François Pinault

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François Pinault
François Pinault Stade rennais - Le Havre AC 20150708 44.jpg
François Pinault en juillet 2015.
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité
Famille
François-Henri Pinault (fils)
Dominique Pinault (fils)
Laurence Pinault (fille)
Enfant
Autres informations
Distinction

François Pinault, né le , aux Champs-Géraux, dans les Côtes-du-Nord, est un homme d'affaires et milliardaire français, fondateur du holding Artémis et du groupe Kering (anciennement Pinault-Printemps-Redoute). Il est également un influent collectionneur d'art moderne et contemporain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

François Pinault et son fils François-Henri en juillet 2016.

Il nait aux Champs-Géraux, une commune rurale au sud-est de Dinan dans les Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor), à la limite de l'Ille-et-Vilaine. Son père est un marchand de bois d'origine paysanne. François Pinault quitte l'école à 16 ans. Après s'être engagé volontaire en Algérie en 1956[1] , il rencontre Louise Gautier, la fille du marchand de bois fournisseur de la scierie de son père[1] qui l'embauche. Après son mariage en 1960 avec celle-ci, mariage qui durera cinq ans[2] et dont il a 3 enfants — François-Henri, qui a aujourd'hui repris la direction du groupe fondé par son père, Dominique, avocat, et Laurence, directrice de théâtre[3] (tous les trois ont grandi dans un pavillon de la banlieue de Rennes[4]) —, il reprend l'entreprise avec l'aide du Crédit lyonnais[5] et l'appui de son beau-père qui lui prête même 447 000 francs[6] et la renomme Établissements Pinault,.

C'est sa seconde femme, Maryvonne Campbell[1], antiquaire à Rennes, qu'il épouse en 1970, qui lui fait découvrir le monde de l'art[7].

Financier et homme d’affaires[modifier | modifier le code]

Le négociant en bois (1962-1973)[modifier | modifier le code]

Après le rachat de l'entreprise de son beau-père, renommé Établissements Pinault le 2 janvier 1962, il développe son chiffre d’affaires. En 1969, sept ans après sa création, l’entreprise importe 35 000 m3 de sapins du Nord[8]. Il modernise le système de transport, et parvient à s’émanciper des intermédiaires pour traiter directement avec les scieries[9]. Les Établissements Pinault lancent alors une guerre des prix à la fin des années 1970 et rachètent la plupart de ses concurrents.

La plainte pour « grattage »[modifier | modifier le code]

La Fédération des importateurs porte plainte contre François Pinault après avoir découvert qu’il trichait sur la longueur de ses produits, mettant sur le marché des planches de 60 sur 170 cm en les vendant pour du 65 sur 180 cm. François Pinault doit accepter une transaction pour régler l’affaire[10].

En 1973, sous la pression du Crédit Lyonnais[11], il vend son entreprise à Venesta International, un holding britannique, pour 25 millions de francs.

Le « Tapie du bois » (1973-1988)[modifier | modifier le code]

François Pinault fait fructifier sa fortune en spéculant sur le marché du sucre en 1974 grâce à un tuyau de Roland Gadala, administrateur de Peugeot et de Saint-Gobain, qui le présentera ensuite à Jean Garnier. Il empoche 10 millions de francs pour une mise initiale de 300 000[12].

Puis, au tournant des années 1980, François Pinault devient repreneur d’entreprises en difficulté, se faisant surnommer le « Tapie du bois », ou même le « dépouilleur d’épaves » par les journalistes Pierre-Angel Gay et Caroline Monnot[13] qui ont écrit sa biographie à la fin des années 1990. Avec l’aide de Jean Leprince, de Bernard Roques, de Gilles Silberman et de Claude Caplan, il récupère des affaires de négoce, des menuiseries industrielles ou encore des fabricants d’huisseries, de lambris et de toitures.

Infractions fiscales et poursuites pénales[modifier | modifier le code]

Suite à une nouvelle plainte de la Fédération des importateurs, François Pinault subit un important redressement fiscal en 1978, en raison de nombreux versements effectués sur des comptes off-shore basés dans des paradis fiscaux, ainsi que de pratiques de surfacturation. Le 28 décembre 1978, la Commission des infractions fiscales décide de poursuites pénales pour l’ensemble de ces infractions. François Pinault y échappera grâce à une transaction de 2,25 millions de francs en septembre 1981[14].

