Airbus (groupe)

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Airbus
logo de Airbus (groupe)
Logo du groupe Airbus.
illustration de Airbus (groupe)

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Dates clés  : Fin de la direction bicéphale
 : Désengagement de Lagardère et Daimler
 : EADS devient Airbus Group
 : Airbus Group devient Airbus
Forme juridique Société européenne (SE)
Action Euronext : AIR
BMAD : AIR
FWB : AIR
Slogan We make it flyVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Drapeau : Pays-Bas Leyde, Pays-Bas (siège social)
Drapeau : France Blagnac, France (siège opérationnel)
Direction Thomas Enders (depuis )[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires État français : 11,08 %
État allemand : 11,07 %
État espagnol : 4,17 %
Flottant : 73,68 % (en 2017)[2]
Activité Aéronautique et spatial, défense
Produits Avions, hélicoptères, missiles, drones, lanceurs Ariane
Filiales Airbus Commercial Aircraft
Airbus Defence and Space
Airbus Helicopters
Effectif 129 442 ()[3]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.airbus.comVoir et modifier les données sur Wikidata
Chiffre d’affaires 66 800 000 000 € ()[4]Voir et modifier les données sur Wikidata
Résultat net 2 900 000 000 € ()[5]Voir et modifier les données sur Wikidata

Société(s) précédente(s) Aérospatiale-Matra
Messerschmitt-Bölkow-Blohm
VFW-Fokker
CASA

Airbus est un groupe industriel européen présent dans le secteur aéronautique et spatial civil et militaire. Créé en 2000 avec le nom d’European Aeronautic Defence and Space company (EADS) et détenu par Lagardère et Daimler, il résulte d’une concentration de la quasi-totalité des constructeurs français, allemands et espagnols.

Depuis 2013, la majorité du capital du groupe est sur le marché boursier et le groupe et la filiale dédiée aux avions civils créée en 1970 et connue sous le nom « Airbus » ont progressivement fusionné.

Avec 130 000 salariés et un chiffre d’affaires de 66,8 milliards d'euros en 2017, le groupe est l’un des champions mondiaux du secteur aéronautique, toutes catégories confondues. Ses activités les plus importantes sont la construction d’avions de ligne, d’hélicoptères et d’avions militaires. À travers la participation à diverses entreprises, le groupe est engagé dans les lanceurs spatiaux, les satellites artificiels, les missiles, les avions de combat.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières collaborations européennes[modifier | modifier le code]

Les différentes entreprises aéronautiques européennes commencent à collaborer dans les années 1950-1960 avec le développement d’avions militaires comme le C-160 Transall, le Breguet Atlantic ou encore le Panavia Tornado. En 1986, le développement de l’Eurofighter est partagé entre Messerschmitt-Bölkow-Blohm, British Aerospace, Aeritalia et CASA. La France s’est retirée du programme car elle souhaitait un avion utilisable sur un porte-avion, et a lancé le programme Dassault Rafale. En 1999, Airbus et CASA créent une filiale commune Airbus Military Company pour la préparation de l’offre de l’avion de transport militaire A400M[6].

En 1962[7], un accord est signé entre Sud-Aviation et British Aircraft Corporation sur le développement du Concorde. Le , le consortium Airbus est créé par l’Aérospatiale (créée par nationalisations et fusions successives de tous les constructeurs français), Messerschmitt-Bölkow-Blohm et VFW-Fokker pour développer et produire l’A300. L’année suivante, l’espagnol Construcciones Aeronáuticas Sociedad Anónima (CASA) rejoint le consortium, suivi par British Aerospace en 1979 qui participe au développement de l’A310[8],[9]. Le programme A320 est lancé en 1984[10], suivi par les A330 et A340 en 1987[11].

Logo de DaimlerChrysler Aerospace

En 1989, les sociétés allemandes Dornier (groupe Daimler-Benz), Messerschmitt-Bölkow-Blohm, MTU München et Telefunken Systemtechnik fusionnent pour créer Deutsche Aerospace (DASA), qui deviendra Daimler-Benz Aerospace puis DaimlerChrysler Aerospace .

D’autres alliances sont créées : sur les lanceurs spatiaux, le programme Ariane est lancé en 1973 en coopération européenne. La coentreprise Avions de transport régional est créée en 1982 avec Aeritalia. Sur les hélicoptères, l’Aérospatiale et DASA fusionnent leurs filiales pour créer Eurocopter en 1992[12]. La société française privée Matra détenue par Lagardère coopère avec des industries britanniques sur les missiles (Matra BAe Dynamics en 1996) et les satellites artificiels (Matra Marconi Space). Matra souhaite de plus racheter Thomson-CSF lors de sa privatisation, qui est finalement mariée à Alcatel et Dassault Aviation[13].

La création d'un groupe européen[modifier | modifier le code]

En 1995, dans un contexte de fin de la guerre froide et de la baisse des budgets de défense, Lockheed Martin, plus important groupe de défense est créé. En 1997 les Américains Boeing et McDonnell Douglas fusionnent, ce qui encourage les Européens à entrer dans la voie des restructurations dans le domaine de la défense[14]. En 1996, une fusion est envisagée entre l’Aérospatiale et Dassault, mais la dissolution de l’Assemblée nationale met fin aux discussions[15]. Le , la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni publient une déclaration trilatérale demandant à leurs industriels de défense de présenter avant le un projet de regroupement. Un projet complexe est alors présenté, prévoyant la création d’une société intégrée nommée European aerospace and defense company (EADC), qui pourrait en plus être associée à l’italien Finmeccanica et au suédois Saab. Le projet, trop complexe, échoue ; une des raisons est que l’industriel français Aérospatiale est public alors que le britannique British Aerospace et l’allemand DASA sont privés[16].

Logo d’Aerospatiale-Matra

La même année, Aérospatiale et Matra fusionnent. L’État français détient 48 % du capital de la nouvelle société (sa participation résulte d’une sous estimation des actifs de l’Aerospatiale[17]). Lagardère détient 33 %, 17 % des parts étant gérées en bourse et 2 % étant détenues par le personnel du groupe.

