Xavier Niel

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Xavier Niel
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Xavier Niel lors de la conférence LeWeb 2014.

Naissance (48 ans)
Maisons-Alfort (France)
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession

Xavier Niel est un dirigeant d'entreprise français, né le à Maisons-Alfort[1]. Il est vice-président et directeur délégué à la stratégie d'Iliad, groupe de télécommunications français, maison mère du fournisseur d'accès à Internet Free et de l'opérateur de téléphonie mobile Free mobile, entités dont il est le fondateur. Il est également co-propriétaire du groupe Le Monde (notamment le journal homonyme).

Il a été membre du Conseil national du numérique du au [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Xavier Niel, lors de la conférence LeWeb 2011.

Né en 1967 d'un père juriste et d'une mère comptable[3], il effectue toute sa scolarité dans l'enseignement privé, commençant par fréquenter l’école Allezard avant de rejoindre le collège Pasteur puis le collège privé catholique de Maillé, situé à Créteil, jusqu’en 1983[4]. Il étudie par la suite au lycée privé parisien Saint-Michel-de-Picpus[5]. Au Noël de ses 15 ans, il reçoit de son père un Sinclair ZX81 qui est son premier contact personnel avec l'informatique[3].

Il teste le potentiel du Minitel dès 1983, alors qu'il est lycéen[6] et se spécialise dès 1984 en créant des services de Minitel rose[7], puis en investissant dans des peep-shows et des sex-shops[8]. En 1987, il arrête sa classe préparatoire scientifique pour se lancer à plein temps dans une entreprise de services pornographiques par Minitel[9] en collaboration avec Fernand Develter, un ancien fondé de pouvoir à la Société générale reconverti dans les serveurs érotiques et les sex-shops, ces derniers lui rapportant plusieurs milliers d'euros par mois en liquide[10]. Il rachète pour cela une licence de presse afin de pouvoir devenir éditeur de service, détournant celle-ci afin de mettre en place ses services commerciaux[5]. Par ce truchement, il devient millionnaire en euros à 24 ans[5].

Création du groupe iliad[modifier | modifier le code]

En 1990, il rachète à Fernand Develter 50 % de Fermic Multimedia, un éditeur de services de Minitel rose créé dans les années 1980 et le rebaptise « iliad »[11]. Il en restera actionnaire majoritaire (55 % en 2016[12]). Il est à l'origine des produits lancés par le groupe iliad, et notamment le service « 3617 Annu » lancé en 1996 ou le site « societe.com ».

En 1995, il investit dans le premier fournisseur d'accès à Internet grand public en France, Worldnet, société revendue en décembre 2000 à Kaptech (groupe Neuf Cegetel) pour 40 millions d'euros. En 1999, il développe une offre d'accès à Internet sous le nom de Free, puis cherche à faire passer par la même ligne une offre de téléphonie et de télévision, ce qui suppose d'utiliser un boîtier électronique qui soit techniquement capable de le faire. Il décide avec Michaël Boukobza, son bras droit, et Rani Assaf, son directeur technique, de mettre au point ce boîtier[5].

Le est lancée la Freebox, ainsi avec Rani Assaf, il est l'initiateur en France des offres triple play et du concept de box. [réf. nécessaire]

Xavier Niel est à l'origine de la création le 11 septembre 2006 de la Fondation Free. L'objectif de la fondation est de réduire la fracture numérique. La fondation, dotée d'un faible budget et n'employant qu'une seule personne[13], n'a pas d'activité connue depuis 2013, après avoir été utilisée comme véhicule pour le financement de l'école 42[14].

En 2008 paraît un livre dont il est l'auteur, avec Dominique Roux, intitulé Les 100 Mots de l'Internet, dans la collection Que sais-je ?.

Projets et investissements[modifier | modifier le code]

Xavier Niel, présentant la conférence de lancement de Free Mobile, le 10 janvier 2012.

Xavier Niel a notamment racheté avec d'autres investisseurs les droits des chansons de Claude François en 2009[15]. En 2010, il investit dans plusieurs startups liées à l'information en ligne (Mediapart, Bakchich), la technologie (Ateme) ou la musique (Deezer)[16]. En juin 2010, il confirme sa volonté de peser dans l'activité de l'information et de la presse écrite en s'associant avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse pour prendre le contrôle du quotidien Le Monde[17] au travers d'une recapitalisation du groupe.

Il est également membre de la holding d'investisseurs Free Minds, parmi lesquels figurent Charles Beigbeder, Marc Simoncini (fondateur de Meetic), et Arnaud Dassier (fondateur de l'agence de communication L'Enchanteur des médias, qui a animé la campagne de Nicolas Sarkozy sur le Web en 2007), holding qui a contribué au financement du site d'actualités Atlantico[18].

En mars 2010, Xavier Niel s'associe avec l'entrepreneur et « business angel » Jeremie Berrebi, afin de lancer son propre fonds d'investissement, Kima Ventures[19]. Ce fonds d'investissement a pour objectif d'investir dans 50 à 100 startups par an à travers le monde. Ainsi en août 2012, Kima Ventures a investi dans 160 entreprises[20]. Fin 2010, le média américain Business Insider citait Kima Ventures comme étant le fonds de business angels le plus actif du monde par son nombre de participations[21].

En janvier 2012, il lance le service de téléphonie mobile Free Mobile avec une offre commerciale agressive, proposant simplement deux forfaits de 2 et 19,99 euros (ce dernier en illimité), immédiatement adopté par deux millions d'abonnés en deux mois.

Le 26 mars 2013, accompagné de Nicolas Sadirac, Kwame Yamgnane et Florian Bucher, il annonce l'ouverture de l'école 42. Celle-ci est dédiée à la programmation et aux métiers techniques du numérique et est réservée aux jeunes de 18 à 30 ans. Cette formation gratuite, sera financée à 100 % sur fonds propres pour les dix années à venir, pour un montant estimé de 70 millions d'euros[22].

Fin mai 2013, Xavier Niel accompagné de Jean-David Blanc (AlloCiné), Jacques-Antoine Granjon (Vente privée), Jérémie Berrebi (Kima) et Clément Benoît (Resto-in), apporte son soutien financier à Bank of Poker lors d'une levée de fonds (d'un montant non communiqué)[23].

Il est actionnaire de Resto-Flash, le premier ticket restaurant dématérialisé[24].

Le 18 novembre 2013 Xavier Niel, Marc Simoncini (PDG de Meetic) et Jacques-Antoine Granjon (PDG de vente-privee.com), ont décidé de financer 101 startups à raison de 25 000 euros chacune. Les candidats avaient une minute pour présenter leurs projets[25].

Le 25 avril 2014, il rachète 55 % de Monaco Telecom[26].

Le 18 décembre 2014, il rachète, via sa holding NJJ Capital, Orange Suisse (propriété de Apax Partners depuis 2012) pour 2,3 milliards d’euros[27] qui sera rebaptisé « Salt » le 23 avril 2015.

Le 23 octobre 2014, il annonce la création du plus grand incubateur au monde, dans le treizième arrondissement parisien, au sein de la Halle Freyssinet[28].

Le 4 septembre 2015, il annonce avoir investi, aux côtés de Daniel Marhely (fondateur de Deezer) et Julien Codorniou dans la start-up Française Kokoroe, première plateforme de partage de passions [29].

Le 15 septembre 2015, il annonce avoir investi, aux côtés de Oliver Samwer (fondateur de Rocket Internet), Jean-David Blanc et Thibaud Elzière dans la start-up Française WeMoms, premier réseau social dédié aux mamans[30],[31].

Xavier Niel le 25 juin 2008, à l'espace Cardin, à Paris.

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Xavier Niel, lors de la conférence LeWeb 2011.

Xavier Niel est mis en examen et placé en détention provisoire à la prison de la Santé (Paris) le pendant un mois pour proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux concernant un de ses « peep-shows »[10]. Le , une ordonnance de non-lieu est rendue en sa faveur par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke concernant les accusations de proxénétisme[8].

Il est condamné le à deux ans d'emprisonnement avec sursis et à 250 000 euros d'amende par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour recel d'abus de biens sociaux datant de 2001 à 2004 dans un « peep-show » dont il était actionnaire[32]. La somme perçue sur trois ans avoisine les 200 000 euros. À la suite de cette affaire, Xavier Niel attaque plusieurs fois en diffamation le journal Libération et le journaliste Renaud Lecadre[33], auteur d’articles dans le quotidien et sur le site liberation.fr évoquant ses démêlés judiciaires. Mais Xavier Niel et la société Free sont déboutés systématiquement lors des procès qui se sont tenus au deuxième trimestre 2008, et condamnés à verser des dommages-intérêts à Libération pour procédures abusives[34].

