Elle (magazine)

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Elle
Image illustrative de l'article Elle (magazine)
Logo du magazine Elle

Pays Drapeau de la France France
Langue français
Périodicité hebdomadaire
Genre presse féminine
Prix au numéro 2,20 €
Diffusion 366 894[1] ex. (2013-2014)
Fondateur Hélène Lazareff
Marcelle Auclair
Date de fondation 1945
Ville d’édition Levallois-Perret

Propriétaire Lagardère Active
Directeur de publication Bruno Lesouëf, Constance Benqué
Directeur de la rédaction Françoise-Marie Santucci
Rédacteur en chef Elysabeth François (Elle.fr)
ISSN 0013-6298
Site web elle.fr

Elle (souvent typographié ELLE) est un magazine hebdomadaire français féminin et de société fondé en 1945 par Hélène Lazareff et Marcelle Auclair. Le titre est édité par Lagardère Active (Groupe Lagardère).

Historique[modifier | modifier le code]

1945-1960[modifier | modifier le code]

Le premier numéro de Elle est publié le 21 novembre 1945, quelques mois après l'adoption du droit de vote des femmes en France et du retour d'Hélène Lazareff, alors réfugiée à New York pendant l'Occupation, où elle travaillait comme rédactrice en chef au Harper's Bazaar, un magazine féminin de luxe dont elle s'inspire[2]. La ligne éditoriale du journal est posée dès l'origine dans sa ligne de pied : « Le sérieux dans la frivolité, de l'ironie dans le grave »[3]

Simone Baron et Alice Chavanne[4] en assurent la responsabilité, assistées du photographe Jean Chevalier comme directeur artistique, avant l'arrivée en 1946 de Françoise Giroud qui restera rédactrice en chef du magazine jusqu'en 1953[5].

Au départ, le magazine ne comporte qu'une vingtaine de pages. La ligne éditoriale souhaitée par Lazareff transgresse les principes des magazines féminins de l'époque : moins de chroniques au profit d'informations précises, elle recentre la mode sur les personnalités plus que les créations jusqu'à en promouvoir certaines — comme Emmanuelle Khanh quelques années après —, achète des images couleurs jusqu'à New York pour les mettre en couverture[n 1], éloignant ainsi Elle des magazines de mode proches parfois de simples catalogues[6]. Le contenu du magazine est alors composé de pages sur la haute couture et de rubriques avec recettes ou patrons[6].

Dès le début des années 1950, Elle impose son propre style en étant précurseur dans les domaines du sportswear d'inspiration américaine, qui vit ses balbutiements ou du prêt-à-porter qui connaitra son âge d'or la décennie suivante[6]. Durant 1952, la jeune Brigitte Bardot apparait sur les couvertures du magazine[6]. Si le tirage est alors de 600 000 exemplaires, Elle est lu par un million et demi de lectrices[6].

Années après années, le prêt-à-porter prend une part de plus en plus large dans le magazine ; celui-ci ne se contente plus de présenter la mode, il devient prescripteur, s'associant aux grands magasins parisiens[6]. Le magazine consacre jusqu'à huit pages à Prisunic, qui a lancé une ligne de vêtements en 1956 avec Denise Fayolle[6]. Si la haute couture n'est plus prépondérante, Elle reste l'un des rares organe de presse français soutenant Gabrielle Chanel — et son iconique tailleur — à son retour aux affaires en 1954, ainsi que le débutant Pierre Cardin, le « chouchou » du magazine les années suivantes[6]. Peter Knapp prend la direction artistique en 1959 ; il y restera deux décennies. C'est lui qui donne au mensuel sa forme définitive[6].

À la fin des années 1960, des bons réductions « Couturama » délivrés avec le magazine pour les marques de Ungaro, Ricci, Cardin, Courrèges, ou Saint Laurent, entre autres, « déclenchent les passions »[6]. Les grands noms — à l'exception notable de Chanel —, ainsi que les étoiles montantes de la mode, y participent[6]. L'écrivain Alexandre Vialatte y tient une chronique régulière : Le Paris des Parisiennes. Catherine Rousso entre au magazine en 1969 puis devient rédactrice en chef « Mode » ; elle y restera plus de quarante ans[7].

