Alexandre Bompard

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Alexandre Bompard
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Portrait d'Alexandre Bompard, en juin 2013

Naissance (44 ans)
Saint-Étienne, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
PDG de la Fnac
Formation

Alexandre Joubert-Bompard, né le à Saint-Étienne, est un haut-fonctionnaire et chef d'entreprise français. Il est président de la Fnac depuis 2011[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Joubert-Bompard est né le à Saint-Étienne[2], mais grandit à Megève. Sa mère est commerçante et son père Alain Bompard, chef de l'antenne RPR de Haute-Savoie et maire adjoint de Megève en 1983[3], puis chef d'entreprise et président du club de football de Saint-Étienne de 1997 à 2003.

Il envisage son entrée à l'IEP durant sa scolarité au lycée d'Annecy[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Fonction publique[modifier | modifier le code]

Alexandre Bompard est ancien élève de l'ENA (promotion Cyrano-de-Bergerac, 1999). Son classement au 4e rang lui permet de choisir l'Inspection des Finances[5].

De 2001 à 2002, après avoir participé à l’écriture du rapport L’Entreprise et l’hexagone (Édition de Bercy-2001), il devient inspecteur des finances.

En 2003, après un an comme chargé de mission auprès du chef du service de l'Inspection générale des finances, il occupe le poste de conseiller technique auprès de François Fillon, alors ministre des Affaires sociales et du Travail[6].

Dirigeant d'entreprise[modifier | modifier le code]

Canal+[modifier | modifier le code]

Il entre en 2004 chez Canal+ comme directeur de cabinet du président Bertrand Meheut, et en devient directeur des sports en juin 2005, en remplacement de Michel Denisot[7].

Il redresse la chaîne cryptée en arrêtant l'hémorragie des abonnés, obtenant les droits de la Ligue 1 de football, et négociant le rachat de TPS[8].

Europe 1[modifier | modifier le code]

Il prend la tête d'Europe 1 en qualité de président-directeur général de la radio, et de sa filiale « sport », en remplacement de Jean-Pierre Elkabbach en juin 2008[9]. Il remanie rapidement en profondeur la grille des programmes pour la rentrée 2008, avec le recrutement de plusieurs personnalités de la télévision (Michel Drucker, Marc-Olivier Fogiel, Marie Drucker, Alexandre Ruiz), mais aussi en évinçant d'autres présentateurs (Michel Cymes, Karen Cheryl…).

De nombreux changements sont également effectués au sein de la rédaction afin de privilégier l'émergence de nouveaux formats[10]. Consécutivement à ces choix, l'audience de la station cesse de baisser pour revenir au-dessus de 9 % et dépasse les 10 % de janvier à mars 2010 [11].

Pour sa seconde saison à la tête d'Europe 1, il travaille à la réorientation du format « news and talk » vers une programmation généraliste, à travers l'arrivée de Nagui et le retour du Top 50[12], tout en réaffirmant sa stratégie à long-terme de diversifier les revenus de l'entreprise à travers le partage d'intérêts économiques avec l'industrie culturelle (coédition et coproduction, notamment)[13].

Sous sa présidence, la station connait des recettes publicitaires croissantes, une position de leadership sur les podcasts[14], un club des auditeurs dynamique et un site internet à la fréquentation forte, et décroche deux records d'audience en 2010[15].

Au printemps 2010, son nom est régulièrement cité dans les médias comme possible successeur de Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions. La présidence de l'audiovisuel public, dont le mode de désignation est alors largement débattu à la suite de la réforme initiée par Nicolas Sarkozy, revient finalement à Rémy Pflimlin, ancien directeur de France 3.

Fnac[modifier | modifier le code]

Le est annoncé son départ de la présidence d'Europe 1 pour la présidence de la Fnac, filiale du groupe PPR (rebaptisé depuis Kering) spécialisée dans la distribution de biens culturels et technologiques. Il succède ainsi à Christophe Cuvillier au début de l'année 2011 et est remplacé par Denis Olivennes à la tête d'Europe 1[16].

Face à la concurrence du e-commerce et l'érosion du marché de la musique et de la vidéo, il présente en juillet 2011 un plan stratégique de transformation de l'enseigne baptisé « Fnac 2015 » et reposant sur quatre piliers : l'élargissement de l'offre, le renforcement de la relation client, le développement du parc de magasins dans les villes moyennes et la mise en place d'une intégration multicanale entre les enseignes physiques et le site fnac.com[17].