Critiques[modifier | modifier le code]

En juin 2011, Pierre Rimbert critique dans Le Monde diplomatique (filiale à 51 % du groupe Le Monde, mais bénéficiant historiquement d'une rédaction indépendante) la disparition progressive de l'indépendance rédactionnelle au Monde. L'article rapporte notamment une déclaration de Xavier Niel, propriétaire du Monde : « Quand les journalistes m’emmerdent je prends une participation dans leur canard et après ils me foutent la paix[35]. ».

Selon le journaliste Amaury de Rochegonde, Xavier Niel considère que la « propriété des journaux influents [sert] en France à se protéger des pouvoirs de toutes sortes. »[36].

Vie de famille[modifier | modifier le code]

Xavier Niel est le père de deux garçons d’une première relation, nés respectivement en 2000 et 2002, et d’une fille, née en 2012 de son union avec Delphine Arnault, fille de Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH[37]. Emmanuel Lévy écrit à ce sujet, dans Le Nouveau Marianne du  : « Quand Xavier Niel, le trublion patron de Free, et Delphine Arnault se choisissent, on retrouve là les comportements que Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont décrits au travers de leurs nombreux ouvrages »[38].

Fortune[modifier | modifier le code]

En 2016, il est, selon Forbes, la 129e fortune mondiale avec un patrimoine de 9,7 milliards de dollars[39]9 milliards d'euros). C'est également la neuvième fortune de France en 2014 d'après Challenges[40],[41], septième d'après Forbes en 2016[39].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Xavier Niel à l'université d'été du MEDEF 2009.
  • En novembre 2009, il reçoit le prix du « Manager de l'année de BFM Radio »[42].
  • Le 6 octobre 2011, au cours de la seconde édition du HubForum, il reçoit le prix de la « Personnalité digitale influente de l’année »[43],[44].
  • En mars 2013, le titre d'homme le plus influent des médias lui est décerné par GQ pour la troisième année consécutive[45].
  • Il est considéré comme le « patron préféré des Français » par un sondage réalisé en février 2014 par l'institut Promise Consulting Inc[46].
  • En novembre 2014, il est considéré par le magazine Challenges comme le deuxième entrepreneur incarnant le mieux l'innovation, derrière Bill Gates[47]
  • En août 2015, le magazine américain Wired le désigne comme la septième personnalité mondiale la plus influente du numérique[48].

Divers[modifier | modifier le code]

Xavier Niel s'élève contre la loi Création et Internet, qu'il juge « liberticide »[49], et dénonce les accords de l'Élysée (issus de la mission Olivennes) prévoyant des tests de filtrage du réseau, en expliquant à la presse que les parties prenantes de cet accord ont en fait signé une feuille blanche, avant de découvrir le texte lors d'une conférence de presse[50].

Il est membre du conseil d'administration de l'organe de presse complotiste Réseau Voltaire[51] entre 1997 et 2005.

Il est le copropriétaire du champion Cirrus des Aigles, un pur-sang anglais né le 8 mai 2006.