En 2000, c’est une fusion British Aerospace-DASA qui est envisagée. Cette opération est contrecarrée par la mise en vente par le groupe General Electric Company de sa filiale Marconi Electronic Systems dont le rachat par British Aerospace donne naissance à BAE Systems. Cette fusion a incité DASA à devenir réceptif à la possibilité de rapprochement avec Aérospatiale[16],[17]

IberaviaAeronáutica IndustrialHispano AviaciónConstrucciones Aeronáuticas S.A.Dornier FlugzeugwerkeFlugzeugbau FriedrichshafenDaimler-BenzDaimler-Motoren-GesellschaftMTU Aero EnginesMTU MünchenEntwicklungsgesellschaft für Turbomotoren GmbHMAN TurbomotorenMAN TurboBMW TriebwerkbauBMW Studienge-sellschaft für TriebwerkbauTelefunken SystemtechnikAllgemeine Elektricitäts-GesellschaftDaimler Chrysler AerospaceDaimler-Benz AerospaceDeutsche AerospaceHeinkelVereinigte Flugtechnische WerkeFocke-AchgelisRohrbach MetallflugzeugbauWeser FlugzeugbauAlbatrosFocke-WulfHamburger FlugzeugbauAllgemeine Transportanlagen GmbHDeutsche Flugzeug-WerkeSiebelwerke-ATGSiebelwerkeSiebel FlugzeugwerkeMesserschmitt (entreprise)Bayerische FlugzeugwerkeMesserschmitt-Bölkow-BlohmMesserschmitt (entreprise)BölkowKlemmPremium AEROTECJunkersAachener SegelflugzeugbauAachen FlugzeugbauSiemens SicherungstechnikSociété industrielle pour l'aéronautiqueMatra (entreprise)Société pour l'étude et la réalisation d'engins balistiquesLoire AviationChantiers aéro-maritimes de la SeineLioré et OlivierSociété nationale des constructions aéronautiques du sud-ouestLioré et OlivierChantiers aéronavals Étienne RomanoSociété de production des aéroplanes DeperdussinSud-AviationPotezSociété aérienne bordelaiseDyle et BacalanBlochBlériotBlériot AéronautiqueAirbus GroupAirbus GroupAirbus GroupSociété provençale de construction aéronautiqueSociété nationale des constructions aéronautiques du sud-estDaherSocataMorane-SaulnierSociété nationale des constructions aéronautiques du MidiConstructions Aéronautiques Émile DewoitineSociété Alphonse Tellier et CieSociété nationale de construction aéronautique de l'OuestNieuport (entreprise)Nieuport (entreprise)Société AstraAérospatiale (société)Aérospatiale (société)Société anonyme des ateliers d’aviation Louis BreguetSociété française d'étude et de construction de matériels aéronautiques spéciauxArsenal de l'aéronautiqueSociété de constructions aéronautiques et navales Marcel BessonAteliers de construction du Nord de la France et des MureauxNord-AviationSociété nationale de constructions aéronautiques du NordPotezAvions FarmanAeroplanes Hanriot et CieAeroliaSociété nationale de constructions aéronautiques du CentreSociété anonyme des ateliers d’aviation Louis BreguetAvions Amiot

European Aeronautic Defence and Space company (EADS) est créée le par la fusion de DaimlerChrysler Aerospace (hors MTU Aero Engines), Aerospatiale-Matra et Construcciones Aeronauticas. Son capital est réparti entre DaimlerChrysler, Lagardère, les états français et espagnol et un tiers est flottant. Des accords assez complexes entre les différents actionnaires prévoient des dispositions relatives à la composition du conseil d’administration, à des droits spécifiques de l’état français (notamment les reserved et qualified voting matters, c’est-à-dire les sujets devant obligatoirement être soumis à vote, voire être entérinés à une majorité qualifiée, du conseil d’administration) en ce qui concerne certaines décisions stratégiques relatives, notamment, aux missiles balistiques d’EADS. Un système de coprésidence franco-allemande est mis en place : Jean-Luc Lagardère et Manfred Bischoff sont coprésidents du conseil d’administration (ils avaient ces fonctions dans Aérospatiale-Matra et DASA) alors que Philippe Camus (qui était président exécutif d’Aérospatiale-Matra) et Rainer Hertrich (en) sont coprésidents exécutifs[18],[19],[20]. Les présidences des filiales et principales fonctions du groupe sont répartis entre dirigeants français et allemands[21].

De nouvelles entreprises européennes voient le jour :

  • Airbus qui existait auparavant sous la forme d’un GIE et qui lance à cette occasion l’avion A380[22] ;
  • Astrium (fusion de Matra Marconi Space et de la division spatiale de DASA) ;
  • MBDA (fusion des sociétés Matra BAe Dynamics, Aerospatiale Matra Missiles et Alenia Marconi Systems).

Ces trois sociétés sont codétenue avec BAE et, dans le cas de MBDA, avec Finmeccanica.

En 2001, Jean-Luc Lagardère envisage une fusion avec BAE, mais le projet n’aboutit pas même s’il sera repris régulièrement[16]. BAE revend ses parts d’Astrium à EADS en 2003[23] ainsi que celles d’Airbus en 2006.

2000-2007 : Les premières années[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Clearstream 2.

Après la mort de Jean-Luc Lagardère, le , Jean-Louis Gergorin, directeur de la coordination stratégique d’EADS, a le sentiment qu’il s’agit d’un assassinat orchestré par la mafia russe et des dirigeants de Thomson-CSF (devenue Thales). Il écrit une lettre anonyme au juge Renaud Van Ruymbeke où il dénonce l’ouverture de compte à la chambre de compensation Clearstream par d’anciens dirigeants de Thomson et par Philippe Delmas, adjoint de Noël Forgeard à la direction d’Airbus. Après la présentation de l’Airbus A380 le en présence de plusieurs chefs de gouvernement, Philippe Delmas est placé en garde à vue. Plus tard le juge se rendra compte que les fichiers sont des faux créés par Jean-Louis Gergorin avec l’aide d’Imad Lahoud[24].

En , un rapprochement de Thales et EADS est envisagé, mais celui-ci n’aboutira pas (la prise de participation dans Thales sera à nouveau évoqué en 2008, lorsque Alcatel-Lucent revendra ses parts à Dassault Aviation[25]). Après une bagarre entre Philippe Camus et Noël Forgeard, c’est ce dernier qui devient coprésident exécutif du groupe[26].