Le réseau politique[modifier | modifier le code]

La politique l'intéresse. Il choisit alors de se rapprocher des jeunes Républicains indépendants, dont le patron à Rennes, est Jean-Marie Le Chevallier, futur maire Front national à Toulon. Il s'engage en faveur de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing.

Il poursuit ses acquisitions, essentiellement d’entreprises proches du dépôt de bilan en bénéficiant d'une loi avantageuse qui lui permet de dégager rapidement des plus-values.

Par l'intermédiaire de Michel Giraud, président du conseil régional d'Île-de-France, il rencontre Jacques Chirac en novembre 1981, et va devenir un de ses amis les plus proches en l'aidant politiquement par des rachats d'entreprises en Corrèze. En 1983, Ambroise Roux, ancien patron de la Compagnie générale d'électricité (aujourd'hui Alcatel), le parraine pour entrer à l'Association française des entreprises privées (AFEP). Il rachète Isoroy en 1986 pour un prix symbolique et à une aide 250 millions de subventions publiques. Grâce à ses relais politiques (Alain Madelin et Jacques Chirac) et un prêt de 300 millions de francs du Crédit lyonnais[15], il prend en 1987 75 % du capital de la Chapelle Darblay[16], numéro un français du papier journal, entreprise gérée par l'État depuis son dépôt de bilan en 1981, ce dernier y injectant 2,7 milliards de francs. Il revend la Chapelle Darblay dans la foulée à Pinault SA pour 450 millions de francs, empochant une plus-value de 110 millions à titre personnel. Pinault SA la revend en 1990 au groupe public finlandais Kymmene pour 1,4 milliard de francs et réalise au passage une plus-value de 620 millions[15]. François Pinault construit sa fortune pendant douze ans en rachetant des entreprises en dépôt de bilan pour le franc symbolique à la barre des tribunaux de commerce[17].

L’entrée en bourse et la distribution (1989-1999)[modifier | modifier le code]

Il croise aussi sur son chemin Bernard Arnault, autre grand financier français, et lui rachète Conforama. À la fin des années 1980, il fait entrer Pinault SA sur le marché boursier grâce à un groupe d'investisseurs institutionnels (AGF, Barclays et LCL). Très endettée malgré ces opérations boursières, la société parvient pourtant à racheter en 1991 les grands magasins du Printemps au moyen d'une manœuvre financière élaborée avec la famille Maus, des Suisses alors actionnaire majoritaire du Printemps[18], lui permettant une économie de 2,7 milliards de francs mais privant un tiers de l'actionnariat de la possibilité de vendre ses parts au prix fort[19]. Pinault SA acquiert par la suite la société de vente par correspondance La Redoute. En 1992, il crée Artémis, la holding patrimoniale destinée à accueillir certaines participations, notamment celles de la compagnie d’assurance californienne Executive Life, alors en faillite, rachetée sur la base d’un montage frauduleux mis en place en 1991 par le Crédit Lyonnais[20] et qui vaudront à François Pinault et à sa holding d’être poursuivis en justice en 2000[21],[19]. En 1994, c'est la fusion de La Redoute avec Pinault-Printemps. Le nouveau groupe prend le nom de Pinault-Printemps-Redoute (PPR, devenu Kering en 2013). Il devient propriétaire de la Fnac en 1994, du magazine Le Point en 1997, de 16 % de Bouygues, de la maison de ventes aux enchères Christie's en 1998, du magazine financier L'Agefi en 2000[22]. En 1997, le quotidien Les Échos note qu'Artémis est actionnaire minoritaire (2,3%) du quotidien Le Monde, participation toujours effective en 2003 comme le souligne le quotidien Libération [23],[24].

Le secteur du luxe (1999-2003)[modifier | modifier le code]

En 1995, il appuie auprès de Jacques Chirac le choix de Loïk Le Floch-Prigent pour la présidence de la SNCF. C'est à ce moment qu'il se lance dans l'économie du luxe pour tenter de concurrencer Bernard Arnault en rachetant 60 % de la maison de luxe Gucci.

Il crée le groupe Kering, l’un des plus gros succès industriels français dans le luxe, qui possède les marques Gucci, Yves Saint-Laurent, Boucheron, Bottega Veneta, Alexander McQueen.

Le passage de témoin (1999-2005)[modifier | modifier le code]

De 1999 à 2001, François Pinault réorganise le groupe des sociétés qu'il détient, afin d'en confier le contrôle effectif futur à l'un de ses fils, François-Henri Pinault[25].