Pour renforcer la stratégie numérique de l'enseigne et contrer le Kindle d'Amazon, il annonce en octobre 2011 le lancement d'une liseuse en partenariat avec le constructeur canadien Kobo[18]. Commercialisée pendant les fêtes de fin d'année, la liseuse atteint ses objectifs de vente en deux semaines, avec 30 000 exemplaires vendus[19]. Depuis son lancement, le Kobo s'est vendu à plus de 180 000 exemplaires[20].

En , il pilote l’introduction en bourse de la Fnac[21], dans un contexte difficile pour le secteur marqué notamment par la liquidation de l’enseigne Virgin Megastore[22]et la numérisation de l’économie[23]. Le cours de référence, fixé à 22 euros par action, dévisse rapidement à la suite du désengagement attendu des actionnaires de la maison-mère Kering[24]. L’action rebondit ensuite grâce à l’arrivée de nouveaux fonds d'investissement français et étrangers, intéressés notamment par la diversification du modèle économique de la Fnac [25] et le développement de nouvelles activités davantage rentables comme la distribution de produits d’électroménager haut de gamme [26].

Alexandre Bompard est responsable du développement de nombreuses innovations au sein de la FNAC : « location d’appareils high-tech, streaming avec Fnac Jukebox, développement d’un rayon papeterie et de partenariats dans la billetterie »[27].

Le le Canard enchaîné révèle qu'Alexandre Bompard toucherait en 2015 un complément de salaire de 11,6 millions d'euros, soit un quart du bénéfice net du groupe pour l'année 2014, en sus de sa rémunération annuelle (qui s'élève en 2014 à 1,8 millions d'euros)[28]. Cette rémunération est liée à un plan de performance voté 2 ans plus tôt par le conseil d'administration, qui faisait varier son montant en fonction de la cotation du groupe en bourse, qui a triplé depuis lors. Cette révélation provoque une polémique alors que des suppressions de postes sont prévues dans l'entreprise[29]. En réponse aux critiques que la révélation de son bonus déclenche, Alexandre Bompard annonce vouloir réinvestir ce montant dans le groupe pour une durée de deux ans[30].

Rachat de Darty[modifier | modifier le code]

Le 6 novembre 2015, après 4 mois de négociations, Alexandre Bompard annonce le mariage entre la Fnac et Darty, qui pèse alors 3 milliards de chiffres d’affaires de plus que la Fnac[31].

Ce rachat, déroulé dans la nuit du 25 avril (Capital, 12/2016), a nécessité de convaincre Vincent Bolloré à investir 159 millions d'euros, et des banques 950 millions d'euros. Le PDG de la FNAC et son équipe ont contacté individuellement les quarante plus gros actionnaires de Darty pour les convaincre avant le petit matin.

L’opération lui vaut les félicitations de plusieurs autres grands patrons français[31]. Pour Antoine Gosset-Grainville, associé fondateur du cabinet BDGS, Alexandre Bompard prouve grâce à ce mariage qu’il est « potentiellement un des dix grands patrons français de demain »[31].

Rien n’est cependant encore acquis et pour verrouiller cette « promesse irrévocable » des fonds Knight Vinke et DNCA, Alexandre Bompard doit encore réussir à prendre le contrôle de plus de 50 % du capital de Darty[32] dans le cadre d’une offre publique d’achat (OPA) en concurrence avec Conforama, intéressée par un mariage avec Darty depuis début 2016[32].

En avril 2016, Alexandre Bompard atteint la barre des 50 % d’actions en acquérant d’abord 18 % environ, puis les actions restantes les jours suivants[32].

En juillet 2016, l’Autorité de la concurrence française donne son accord pour ce rapprochement, moyennant la cession de six magasins[33]. Au 28 juillet 2016, la Fnac est déjà assurée de détenir environ 92 % du groupe au minimum. Le nouveau PDG sera Alexandre Bompard, qui siège également au conseil d’administration du nouvel ensemble, dont le nom sera « Fnac Darty »[33]. Le Groupe Fnac détient finalement au 1er août 2016 un total de 98,5 % du capital de Darty[34].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Il est Young Leader[35] (2009) de la French-American Foundation. Il est membre permanent du jury du Prix des prix littéraires depuis 2011.

