François Pinault

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François Pinault
François Pinault Stade rennais - Le Havre AC 20150708 44.jpg
François Pinault en juillet 2015.
Biographie
Naissance
(82 ans)
Les Champs-Géraux (Côtes-d'Armor)
Nationalité
Activité
Entrepreneur
Enfant
François-Henri Pinault (fils)
Dominique Pinault (fils)
Laurence Pinault (fille)
Autres informations
Distinctions

François Pinault, né le aux Champs-Géraux (Côtes-d'Armor), est un homme d'affaires et milliardaire français, fondateur des sociétés Artémis et Kering (anciennement PPR).

Autodidacte, François Pinault crée son entreprise en 1962 dans le négoce de bois avant de la transformer en un grand groupe du secteur. À la fin des années 1980, il diversifie ses activités en entrant dans le secteur de la distribution spécialisée puis dans le secteur du luxe (à la fin des années 1990). En 2003, il passe le relais à son fils, François-Henri, pour se consacrer à sa passion pour l'art contemporain.

François Pinault est classé comme détenant la 30 e fortune mondiale en 2019, et figure parmi les 10 plus grands collectionneurs d'art contemporain au monde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

François Pinault nait aux Champs-Géraux, une commune rurale au sud-est de Dinan dans les Côtes-d'Armor, à la limite de l'Ille-et-Vilaine. Son père est un marchand de bois d'origine paysanne. La famille parle le patois gallo à la maison[1] où sa mère et sa grand-mère font régner une solide foi catholique[2]

François Pinault quitte l'école à seize ans. Après s'être engagé volontaire en Algérie en 1956[3], il rencontre Louise Gautier, la fille du marchand de bois fournisseur de la scierie de son père[3] qui l'embauche. Après son mariage en 1960 avec celle-ci, mariage qui durera cinq ans[4] et dont il a 3 enfants — François-Henri, qui a aujourd'hui repris la direction du groupe fondé par son père, Dominique, avocat, et Laurence, directrice de théâtre[5] (tous les trois ont grandi dans un pavillon de la banlieue de Rennes[6]) —, il reprend l'entreprise avec l'aide du Crédit lyonnais[7] et l'appui de son beau-père qui lui prête même 447 000 francs[8] et la renomme Établissements Pinault.

C'est sa seconde femme, Maryvonne Campbell[3], antiquaire à Rennes, qu'il épouse en 1970, qui lui fait découvrir le monde de l'art[9].

Création d’un empire du bois[modifier | modifier le code]

Après le rachat de l'entreprise de son beau-père, renommée Établissements Pinault le , François Pinault développe son chiffre d’affaires. En 1969, sept ans après sa création, l’entreprise importe 35 000 m3 de sapins du Nord[10]. François Pinault modernise le système de transport, et parvient à s’émanciper des intermédiaires pour traiter directement avec les scieries[11]. L'entreprise Établissements Pinault lance alors une guerre des prix à la fin des années 1970 et rachète la plupart de ses concurrents. En 1969, sept ans après sa reprise, elle importe 35 000 m3 de sapins du Nord[12]. La Fédération des importateurs porte plainte contre François Pinault après avoir découvert qu’il trichait sur la longueur de ses produits, mettant sur le marché des planches de 60 sur 170 cm en les vendant pour du 65 sur 180 cm. François Pinault doit accepter une transaction pour régler l’affaire[13].

En 1970, François Pinault épouse Maryvonne Campbell, antiquaire à Rennes qui l'introduit dans le monde de l'art[14].

En 1973, sous la pression du Crédit Lyonnais[15], il vend son entreprise à Venesta International, une holding britannique, pour 25 millions de francs. fait fructifier sa fortune en spéculant sur le marché du sucre grâce à un tuyau de Roland Gadala, administrateur de Peugeot et de Saint-Gobain. Avec l'envolée des cours du sucre en 1974, il empoche 10 millions de francs pour une mise initiale de 300 000[16],[17]. Doté d’une nouvelle fortune, il reprend Pinault SA à Venesta, alors au bord du dépôt de bilan, pour 10 millions de francs[2],[18]. En 1976, il rencontre Jacques Chirac à qui il rend service en rachetant le fabricant d'étagères Bruynzell implanté dans la circonscription du futur président[19].

Lors du premier choc pétrolier, il sent que la crise va atteindre le secteur du bois. Il se rend chez tous ses fournisseurs étrangers pour rapidement mettre fin à ses contrats d'importation. Quelques mois plus tard, les cours du bois s'effondrent, ce qui provoque la faillite de nombreux concurrents[2].