En 2003, il fait nommer son fils François-Henri Pinault à la tête de sa Holding Artemis, et en 2005 il le place à la présidence du groupe Kering[26].

Il est également propriétaire depuis 1998 du Stade rennais, club de football professionnel de Rennes évoluant en Ligue 1.

Les démêlés fiscaux[modifier | modifier le code]

Il profite de l'achat du Point pour ne pas payer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) grâce à un artifice comptable[27]. Il a aussi utilisé des sociétés-écrans situées dans un paradis fiscal des Antilles néerlandaises pour cacher un quart de sa fortune pendant une vingtaine d'années, évitant ainsi d'être assujetti à l'impôt sur le revenu jusqu'en 1997[28],[29].

Relations politiques[modifier | modifier le code]

Les connivences avec le FN[modifier | modifier le code]

Dans la biographie que lui ont consacré les journalistes Pierre-Angel Gay et Caroline Monnot, on apprend que François Pinault a longtemps été proche du FN, et notamment de Jean-Marie Le Pen, ce qu’il aurait tenté par la suite de minimiser afin de ne pas nuire à ses affaires[30]. Alors que François Pinault affirme dans une interview à L’Express en mars 1992 qu’il n’a « jamais apporté le moindre soutien » au leader du Front national, plusieurs témoignages confirment de nombreuses entrevues, amitiés communes (notamment Jean Marie Le Chevallier, un proche des débuts quand celui-ci était responsable des Républicains indépendants de Rennes et qui finira maire FN de Toulon), et le prêt de son avion personnel à Jean-Marie Le Pen[31].

La proximité avec Chirac puis Sarkozy[modifier | modifier le code]

François Pinault (au centre) en compagnie de Dominique de Villepin (à gauche) et Emmanuel Cueff (à droite), en août 2006.

Si certains le disaient plus proche de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, entretenant même quelques amitiés au PS[32], d'autres ont affirmé qu'il avait plaidé la cause de Nicolas Sarkozy auprès de l'ancien président après l'engagement de Sarkozy auprès d'Édouard Balladur pour la présidentielle de 1995[33]. Il est aussi propriétaire de l'hebdomadaire Le Point dont le centre de gravité est au centre-droit et de tradition libérale.

Le « milliardaire favori » de Hollande[modifier | modifier le code]

En 2012, François Pinault fait connaître son intention de voter pour François Hollande[34]. Il s'associe avec Julie Gayet et Charles Gillibert (49 % des parts chacun) dans la société de production cinématographique Cinémaphore en juillet 2013 [35]. Le 10 février 2014, le Canard Enchainé lève le voile sur le lien unissant François Hollande et son « milliardaire favori ». Leur amitié daterait de 2011[36]. Pour la promotion de Pâques 2017, la dernière du quinquennat de François Hollande, François Pinault est élevé à la plus haute distinction française grand-croix de la Légion d'honneur [37].

La controverse avec Emmanuel Macron[modifier | modifier le code]

Lors d'un entretien accordé à M, le magazine du Monde, le 23 juin 2018, François Pinault déclare qu'Emmanuel Macron "ne comprend pas les petites gens". Il indique aussi qu'il a "peur qu'il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes."[38]. Cet entretien déclenche une vague de condamnation de la part de l'Elysée et des proches du Président de la République. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, déclarant notamment : "De la part de quelqu’un qui pendant longtemps n’a pas payé d’impôts, je ne suis pas certain qu’il comprenne lui-même les petites gens."[39]

Collectionneur[modifier | modifier le code]

Palais Grassi, Venise.
Pointe de la Douane de mer, Venise.

Depuis 2001, François Pinault transmet progressivement les rênes de son groupe à l'ainé de ses quatre enfants[3] (François-Henri[40], diplômé de HEC Paris en 1985), pour se consacrer à sa passion, l'art contemporain. François Pinault est un riche collectionneur d'art et possède une collection estimée à 1,4 milliard de dollars[41]. Il a pris goût à l'art moderne et contemporain à la fin des années 1980. Il constitue dans les années 1990 une importante collection privée d'art contemporain en France. En 1998, il réalise l'acquisition de la maison britannique de ventes aux enchères Christie's pour 1,2 milliard d'euros[42].

En 2005, François Pinault achète le Palazzo Grassi, ex-propriété de la famille Agnelli puis de FIAT, situé à Venise sur les bords du Grand Canal, et y ouvre au public sa première exposition d'art contemporain. Il décide en mai 2006 de présenter une partie de sa collection personnelle, après avoir abandonné en 2004 un projet de construction, lancé en 1999, d'un musée sur l'île Seguin à Boulogne-Billancourt à cause de « délais administratifs trop longs » à son goût.

