Une vie difficile

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Une vie difficile

Titre original Una vita difficile
Réalisation Dino Risi
Scénario Rodolfo Sonego
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Sortie 1961
Durée 118 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Une Vie difficile (Una vita difficile) est un film italien réalisé par Dino Risi, sorti en 1961.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Pendant la deuxième guerre mondiale, le Romain Silvio Magnozzi est résistant près du lac de Côme et participe à la rédaction d'un journal clandestin. Alors qu'il cherche refuge dans un hôtel, il est découvert par un Allemand qui veut le fusiller. Il est sauvé de justesse par Elena, la fille de la patronne de l'hôtel. Celle-ci le cache et ils tombent amoureux. Quelques mois plus tard, Silvio reprend le maquis. La guerre finie, il travaille comme journaliste et à l'occasion d'un déplacement professionnel décide de la retrouver. Elena le suit à Rome où ils se marient. Mais les prises de positions radicales de Silvio ne rapportent pas d'argent et ils n'ont pas toujours de quoi manger. Suite à sa participation spontanée à une tentative d'insurrection, Silvio est incarcéré. Il débute alors la rédaction d'un roman : Une vie difficile. À sa sortie de prison, il n'a plus de travail et la mère d'Elena le pousse à terminer ses études. Lorsqu'il échoue à l'examen final, il abandonne le domicile conjugal ; Elena se rend à Viareggio, où elle commence une vie indépendante avec un autre homme. Son roman achevé, Silvio tente de le faire publier, sans succès ; il décide alors de retrouver son épouse à Viareggio, mais elle est satisfaite de la nouvelle vie aisée qu'elle mène et ne veut plus rien savoir de lui. Ils se retrouvent encore en Lombardie lors des funérailles de la mère d'Elena, où Silvio se présente, à la surprise de tout le monde, conduisant une luxueuse voiture. Il assure à son épouse qu'il a modifié ses idées et lui dit qu'il a maintenant un emploi sûr et rentable ; Elena finit par se convaincre et le suit encore une fois à Rome. Silvio est maintenant l'"homme à tout faire" d'un riche homme d'affaires, mais cela ne durera pas : lors d'une soirée, las des humiliations, il gifle et pousse son employeur dans la piscine et, à travers ce geste, aussi bien héroïque qu'inconsidéré, reconquiert Elena.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Una vita difficile est une « petite fresque de quinze années de vie italienne observés à travers les efforts et le ratage d'un journaliste luttant pour ses idéaux démocratiques. »[1]

Le film revêt une certaine importance parce qu'il assume une parfaite transition entre l'esprit critique du néoréalisme et celui de dérision et de cruauté ironique, propre à la comédie italienne des années soixante. Il anticipe aussi sur des films-panoramas, teintés d'amertume, comme Nous nous sommes tant aimés (1974) d'Ettore Scola.

Une vie difficile est donc un « film bilan, un jugement sans appel prononcé contre une société malade dont le cinéaste se fait le censeur désenchanté en utilisant toutes les ressources de la satire. (...) Avec le recul et l'éclairage de la situation contemporaine de l'Italie, le personnage du "commendatore" Bracci (Claudio Gora), brasseur d'affaires dont le pouvoir s'étend à tous les domaines, prend un relief singulier, une inquiétante anticipation sur le pire qui était à venir », écrit avec à-propos Jean A. Gili[2].

Les critiques, unanimes, signalent, une fois encore, le rôle d'Alberto Sordi. Freddy Buache considère qu'il s'agit ici « d'une des meilleures compositions de Sordi, artiste qu'il ne faut pas craindre de comparer, par la finesse de son jeu et l'expression nuancée de la psychologie, à certains interprètes inspirés qui ont régné, à la belle époque, sur les plus mémorables réalisations américaines de burlesque poétique. »[3] Quant à J. Lourcelles, il pense que l'on doit considérer, comme auteurs du film, aussi bien le réalisateur Dino Risi, que son scénariste Rodolfo Sonego et l'acteur Alberto Sordi. « Pendant quarante ans, Sordi, incarnant ses espoirs et ses déceptions, a pour ainsi dire élaboré une véritable biographie sociale du peuple italien », assure-t-il[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Lourcelles in : Dictionnaire du cinéma, Éditions Robert Laffont
  2. Le cinéma italien, Éditions de La Martinière, 2011.
  3. F. Buache : Le cinéma italien 1945-1990, Éditions L'Âge d'Homme.
  4. J. Lourcelles, op. cité.

Lien externe[modifier | modifier le code]