Acrimed

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Acrimed
Cadre
But Critique des médias
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1996
Identité
Personnages clés Pierre Bourdieu
Publication Médiacritique(s)
Site web www.acrimed.org

Acrimed (acronyme d'« Action critique Médias ») est une association française loi de 1901 de critique des médias, proche de la gauche antilibérale[réf. nécessaire], créée en 1996 à l'initiative d'Henri Maler et de quelques autres (dont Patrick Champagne, sociologue proche de Pierre Bourdieu)[1], dans la foulée du mouvement social de novembre et décembre 1995 et dans le sillage d'un appel à la solidarité avec les grévistes, en réponse à la façon dont les grands médias auraient pris parti contre ce mouvement et neutralisé l'expression de ses acteurs[2].

Auto-constituée en « Observatoire des médias », attentive à la vérification des faits, Acrimed réunit des journalistes et des salariés des médias, des chercheurs et des universitaires, des acteurs de la vie associative et politique. Association adhérente d'Attac jusqu'en 2008, Acrimed s'inscrit dans le mouvement altermondialiste[3].

Depuis octobre 2011, Acrimed publie par ailleurs une revue papier trimestrielle, le magazine Médiacritique(s)[4].

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'association résume ses objectifs en quatre points[5] : « informer, contester, proposer, mobiliser ».

Acrimed se donne pour but :

« d’intervenir publiquement, par tous les moyens à sa disposition, pour mettre en question la marchandisation de l’information, de la culture et du divertissement, ainsi que les dérives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il véhicule le prêt-à-penser de la société de marché[6]. »

S'appuyant sur les analyses critiques d'économie et de sociologie des médias et du journalisme — et notamment sur les travaux de Pierre Bourdieu et Noam Chomsky[7] —, l'association se donne pour objectifs d' « informer sur l'information », sur son contenu et sur les conditions de sa production, ainsi que d'analyser les effets de la subordination des métiers du journalisme aux pouvoirs économiques qui dominent les médias[8] et aux pouvoirs politiques qui les maintiennent sous tutelle.

Selon Acrimed, cette situation explique largement la transgression répétée des règles de la déontologie journalistique. Parmi les cibles de l'association, on retiendra la critique de toutes les formes de connivence pratiquée par une minorité de journalistes qui occupent les sommets de la profession, ainsi que la contestation des « intellectuels médiatiques » dont elle déplore l'omniprésence dans les médias, laquelle omniprésence générerait un appauvrissement de la pluralité des points de vue[9].

Publications d'Acrimed[modifier | modifier le code]

Le site Web Acrimed[modifier | modifier le code]

Acrimed publie sur son site web des contributions élaborées par le comité de rédaction de l'association, ainsi que des articles de correspondants, le cas échéant sous forme de tribunes libres.

Ce site dispose d'une visibilité importante sur Internet : lors du débat au sujet du Traité établissant une Constitution pour l'Europe, il a été montré par un groupe de recherche de l'Université de Compiègne qu'il était à égalité avec Rezo.net l'un des principaux sites de référence sur le sujet, devancé seulement par Libération.fr[10].

Le magazine trimestriel Médiacritique(s)[modifier | modifier le code]

Depuis octobre 2011[11], Acrimed publie un magazine trimestriel appelé Médiacritique(s), vendu en librairie[12] ou sur la boutique en ligne de l'association[13].

Les numéros épuisés sont proposés librement en téléchargement sur le site de l'association[14],[15],[16],[17].

Autres publications[modifier | modifier le code]

Acrimed diffuse également ses travaux et analyses sur d'autres supports. Avant la création de Médiacritique(s), un Magazine présenté comme une publication intempestive et aléatoire a été diffusé selon différents modes. Les no 1 et 3 sont en vente auprès de l'association directement. Les no 2 et 4 ont été diffusés en supplément dans le journal Le Plan B.

L'association a également publié trois livres chez les Éditions Syllepse :

  • 2005 : Médias en campagne. Retours sur le référendum de 2005. Coordonné et mis en forme par Henri Maler et Antoine Schwartz.
  • 2008 : Tous les médias sont-ils de droite ?. Coordonné et mis en forme par Mathias Reymond et Grégory Rzepski[18].
  • 2010 : Médias et mobilisations sociales. La morgue et le mépris. Coordonné et mis en forme par Henri Maler et Mathias Reymond[19].

Les rédacteurs d'Acrimed participent aussi à de nombreux débats en France et à l'étranger[20].

Le journal satirique PLPL[21] présentait Acrimed comme sa « vitrine universitaire ». À quoi Acrimed réplique, ironiquement, que PLPL n'est que « l'une des succursales non franchisées d'Acrimed »[22].

Critiques et critiques des critiques[modifier | modifier le code]

Les détracteurs de l'association, comme les journalistes Jean Quatremer[23] et Olivia Dufour (écrivant alors sous le pseudonyme d'Aliocha)[24], se demandent où s'arrête l'étude critique des médias proprement dite et où commence l'expression de points de vue politiques sous couvert de démontage d'argumentation de journalistes et d'éditorialistes exprimant l'avis opposé.

