LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton

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LVMH
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Logotype de LVMH

Création
Forme juridique Société européenne à conseil d'administration[1]
Slogan « Le Futur de la Tradition »
Siège social Drapeau de France 22, avenue Montaigne, Paris (France)
Direction Bernard Arnault, Pierre Godé, Antonio Belloni
Actionnaires Groupe Arnault, via Holding Christian Dior : 46,4 %
Institutionnels étrangers : 29,8 %
Institutionnels français : 14,8 %
Personnes physiques : 4,9 %
Autocontrôle : 1,6 %
Famille Bulgari : 2,5 %
Activité Luxe, Culturel, Média
Produits vins, spiritueux, mode, maroquinerie, parfums, cosmétiques, montres, joaillerie, distribution sélective, médias
Société mère Christian Dior S.A. (Groupe Arnault)
Effectif 120 000 (2014)[2]
SIREN 775 670 417
Site web lvmh.fr
Capitalisation 73,54 G€ (4 décembre 2014)
Chiffre d’affaires en augmentation 30,6 milliards € en 2014
Résultat net en augmentation 3,4 milliards € en 2013[3]
en augmentation 5,65 milliards € en 2014
+2% 2013 vs 2012

LVMH (initialement pour Louis Vuitton Moët Hennessy LVMH ; Euronext : MC, OTCBB : LVMUY) est un groupe français d'entreprises, fondé par Alain Chevalier et Henri Racamier, devenu chef de file mondial de l'industrie du luxe en termes de chiffre d'affaires[4], issu du rapprochement en 1987 de Moët Hennessy et de Louis Vuitton et dirigé par Bernard Arnault. Moët Hennessy est une entreprise formée en 1971 de la fusion entre le producteur de champagne Moët et Chandon et Hennessy, le fabricant de cognac.

La firme est numéro un mondial du luxe grâce à son portefeuille de plus de soixante marques de prestige dont certaines sont plusieurs fois centenaires, comme Château d'Yquem (1593), Moët & Chandon (1743), Hennessy (1765), Guerlain (1828), Louis Vuitton (1854), Krug (1843), Whisky Glenmorangie (1843).

Historique[modifier | modifier le code]

Le à l'hôtel Plazza-Athénée, Alain Chevalier et Henri Racamier, alors respectivement patrons de Moët Hennessy et de Louis Vuitton annoncent la création de LVMH, union de leurs groupes[5]. Pourtant les deux hommes ne s'entendent pas, les tensions personnelles sont nombreuses et récurrentes : l'avenir de cette union est terne selon les analystes[6]. Mais cette nouvelle entité est composée, entre autres, des Parfums Christian Dior, ce qui attise la convoitise de Bernard Arnault qui espère regrouper les parfums avec la couture qu'il possède depuis le rachat suivi du démantèlement de Boussac[7]. De plus, propriétaire de Céline et Christian Lacroix depuis peu[8], un tel groupe serait une parfaite structure pour ses acquisitions récentes. Jouant sur les divergences des deux fondateurs, Bernard Arnault présente une offre à Alain Chevalier qui refuse tout net[6].

En s'associant avec le brasseur Guiness, Bernard Arnault créé une nouvelle société avec l'aval d'Henry Racamier[7], coquille vide destinée à racheter des actions LVMH : c'est chose faite en quelques mois, où après le krach d'octobre 1987, la nouvelle entreprise possède plus de 40 % des actions du groupe de luxe, achetées pour un prix modique[9]. Il ne reste plus à Bernard Arnault qu'à se séparer de Guiness puis des deux fondateurs Chevalier et Racamier[7] : après maintes péripéties juridiques, Bernard Arnault devient officiellement patron de LVMH en avril 1990[9]. En 1999, il achète l'horloger suisse TAG Heuer.

