Frédéric Oudéa

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Frédéric Oudéa
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Frédéric Oudéa en 2021.
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Frédéric Oudéa, né le à Paris, est un banquier français.

Inspecteur des finances, il fait partie des conseillers de Nicolas Sarkozy durant son passage au ministère du Budget. Il est recruté par la Société générale en 1995. Après l'affaire Kerviel, qui frappe la banque en , il en est nommé directeur général. Frédéric Oudéa accède au poste de P-DG en . En , il quitte la présidence du groupe pour se consacrer à la direction générale de la Société générale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Frédéric Robert André[1] Oudéa est le fils d'un gastro-entérologue d'origine hongroise, installé à Nantes, qui meurt en 1976. Sa mère, chercheuse dans l'industrie pharmaceutique, s'installe à Paris avec ses trois enfants[2],[3].

Frédéric Oudéa obtient son baccalauréat à l'âge de 16 ans avant d'entrer en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Louis-le-Grand. Il intègre l'École polytechnique (promotion 1981) et suit les cours de l'École nationale d'administration (promotion 1987 Fernand-Braudel)[2],[4].

Frédéric Oudéa épouse Amélie Oudéa-Castéra le . De ce mariage sont nés trois enfants[5]. D'un précédent mariage, il a deux autres enfants[6],[7],[8].

Ministère du Budget[modifier | modifier le code]

Inspecteur des finances, il suit son supérieur Pierre Mariani et entre en 1993 au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget et de la Communication[9], [10]. Frédéric Oudéa est conseiller technique, chargé des Affaires sociales, européennes et agricoles[2],[3].

Société générale[modifier | modifier le code]

En 1995, Frédéric Oudéa est recruté par la Société générale. Après avoir exercé différentes fonctions à Londres et au siège français de la banque, il est nommé directeur financier en 2003. Il fait partie des successeurs potentiels de Daniel Bouton[2],[9]. Durant l'affaire Kerviel, ses équipes préparent l'augmentation de capital permettant de renflouer la banque[4],[6]. La direction générale du groupe lui est confiée en , alors que Daniel Bouton conserve le poste de président du conseil d'administration[9],[8].

En , Frédéric Oudéa fait partie des dirigeants auxquels le conseil d'administration octroie un lot de stock options (en ce qui le concerne, 150 000 titres à 24,45 euros), alors que la banque est aidée par l'État. La publicité faite à ce plan, au moment où aux États-Unis l'affaire AIG est devenue un scandale, les pousse à renoncer à ce gain exceptionnel[9],[11]. Fin , Daniel Bouton annonce qu'il démissionne de son poste au conseil d'administration. Le mois suivant, Frédéric Oudéa est nommé président-directeur général[4].

En , il reprend la fonction de directeur général à la suite de la dissociation des fonctions de président du conseil et de directeur général de la banque[12].

Le , il est nommé président de la Fédération bancaire française (FBF)[13] pour un an, date à laquelle il doit être remplacé par Philippe Brassac, directeur général du Crédit agricole[14].

En 2016, la Société générale est la principale banque française concernée par le scandale des Panama Papers[15]. La députée PCF Marie-George Buffet demande alors la démission de Frédéric Oudéa, soupçonné d’avoir livré un faux témoignage au Sénat au sujet de sociétés offshore créées par la banque, et demande des suites judiciaires[16]. Le sénateur PCF Éric Bocquet a quant à lui annoncé qu'il allait saisir le bureau du Sénat en vue de poursuivre en justice Frédéric Oudéa pour faux témoignage, au sujet de ces déclarations faites sous serment lors d'une audition au Sénat[17]. Le , le bureau du Sénat permet à Frédéric Oudéa d'éviter le passage en justice, au grand étonnement du groupe communiste qui avait sollicité le bureau[18].

le lors de l'assemblée générale du groupe bancaire, Frédéric Oudéa annonce son départ en 2023[19].

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Le , la Fédération bancaire française annonce que Frédéric Oudéa prendra la présidence de l'organisation le . Il succède ainsi à Laurent Mignon, président du directoire de BPCE[20]. En , Frédéric Oudéa est remplacé à la tête de la FBF par Philippe Brassac[21],[22].

Le , il est nommé président de la Fondation de l’École polytechnique, succédant à Denis Ranque le [23].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le , Frédéric Oudéa est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « président-directeur général d'une banque ; 27 ans de services. »[1].

Le , il est promu au grade d'officier dans l'ordre national du Mérite au titre de « directeur général d'un établissement bancaire ; 33 ans de services »[24].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret du 5 avril 2015 portant promotion et nomination.
  2. a b c et d Anne Michel, « Frédéric Oudéa, le lauréat », sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le ).
  3. a et b Irène Inchauspé, « Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale : Nickel », sur le site du magazine Challenges, (consulté le ).
  4. a b et c Marc Michaux, « Fréderic Oudéa, redresseur de sort », sur le site du magazine L'Expansion, (consulté le ).
  5. Who's Who in France, édition 2015, p. 1707.
  6. a et b Julien Ponthus et Matthieu Protard, « Frédéric Oudéa, une ascension fulgurante à la tête de la Socgen », sur le site de l'agence Reuters, (consulté le ).
  7. « Les petits secrets de Frédéric Oudéa, le nouveau patron de la Société générale », sur le site du magazine Capital, (consulté le ).
  8. a et b Nicolas Cori, « Merci Kerviel », sur le site du quotidien Libération, (consulté le ).
  9. a b c et d Mélanie Delattre, « Le soldat Oudéa à l'épreuve du feu », sur le site du magazine Le Point, (consulté le ).
  10. Marc Weitzmann, « Portrait : Frédéric Oudéa doit affronter l'affaire Kerviel en même temps que la crise », sur le site du quotidien Les Échos, (consulté le ).
  11. B. B. et F. C., « La Société générale renonce à ses stock-options », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le ).
  12. Thomas Varela, « Société générale nomme Bini Smaghi président, Oudéa reste directeur général », sur le site de l'hebdomadaire Investir, (consulté le ).
  13. « Frédéric Oudéa succédera à François Pérol comme président de la FBF », sur le site de la Fédération bancaire française, (consulté le )
  14. « FBF: Brassac va succéder à Oudéa », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le ).
  15. Adrien Sénécat et Gary Dagorn, « « Panama papers » : le patron de la Société générale peut-il être poursuivi pour faux témoignage ? » Accès libre, sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le )
  16. dépêche AFP, « Panama Papers: Buffet (PCF) demande la démission d’Oudéa » Accès libre, sur le site du quotidien Libération, (consulté le ).
  17. « Panama Papers: Oudéa (Société générale) accusé de faux témoignage ? » Accès libre, sur le site du magazine Challenges, (consulté le )
  18. « « Panama papers » : le Sénat ne saisira pas la justice au sujet des propos de Frédéric Oudéa » Accès libre, sur le site du quotidien Le Monde, (consulté le ).
  19. « Société générale : Frédéric Oudéa annonce son départ en 2023 », sur le site du magazine Capital, (consulté le ).
  20. « Frédéric Oudéa va prendre la présidence de la Fédération bancaire française », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le )>.
  21. « Philippe Brassac, patron du Crédit agricole, à la tête de la Fédération bancaire française », sur le site du magazine Challenges (consulté le )
  22. « Philippe Brassac remplace Frédéric Oudéa à la tête de la Fédération bancaire », sur le site du quotidien Le Figaro (consulté le )
  23. « Frédéric Oudéa est nommé Président de la Fondation de l’X » Accès libre, sur le site de l’École polytechnique, (consulté le ).
  24. Décret du 31 décembre 2020 portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite.