Jeune Afrique

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Jeune Afrique
Image illustrative de l’article Jeune Afrique

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Généraliste
Prix au numéro 3,80 
Diffusion 56 738 ex. (2013[1])
Fondateur Béchir Ben Yahmed
Date de fondation 1960 à Tunis
Éditeur Groupe Jeune Afrique - SIFIJA
Ville d’édition Paris

ISSN 1950-1285
Site web http://www.jeuneafrique.com/

Jeune Afrique est un hebdomadaire panafricain, édité à Paris et publié par le Groupe Jeune Afrique. Chaque semaine, le magazine propose une couverture de l’actualité africaine et internationale ainsi que des pistes de réflexion sur les enjeux politiques et économiques du continent.

Jeune Afrique est le premier magazine panafricain par sa diffusion et son audience, et constitue, depuis sa création à Tunis en 1960, l’hebdomadaire international de référence en Afrique francophone. Il est également le premier magazine d'actualité français à l’export[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 17 octobre 1960, Béchir Ben Yahmed, alors ministre de l'Information du président tunisien Habib Bourguiba, lance à Tunis le magazine Afrique Action. Sous la pression du pouvoir tunisien irrité par l'indépendance du journal, l'équipe quitte la Tunisie en mai 1962 pour Rome puis Paris[3]. Le magazine est renommé Jeune Afrique[4],[3].

Considéré comme un hebdomadaire pro-marocain, il a été interdit de vente en Algérie en 1976[5].

En 1997, l’hebdomadaire se met au numérique en lançant le site www.jeuneafrique.com qui dispose aujourd’hui de son propre service de rédaction afin de suivre l’actualité en temps réel.

En 1997, Zine el-Abidine Ben Ali sauve Jeune Afrique de la faillite en injectant plusieurs millions de dinars dans l'entreprise à travers des prête-noms7. « Aider Jeune Afrique n'est pas un souhait, c'est une consigne présidentielle » explique Le Canard enchaîné en évoquant l'opération financière pilotée par deux proches du président8.

L’année 2000 marque le lancement des hors-séries de Jeune Afrique, à savoir le top 500 des entreprises africaines, le top 200 des banques et l’état de l’Afrique. Cette nouvelle impulsion est reconnaissable notamment au changement de nom du magazine qui devient en février 2000 Jeune Afrique L’Intelligent, nom finalement abandonné en 2006. Par ailleurs, la rubrique économie prend une place de plus en plus importante dans la rédaction, un magazine parallèle est d’abord créé avant d’être intégré à l’intérieur de l’hebdomadaire.

Depuis, la rubrique « culture & médias » a elle aussi connu des évolutions avec l’ajout d’un volet mode de vie (Lifestyle). Ce volet en constante expansion traite de la culture africaine (danse, théâtre, cinéma, musique et littérature), de personnalités de la diaspora et d'actualités culturelles en France ou ailleurs touchant l'Afrique.[réf. nécessaire]

A Paris, la rédaction s'est installée successivement rue de Provence, avenue des Ternes puis, en juillet 1989, au 57 bis rue d'Auteuil[3].

Groupe Jeune Afrique[modifier | modifier le code]

Le Groupe Jeune Afrique comprend les éditions du Jaguar, qui propose notamment la confection d'atlas aux pays africains.

Béchir Ben Yahmed proposera aussi, notamment avec l'éditeur Afrique Biblio Club, une série de bandes dessinées hagiographique de chefs d'Etat africains financées par les intéressés en personne[3]. L'exemplaire de « démonstration » était sur le général de Gaulle, et le président Eyadema financera le premier tome de la collection, lancé avec un grand battage médiatique par le parti présidentiel, le Rassemblement du peuple togolais (RPT)[6]. Mobutu, Félix Houphouët-Boigny ou encore Ahidjo se laisseront séduire par ces ouvrages dont le scénariste fut le plus souvent Serge Saint-Michel.

La holding du groupe est la Société internationale de financement et d'investissement (SIFIJA)[3].

Critiques[modifier | modifier le code]

Selon Vincent Hugeux, Jeune Afrique monnaie volontiers ses pages auprès des présidences africaines, sous la forme de cahiers spéciaux à la tonalité bienveillante ou de longs entretiens avec le chef de l'Etat, en échange de l'achat d'espaces publicitaires par les ministères ou les entreprises publiques[3]. Il écrit également des articles de commande[3], ou des articles négatifs pour faire pression sur des Etats mauvais payeurs ou des personnalités qui auraient refusé les services de son département communication.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Selon l’OJD[1], la diffusion totale payée de Jeune Afrique en 2012 a été 60 135 exemplaires en moyenne pour un tirage moyen de 91 760 exemplaires.[réf. nécessaire]

Organigramme[modifier | modifier le code]

Directeur exécutif de la rédaction : Marwane Ben Yahmed depuis 2004[7].

Directeur de la rédaction : François Soudan, spécialiste du Rwanda, du Cameroun, de la Centrafrique et de la République du Congo[réf. nécessaire].

La femme de Béchir Ben Yahmed, Danielle avait eu un fils de son premier mari, haut fonctionnaire tunisien tué dans un accident d'avion, Zyad Limam, qui succéda à sa mère aux commandes d'Afrique Magazine[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jeune Afrique – Chiffres », OJD (consulté le 8 août 2014)
  2. « Présentation du groupe »
  3. a b c d e f et g Vincent Hugeux, Les sorciers blancs : Enquête sur les faux amis français de l'Afrique, Fayard, , 335 p. (ISBN 978-2213626987), p. 99-157.
  4. « L’actualité vue par Béchir Ben Yahmed, Auteur à JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le 14 juillet 2017).
  5. « Un dynamisme renouvelé - JeuneAfrique.com », .
  6. CHRISTOPHE CASSIAU-HAURIE, « Quand les auteurs de BD racontent leurs pays », sur Africultures, (consulté le 24 juin 2019).
  7. « Jeune Afrique change de tête(s) »
  8. Vincent Hugeux, Les sorciers blancs : Enquête sur les faux amis français de l'Afrique, Fayard, , 335 p. (ISBN 978-2-213-62698-7), p. 99.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]