En , il obtient après une forte lutte contre la fondation Guggenheim[43],[44], un accord de principe pour l'achat et les travaux de la Douane de Venise, qui devient une extension sur 5 000 m2 de ses collections présentées au Palazzo Grassi depuis 2005, notamment pour les œuvres monumentales. En 2008, l'architecte Tadao Ando réalise le projet architectural, et Jean-Jacques Aillagon organise l'ensemble du projet muséal sur Venise[45].

Au mois d'avril 2016, François Pinault officialise avec la mairie de Paris le projet d'installer une partie de la Collection Pinault, un lieu d'exposition à la Bourse de commerce de Paris, dans le 1er arrondissement de la capitale. Les travaux doivent commencer en janvier 2017 et la première exposition est prévue à la fin de l'année 2018[46].

Polémiques[modifier | modifier le code]

La « Fondation Pinault »[modifier | modifier le code]

En 2000, François Pinault annonce le projet d’une grande fondation d’art, installée sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt, à l'ouest de Paris. À la suite d’un concours mondial d’architecture, c’est le projet du Japonais Tadao Ando qui est retenu pour le bâtiment. La ville de Boulogne-Billancourt accepte de modifier son PLU, et prévoit plusieurs ponts, ainsi que le développement d’un tramway[47].

Face aux nombreuses subventions publiques et au statut fiscal avantageux de la fondation, plusieurs voix s’élèvent. En juin 2003, notamment, le Journal des Arts révèle que François Pinault a vendu deux tableaux majeurs de sa collection (un Klein et un Rothko)[48], pour un montant non déterminé. Or, les fondations bénéficient d’une réduction d’impôt de 60 %, en contrepartie de l’impossibilité de céder les œuvres.

En 2005, il abandonne ce projet pour présenter sa collection de tableaux à Venise, sans qu'à aucun moment, aucune structure de type fondation n'ait été créée en France[note 1],[49].

La spéculation sur le marché de l’art[modifier | modifier le code]

Le journaliste spécialiste de l’art contemporain, Jean-Gabriel Fredet, a classé François Pinault parmi les « specullectors » : mot valise résultant de la contraction de « spéculateur » et « collectionneur ». Il indique que François Pinault, outre les avantages fiscaux, utilise sa collection d’art « comme un portefeuille boursier »[50].

Sous couvert de philanthropie (et avec au passage de fortes subventions fiscales), ses expositions à Venise – et bientôt à la Bourse de commerce de Paris – serviraient surtout à donner une exposition médiatique à ses propres œuvres, avant de les revendre via la société Christie’s dont il est le propriétaire[51].

À la foire de Bâle de 2006, François Pinault souhaitait pouvoir consulter les œuvres avant l’ouverture au public, pour acheter à l’avance les meilleures affaires : muni d’un faux badge de galeriste, il a donc visité la foire avant l’ouverture, avant de se faire repérer et exclure. Son ami galeriste, Emmanuel Perrotin, qui lui avait prêté son badge, a été interdit de foire pendant un an, tout en affirmant que « tout le monde pratique ce genre de technique »[52].

À d’autres occasions, François Pinault se serait déguisé en manutentionnaire pour entrer dans les foires avant leur ouverture[53].

Collusion d’intérêts privés - publics[modifier | modifier le code]

L’exposition « Jeff Koons – Versailles », en 2008, a généré une polémique concernant le rôle de François Pinault et ses relations avec Jean-Jacques Aillagon alors directeur du château de Versailles.

Cette exposition, dirigée par ce dernier, a notamment mis en avant trois des artistes que François Pinault collectionne. Possédant la majorité des œuvres exposées à cette occasion, il a bénéficié d’une visibilité et crédibilité très importante, et leur cote s’est trouvée favorisée. François Pinault a prêté 6 œuvres de l'artiste en sa possession et en a revendu trois « pour plusieurs millions de dollars » grâce à l'augmentation de la cote de l'artiste faisant suite à cette exposition de Versailles[54].

Cela a conduit plusieurs journalistes à estimer que « le domaine public de Versailles était utilisé pour favoriser les intérêts privés du grand collectionneur français »[55].