Il est également co-propriétaire de l'hôtel 5 étoiles l'Apogée à Courchevel[52].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Xavier Niel
  2. Démission du CNNum
  3. a et b (en) Lunch with the FT: Xavier Niel - Simon Kuper, Financial Times, 3 mai 2013
  4. « Xavier Niel, le PDG, a grandi à Créteil », Le Parisien,‎
  5. a, b, c et d François Digueneuve, « Le rebelle des télécom », Le nouvel économiste,‎ , pages 33 à 45 (lire en ligne)
  6. Biographie - LSA, 24 août 2012
  7. Le monde du Minitel se paye Le Monde - Michel Puech, Mediapart, 20 juin 2010
  8. a et b Renaud Lecadre Le X, versant obscur du patron de Free, Libération, 14 septembre 2006
  9. Xavier Niel change de monde sur L'Express
  10. a et b Xavier Niel, 100 % Free - Ghislain de Montalembert, Le Figaro, 19 juillet 2013
  11. Gilles Sengès, Xavier Niel : L'homme Free
  12. Fiche ILIAD ( FREE ) - Boursorama
  13. « Fiche FONDATION D'ENTREPRISE FREE », Verif.com
  14. « Fondation d'entreprise Free », sur fondation.free.org (consulté le 3 janvier 2016)
  15. « Xavier Niel rachète tous les tubes de Claude François », Le Point, 25 novembre 2009.
  16. « X. Niel investit dans la start-up Square du fondateur de Twitter », Clubic, .
  17. Le Monde : le choix massif des sociétés de personnels - Le Monde, 26 juin 2010
  18. Xavier Ternisien, Atlantico, nouveau site d'information, refuse l'étiquette « de droite » - Le Monde, 28 février 2011
  19. (en) Kima Ventures - Site officiel
  20. (en) Spray and pray, most every day: Kima Ventures vows to back 100 startups in the next 12 months - Robin Wauters, The Next Web, Inc., 31 août 2012
  21. (en) Meet the most active angel investor in the world - Business Insider, 9 novembre 2010
  22. Alt garderie pour bébés Niel - Quentin Descamps, Libération , 1er mars 2015
  23. Xavier Niel investit dans le site Bank of Poker - L'Express, 27 mai 2013
  24. Resto Flash lève 1,25 million d'euros pour ses tickets resto dématérialisés - Aude Fredouelle, Le Journal du Net, 27 mars 2014
  25. Niel, Simoncini et Granjon créent la "Nouvelle Star" des start-up - Laure-Emmanuelle Husson, Challenges, 18 novembre 2013
  26. Xavier Niel, fondateur de Free, rachète Monaco Telecom - Le Monde/AFP, 25 avril 2014
  27. Xavier Niel rachète Orange Suisse pour 2,3 Mds€ - Le Figaro/Reuters, 18 décembre 2014
  28. Le Paris géant de Xavier Niel pour les start-up - Benjamin Ferran, Le Figaro, 23 octobre 2014
  29. [1] -Marina Al Rubaee, Les Echos, 9 septembre 2015
  30. Capital-investissement : Xavier Niel et Oliver Samwer investissent dans WeMoms... - Boursier.com, 15 septembre 2015
  31. (en) WeMoms, the first application for moms, raises € 600k - rudebaguette.com, 10 septembre 2015
  32. « Prison avec sursis pour Xavier Niel. »
  33. Xavier Niel, le « capitalisme cool » à l’assaut des médias
  34. « Un ex-PDG de Libération brutalement interpellé à son domicile », par le service Médias de liberation.fr, 28 novembre 2008
  35. Pierre Rimbert, Comment « Le Monde » fut vendu Le Monde diplomatique, juin 2011
  36. Amaury de Rochegonde, « Citizen Niel », RFI, 11 janvier 2014 (en ligne)
  37. Pierre-Henri de Menthon et Airy Routier, Théories du bordel économique : 2007-2013, Parios, éd. Jean-Claude Lattès,‎ , 283 p., 21 cm (ISBN 978-2-7096-3958-3, notice BnF no FRBNF43655830, lire en ligne), p. 66
  38. Le Nouveau Marianne no 888 du 25 avril au 1er mai 2014, p. 14
  39. a et b (en) The World's Billionaires : #129 Xavier Niel - Forbes
  40. La France n'a jamais eu autant de milliardaires - Eric Tréguier et Damien Pelé, Challenges, 9 juillet 2014
  41. La fortune de Xavier Niel a explosé de 137 % grâce à Free Mobile - Frantz Grenier, Journal du Net, 10 juillet 2014
  42. Xavier Niel élu Manager 2009 aux BFM Awards - Yoann Ferret, Freenews.fr, 16 novembre 2009
  43. « Xavier Niel reçoit le prix de la "personnalité digitale influente de l’année" aux Hub Awards », Univers Freebox,‎
  44. « Hub Awards 2011 », Hub Forum,‎
  45. Xavier Niel élu personnalité la plus influente des médias - Univers Freebox, 21 mars 2013
  46. Xavier Niel, patron préféré des Français - Le Point, 2 février 2014
  47. Les 5 entrepreneurs qui incarnent le mieux l’innovation - Isabelle Pacorel, Challenges, 20 novembre 2014
  48. (en) The 2015 WIRED 100 - Wired
  49. Free prêt à partir en croisade contre la loi Hadopi ? - NetEco, 23 juillet 2008.
  50. Piratage : le fondateur de Free dénonce la méthode Olivennes - 01 net, 28 août 2008
  51. Renouvellement du conseil d’administration Réseau Voltaire, 1er septembre 1997
  52. Bernard Arnault, Xavier Niel : guéguerre dans l'hôtellerie de luxe à Courchevel - Olivier Drouin , Capital, 26 décembre 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]