Reprise d'entreprises en difficulté[modifier | modifier le code]

À partir de 1978, François Pinault constitue une équipe spécialisée dans les reprises d'entreprises en difficulté et reprend plus de 60 sociétés[20],[21]. Il récupère des affaires de négoce, des menuiseries industrielles ou encore des fabricants d'huisseries, de lambris et de toitures. En 1981, il déménage à Paris[22]. En 1983, il devient membre de l'Association française des entreprises privées (AFEP)[18].

En 1986, il rachète le fabricant de panneaux de bois Isoroy pour un franc symbolique. Il y investit 400 millions, dont 130 millions de subventions publiques, supprime 1/4 des postes, et revend l'entreprise en 1992[23]. En 1987, il rachète le producteur de papier journal Chapelle Darblay (dans laquelle l’État a injecté 2,3 milliards de francs en 6 ans) avec un prêt de 300 millions du Crédit lyonnais et en partenariat avec le Canadien Cascade. En 1990, Pinault SA revend Chapelle Darblay aux groupes suédois Stora et finlandais Kymmene pour 1,4 milliard de francs[24].

Virage vers la distribution spécialisée et le luxe[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Kering et Artemis (holding).

Le 25 octobre 1988, Pinault SA fait son entrée à la bourse de Paris[25]. En mars 1989, Pinault SA rachète la CFAO, puis les deux entités fusionnent l'année suivante. Parmi les perles de la CFAO, la CDME (distribution de matériel électrique) qui devient Rexel, société stratégique du groupe[26]. CFAO possède également l'enseigne de supermarchés La Ruche méridionale qui est cédée à Casino en 1990[27].

En 1991, lorsque Bernard Arnault restructure son groupe autour de ses activités luxe, il cède Conforama au groupe de François Pinault[28]. Il rachète la holding détenant Printemps pour 5,3 milliards de francs. Il utilise un montage pour éviter une OPA en faisant perdre les droits de vote doubles de certains actionnaires[29]. Le 22 décembre 1992, Pinault SA devient Pinault Printemps. Le groupe représente un chiffre d'affaires annuel de 70 milliards de francs mais affiche un endettement qui annonce des cessions à venir[30].

En 1992, il crée également Artémis, qui contrôle Pinault SA à 54,6% et qui est contrôlé par Financière Pinault à 75,5%. La famille Pinault maintient 55% du capital de la Financière Pinault[31]. Le Crédit lyonnais (via Clinvest) entre à hauteur de 20% au capital de Financière Pinault[32], et 24,6% dans Artémis[33]. La même année, Artémis rachète les junks bonds de la compagnie d’assurance-vie californienne Executive Life alors en dépôt de bilan avec l'appui financier d'Altus (filiale du Crédit lyonnais). Les titres reprennent de la valeur à la faveur d’un retournement de conjoncture économique[34].

En 1994, François Pinault fusionne Pinault-Printemps avec La Redoute pour créer le groupe Pinault-Printemps-Redoute[35]. Il reprend 64,6% de la Fnac[36] et entre au conseil d’administration du Crédit lyonnais[37].

En 1997, ayant souscrit à un emprunt de 140 millions de francs pour acquérir de nouvelles actions de ses propres sociétés, François Pinault parvient à ne pas payer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF)[38]. Artémis rachète Le Point[39] la maison de ventes aux enchères Christie's en 1998, puis le magazine financier L'Agefi en 2000[40]. En 1998, Artémis rachète le Stade rennais. En décembre 1998, Vincent Bolloré cède à Artémis les 12,61% de parts qu'il détient dans Bouygues, ce qui fait monter la participation du holding de François Pinault dans Bouygues à 16%[41].

En mars 1999, l'homme d’affaires réussit un coup d'éclat en reprenant, dans la même journée, 40% de la marque de luxe Gucci, et 100% de Sanofi Beauté, qui possède Yves Saint Laurent, Roger & Gallet, et Van Cleef & Arpels. Ces acquisitions signent le virage de son groupe vers le secteur du luxe[42]. Les autres activités financières sont cédées progressivement. En 2013, PPR devient Kering, groupe de luxe français propriétaire de Gucci, Yves Saint-Laurent, Bottega Veneta, Boucheron (acheté en 2000), Alexander McQueen (2001)…[43].

Passation de pouvoir[modifier | modifier le code]

Article connexe : François-Henri Pinault.
François Pinault et son fils François-Henri en juillet 2016.

À partir du milieu de l'année 2000, François Pinault partage la gestion de Financière Pinault avec son fils François-Henri[44], structure qu’il cède en donation-partage à chacun de ses 3 enfants le 21 août 2001[45].