Années 1970 et suivantes[modifier | modifier le code]

De nos jours[modifier | modifier le code]

Le 5 mai 2003, le magazine explose ses ventes (400 000 exemplaires) grâce à Emmanuelle Béart posant nue, sa chevelure blonde attachée avec son string[8], pour la photographe Sylvie Lancrenon[9].

En 2015, Elle est présent dans le monde entier avec 46 éditions internationales et plus de 20 millions de lectrices. Le magazine tire pour 2014 à plus de 300 000 exemplaires, en forte chute par rapport aux années précédentes[10].

En septembre 2014 Valérie Toranian, au Elle depuis 1994 quitte son poste de directrice de la rédaction, elle est remplacée en septembre par Françoise-Marie Santucci[11]. Rapidement, celle-ci modifie la ligne éditoriale du magazine, entrainant quelques remous de la part de la société des journalistes du magazine[10].

Diffusion en France[modifier | modifier le code]

Tiré à 516 070 exemplaires en France, le magazine est vendu à 411 786 exemplaires (diffusion payée) sur l'année 2010[1], en augmentation constante depuis 2002, et ce malgré la concurrence très rude sur le marché de la presse féminine française (plus de 40 titres en 2010[12]).

Le magazine compte 180 000 abonnés[1].

Diffusion totale payée[1]
2009 2010 2011[13] 2012 2013 2013-14
Elle 370 658 404 037 402 989 401 332 384 704 366 894

En France métropolitaine, le prix de vente en kiosque est de 2,30 € (mai 2008). Face à l'arrivée de nouveaux magazines féminins, le prix de vente au numéro diminue à 2 euros en août 2009.

Critiques[modifier | modifier le code]

Elle fait l'objet de critiques régulières de la part de l'association de gauche antilibérale Acrimed. Celle-ci s'interroge, à propos du numéro du 27 décembre 2013, sur un article favorable au travail le dimanche, quant aux liens avec les annonceurs, marques de luxe, qui ont intérêt à vendre leurs produits dans des boutiques ouvertes le dimanche[14]. Acrimed pointe également du doigt l'usage du pronom personnel « on » dans les articles traitant du corps des femmes, y voyant une marque de contrôle social[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Après la Guerre, si la photographie de mode a peu à peu envahie les magazines depuis les années 1930, celle-ci n'est pas encore systématique en couverture, l'illustration de mode étant encore très présente. Modes et travaux ou L'Officiel par exemple, l'utilisent encore des dessins à cette époque pour leurs couvertures.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Office de justification de la diffusion (OJD), « Chiffres : Elle », sur ojd.com,‎
  2. Vincent Soulier, Presse féminine : la puissance frivole, Archipel,‎ , p. 47
  3. Vincent Soulier, Presse féminine : la puissance frivole, Archipel,‎ , p. 107
  4. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard,‎ (1re éd. 1993, Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), p. 59
  5. Michel Klen, Femmes de guerre : une histoire millénaire, Ellipses,‎ , p. 414
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Grumbach 2008, op. cit., Les origines de la confection : Le journal Elle, p. 191 à 197
  7. Sylvia Jorf, « Madame Rousso », Elle, no 3625,‎ , p. 19 à 28 (ISSN 0013-6298)
  8. Couverture avec Emmanuelle Béart
  9. Vincent Soulier, Presse féminine : la puissance frivole, Archipel,‎ , p. 151
  10. a et b « Lagardère reprend en main son joyau Elle », Challenges, no 419,‎ , p. 9 (ISSN 0751-4417)
  11. Frédéric Roy, « Françoise-Marie Santucci remplace Valérie Toranian à la tête de Elle », sur cbnews.fr,‎
  12. Médias. La presse féminine en pleine forme ! - Le Télégramme, 9 février 2010
  13. « À partir de janvier 2011, les versions numériques issues de l’application de la nouvelle réglementation OJD concernant la Diffusion Numérique. Il convient donc de tenir compte de ces modifications pour interpréter les évolutions entre 2010 et 2011 » - OJD, 2012
  14. Denis Perais, « Travailler le dimanche : une évidence pour Elle », sur Acrimed,‎ (consulté le 10 décembre 2015)
  15. Violaine Nicaud, « Elle : petite grammaire d’un contrôle social », sur Acrimed,‎ (consulté le 10 décembre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]