Les années 2006 et 2007 sont difficiles pour le groupe. Alcatel, en fusion avec Lucent Technologies et actionnaire de Thales souhaite apporter à cette dernière son activité spatiale. EADS manifeste son intention de créer un Airbus de l’espace, en fusionnant sa filiale satellite Astrium avec celle d’Alcatel sous le contrôle de Thales contre une part du capital du groupe de défense. Cette proposition est refusée par les dirigeants d’Alcatel qui cède effectivement son activité et Alcatel Alenia Space devient Thales Alenia Space[27]. Les coopérations dans le domaine spatial resteront un sujet récurrent[28].

Les résultats pâtissent principalement de trois charges exceptionnelles que sont les provisions pour faire face aux retards de l’avion de transport militaire A400M, celles dues au lancement du long-courrier A350 (qui deviendra l’A350 XWB), et aussi celles constituées pour Power8, le plan de redressement d’Airbus. À cela s’est ajouté l’impact de la détérioration de la parité entre le dollar et l’euro[29]. Dans le même temps, Lagardère et des dirigeants du groupe sont soupçonnés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) d’avoir caché les difficultés de l’A380 et d’en avoir profité pour revendre leurs parts. L’AMF clos le dossier en 2009, sans prononcer de sanction[30]. Dans ce contexte, Noël Forgeard démissionne de la co-direction du groupe et reçoit un parachute doré de plusieurs millions d’euros[31],[32].

Structure et identité visuelle[18],[33],[34],[35],[36],[37],[38],[39],[40]
À la création du groupe, cinq divisions le composent (voir ci-dessous). Defence & Civil Systems devient Defence & Security Systems en 2003 puis EADS Defence & Security en 2006. La division Aeronautics disparaît en 2005 et Eurocopter devient une division. En 2006, la division spatiale prend le nom de sa filiale satellite : Astrium.

Le logo reprend les flèches d’Aérospatiale et la pointe de diamant de Matra, ainsi que l’étoile de DASA.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Airbus
 
Military Transport Aircraft
 
Aeronautics
 
Space
 
Defence & Civil Systems
 
 

2007-2014 : Recherche de l'équilibre civil-défense[modifier | modifier le code]

Louis Gallois est PDG d’Aérospatiale entre 1992 et 1996, PDG d’Airbus et co-président exécutif d’EADS de 2006 à 2007 et président exécutif d’EADS entre 2007 et 2012.

Le 16 juillet 2007, le système de direction bicéphale est abandonné, Louis Gallois est le président exécutif. Il met en place la stratégie « Vision 2020 », qui vise notamment à atteindre un meilleur équilibre entre Airbus et les autres divisions du groupe, à renforcer sa production en zone dollar et à augmenter la part de services[41],[42]. Cette stratégie est illustrée par la réponse à l’appel d’offres du Pentagone pour le renouvellement des ravitailleurs Boeing KC-135 Stratotanker. EADS, allié à Northrop Grumman propose le KC-45, dérivé de l’Airbus A330 MRTT et remporte l’appel d’offres en 2008, avant son annulation[43].

Le 9 janvier 2009, EADS annonce un retard d’au moins trois ans pour la première livraison de l’Airbus A400M, prévu initialement à la fin 2009[6]. En 2009, la SOCATA est vendue et plusieurs sites d’Airbus dédiés à la fabrication des aérostructures de fuselage sont regroupés dans de nouvelles sociétés : l’allemande Premium Aerotech et la française Aerolia[44]. Celle-ci obtiendra par la suite des contrats avec d’autres avionneurs, ouvrira des usines en Tunisie[45] et fusionnera avec la SOGERMA en 2015 pour créer Stelia Aerospace[46]. En 2011, le plan Power8 arrive à son terme, il a permis des économies de 2,5 milliards d’euros, notamment avec la suppression de 7 900 postes[47].

En mai 2012, Thomas Enders, qui doit prendre la présidence du groupe un mois plus tard, et Ian King, PDG de BAE Systems, demandent à leurs directeurs stratégiques (Marwan Lahoud et Kevin Taylor) de proposer des pistes pour regrouper leurs avions de combat suite à l’échec de la vente en Inde d’Eurofighter Typhoon. Ils reçoivent plusieurs propositions, dont une fusion des deux groupes. BAE Systems est le numéro trois mondial des groupes industriels de défense derrière Lockheed Martin et Boeing, avec un chiffre d’affaires 2011 de 24,2 G€ dont 97 % dans le domaine de la défense, contre 49,1 G€ pour EADS, dont seulement 24 % dans le domaine de la défense. Ce rapprochement aurait ainsi permis un développement des activités de défense et une expansion commerciale vers les États-Unis. Un montage complexe était envisagé, avec une société commune propriétaire de tous les actifs, et contrôlée à 60 % par EADS et à 40 % par BAE Systems. Révélée trop tôt par la presse (le 11 septembre 2012), ces discussions n’ont pu aboutir (la réglementation boursière britannique ne laissait qu’un mois après l’information du public pour finaliser l’accord). Cette discussion s’est heurtée notamment aux intérêts divers des états impliqués[48],[49]. Le plan « Vision 2020 » est abandonné.

Structure et identité visuelle[50],[51],[52],[53],[54],[40]
En 2008, Airbus absorbe Military Transport Aircraft. En 2010, Defence & Security devient Cassidian et une identité visuelle commune est adoptée pour l’ensemble du groupe.
 
 
 
 
 
 
 
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Depuis 2012 : We make it fly[modifier | modifier le code]

Thomas Enders est PDG de la division Defence and Security Systems entre 2000 et 2005, puis co-président exécutif d’EADS de 2005 à 2007 et PDG d’Airbus entre 2007 et 2012. Il est président exécutif du groupe Airbus depuis fin 2012. La fin de son poste est prévue en avril 2019.

Le groupe engage plusieurs réformes internes : Tout d’abord, un changement dans le capital du groupe est décidé par l’accord du 5 décembre 2012, validé par l’assemblée générale extraordinaire du 27 mars 2013. Il se traduit par la sortie de Daimler et de Lagardère, envisagée depuis la création d’EADS. L’état allemand exigeant le maintien d’une parité franco-allemande, la banque publique Kreditanstalt für Wierderaufbau (KfW) rachète une partie des parts de Daimler. Les droits de veto sur les reserved et qualified voting matters du concert antérieur disparaissent, mais les états conservent quelques prérogatives (par exemple l’unanimité de l’assemblée générale d’Astrium pour toutes les questions stratégiques de défense, afin que l’État français ait un regard sur le missile nucléaire M51). Dans le même temps, EADS rachète 15 % de ses titres[55].

Puis, entre 2014 et 2017, le groupe et la filiale dédiée aux avions civils fusionnent. Le groupe prend le nom « Airbus group » puis « Airbus ». Dès 2015, cette restructuration s’accompagne de 5800 suppressions de postes, bien que ce chiffre a été revu à la baisse. Des filiales d’électronique de défense sont cédées. Le groupe vise une rentabilité opérationnelle de 10 %[56],[57],[58],[59]. Une nouvelle restructuration est annoncée en 2016 induisant une suppression d'environ 1 000 postes, dont la fermeture du site de Suresnes[60],[61]. Le groupe cède progressivement sa participation de 45,3 % dans Dassault Aviation, héritée de l’Aérospatiale, sur lequel aucun contrôle n’était exercé[15],[62]. Une stratégie d’innovation est lancée, avec l’investissement dans le projet OneWeb et le centre de recherche A3 dans la silicon Valley[63].

En juin 2014, Safran et le groupe Airbus annoncent leur volonté de créer une co-entreprise dans le domaine des lanceurs spatiaux, afin de concurrencer l’américain SpaceX. Le programme Ariane 6 est lancé en décembre 2014 et ArianeGroup (nommé provisoirement Airbus Safran Launchers) est créé en reprenant les actifs des deux groupes dans ce domaine et en achetant les parts du Centre national d'études spatiales dans Arianespace[64],[65],[66].

Au printemps 2016, le groupe se dénonce à l’UK Export Finance (en), en avouant ne pas avoir mentionné la présence d’intermédiaires lors de la négociation de contrats à l’export. Des enquêtes auprès du Serious Fraud Office et du parquet national financier sont ouvertes. Le réseau d’intermédiaire est démantelé et plusieurs cabinets d’avocats américains auditent le groupe qui risque une amende de l’ordre du milliard d’euros[67],[68].

En octobre 2017, Airbus acquiert 50,01 % de la société chargée de la production et de la commercialisation de l’avion régional Bombardier CSeries pour 1 $C[69].

Structure et identité visuelle[70],[71],[72],[68]
En 2014, Eurocopter devient Airbus Helicopters, Astrium, Cassidian et les avions militaires d’Airbus deviennent Airbus Defence and Space.
 
 
 
 
 
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En 2017, le groupe prend le nom Airbus, le logo devient unique.
 
 
 
 
 
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Commercial Aircraft
 
Helicopters
 
Defence and Space
 
Succession des dirigeants
Présidents du Conseil d’administration (Chairmen of the Board of Directors) Présidents exécutifs (Chief executive officer)
Notes
  1. Jean-Luc Lagardère décède le 14 mars 2003
  2. Manfred Bischoff s’est retiré après sa nomination à la présidence du conseil de surveillance de DaimlerChrysler
  3. Rüdiger Grube s’est retiré après avoir pris de nouvelles responsabilités.
  4. Arnaud Lagardère s’est retiré après la vente des parts détenues par son groupe.
Données économiques
1999 (Aérospatiale-Matra) 1999 (DASA) 2001[33] 2005[37] 2007[39] 2009[51] 2013[70] 2014[71] 2015[72] 2016[68]
Actionnaires État français[T 1] 48,0 % 15,1 % 14,9 % 15 % 15 % 12 % 11 % 11 %
État allemand[T 2] 11 % 11 %
État espagnol[T 3] 5,5 % 5,5 % 5,4 % 5,4 % 4,1 % 4 % 4 %
Lagardère[T 4],[T 5] 33,0 % 15,1 % 7 % 7 %
Daimler n/c 30,2 % 24,9 % 22,5 % 22,4 %
Flottant 17,0 % n/c 34,1 % 34,7 % 43,9 % 49,1 % 72,9 % 74 % 74 %
Données financières[T 6] Chiffre d’affaires (Revenues) (G€) 12,8 9,1 30,8 34,2 39,1 42,8 56,2 60,7 64,5 66,6
Bénéfice avant intérêts et impôts (EBIT) (G€) 0,3 0,6 1,7 2,8 −0,4 −0,3 2,6 4 4,1 3,
Effectifs Salariés 52 387 46 107 102 967 113 210 116 493 119 506 144 061 138 622 136 574 133782
Notes
  1. L’État français est représenté par la société de gestion de participations aéronautiques (SOGEPA).
  2. L’État allemand est représenté notamment par la Kreditanstalt für Wierderaufbau (KfW).
  3. L’État espagnol est représenté par la Sociedad Estatal de Participaciones Industriales (SEPI).
  4. Lagardère est représenté par DESIRADE
  5. DESIRADE et SOGEPA sont représentés par la société de gestion de l'aéronautique, de la défense et de l'espace (SOGEADE).
  6. Les données financières ajustées étant issues des rapports annuels, la comparaison entre les années est difficile. Notamment, les chiffres sont en euros courants et les périmètres de consolidation varient.

Produits[modifier | modifier le code]

Avions civils[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Airbus Commercial Aircraft.

Le groupe Airbus a une importante activité dans les avions de ligne. Lancé en 1970, Airbus passe les 25 % de part de marché en une dizaine d’année grâce à une ambitieuse offensive en Asie avec son premier avion l’A300. En 1983, l'A310 entre en service, suivi par l’A320 en 1988, qui représente un grand succès, 27 776 avions ont été commandés en 2016. Ce sont ensuite les long courriers A330 et l’A340 qui sont développés. L’avionneur enregistre un record de 1 503 commandes nettes en 2014 et livre son 10000e appareil en 2016[73],[74].

La gamme d’Airbus offre des appareils de 107 à 525 places et comprend la famille des mono-couloirs A320 (A318, A319, A320, A321), les long-courriers à fuselage large A330 et A340, le très long-courrier à double pont A380 et le long-courrier nouvelle génération A350 XWB. L’A300, l’A310 et l’A340 ne sont plus produits mais sont encore en service. L’A320, l’A330 et l’A380 sont en production et l’A350 XWB est entré en service en 2014. L’A320 et l’A330 sont disponibles avec une nouvelle motorisation (New Engine Option, NEO).