De plus, le rôle de Jean-Jacques Aillagon est critiqué dans la mesure où c’est un proche de François Pinault. Après avoir été Ministre de la Culture, il a travaillé pour la société Palazzo Grassi SPA à Venise ainsi que pour la société Pinault Collection. Puis, de retour dans le public, Jean-Jacques Aillagon dirige l’établissement public de Versailles, où il organise l’exposition de Koons. Il redevient alors salarié de François Pinault comme administrateur délégué du Palazzo Grazzi[56], Directeur de Pinault Collection alors que son chef de cabinet Martin Bethenod est Directeur général de la société Collection Pinault-Paris, société qui va gérer le futur musée de la Bourse de Commerce de Paris[49].

Affaire Pan Atlantic et Seabex Lumber[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980 et jusqu’en 1992, François Pinault a mis en place un système de double facturation sur des sociétés offshore : Pan Atlantic (domiciliée à Manhattan) et Seabex (domiciliée à Londres)[57]. Celles-ci alimentaient un compte en Suisse permettant d’échapper au contrôle renforcé des changes mis en place par le gouvernement socialiste[58] : « Pan Atlantic et Seabex fonctionnaient comme des sociétés écran. Leurs comptes ont été gérés sous de fausses identités et sous de fausses signatures, par des collaborateurs successifs de François Pinault. »[59].

Affaires Guermonprez, Lafa-Ranger et Isoroy[modifier | modifier le code]

En 1988, François Pinault revend la société Guermonprez, acquise quelque temps auparavant. La société revendue dépose le bilan quelques semaines après la vente, à la suite de la constatation de créances fictives et de faux stocks. L’acheteur, Christian Martin, porte alors plainte au pénal pour « délit de faux bilan, escroquerie et complicité d’escroquerie » avant d’accepter une transaction d’un montant de 700 000 francs contre le retrait de la plainte[60].

Dix ans plus tard, lors de la revente de la société Lafa-Ranger par François Pinault à Bernard Roques et Claude Caplan, les comptes apparaissent également truqués : de « graves irrégularités » sont commises avant la cession par le groupe Pinault, et elles ont été « commises volontairement »[61]. Pour ce motif, le tribunal arbitral infligera une condamnation de 220 millions de francs d’indemnités à François Pinault, en reconnaissant la faute délictuelle du dirigeant breton[62].

En 1992, la vente d’Isoroy au groupe allemand Glunz donne lieu également à contestation. Le contentieux, arbitré secrètement par un tribunal suisse, a là encore donné lieu à la condamnation des méthodes du groupe Pinault, et au versement de dédommagements de 71 millions de francs[63].

Fortune[modifier | modifier le code]