Le 10 septembre 2001, LVMH règle son litige avec PPR (devenu KERING le 22 mars 2013) en lui cédant les 20 % de sa participation dans le Gucci Group. En 2002, LVMH revend Pommery au groupe Vranken Monopole. En novembre 2004, LVMH lance, avec succès, une OPA sur Glenmorangie. En 2008, il acquiert Hublot un autre horloger suisse. Le 14 octobre 2010 LVMH détient 14 % du capital d'Hermès.

En 2011, l'horloger italien Bulgari et le maroquinier français Berluti passent dans le giron de LVMH. En juillet 2013, l'italien Loro Piana (it) spécialisé dans le vêtement en cachemire rejoint LVMH. Le 30 juin 2014, LVMH détient 23,2 % du capital d'Hermès. En septembre, LVMH et Hermès règlent leur litige. Le premier distribue sort du capital du second en distribuant ses actions Hermès à ses actionnaires.

À l'exception notable de Christian Lacroix, propriété personnelle de Bernard Arnault lors de sa création, le but de ce groupe est clairement d'acheter des marques plutôt que d'en fonder, puis de multiplier les synergies entre-elles[10]. En 2014 ouvre la Fondation d'entreprise Louis Vuitton.

En avril 2015, LVMH acquiert, à travers L Capital Asia, un fonds d'investissement contrôlé par LVMH, et M1 Fashion, Pepe Jeans[11], puis en juillet 2015, il rachète, en propre, 5% de la société des bains de mer de Monaco[12]

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Siège parisien

Détenu à 47,4 %[13] par le Groupe Arnault au travers de sa holding Christian Dior SA, et donc par Bernard Arnault, LVMH emploie en 2008 près de 83 500 personnes et possède 2 545 magasins dans le monde à fin 2009. Avec un chiffre d’affaires de 21,7 milliards de dollars en 2013, LVMH occupe la première place du classement des acteurs de luxe de Deloitte dans le cadre de son étude mondiale Global Powers of Luxury Goods[14][15]

Le groupe s'est fortement développé par la croissance de ses marques Louis Vuitton, Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot, Hennessy, Guerlain, Parfums Christian Dior, Givenchy, Kenzo, Céline ou Berluti. Il a notamment acquis en 1999 la marque horlogère suisse TAG Heuer, en 2004 la marque de whisky écossais Glenmorangie et en 2008 la firme horlogère Hublot.

Le groupe possède également un grand nombre de participations dans plusieurs secteurs à travers ses fonds d'investissement L Capital et L Capital Asia.

Métiers[modifier | modifier le code]

Le groupe est organisé autour de cinq pôles d'activités :

Vins et spiritueux[modifier | modifier le code]

Ce pôle regroupe des marques d'alcools comme

Il est très présent dans le vin de Champagne avec Moët & Chandon, Dom Pérignon, Mercier, Veuve Clicquot-Ponsardin, Krug ou la Maison Ruinart. Il a vendu en revanche la Maison Pommery en 2002 et la Maison Montaudon (mais pas les vignobles qui servaient à sa production).

La production viticole couvre aussi d'autres vignobles avec le Château Cheval Blanc à Saint-Émilion, le Château d'Yquem, le domaine du Clos des Lambrays en Bourgogne [17], le domaine Chandon présent en Californie, en Argentine, au Brésil et en Australie, la marque Cloudy Bay en Nouvelle-Zélande, Cape Mentelle en Australie, Bodegas Chandon, Terrazas de los Andes et Cheval des Andes en Argentine, Newton en Californie et Numanthia en Espagne.

Mode et maroquinerie[modifier | modifier le code]

Dans le secteur de la mode, le groupe LVMH possède les marques Louis Vuitton, Loewe, Fendi, DKNY, Berluti racheté en 2011, Givenchy, Marc Jacobs, Kenzo, Emilio Pucci, Thomas Pink, Céline, StefanoBi, Donna Karan, Nowness[18], ou encore le tailleur parisien de la rue de Sèvres Arnys racheté en 2012 afin de l'associer à Berluti[19]. Louis Vuitton, avec 7 milliards d'euros pour 2012, représente les trois-quarts du chiffre d'affaires de la division « Mode et maroquinerie »[20] et la moitié des profits du groupe LVMH[21].