Un co-entreprise (avec 31 % à Bombardier et 9 % à Investissement Québec) construit les avions A220, initialement Bombardier CSeries, de 100 à 150 sièges[75]. La co-entreprise Avions de transport régional, détenue à 50 % avec Leonardo, construit des avions turbopropulseurs pouvant transporter de 48 à 74 personnes. Les filiales Stelia Aerospace et Premium Aerotech sont des fabricants de sous-ensembles.

Résumé des caractéristiques techniques
Avion Caractéristiques
Famille A320
Airbus A320-214, Airbus Industrie JP7617615.jpg
107 - 199 passagers
5 600 km - 6 800 km d'autonomie
A330
The very first Airbus A330-200F.jpg
253 - 440 passagers
10 800 km - 13 400 km d'autonomie
A350 XWB
A350 First Flight - Low pass 03.jpg
270 - 375 passagers
15 000 km - 15 700 km d'autonomie
A380
Airbus A380 overfly.jpg
525 - 853 passagers
15 400 km d'autonomie

Airbus construit également des avions d’affaire (Airbus Corporate Jet (en)) ou de fret comme les Airbus A300-600ST « Beluga » et Airbus A330-743L « Beluga XL ».

La division Airbus Commercial Aircraft a livré 718 avions et réalisé 50,958 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017[2].

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Airbus Helicopters.

L’activité hélicoptère du groupe Airbus est très variée : elle comprend des engins civils et militaires. Elle participe au consortium NHIndustries (avec Leonardo à 32 % et Fokker à 5,5 %)[76].

En 2017, la division Airbus Helicopters a livré 409 hélicoptères et réalisé 6,45 milliards d’euros de chiffre d’affaires[2].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Défense et espace[modifier | modifier le code]

Airbus est le responsable du programme européen d’avion de transport militaire lourd A400M, développé à 70 % par le bureau d’études dédié aux avions civils[6], et assemblé à Séville. En 2017, un total de 57 avions ont été livrés sur un total de 174 commandes[2]

De plus le groupe fabrique et commercialise des avions dédiés aux missions spéciales, dérivés des plates-formes existantes comme l’avion de transport et de ravitaillement A330 MRTT, dont un total de 29 avions ont été livrés en 2017 sur un total de 56 commandes[2]

L'Eurofighter Typhoon est un avion de combat bi-réacteur, ailes delta et plan canard, multi-rôles de quatrième génération. Il est produit par l’association Eurofighter GmbH (avec BAE à 33 % et Leonardo à 21 %)[77]. En 2017, un total de 532 avions ont été livrés sur un total de 599 commandes[2].

Le groupe Airbus est un des principaux constructeurs mondiaux de satellites de télécommunications (série Eurostar). Il est un des deux chefs de file européens pour la réalisation des satellites scientifiques comme Gaia, des satellites d'observation de la Terre et des sondes spatiales pour le compte de l'Agence spatiale européenne et du CNES. Il fournit également des services liés à l’espace.

Via les co-entreprises MBDA (détenue à 37,5 % avec BAE Systems à 37,5 % et Leonardo à 25 %) et ArianeGroup (détenue à 50 % avec le groupe Safran), Airbus participe aux programmes de la famille de lanceurs Ariane, du missile balistique M51 et de missiles tactiques.

La division Airbus Defence and Space a réalisé 10,804 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017. Elle est composée en quatre unités : Military Aircraft, Space Systems, Communications, Intelligence & Security et Unmanned Aerial Systems[2].

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Organisation[modifier | modifier le code]

Statut et siège[modifier | modifier le code]

À sa création, le groupe EADS est une société néerlandaise faisant appel public à l’épargne (Naamloze vennootschap (en)), dont le siège social est situé à Leyde (Pays-Bas). Cet endroit a été choisi à la création du groupe en raison de sa neutralité, et également pour des raisons fiscales[21]. En 2015, le groupe Airbus prend le statut d’une société européenne, basée à Amsterdam[72] .

L’entité dont il est question dans cet article est l’ensemble consolidé de toutes les sociétés du groupe (cet ensemble n’ayant pas d’existence juridique à proprement parler).

Le siège opérationnel, longtemps co situé entre Paris et Ottobrunn, dans la banlieue de Munich, est déplacé à Toulouse à partir de 2012[78]. Le nouveau siège mondial opérationnel du groupe est inauguré en 2016 à Toulouse dans un campus tertiaire neuf de 25 000 m2 près des pistes de l'aéroport de Toulouse-Blagnac et à proximité des usines.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Le Conseil d’administration est composé de douze membres au plus, qui sont nommés et révoqués par l’Assemblée générale des actionnaires[79].

Au 12 avril 2017, les membres sont[80] :

Composition du Conseil d’administration
Nom Début de mandat Fin de mandat Fonction principale
Denis Ranque 2013 réélu en 2017 2020 Président du conseil d’administration
Thomas Enders 2012 réélu en 2016 2019 Président exécutif
Ralph D. Crosby 2012 réélu en 2017 2020 Ancien membre des comités exécutifs du groupe Airbus et de Northrop Grumman Corporation
Paul Drayson 2017 2020 Président directeur général de Drayson Technologies
Catherine Guillouard 2016 2019 Membre du comité exécutif d’Engie
Hans-Peter Keitel 2013 2018 Vice-président de la Fédération des industries allemandes
Hermann-Josef Lamberti 2007 réélu en 2017 2020 Ancien membre du directoire de la Deutsche Bank
María Amparo Moraleda Martínez 2015 2018 Ancienne dirigeante d’IBM Espagne et Portugal
Claudia Nemat 2016 2019 Membre du comité de Deutsche Telekom
John Parker 2007 réélu en 2016 2018 Président d’Anglo American PLC
Carlos Tavares 2016 2019 Président du directoire du groupe PSA
Jean-Claude Trichet 2012 réélu en 2016 2018 Gouverneur honoraire de la Banque de France

Comité exécutif[modifier | modifier le code]

Les membres du comité exécutif sont nommés par le Conseil d’administration sur proposition du Président exécutif[79].

