Conakry

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Conakry
Conakry
Administration
Pays Drapeau de la Guinée Guinée
Gouvernorat Région de Conakry
Gouverneur Mathurin Bangoura (2016-)
Démographie
Gentilé Conakryka [1]
Population 2 317 376 hab.
Densité 5 150 hab./km2
Géographie
Coordonnées 9° 32′ 53″ nord, 13° 40′ 14″ ouest
Superficie 45 000 ha = 450 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Guinée

Voir sur la carte administrative de Guinée
City locator 14.svg
Conakry

Conakry, située sur l'océan Atlantique, est la capitale et la plus grande ville de la Guinée. En 2015, l'agglomération comptait plus de 3 millions d'habitants, ce qui en fait la plus importante ville du pays.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon une légende, à l’origine il y avait dans l’île Tombo, non loin l’actuel port, un fromager géant sous lequel un paysan baga du nom de Cona, qui avait construit sa case. Sa palmeraie produisait le meilleur vin de l’île, les gens de Kaporo venaient boire sous le fromager de Cona.Ils disaient alors, je vais chez Cona, sur l’autre rive (nakiri) , ainsi par contraction ce lieu devint Conakry[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Péninsule de Conakry et Îles de Loos en arc de cercle.

Située au sud-ouest de la Guinée, sur la presqu'île de Camayenne, près des Îles de Loos, l'agglomération de Conakry s'étend sur la plaine côtière parcourue de petits fleuves qui descendent du Fouta-Djalon. Le territoire de la ville est orienté nord-est/sud-ouest et se termine par la péninsule de Kaloum et l'île de Tombo.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Son centre historique se situe sur l'île de Tombo, mais l'urbanisation s'est depuis longtemps étendue sur le continent, en particulier sur la presqu'île de Kaloum à laquelle elle est reliée par une digue.

Conakry est handicapé par des problèmes d'urbanisation et de logement auxquels le gouvernement guinéen a décidé de répondre en lançant le programme Grand Conakry Vision 2040 pour réaménager la ville jusqu'à Kindia.

Climat[modifier | modifier le code]

Conakry bénéficie d'un climat tropical. La saison sèche est sous l'influence de l'harmattan de décembre à avril. La saison des pluies est intense et rappelle la mousson.

Relevé météorologique à Conakry
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 22 23 23 23 24 23 22 22 23 23 24 23 23
Température maximale moyenne (°C) 31 31 32 32 32 30 28 28 29 31 31 31 31
Record de froid (°C) 18 17 21 20 19 18 19 20 19 18 21 19 17
Record de chaleur (°C) 34 34 36 35 35 33 32 31 32 33 33 34 36
Précipitations (mm) 3 3 10 23 158 559 1 298 1 054 683 371 122 10 4 294
Source : BBC Weather« Average Conditions Conakry, Guinea », BBC Weather (consulté le 23 août 2009)


Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire où se trouve Conakry appartenait au royaume de Dubréka. La région est alors occupée par les Bagas, qui avaient accueilli des Soussous, venus du nord du Mandingue après la destruction de leur capitale sur le Niger en 1236 par Soundjata Keïta.

La ville en 1912

En 1887, l'île de Tombo, abritant les quatre villages de Conakry, Boulbinet, Krutown et Tombo, est cédée des Anglais aux Français[3]. Pendant la période française, Conakry devient la capitale de la colonie des « Rivières du Sud » en 1889, puis de la « Guinée française et dépendances », colonie autonome placée sous l’autorité du Gouvernement général de Dakar.

De 1966 à 1972, l'ancien président ghanéen Kwame Nkrumah y vit en exil et y fonde une maison d'édition.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Après une tentative de décentralisation en 1991, Conakry regroupe à partir de 2008 les cinq communes : Kaloum, le centre-ville ; Dixinn, où se trouve l'Université de Conakry et de nombreuses ambassades ; Ratoma, connue pour sa vie nocturne ; Matam ; Matoto, qui héberge l'aéroport. Les cinq communes forment la région de Conakry, l'une des huit régions de Guinée, et elle est dirigée par un gouverneur. La ville est jumelée avec Cleveland aux États-Unis.