En mai 2003, il cède à son fils François-Henri la présidence d'Artémis[44], ainsi que son poste de vice-président du conseil de surveillance de Pinault-Printemps-Redoute[46].

En 2005, Pinault-Printemps-Redoute devient PPR. Le 21 mars 2005, son fils François-Henri devient président du directoire de PPR[47],[48]. Il poursuit alors la stratégie de recentrage du groupe autour des activités luxe engagée sous la gouvernance de son père, et renomme le nouvel ensemble Kering en 2013[49]. En 2018, le groupe Kering enregistre un chiffre d’affaires de 13,66 milliards d’euros, en progression de 26,3% par rapport à l’année précédente[50].

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Article connexe : Collection Pinault.

François Pinault est un riche collectionneur d'art et possède une collection estimée à 1,4 milliard de dollars[51]. Il figure parmi les 10 plus grands collectionneurs d'art contemporain au monde[52]. Il a pris goût à l'art moderne et contemporain à la fin des années 1980. Dans les années 1970, lors d'une exposition, François Pinault achète son premier tableau, une femme dans une cour de ferme peinte par Paul Sérusier, puis enchaîne les acquisitions de tableaux de peintre du début du XXe. En 1990, il achète le Tableau Losangique II de Piet Mondrian pour $8,8 millions[53]. Il constitue dans les années 1990 une importante collection privée d'art contemporain. En 1998, il réalise l'acquisition de la maison britannique de ventes aux enchères Christie's pour 1,2 milliard d'euros[54]

En 2000, François Pinault annonce son intention de bâtir un musée sur l'île Seguin pour y héberger une fondation d'art contemporain à son nom[55]. Le projet suppose de vastes remaniements d'urbanisme pour la ville de Boulogne-Billancourt, ce qui ralentit le plan initial. La complexité du projet couplée aux contentieux avec les riverains et l'attentisme de Pinault retardent le lancement des travaux[53],[56].

En 2005, François Pinault renonce à son projet sur l'île Seguin. Il reprend 80% du Palazzo Grassi situé sur les bords du Grand Canal à Venise[56]. En avril 2006, après un an de rénovation menée par l'architecte japonais Tadao Andō, il inaugure le Palazzo Grassi avec la toute première exposition de sa collection intitulée Where are we going?[57].

En , après une forte lutte contre la fondation Guggenheim[58],[59], François Pinault reprend la Pointe de la Punta della Dogana, qui rajoute 5 000 m2 de surface d'exposition aux espaces du Palazzo Grassi[60]. Tadao Andō transforme l'ancien entrepôt en musée d'art contemporain. La réouverture a lieu en mai 2009[61]. En 2013, il lance la rénovation du Teatrino, petit théâtre adjacent au Palazzo Grassi, totalement en ruine. La rénovation est confiée à l’architecte japonais Tadao Andō qui y conçoit un auditorium de 320 places[62].

En 2015, François Pinault inaugure à Lens la première résidence d'artistes de Pinault Collection[63].

Au mois d'avril 2016, François Pinault officialise avec la mairie de Paris le projet de transformer la Bourse de commerce de Paris en musée d'art contemporain[64]. La rénovation du bâtiment est prise en charge par François Pinault et s’élève à 120 millions d’euros. 10 expositions par an sont prévues[65].

Pinault Collection développe une activité de prêts d'œuvres à l'international, et organise des expositions comme à Lille, Moscou, Dinard, Essen, et à Rennes dans l'ancien Couvent des Jacobins[66].

François Pinault entretient un lien étroit avec le monde de l'art. Il est réputé proche des artistes Jeff Koons, Cy Twombly, Richard Serra, Damien Hirst, Cindy Sherman[53]. L'artiste italien Maurizio Cattelan aurait déjà dessiné sa pierre tombale[48]. Bloomberg estime sa collection à 5 000 œuvres d'art représentant une valeur de 1,2 milliards d'euros, une estimation que Pinault Collection qualifie d'incorrecte sans donner de détails supplémentaires[67].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Préservation du patrimoine[modifier | modifier le code]

En 1990, suite à l'incendie de la forêt de Paimpont en Bretagne, François Pinault finance le projet de nettoyage et reboisement[68]. En 2000, il fournit une aide financière importante pour venir en aide aux îles bretonnes touchées par la propagation de pétrole suite au naufrage de l'Erika[69].

En 2000, François Pinault reprend le Théâtre Marigny, et place Robert Hossein à la direction artistique[70]. En 2018, après 5 années de fermeture pour des travaux s’élevant à 20 millions d’euros, le théâtre rouvre ses portes[71].