Au , les membres sont[81] :

Composition du Comité exécutif
Nom Début de mandat Fonction principale
Thomas Enders 2012 Président exécutif du groupe Airbus
Fernando Alonso 2015 Directeur de Mililtary Aircraft, Airbus Defence and Space
Thierry Baril 2012 Directeur des ressources humaines
Bruno Even 2018 Président exécutif d’Airbus Helicopters
Guillaume Faury 2018 Président d’Airbus Commercial Aircraft
John Harrison 2015 Conseiller général
Dirk Hoke 2016 Président exécutif d’Airbus Defence and Space
C. Jeffrey Knittel 2018 Président - directeur général d’Airbus Americas
Klaus Richter 2015 Directeur des achats
Christian Scherer 2018 Directeur commercial d’Airbus
Harald Wilhelm 2012 Directeur financier d’Airbus
Grazia Vittadini 2018 Directrice technique d’Airbus
Tom Williams 2015 Directeur général délégué d’Airbus Commercial Aircraft
George Xu 2018 Président exécutif d’Airbus Chine

Sites les plus importants[modifier | modifier le code]

En octobre 2013, les sites les plus importants du groupe sont[82].

Sites les plus importants en 2013
Site Effectif Division Activité
Drapeau de la France Toulouse et Blagnac 26 090 Airbus, Groupe Airbus, Airbus Defence and Space Siège du groupe, CE[S 1] fuselage et cabine, CE Ailes et mâts de liaison des moteurs, assemblage final des Airbus, intégration de satellites.
Drapeau de l'Allemagne Hambourg 13 060 Airbus, Groupe Airbus CE Fuselage et cabine, CE empennage et fuselage arrière, assemblage final des Airbus,
Drapeau de la France Marignane 9 080 Airbus Helicopters Siège d’Airbus Helicopters, Conception et production d’hélicoptères
Drapeau de l'Allemagne Donauworth 5 645 Airbus Helicopters, Groupe Airbus Production d’hélicoptères
Drapeau de l'Espagne Getafe 5 480 Airbus, Airbus Defence and Space CE empennage et fuselage arrière, conversion des Airbus MRTT, assemblage des Eurofighters. Bureaux d’études A400M.
Drapeau du Royaume-Uni Broughton 5 520 Airbus, Groupe Airbus Fabrication d’ailes
Drapeau de l'Allemagne Manching 3 885 Airbus Defence and Space Assemblage final des Eurofighters destinés à la Luftwaffe
Drapeau de l'Allemagne Brême 5 385 Airbus CE High Lift, Equipement des ailes A330&A350, Fuselage et cabine
Drapeau de la France Saint-Nazaire 3 280 Airbus, Aerolia Assemblage de fuselages et complétion Système pour les pointes avant et tronçons centraux de toute la famille d'avion Airbus
Drapeau du Royaume-Uni Filton 2 950 Airbus, Airbus Defence and Space, Groupe Airbus CE Ailes et mâts de liaison des moteurs
Notes
  1. CE : Centre d’excellence d’Airbus

Critiques et procédures judiciaires[modifier | modifier le code]

Enquête franco-britannique pour corruption[modifier | modifier le code]

En juillet 2016, le Serious Fraud Office (SFO) britannique ouvre une enquête criminelle sur « des soupçons de fraude, pots-de-vin et corruption » après qu'Airbus l'a informé en avril avoir omis de déclarer le rôle joué par certains intermédiaires facilitant la vente d'avions ; le constructeur doit en effet transmettre ces informations aux autorités britanniques s'il souhaite bénéficier de crédits exports pour la vente de ses appareils[83]. Les agences britannique, française et allemande suspendent l'octroi de ces prêts accordés à Airbus[84]. Le groupe indique souhaiter pleinement coopérer[85].

En mars 2017, en France, le Parquet national financier ouvre à son tour une enquête préliminaire pour « soupçons de fraude et de corruption dans les activités d’aviation civile », donnant lieu à une coopération judiciaire avec le SFO[84]. Selon Mediapart, l'enquête « porte sur des centaines de millions d’euros de commissions occultes présumées versées lors de ventes d'avions civils ». Au centre des soupçons d'activité de corruption alléguée d'Airbus se trouve la Strategy and Marketing Organisation (SMO), le service chargé de négocier les contrats de vente et qui, rapporte La Tribune, dispose « d'un réseau et d'une influence incroyables à travers le monde ». Dirigé successivement par Jean-Paul Gut et Marwan Lahoud, il est toutefois dissous en 2016 sous l'impulsion du directeur exécutif Thomas Enders, dans le cadre d'une opération « mains propres » – une décision contestée en interne[86],[87]. Mediapart rapporte que de nombreux contrats de vente à l'étranger (Arabie saoudite, Kazakhstan, Philippines, Indonésie, Autriche, Chine, Île Maurice) sont sujets à des soupçons de versement de pots-de-vin[88].

Airbus indique craindre une amende importante, recrute un cabinet d'avocats pour évaluer l'ampleur du risque, et lance des audits. L'enjeu pour le groupe aéronautique est essentiellement de parvenir à une transaction financière pénale avec le Royaume-Uni et la France pour éviter un procès public[88],[87].

Selon Le Monde, derrière l'enquête britannique se cacherait une « affaire d'État ». Le groupe Airbus ne se serait pas dénoncé spontanément au Serious Fraud Office britannique comme il l'affirme : pour ne pas laisser l'entreprise américaine Boeing se faire distancer par son concurrent direct, le département de la Justice américain aurait fait pression sur Airbus en l'informant qu'il avait réuni un dossier à charge contre lui. Lequel s'appuierait sur le Foreign Corrupt Practices Act, la législation anti-corruption américaine, susceptible de donner lieu à de très lourdes amendes ; face au risque encouru, Airbus aurait préféré se dénoncer aux Britanniques[89].

Enquêtes allemande et autrichienne sur la vente d'Eurofighters[modifier | modifier le code]

En février 2017, le ministère de la Défense autrichien annonce poursuivre en justice Airbus pour des faits de corruption et de fraude qui seraient survenus lors de la vente, en 2003, de quinze appareils Eurofighter à l'Autriche pour un montant de 1,7 milliard d’euros[90]. L'Autriche, qui demande un milliard d'euros de dommages-intérêts, soupçonne une surfacturation de 183 millions d'euros, dont environ 100 millions d'euros auraient été utilisés en rétrocommissions. Cette vente fait aussi l'objet d’une enquête du parquet de Munich en Allemagne[88].

