorisme. Dans tous les pays du monde, ils flinguent le cinéma ».

Au sujet des films de Blaxploitation : « j'ai essayé de mélanger leurs idées avec celles des films d'art qui étaient les seuls à briser les tabous avec leur contenu sexuel. C'est en mélangeant tous ces genres que j'ai trouvé le style de mes films. J'ai voulu réinventer ce que je voyais ».

Divine, actrice fétiche de John Waters[modifier | modifier le code]

Divine reste l'actrice fétiche de John Waters. Dans ses premiers films, Divine n'avait jamais le premier rôle. Elle a joué Jackie Kennedy dans son film Eat Your Makeup. Divine s'est imposée dans des rôles plus importants, au fur et à mesure...

Divine (Glen) et John se sont connus en 1963 par une amie commune. Les parents de Divine ont emménagé dans le quartier de John Waters. Glen était fils unique. Selon les dires de John Waters, « c'était un tocard au lycée. À 16 ans il ne sortait toujours pas. Il se faisait toujours taper dessus. Je me suis servi plus tard de la colère qu'il y avait en lui pour faire naître cette beauté insolite qu'il est devenu. En temps normal, il ne se travestissait pas. Il n'était Divine que dans mes films, ou pour sa carrière musicale. Il ne se baladait pas comme ça. On s'entendait très bien car il était parfait pour devenir le porte-parole de ce que j'avais à dire. J'ai mis sa colère à profit pour créer cette chose monstrueuse. Il était ma créature en quelque sorte, grâce à qui je pouvais tirer sur les hétéros comme sur les homos. Les drag-queens détestaient Divine. Elles voulaient toutes ressembler à des reines de beauté ou à de vraies femmes. Divine débarquait avec de fausses cicatrices, ses 150 kg engoncés dans une minijupe et une tronçonneuse à la main ! Elle se payait leur tête. Divine savait comme moi qu'elle était devenue un monstre. Plus tard, elle a commencé à jouer une vraie femme dans mes films, une mère de famille obèse et alcoolique (Polyester) ou une ouvrière repasseuse de linges (Hairspray), une pauvre ménagère avec ses bigoudis sur la tête. C'est là que c'est devenu génial. Divine maltraitait et dénaturait totalement son image ».

Citations[modifier | modifier le code]

Source : The Baltimore illustrated Gossip, 25 mai 1994 (plaquette de présentation du film Serial mother)

« J'ai toujours trouvé passionnant qu'un sujet tragique — ou considéré comme tel en général — acquière un potentiel comique, comme par enchantement, lors de son passage à l'écran. »
« J'ai toujours été fasciné par la vie secrète des gens, je pense que chacun d'entre nous a une vie secrète. Je pense que la société continue à fonctionner grâce à nos plus mauvais côtés. »

Ses collaborateurs et partenaires[modifier | modifier le code]

Derrière la caméra

Au fur et à mesure de sa carrière, John Waters s'est entouré d'une équipe de collaborateurs qu'il retrouve à chaque nouveau film (les Dreamlanders).

Devant la caméra

Pour les acteurs, John Waters a également ses « habitués ».

Acteur Mondo Trasho
(1969)
Multiple Maniacs
(1970)
Pink Flamingos
(1972)
Female Trouble
(1974)
Desperate Living
(1977)
Polyester
(1981)
Hairspray
(1988)
Cry-Baby
(1990)
Serial Mother
(1994)
Pecker
(1999)
Cecil B. DeMented
(2000)
A Dirty Shame
(2004)
Divine Fait Fait Fait Fait Fait Fait
Mink Stole Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait
David Lochary Fait Fait Fait Fait
Mary Vivian Pearce Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait
Susan Lowe Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait Fait
Edith Massey Fait Fait Fait Fait Fait
Cookie Mueller Fait Fait Fait Fait
Channing Wilroy Fait Fait Fait Fait Fait Fait
Ricki Lake Fait Fait Fait Fait
Patricia Hearst Fait Fait Fait Fait Fait
Traci Lords Fait Fait
Alan J. Wendl Fait Fait Fait Fait Fait Fait
Susan Walsh Fait Fait Fait


John Waters a participé, en 2006, au film Jackass 2 où nous le voyons dans un hôtel de luxe, poussant Steve-O et Chris Pontius dans les escaliers sur un chariot à bagages, tout en les traitant de petits batards. Il a également pris le rôle d'un magicien en faisant disparaitre Wee-Man, un autre membre de Jackass, sous une énorme femme, de plus de 200 kilos, qui se jette délibérément sur lui, sur le lit de sa chambre d'hôtel.

Filmographie[modifier | modifier le code]

En qualité de réalisateur et scénariste[modifier | modifier le code]

Courts et moyens métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

En qualité d'acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Autre participation[modifier | modifier le code]

Film inachevé[modifier | modifier le code]

  • Dorothy Kansas City Pothead : Le Magicien d’Oz version défonce (ou Dorothy, la fumeuse de joint du Kansas). Seul film inachevé de John Waters. Avec Pat Moran (Dorothy), George Figgs (l’épouvantail) et Maelcum Soul (la sorcière).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Provocation (Shock value) / John Waters ; traduit par Jean-Pierre et Françoise Jackson. Paris : Clancier-Guénaud, 1984, 307 p.
  • "Entretien de John Waters avec Charles Esche". In Friends & family : Lily van der Stokker : wallpaintings and drawings, 1983-2003. [Dijon] : les Presses du réel, 2003, 487 p. Coll. "Art contemporain" no 6.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Interview de John Watersn, supplément au DVD Polyester, Éd. Metropolitan, 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Revue du cinéma no 439, juin 1988.
  • Première no 135, juin 1988.
  • Première no 246, septembre 1997.
  • Ciné Live, no 25, juin 1999.
  • Première no 267, juin 1999.
  • Ciné Live no 37, juillet 2000.
  • Première no 281, juillet 2000.
  • Repérages no 13, juillet 2000.
  • Première no 340, juin 2005.

Film documentaire sur John Waters[modifier | modifier le code]

  • Divine Trash. Réal. Steve Yeager. Scénario : Kevin Heffernan et Steve Yeager. Film récompensé par le Trophée du meilleur documentaire au Festival du film de Sundance 1998

Liens externes[modifier | modifier le code]