La capitalisation boursière de Kering, qu'il contrôle à hauteur de 41 % via la holding Artémis, est de 33,3 milliards de dollars le [64]. En 2018, il possède selon le magazine américain Forbes la 3e fortune française et la 30e fortune mondiale, avec une fortune personnelle estimée à 27 milliards de dollars[65]. Challenges estime de son côté à 30,5 milliards d'euros la fortune de « François Pinault et sa famille (Kering) »[66].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c "François Pinault, le collectionneur" par Raphaëlle Bacqué, M le magazine, Le Monde, 22 juin 2018.
  2. « François Pinault », sur LSA
  3. a et b "Les enfants de François Pinault", Journal du net.
  4. Airy Routier, « La vie après la vie de François Pinault », sur Challenges,
  5. Renommé LCL depuis.
  6. Stéphane Sahuc, « François Pinault », sur L'Humanité,
  7. Airy Routier, « Patricia Barbizet, la femme de confiance », sur Challenges,
  8. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 30
  9. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, p. 32
  10. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 34
  11. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 42
  12. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 45
  13. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 55-57
  14. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 64
  15. a et b Nazanine Ravaï, La république des vanités, Grasset, , p. 151
  16. Voir sur boursilex.com.
  17. Nicolas Beau, Olivier Toscer, Une imposture française, Éditions des Arènes, , p. 75
  18. Maus Frères : une dynastie suisse discrète, Le Figaro, 7 novembre 2012
  19. a et b François Pinault, enquête sur un entrepreneur trop habile, Courrier International, 6 décembre 2004
  20. Executive Life: tout n'est pas réglé pour François Pinault, Libération, 12 mai 2005
  21. L'affaire Executive Life, L'Obs, 20 janvier 2006
  22. Nathalie BENSAHEL, « Pinault, de bas en haut », Libération, (consulté le 15 juin 2018)
  23. Daniel Schneidermann, « «Le Monde» et le «racket»de Pinault », Libération, (consulté le 22 juin 2018)
  24. JEAN-CHRISTOPHE FÉRAUD, « François Pinault rachète « Le Point » à Havas pour près de 200 millions », Les Échos, (consulté le 22 juin 2018)
  25. Pierre-Angel Gay, « Tout en restant aux commandes, François Pinault a transmis son groupe à ses enfants », sur lesechos.fr, .
  26. « Il s'appelle Pinault, François-Henri Pinault », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  27. « Médias français, une affaire de famille », Marie Bénilde, Le Monde diplomatique, novembre 2003.
  28. Le Nouvel observateur, du 1er au .
  29. « Argent public, fortunes privées », par Olivier Toscer, Le Monde diplomatique, décembre 2003.
  30. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 72 et 183
  31. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 75
  32. Comment Sarkozy cherche à contrôler les médias, Marianne, no 464 Semaine du 11 mars 2006 au 17 mars 2006
  33. Sarkozy et les patrons, Le Point, 26/08/2004, no 1667
  34. Les étranges liens de Julie Gayet et François Pinault, valeursactuelles.com, 13 janvier 2014
  35. « L'actrice Julie Gayet associée du milliardaire François Pinault », (consulté le 17 avril 2017)
  36. « François Hollande mis en garde par François Pinault au sujet de Julie Gayet », (consulté le 17 avril 2017)
  37. « Légion d'honneur : pour sa dernière promotion, Hollande décore Pinault, Fabius, Audrey Tautou... », (consulté le 17 avril 2017)
  38. « François Pinault, le collectionneur »,
  39. « La réponse cinglante du gouvernement à la critique de François Pinault sur Macron »
  40. Né le .
  41. Les plus grands collectionneurs privés d'art, Journal du Net, 30 mai 2014
  42. D'après L'Express du 13 avril 2000 cité par Aymeric Mantoux dans Voyage au pays des ultra-riches, Éditions Flammarion Capital, 2010 (ISBN 978-2-8104-0287-8), p. 84.
  43. « Pinault peut savourer », Le Monde du 8 mai 2007.
  44. « François Pinault gagne la bataille de Venise » Le Figaro du 6 avril 2007
  45. « Destination Venise » dans Le Figaro du 18 août 2008.
  46. Harry Bellet, « François Pinault va ouvrir un nouveau musée d’art à Paris », lemonde.fr, 27 avril 2016.
  47. « Pinault lache l'île Seguin pour Venise. », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  48. « La Fondation Pinault tarde à s’arrimer sur l’île Seguin - 27 juin 2003 - Le Journal des Arts - n° 174 », sur Le Journal Des Arts (consulté le 6 juin 2018)
  49. a et b David Bensoussan, « Révélations sur les finances de Pinault collectionneur », Challenges, (consulté le 18 juin 2018)
  50. Jean-Gabriel Fredet, Requins, caniches et autres mystificateurs, Albin Michel, , p. 99
  51. Jean-Gabriel Fredet, Requins, caniches et autres mystificateurs, Albin Michel, p. 99-100
  52. Jean-Gabriel Fredet, Requins, caniches et autres mystificateurs, Albin Michel, , p. 217
  53. Jean-Gabriel Fredet, Requins, caniches et autres mystificateurs, Albin Michel, , p. 218
  54. « Aillagon remplacé par Catherine Pégard à la direction du château de Versaille », sur humanite.fr,
  55. « Versailles Controversé :: François Pinault », sur controverses.sciences-po.fr (consulté le 6 juin 2018)
  56. Jean-Gabriel Fredet, Requins, caniches et autres mystificateurs, Albin Michel, , p. 226
  57. François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 64
  58. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 65
  59. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 66
  60. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Albin Michel, , p. 77
  61. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, Balland, , p. 165
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  63. Pierre-Angel Gay, François Pinault milliardaire, Les secrets d'une incroyable fortune, , p. 167
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  65. liste des milliardaires les plus riches du monde en 2018, Forbes
  66. « En image: le Top 10 des Fortunes de France en 2018 - 5. François Pinault et sa famille », sur Challenges.fr,
  67. Décret du 14 avril 2017 portant élévation et nomination aux dignités de grand'croix et de grand officier
  68. Décret du 30 décembre 2011 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
  69. (it) « François Pinault nominato Grande Ufficiale dell’Ordine della Stella Italiana », Arte Magazine, (consulté le 20 juin 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]