Auparavant, plusieurs accusations de corruption relatives à la vente des Eurofighter avaient déjà défrayé la chronique en Autriche. L'entreprise de la femme du général Erich Wolf, chef de l'armée de l'air autrichienne lors de l'achat des Eurofighters, avait par exemple perçu 87 600 euros d'un lobbyiste d'Airbus, « prétendument pour organiser un show aérien qui ne verra jamais le jour », écrit Mediapart[88],[91]. Des dirigeants du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), alors à la tête des ministères autrichiens de la Défense et des Finances dans le cadre de la coalition noire-bleue, avaient également perçu des sommes d'Airbus, mais la justice avait alors conclu à l'absence de preuves de corruption suffisantes[91].

Selon une enquête conjointe de Mediapart et Der Spiegel publiée en octobre 2017, la branche défense d'EADS (nom d'Airbus à l'époque des faits) aurait créé une caisse noire — sous la forme d'une entreprise domiciliée à Londres et nommée Vector — qui aurait reversé 104 millions d'euros de commissions occultes à plusieurs dizaines de sociétés écran, domiciliées dans des paradis fiscaux, ainsi qu'à diverses personnes, dans le but d'obtenir le contrat de vente des Eurofighters avec l'Autriche[92].

Selon Mediapart et Der Spiegel, les éléments dont disposent les justices allemande et autrichienne « montrent que Tom Enders [le président exécutif du groupe] a été personnellement très impliqué dans la création de Vector, et qu’il pouvait difficilement ignorer son objet réel »[92],[93]. Le conseil d'administration d'Airbus apporte néanmoins son soutien à Thomas Enders et le groupe nie l’existence de toute corruption[94].

Participation à un système de fraude à la TVA[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Fraude à la TVA et Paradise Papers.

En novembre 2017, dans le cadre des Paradise Papers, le Consortium international des journalistes d'investigation et Le Monde révèlent qu'Airbus (de même que Dassault Aviation) a participé à un système de fraude à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) utilisé par certains de ses riches clients. Au lieu de vendre un jet privé directement à son client, Airbus le vend à une société écran créée par celui-ci, société écran qui enregistre ensuite le jet à l'île de Man puis le loue au client (lequel se loue donc le jet à lui-même). Le jet étant exporté, le client bénéficie d'une exonération de la TVA en France. Une telle exonération doit s'accompagner d'un paiement de la TVA dans le pays de destination du produit. Mais la société écran peut attester d'une utilisation commerciale du jet (elle le propose à la location, officiellement), ce qui lui permet de ne pas davantage payer non plus la TVA dans l'île de Man. Le Monde présente l'exemple du milliardaire russe God Nisanov (en) qui a pu économiser 9 millions d'euros au total, lors de l'achat d'un A318 en 2012[95],[96],[97].

Sociétés concurrentes et parts de marché[modifier | modifier le code]

Compétition Airbus-Boeing : commandes nettes d'avions 1989-2010
  •      Airbus
  •      Boeing
Article détaillé : Concurrence entre Airbus et Boeing.

Communication[modifier | modifier le code]

Mécénat et fondation[modifier | modifier le code]

Airbus Foundation a été créée en septembre 2004. La fondation a pour ambition de contribuer au rapprochement de la recherche publique et privée et s’investit dans la réalisation de projets scientifiques d’excellence. Elle poursuit également une action de mécénat « d’intérêt général » affirmant son engagement sociétal et éthique dans le domaine des sciences, en particulier redonner le goût des sciences aux jeunes, susciter des vocations scientifiques et techniques et encourager la diffusion de la culture scientifique[98].

Le groupe Airbus a été un sponsor de l'écurie de Formule 1, Caterham F1 Team en 2014, mais également des clubs de rugby à XV du Stade toulousain[Quand ?] et des Cardiff Blues[Quand ?].

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Pour l'année 2017, Airbus SAS, Airbus Helicopters et Airbus Defence and Space déclarent à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant global qui n'excède pas 375 000 euros[99],[100],[101].