En 2009 le groupe prend possession de la marque EDUN pour fournir l'essentiel du support de l'investissement et de l'infrastructure afin de la pousser à ce faire une place sur la scène mondiale de la mode[22]. Le , le groupe rachète 80% de la maison italienne, spécialisée dans le cachemire, Loro Piana pour 2 milliards d'euros, le solde de l'actionnariat restant dans les mains de la famille fondatrice. Le le Groupe annonce son entrée au capital de la marque italienne Marco de Vincenzo à hauteur de 45% [23].

Parfums et cosmétiques[modifier | modifier le code]

LVMH possède les marques suivantes :

En 2010, LVMH souhaite vendre La Brosse et Dupont[24].

Les marques Bliss, Hard Candy, Urban Decay, acquises au début des années 2000, ont été revendues depuis.

Montres et joaillerie[modifier | modifier le code]

Le groupe est présent dans l'horlogerie et la joaillerie avec les marques TAG Heuer, marque la plus rentable du pôle « Montres et joaillerie »[25], Chaumet, Zenith, Fred, Dior Montres, Hublot, De Beers, ou Bvlgari rachetée en février 2011 pour quatre milliards d'euros[26].

La marque Omas a été revendue en 2007.

En 2013, le chiffre d'affaires du pôle montres et joaillerie a progressé de 4% [27].

Distribution sélective[modifier | modifier le code]

Sephora, La Samaritaine, Le Bon Marché, Duty Free Shoppers-DFS, La Grande Épicerie, Franck et Fils, Miami Cruiseline Services appartiennent au pôle Distribution. En 2013, le pôle distribution sélective a enregistré une hausse de 17% vs 2012 [28].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Polémiques[modifier | modifier le code]

En , une polémique éclate lorsqu’il apparaît que le groupe LVMH fait partie des 30 principaux bénéficiaires de la PAC[pourquoi ?][30].

Le , Antonio Belloni, directeur général adjoint de LVMH, revend la totalité de ses stock-options et réalise une plus-value de 18 millions d’euros dans la journée[31]. Pas de délit d’initié mais selon l’AMF un « profit d’initié » qui l’amène à réviser son « code de bonne conduite ».[pertinence contestée]

En , LVMH entre, de manière dissimulée, au capital d’Hermès.

Article détaillé : Hermès International.

Direction de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

En 2013, le conseil d'administration de LVMH est composé de[32]:

Comité exécutif[modifier | modifier le code]

  • Chris de Lapuente, Sephora
  • Christophe Navarre, Vins & Spiritueux
  • Francesco Trapani, montres et joaillerie
  • Daniel Piette, Fonds d'investissement
  • Pierre-Yves Roussel, Mode
  • Mark Weber, Donna Karan, LVMH Inc.
  • Jean-Baptiste Voisin, stratégie

Actionnaires[modifier | modifier le code]

Au  :

  • Groupe Arnault : 46,5 %
  • Institutionnels étrangers : 32,6 %
  • Institutionnels français : 12,9 %
  • Personnes physiques: 5,1 %
  • Autocontrôle : 1,5 %
  • Famille Bulgari : 1,4%

Données financières[modifier | modifier le code]

Données financières en millions d'euros [33]
Années 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014[34]
Chiffre d'affaires 12 693 11 962 12 623 13 962 15 306 16 481 17 193 17 053 20 320 23 659 28 103 29 149 30 600
Résultat d'exploitation NC 2 182 2 420 2 894 NC NC NC NC NC NC NC NC
Résultat net part du groupe 556 723 1 194 1 440 1 879 2 025 2 026 1 755 3 032 3 065 3 424 3 436 2 950
Capitaux propres part de groupe 7 070 7 034 7 782 9 459 10 603 11 590 13 793 14 785 18 204 23 512 25 666 NC
Dettes financières à long terme 5 800 4 207 4 188 3 747 3 235 2 477 3 738 4 077 2 730 4 702 4 363 3 145