Maires et gouverneurs[modifier | modifier le code]

1955–1958 Sékou Touré
...
2006–2007 Ahmadou Camara
2007–2008 Malick Sankhon
2008–2009 Soriba Sorel Camara
2009–2010 Mohamed Diop
2010–2014 Sékou « Resko » Camara
2014—2016 Soriba Sorel Camara mort en fonction
Depuis 2016 Mathurin Bangoura

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La ville de Conakry connaît une croissance démographique soutenue. En 1958, elle compte 50 000 habitants; en 1980, 600 000; en 1983, 705 300; en 1996, 1 092 936; en 2008, 1 857 153 et en 2009 2 160 000 (soit une hausse moyenne annuelle de 4,52 % sur la période de 12 ans 1996-2008)[4].

Conakry est en territoire soussou, population de pêcheurs, dépositaire d'un riche folklore. Les visiteurs sont frappés par le caractère monumental et la grandeur de l'art baga. Sa principale divinité est « Mba » ou « Nimba » la déesse de la fécondité et de l'abondance. Son masque est promené à l'occasion des cultures (semailles et récoltes). Il est un buste taillé dans un bois massif, avec des macules plates et allongées. Sa coiffure tressée et dominée par un cimier médian surplombant un nez aquilin. Malgré l'influence du christianisme et de l'islam, cause profonde de la mutation de son art, le peuple « soussou » reste fidèle à sa culture et le masque est au centre des manifestations rituelles de la forêt sacrée.

La population peule, elle, est majoritaire dans la banlieue, notamment dans les quartiers populaires de Hamdallaye, Bambéto, Kosa, ainsi que dans les communes de Matoto et de Dixinn. Ses membres tiennent le commerce et dominent largement l'import-export, ainsi que le grand marché de Madina : c'est ce qui justifie d'ailleurs l'usage prépondérant du poular dans le négoce.

Langues[modifier | modifier le code]

Français[modifier | modifier le code]

En 2014, 42,1 % des habitants de Conakry de 15 ans et plus savent lire et écrire le français tandis que 43,6 % savent le parler et le comprendre[5].

Autres langues[modifier | modifier le code]

À Conakry comme dans le reste de la Guinée prévaut une grande diversité de langues, en plus du français, dont les plus importantes étaient reconnues et enseignées durant la Première République : le soussou, le poular et le malinké.

Une grande partie de l'élite, instruite et cultivée, sait parler l'anglais, surtout pour faire du commerce, ou communiquer avec les pays africains anglophones. La chambre de commerce de Conakry encourage l'apprentissage de cette langue, ainsi que le gouvernement guinéen. à Conakry, l'anglais est surtout parlé par des ressortissants libériens, nigérians, ou de Sierra Leone, présents en cette ville.

Éducation supérieure[modifier | modifier le code]

Comme d'autres, le secteur de l'éducation doit faire face à l'explosion démographique de la capitale, une croissance qui, pour les plus favorisés, fait parfois la part belle à l'enseignement privé et le nombre pléthorique dans le public.

Sports[modifier | modifier le code]

Conakry compte beaucoup de clubs de football qui jouent dans l'élite comme Horoya AC, Hafia FC, l'AS Kaloum ou l'Atlético de Coléah.

Conakry dispose aussi des installations sportives les plus importantes du pays comme le stade du 28 Septembre, le stade de Nongo qui peut accueillir des matchs de football et de l'athlétisme, le stade de la Mission qui accueille seulement des matchs de football.

Mais les quartiers de Conakry sont en manque d'infrastructures sportives, les jeunes jouent en tranche d'âge dans les rues de la banlieue.