En avril 2019, suite à l'incendie de Notre-Dame de Paris, la famille Pinault annonce son intention de débloquer 100 millions d'euros pour sa reconstruction[72].

Vignobles et grands crus[modifier | modifier le code]

En 1993, François Pinault rachète 94,5% du vignoble de Château Latour (Pauillac - Médoc)[73].

En 2006, François Pinault reprend le domaine vigneron René Engel, renommé Domaine d'Eugénie (Vosne-Romanée)[74]. En 2011, François Pinault rachète Château-grillet (AOC) Condrieu)[75]. En 2012, il s'offre une ouvrée du prestigieux Grand Cru Le Montrachet achetée auprès du Château de Puligny-Montrachet[76]. En 2017, Artémis met la main sur le domaine Clos-de-tart (Côtes de Nuits)[77].

Fortune[modifier | modifier le code]

Le magazine Challenges estime sa fortune familiale à 30,5 milliards d'euros et le classe à la 6e place des fortunes françaises (2018)[78]. Le magazine Forbes estime sa fortune familiale à 33,6 milliards de dollars et le classe 30e fortune mondiale[79].

La capitalisation boursière de Kering, qu'il contrôle à hauteur de 41 % via Artémis, est de 33,3 milliards d'euros en 2019[80].

Relations politiques[modifier | modifier le code]

François Pinault a été proche du FN, et notamment de Jean-Marie Le Pen[81]. Certains le disaient plus proche de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, entretenant même quelques amitiés au PS[82], d'autres ont affirmé qu'il avait plaidé la cause de Nicolas Sarkozy auprès de l'ancien président après l'engagement de Sarkozy auprès d'Édouard Balladur pour la présidentielle de 1995[83]. Il est aussi propriétaire de l'hebdomadaire Le Point[84] dont le centre de gravité est au centre-droit et de tradition libérale.

En 2012, François Pinault fait connaître son intention de voter pour François Hollande[85]. Il s'associe avec Julie Gayet et Charles Gillibert (49 % des parts chacun) dans la société de production cinématographique Cinémaphore en juillet 2013[86]. Le 10 février 2014, le Canard Enchainé lève le voile sur le lien unissant François Hollande et son « milliardaire favori ». Leur amitié daterait de 2011[87].

Lors d'un entretien accordé à M, le magazine du Monde, le , François Pinault déclare qu'Emmanuel Macron « ne comprend pas les petites gens ». Il indique aussi qu'il a « peur qu'il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes »[88]. Cet entretien déclenche une vague de condamnation de la part de l'Élysée et des proches du Président de la République. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, déclarant notamment : « De la part de quelqu’un qui pendant longtemps n’a pas payé d’impôts, je ne suis pas certain qu’il comprenne lui-même les petites gens. »[89]

Controverses[modifier | modifier le code]

Démêlés fiscaux et plaintes pour escroqueries[modifier | modifier le code]

À la suite d'une plainte de la Fédération des importateurs, François Pinault subit un important redressement fiscal en 1978, en raison de nombreux versements effectués sur des comptes off-shore basés dans des paradis fiscaux, ainsi que de pratiques de surfacturation. Le , la Commission des infractions fiscales décide de poursuites pénales pour l’ensemble de ces infractions. En septembre 1981, il verse 2,25 millions de francs de réparation[90].

Affaire Pan Atlantic et Seabex Lumber[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980 et jusqu’en 1992, François Pinault a mis en place un système de double facturation sur des sociétés offshore : Pan Atlantic (domiciliée à Manhattan) et Seabex (domiciliée à Londres)[91]. Celles-ci alimentaient un compte en Suisse permettant d’échapper au contrôle renforcé des changes mis en place par le gouvernement socialiste[92] : « Pan Atlantic et Seabex fonctionnaient comme des sociétés écran. Leurs comptes ont été gérés sous de fausses identités et sous de fausses signatures, par des collaborateurs successifs de François Pinault. »[93].

Affaires Guermonprez, Lafa-Ranger et Isoroy[modifier | modifier le code]

En 1988, François Pinault revend la société Guermonprez, acquise quelque temps auparavant. La société revendue dépose le bilan quelques semaines après la vente, à la suite de la constatation de créances fictives et de faux stocks. L’acheteur, Christian Martin, porte alors plainte au pénal pour « délit de faux bilan, escroquerie et complicité d’escroquerie » avant d’accepter une transaction d’un montant de 700 000 francs contre le retrait de la plainte[94].