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Airbus Group est inscrit depuis 2008 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2015 pour cette activité 6,5 collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 1 750 000 et 2 000 000 euros. Sur le même exercice, Airbus Group a reçu 30 millions d'euros de subventions des institutions de l'Union européenne[102].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. rapport annuel
  2. a b c d e f g h et i Rapport annuel 2017
  3. rapport annuel
  4. rapport annuel
  5. rapport annuel
  6. a b et c Jean-Pierre Masseret et Jacques Gautier, L'Airbus militaire A400M sur le « chemin critique » de l'Europe de la défense : Rapport d'information, fait au nom de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et de la commission des finances du Sénat français, , 96 p. (lire en ligne)
  7. Le Parisien.
  8. (en) « First order, first flight (1970-1972) », sur airbus.com
  9. « Technology leaders (1977-1979) », sur airbus.com
  10. (en) « Fly-by-wire (1980-1987) », sur airbus.com
  11. (en) « The family grows (1988-1991) », sur airbus.com
  12. (en) « History », sur helicopters.airbus.com
  13. Claude Barjonet, « Privatisation de Thomson-CSF: Matra veut fédérer l'industrie européenne de défense », sur www.lesechos.fr,
  14. (en) Andrea Rothman et Landberg, Reed, « Europe Defense Firms Feel Pressure to Unite », The Seattle Times,‎ (lire en ligne)
  15. a et b Cour des comptes, Les faiblesses de l’État actionnaire d’entreprises industrielles de défense (rapport public thématique), , chap III ; I - La perte progressive de tout contrôle actionnarial de l’État sur Dassault-Aviation
  16. a b et c Dominique Gallois, « EADS - BAE : Toute ressemblance avec des personnes ou des situations ayant déjà existé… », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  17. a et b Cour des comptes, Les faiblesses de l’État actionnaire d’entreprises industrielles de défense (rapport public thématique), (lire en ligne), chap IV ; I - A- Des conditions initiales peu favorables à la défense des intérêts patrimoniaux de l’État
  18. a b c et d « Rapport annuel 2000 », sur www.eads.com
  19. Cour des comptes, Les faiblesses de l’État actionnaire d’entreprises industrielles de défense (rapport public thématique), , chap IV ; I - B - Un dispositif de contrôle actionnarial qui s’est rapidement révélé inadapté
  20. Patrick Lamm et Jean-Pierre Neu, « Philippe Camus : Ni BAe, ni Thomson-CSF, ni Dassault ne sont invités au capital d'EADS », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  21. a et b Michel Barabel, Gaël Le Boulch et Olivier Meier, « Le management interculturel au sein du groupe EADS (2004-2005) », dans Olivier Meier, Management interculturel, Paris, Dunod, (ISBN 978-2-10-058746-9)
  22. Anne-Marie Rocco, « Airbus devient une société privée et lance son avion gros porteur, l'A3XX », Le Monde,‎
  23. « EADS completes full acquisition of Astrium »,
  24. Gilles Gaetner et Jean-Marie Pontaut, « Les coulisses d’une affaire d’État », L’Express,‎ (lire en ligne)
  25. Cour des comptes, Les faiblesses de l’État actionnaire d’entreprises industrielles de défense (rapport public thématique), , chap III - II ; 2008 : le partage du contrôle actionnarial de Thales avec Dassault
  26. Grégoire Biseau, « EADS-Thales: sous la fusion, la guerre de succession », Libération,‎ (lire en ligne)
  27. Grégoire Biseau, « L'alliance Thales-Alcatel, une gifle pour EADS », Libération ,‎ (lire en ligne)
  28. Michel Cabirol, « Coopérations dans l'espace : Thales Alenia Space et Astrium sur une orbite différente », sur www.latribune.fr,
  29. Dominique Gallois, « Malgré des ventes record, EADS dans le rouge », Le Monde,‎
  30. Anne de Guigné, « Délit d'initié : l'affaire EADS enfin refermée », Le Figaro,‎
  31. Nicol Penicaut, « Noël Forgeard, descendu en plein vol », Libération,‎ (lire en ligne)
  32. « Le "parachute doré" de Noël Forgeard continue de faire parler de lui », sur www.lemonde.fr,
  33. a b c et d Rapport annuel 2001
  34. a b et c Rapport annuel 2002
  35. a b et c Rapport annuel 2003
  36. a b et c Rapport annuel 2004
  37. a b c et d Rapport annuel 2005
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  40. a et b Pierre Bayle, « Un tramway nommé Airbus »,
  41. Dominique Gallois, « EADS veut être moins dépendant de l'aviation civile », Le Monde,‎
  42. « EADS présente sa « vision 2020 » »,
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  46. Guy Dutheil, « Airbus Group fusionne ses filiales Sogerma et Aerolia », sur www.lemonde.fr
  47. Bruno Trévidic, « Fabrice Brégier : «Airbus a largement dépassé ses objectifs d'économies» », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  48. Dominique Gallois, Guy Dutheil, Frédéric Lemaître et Marc Roche, « EADS-BAE : récit d’une négociation au pas de charge jusqu’à l’échec », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  49. Cour des comptes, Les faiblesses de l’État actionnaire d’entreprises industrielles de défense (rapport public thématique), , chap IV ; II - L’échec du projet de rapprochement EADS - BritishAerospace
  50. a b et c Rapport annuel 2008
  51. a b c et d Rapport annuel 2009
  52. a b et c Rapport annuel 2010
  53. a b et c Rapport annuel 2011
  54. a b c et d Rapport annuel 2012
  55. Cour des comptes, Les faiblesses de l’État actionnaire d’entreprises industrielles de défense (rapport public thématique), , chap IV ; III - Le rééquilibrage actionnarial : l’accord du 5 décembre 2012
  56. Michel Cabirol, « Pourquoi EADS va s'appeler Airbus le 1er juillet 2014 », sur www.latribune.fr,
  57. Vincent Lamigeon, « EADS concentre ses forces autour d'Airbus », sur www.challenges.fr,
  58. Guy Dutheil, « Airbus pourrait revoir à la baisse son plan de restructuration », sur Lemonde.fr,
  59. Véronique Guillermard, « Airbus engage un plan de cessions dans le militaire et le spatial », sur www.lefigaro.fr,
  60. Véronique Guillermard, « Airbus Group fusionne avec Airbus »,
  61. Airbus Group va supprimer près de 1.000 postes, Le Figaro, 29 novembre 2016
  62. Dominique Gallois, « Airbus : Dassault, c’est fini ! », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  63. (en) Antoine Gelain, « Opinion: A Critical Look At Airbus’s Push For Disruption », sur aviationweek.com,
  64. Michel Cabirol, « Airbus et Safran lancent une OPA sur les activités spatiales de l'Etat », sur www.latribune.fr,
  65. Dominique Gallois, « Ariane 6, un chantier européen pour rester dans la course spatiale », sur www.lemonde.fr,
  66. Michel Cabirol, « Airbus et Safran lancent enfin Airbus Safran Launchers », sur www.latribune.fr,
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  68. a b c d et e Rapport annuel 2016
  69. Véronique Guillermard, « Airbus au secours du canadien Bombardier », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  70. a b c et d Rapport annuel 2013
  71. a b c et d Rapport annuel 2014
  72. a b c d et e Rapport annuel 2015
  73. Vincent Lamigeon, « Airbus: l'incroyable saga d'un géant de l'aéronautique », sur www.challenges.fr,
  74. (en) « History / The narrative / Building on a record year (2014) », sur aircraft.airbus.com
  75. « The A220 Family », sur www.airbus.com (consulté le 11 juillet 2018)
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  79. a et b (en) « Corporate Governance », sur company.airbus.com (consulté le 21 avril 2017)
  80. (en) « Board of Directors », sur company.airbus.com (consulté le 1er juillet 2017)
  81. (en)« Executive Comitee », sur airbus.com (consulté le 18 août 2018)
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  96. Paradise Papers : au cœur d’un scandale mondial, documentaire d'Édouard Perrin avec Solène Patron, Cash Investigation, 2017, 120 minutes
  97. Vincent Bouquet et Delphine Iweins, « Optimisation fiscale : les entreprises sous haute surveillance », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  98. http://fondation.airbus-group.com/ Site officiel de la Fondation d'entreprise Airbus Group
  99. « Fiche Organisation «  Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur www.hatvp.fr (consulté le 3 juin 2018)
  100. « Fiche Organisation «  Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur www.hatvp.fr (consulté le 3 juin 2018)
  101. « Fiche Organisation «  Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur www.hatvp.fr (consulté le 3 juin 2018)
  102. « Registre de transparence », sur europa.eu (consulté le 19 octobre 2016).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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