En 2012, le groupe LVMH a payé un total de 1820 millions d’euros d’impôts sur les sociétés[35]. Son PDG affirme que le groupe paye plus d’un milliard d’euros sur les sociétés en France[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. LVMH (aussi) va devenir une société européenne, la Tribune, 18 février 2014
  2. « Le Groupe », LVMH (consulté le 26 juin 2015)
  3. Challenges, 2 février 2012
  4. LVMH - Moet Hennessy Louis Vuitton Vêtements et accessoires de marque
  5. Airy Routier, L'ange exterminateur : la vraie vie de Bernard Arnault, Albin Michel,‎ 2003, p. 134
  6. a et b Marchand 2001, Le patron qui venait du Nord, p. 81
  7. a, b et c « Bernard Arnault, prédateur de grand luxe », sur liberation.fr,‎ (consulté le 1 décembre 2014)
  8. Marchand 2001, Le patron qui venait du Nord, p. 80
  9. a et b Marchand 2001, Le patron qui venait du Nord, p. 82
  10. Paquita Paquin et Cédric Saint-Andre Perrin, « OPA sur la mode et l'art », Culture, sur liberation.fr,‎
  11. LVMH: Bruxelles autorise l'opération Pepe Jeans sur abcbourse.com
  12. LVMH: prend 5% du capital des Bains de Mer de Monaco sur abcbourse.com
  13. Enquête Euroclear France décembre 2009
  14. Carole Soussan, « LVMH 1er sur le podium du Global Powers of Luxury Goods », CB News,‎ (lire en ligne)
  15. « Global Powers of Luxury Goods 2014 : In the hands of the consumer », sur www2.deloitte.com (consulté le 17 juin 2015)
  16. Rapport annuel du groupe
  17. Vins : LVMH s'empare d'un grand cru en Bourgogne, Challenges, 14 avril 2014
  18. Liste des marques « Mode & maroquinerie » sur le site officiel de LVMH
  19. Olivier Wicker, « Grandes manœuvres dans la mode masculine », Le Nouvel Observateur, no 2485,‎ , p. 30 (ISSN 0029-4713)
  20. « Inquiétudes autour de Vuitton », sur bfmtv.com,‎ (consulté le 26 novembre 2012)
  21. Thiébault Dromard, « Vuitton dit adieu à ses années folles », Challenges, no 323,‎ , p. 42 (ISSN 0751-4417)
  22. http://www.lvmh.com/the-group/lvmh-companies-and-brands/fashion-leather-goods/edun
  23. COR-LVMH investit dans la marque Marco de Vincenzo, Challenges, 24 février 2014
  24. http://www.capital.fr/bourse/actualites/lvmh-souhaite-vendre-la-brosse-et-dupont-503355
  25. Thiébault Dromard, « Tag Heuer s'émancipe sans dommage », Challenges, no 325,‎ , p. 36 (ISSN 0751-4417)
  26. http://www.wat.tv/video/bulgari-rachete-par-lvmh-3h603_2i0u7_.html
  27. Thiébault Dromard,[1], Challenges, 2 février 2012
  28. Résultats LVMH 2013, Site LVMH, 30 janvier 2014
  29. Les Echos 01/07/2013
  30. Agriculture. Les surprises de la PAC, Le Télégramme, 1 mai 2009
  31. Isabelle de Foucaud, LVMH : un dirigeant empoche 18 millions d'euros en un jour, Le Figaro, 7 novembre 2010
  32. « Conseil d'Administration », LVMH (consulté le 7 mars 2011)
  33. « Rapports Financiers LVMH »
  34. « LVMH en 2014: un record de 30 mds d'euros de ventes et un bénéfice gonflé grâce à Hermès », sur https://fashionunited.fr,‎ (consulté le 28 juin 2015)
  35. Le Cac 40 paie beaucoup d'impôt sur les sociétés... mais combien en France?, L'Express, 24 juillet 2013
  36. Arnault renonce à la nationalité belge, Le JDD, 10 avril 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : LVMH.

Lien externe[modifier | modifier le code]