Économie[modifier | modifier le code]

Le statut de capitale de Conakry lui confère une activité administrative importante, mais sa place dans les communications et l'économie en général est centrale. Elle occupe une grande place dans l'économie guinéenne notamment grâce au port de Conakry (PAC). Un habitant moyen gagne en 2009 environ 600 000 francs guinéens mensuels, soit 65 euros. La ville abrite de nombreuses usines Coca-cola (boissons), Topaz (peinture et plastique), Ciment de Guinée, Diamond Cement (cimenteries), Coyah eau minérale, Savonnerie Diama, Toguna Industrie (engrais). Depuis 2006, de nombreuses compagnies de télécommunication se sont implantés comme MTN, Orange, Intercel, Sotelgui et Cellcom. Le secteur bancaire s'est aussi développé ces dernières années avec notamment la Société Générale, Ecobank, BICIGUI et la Banque islamique.

Culture[modifier | modifier le code]

Cour intérieure au Musée national de Sandervalia.
  • Le Musée national de Sandervalia (1960), avec des collections archéologiques et ethnographiques
  • Le Jardin botanique de Conakry (1894)
  • La Bibliothèque nationale de Guinée
  • Les Archives nationales de Guinée

Événements culturels[modifier | modifier le code]

La ville fut Capitale mondiale du livre 2017, événement culturel organisé par l'UNESCO, du au . Elle est la troisième ville africaine à avoir accueilli cet événement.

Architecture[modifier | modifier le code]

Palais du Peuple
Monument, près de l'échangeur du 8 novembre.
  • Le Palais du peuple (1967) est construit par les Chinois. Salle de spectacle et lieu de nombreux événements politiques.
  • Le Palais des nations (1978) et 50 luxueuses villas de style mauresque sont construites pour accueillir une réunion de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), au coût de 62 millions de US$. Aujourd'hui, ce sont les dignitaires du régime, les organisations internationales et les assistants techniques qui occupent les villas. La mort du Président Sékou Touré cause l'annulation de la réunion de l'OUA. En 1996, le Palais est la cible de militaires mutins et bombardé à l'arme lourde, incendié et pillé. Aujourd'hui en ruine, il est l'objet actuellement d'une reconstruction.
  • la maison du Jardin Camayenne avec sa galerie tournante et son escalier en colimaçon en fer forgé et le Mausolée Camayenne, où les grandes personnalités guinéennes sont inhumées, dont Sékou Touré
  • la Direction nationale des douanes (à l'entrée du port de Conakry, restauré en 1992, incendié en partie en 1996),
  • la Gare centrale de Conakry (1903)
  • le monument du 22 novembre 1970

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des mosquées musulmanes. Il y a aussi des églises et des temples chrétiens : Archidiocèse de Conakry (Église catholique), Église Protestante Évangélique de Guinée (Alliance chrétienne et missionnaire), Assemblées de Dieu [6].

Transports[modifier | modifier le code]

Transport aérien[modifier | modifier le code]

La ville est reliée par le transport aérien avec l'Aéroport international de Conakry, ou « Gbessia International Airport » (code AITA : CKY • code OACI : GUCY). Il est aussi la base de la nouvelle compagnie guinéen Guinea Airlines. L'aéroport se trouve à 13 km au nord-est du centre ville.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Le Conakry Express est le train urbain de Conakry, la capitale de la Guinée.

Il relie Kagbélen à Kaloum. Il dessert notamment le marché de Madina. Il est le fruit de la coopération entre la Guinée et la Chine. Il circule depuis 2010.

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Le port de Conakry est un port à conteneur, situé à Kaloum.Il est plus grand port de la Guinée.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/no_106_janv-mars_2009_cle446315.pdf
  2. http://www.gouvernement.gov.gn/index.php/les-institutions-guineenne/histoire
  3. Roman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, USA, 2013, p. 89
  4. (en) World Gazetteer - Guinea : largest cities
  5. La langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, p. 30
  6. J. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 1279

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]