Dix ans plus tard, lors de la revente de la société Lafa-Ranger par François Pinault à Bernard Roques et Claude Caplan, les comptes apparaissent également truqués : de « graves irrégularités » sont commises avant la cession par le groupe Pinault, et elles ont été « commises volontairement »[95]. Pour ce motif, le tribunal arbitral infligera une condamnation de 220 millions de francs d’indemnités à François Pinault, en reconnaissant la faute délictuelle du dirigeant breton[96].

En 1992, la vente d’Isoroy au groupe allemand Glunz donne lieu également à contestation. Le contentieux, arbitré secrètement par un tribunal suisse, a là encore donné lieu à la condamnation des méthodes du groupe Pinault, et au versement de dédommagements de 71 millions de francs[97].

Affaires Executive Life[modifier | modifier le code]

En 1976, François Pinault vend 1/3 de la Financière Pinault à la Forest Product International (FPI), une société de droit néerlandais. En 2001, dans le cadre de l'affaire Executive Life, des documents de 1994 remontent à la surface qui l'identifie comme propriétaire de la FPI[98]. Il règle le différend avec le ministre des Finances Laurent Fabius en payant près de 450 millions d’euros au fisc français[99].

Entre 1997 et 2001, la justice californienne enquête sur le montage mis en place pour l’acquisition d'Executive Life, rappelant que la loi américaine interdit plus de 25% de participation d’une banque dans une compagnie d’assurance, et suspectant François Pinault d’agir en faux-nez pour le Crédit lyonnais[100],[101]. En 2004, Artémis écope d’une amende de $110 millions, mais François Pinault en sort blanchi[53].

Marchandisation de l'art[modifier | modifier le code]

En 2003, un article du Journal des Arts s'inquiète de l'absence de structure juridique de la « Fondation Pinault » et de la vente de 2 œuvres d'art censées figurer à son inventaire (un Klein et un Rothko) alors que son projet sur l'île Seguin a déjà donné lieu à de nombreuses subventions publiques, et qu'un organisme lié à l'art ne peut pas vendre son inventaire s'il bénéficie d'aides publiques[102],[56].

À la foire de Bâle de 2006, François Pinault s'est muni d’un faux badge de galeriste (prêté par son ami galeriste, Emmanuel Perrotin) pour visiter la foire avant l’ouverture et repérer les œuvres intéressante. Il s'est cependant fait repérer et exclure[103]. À d’autres occasions, François Pinault se serait déguisé en manutentionnaire pour entrer dans les foires avant leur ouverture[104].

L’exposition « Jeff Koons – Versailles », en 2008, a généré une polémique concernant le rôle de François Pinault et ses relations avec Jean-Jacques Aillagon alors directeur du château de Versailles.

Cette exposition, dirigée par ce dernier, a notamment mis en avant trois des artistes que François Pinault collectionne. Possédant la majorité des œuvres exposées à cette occasion, il a bénéficié d’une visibilité et crédibilité très importante, et leur cote s’est trouvée favorisée. François Pinault a prêté 6 œuvres de l'artiste en sa possession et en a revendu trois « pour plusieurs millions de dollars » grâce à l'augmentation de la cote de l'artiste faisant suite à cette exposition de Versailles[105].

Cela a conduit plusieurs journalistes à estimer que « le domaine public de Versailles était utilisé pour favoriser les intérêts privés du grand collectionneur français »[106].

De plus, le rôle de Jean-Jacques Aillagon est critiqué dans la mesure où c’est un proche de François Pinault. Après avoir été Ministre de la Culture, il a travaillé pour la société Palazzo Grassi SPA à Venise ainsi que pour la société Pinault Collection. Puis, de retour dans le public, Jean-Jacques Aillagon dirige l’établissement public de Versailles, où il organise l’exposition de Koons. Il redevient alors salarié de François Pinault comme administrateur délégué du Palazzo Grazzi[107], Directeur de Pinault Collection alors que son chef de cabinet Martin Bethenod est Directeur général de la société Collection Pinault-Paris, société qui va gérer le futur musée de la Bourse de Commerce de Paris[108].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le téléfilm La Dernière Campagne (2013), son rôle est interprété par Jean-Baptiste Malartre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  5. "Les enfants de François Pinault", Journal du net.
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  7. Renommé LCL depuis.
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  9. Airy Routier, « Patricia Barbizet, la femme de confiance », sur Challenges, .
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  11. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, p. 32.
  12. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 30
  13. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 34.
  14. Étienne Dumont, « François Pinault est-il vraiment un "artiste contemporain"? », Bilan,‎ (lire en ligne)
  15. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 42.
  16. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 45.
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]