Il est nommé au conseil d'administration d'Orange en décembre 2016 en remplacement de Bernard Dufau, pour la durée du mandat restant à courir de ce dernier[36].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Durant son adolescence, il se passionne pour la FFI en déclarant «(...) Je suis incollable sur les réseaux, leurs faits d'armes et leurs chefs (...)»[37].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Alexandre Bompard est nommé Président-directeur général de la Fnac » publié le 23 novembre 2010
  2. « Alexandre Bompard : d'Europe 1 à la FNAC » publié le 23 novembre 2010
  3. « Les petits secrets d'Alexandre Bompard, prochain PDG de la Fnac », sur capital
  4. « Le portrait d'Alexandre Bompard », sur lenouveleconomiste,
  5. « Les petits secrets d'Alexandre Bompard, prochain PDG de la FNAC. », sur capital.fr,
  6. Notice biographique du Who's Who in France (consulté le 7 juin 2008)
  7. Mouvements Alexandre Bompard remplace Michel Denisot à la direction des sports de Canal
  8. « Alexandre Bompard sur les ondes », whoswho.fr, semaine du 5 au 12 juin 2008
  9. Bompard, un énarque venu de Canal+, AFP, LeParisien.fr, 3 juin 2008
  10. Europe 1 : la grande purge de Bompard », lepoint.fr, 10 juillet 2008
  11. Europe 1 vise «durablement» les 10% d'audience, LeFigaro.fr, 29 août 2011
  12. Grégoire Poussielgue avec J. C. F., « Rentrée décisive pour les radios généralistes », Les Echos, 24 août 2009
  13. http://www.lenouveleconomiste.fr/JV/JVLNE1517/C1/Portrait.html
  14. Europe 1 reste le leader des podcasts, LesEchos.fr, 21 octobre 2010
  15. Marc Pellerin, « Europe 1 perd son prodige », Le Parisien, 24 novembre 2010
  16. Europe 1 : Denis Olivennes remplace Alexandre Bompard, LeParisien.fr, 30 novembre 2010
  17. Bompard : «Nous voulons bâtir une nouvelle Fnac», LeFigaro.fr, 19 juillet 2011
  18. La Fnac s'allie avec un canadien pour lancer le successeur du Fnacbook, L'Expansion, 11 octobre 2011
  19. Kobo by FNAC : le seuil des 30 000 liseuses vendues dépassé à Noël, ebouquin.fr, 6 janvier 2012
  20. La FNAC prête à défendre son modèle, LesEchos.fr, 18 février 2013
  21. Alexandre Bompard, agitateur de Fnac, L'Expansion, 19 juin 2013
  22. Le tribunal de commerce annonce la liquidation judiciaire de Virgin, Le Monde, 17 juin 2013
  23. FNAC: comment Alexandre Bompard veut séduire les investisseurs, Les Échos, 2 juin 2013
  24. Le cours de l’action Fnac dévisse pour son entrée en bourse, Le Huffington Post, 20 juin 2013
  25. Les résultats de la Fnac réservent une bonne surprise, Le Figaro, 10 septembre 2013
  26. La Fnac vendra machines à café et aspirateurs, Le Figaro, 28 mars 2012
  27. Comment gouverne le PDG de la Fnac, Alexandre Bompard, Challenges, 29 juin 2014
  28. BFM BUSINESS, « La vérité sur le super bonus du PDG de la Fnac » (consulté le 19 juillet 2015)
  29. « Fnac : le jackpot de Bompard ne passe pas chez les salariés | Mediapart », sur www.mediapart.fr (consulté le 19 juillet 2015)
  30. « Le PDG de la Fnac réinvestira dans l'entreprise tout l'argent du plan de performance » (consulté le 19 juillet 2015)
  31. a, b et c « ET ALEXANDRE DEVINT GRAND », sur lesechos.fr, (consulté le 25 août 2016)
  32. a, b et c « Après son coup gagnant, Alexandre Bompard doit construire le nouveau groupe », sur lesechos.fr, (consulté le 25 août 2016)
  33. a et b Le Point, magazine, « Alexandre Bompard, patron du groupe Fnac-Darty », (consulté le 25 août 2016)
  34. Zone Bourse, « Groupe Fnac : détient 98,5% du capital de Darty. | Zone bourse » (consulté le 25 août 2016)
  35. Admin Suite, « Annuaire des Young Leaders - French-American Foundation France » (consulté le 4 juin 2015)
  36. Alexandre Bompard au conseil d'administration d'Orange, Stratégies, 8 décembre 2016
  37. « les-petits-secrets-d-alexandre-bompard-prochain-p-dg-de-la-fnac », sur capital,  : « Admis en classe de seconde au lycée Berthollet d'Annecy, Alexandre dévorait dans son studio les livres consacrés à la Résistance. «Je suis incollable sur les réseaux, leurs faits d'armes et leurs chefs», affirme-t-il aujourd'hui. Pourquoi cette fascination ? «C'est une histoire personnelle», qu'il refuse de raconter. «Il est hanté par une question, témoigne un proche : pourquoi des hommes ordinaires, dans un contexte extraordinaire, choisissent un camp plutôt que l'autre.» »
  38. Décret du 2 mai 2017 portant promotion et nomination