L'association répond à cette critique en estimant que la question des médias est une question éminemment politique, donc, qu'il faut la politiser, sans pour autant selon elle prendre position en faveur de tel parti ou tel candidat :

« Concernant Acrimed [...], jamais une ligne ni même un mot publié dans nos articles n’a laissé entendre que nous soutiendrions un candidat plutôt qu’un autre. Acrimed est une association [...] de critique des médias. C’est-à-dire que nous observons collectivement les médias, portons collectivement une critique et (c’est là que ça devient compliqué) formulons collectivement des propositions afin de politiser la question des médias. À la différence, par exemple, du site d’Arrêt sur images, qui se propose seulement de décrypter (souvent avec efficacité) l’univers des médias, nous nous efforçons de faire de la question des médias une question politique… parce que c’est une question politique[25] ! »

Le sociologue Philippe Corcuff estime que certaines analyses d'Acrimed recourent à des explications à tonalité conspirationniste[26]. Pour le sociologue Patrick Champagne, membre d'Acrimed, « ce donneur de leçons est […] un faussaire »[27]. Philippe Corcuff, pointé lui-même à plusieurs reprises par l'association Acrimed a réagi en parlant de « bon sens stalinien » et Henri Maler, membre d'Acrimed, a parlé de cette réaction comme d'une « crise de nerfs »[28].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Michael Grenfell, Pierre Bourdieu, agent provocateur, Continuum International Publishing Group, 2004, p. 108-109.
  2. Voir l'« Appel pour une action démocratique sur le terrain des médias » (1996) et « Les médias face au mouvement social de la fin », article paru dans la revue S!lence en juin 1996.
  3. Eddy Fougier, L'altermondialisme, Le Cavalier Bleu, 2008, p. 43.
  4. l'"acte de naissance" de la revue, sur le site d'Acrimed
  5. Voir le magazine no 1 d'Acrimed.
  6. Voir « Acrimed se présente » sur le site de l'association.
  7. Frédéric Delorca, « Chomsky et Bourdieu : une rencontre manquée » in Jean Bricmont et Julie Franck (dir), Chomsky, L'Herne no 88, 2007, p. 266.
  8. Voir l'exemple de Rupert Murdoch sur le site d'Acrimed.
  9. Cf. Julien Salingue d'Acrimed dans l'émission Ce soir ou jamais ! du 2 novembre 2013, consacrée aux agressions contre les journalistes.
  10. Carte des sites du débat sur le TCE établie par le groupe réseaux, territoires & géographie de l'information de l'Université de Compiègne.
  11. http://www.acrimed.org/Avis-de-naissance-Mediacritique-s-magazine-imprime-d-Acrimed
  12. http://www.acrimed.org/Mediacritique-s-en-librairie
  13. http://boutique.acrimed.org/1-mediacriques.html
  14. http://www.acrimed.org/Cadeau-Mediacritique-s-notre-trimestriel-imprime-no1-octobre-2011-en-pdf
  15. http://www.acrimed.org/Cadeau-Mediacritique-s-notre-trimestriel-imprime-no10-janvier-2014-en-pdf
  16. http://www.acrimed.org/Cadeau-Mediacritique-s-notre-trimestriel-imprime-no11-avril-2014-en-pdf
  17. http://www.acrimed.org/Cadeau-Mediacritique-s-notre-trimestriel-imprime-no12-juillet-2014-en-pdf
  18. http://www.acrimed.org/article2850.html
  19. http://www.acrimed.org/article2570.html
  20. Les débats d'Acrimed.
  21. Le journal PLPL (Pour Lire Pas Lu) a laissé la place au mensuel Le Plan B à la suite de la fusion de sa rédaction avec celle du journal Fakir.
  22. Voir Dans « L’Actu des médias » (février 2003).
  23. Voir par exemple la passe d'armes sur les modifications apportées par le Parlement européen à la directive Services (ex-directive Bolkestein) entre Acrimed et Jean Quatremer de Libération. Le Monde et Libération : désinformation active sur la directive Bolkestein (Acrimed) et réponse de Jean Quatremer ainsi que re-réponse d'Acrimed
  24. « En finir avec Acrimed » En finir avec Acrimed « La Plume d'Aliocha, La plume d'Aliocha, en réaction à l'article Le Monde et le mouvement universitaire d'Acrimed
  25. À quoi sert Thomas Legrand ? Acrimed, 20 janvier 2012
  26. « Rester critique face à la critique des médias », entretien P. Corcuff, avril 2007
  27. Acrimed, « Philippe Corcuff, critique « intelligent » de la critique des médias », Patrick Champagne, le 29 avril 2004. [lire en ligne]
  28. Voir l'ensemble des pièces du dossier (textes de Patrick Champagne, Philippe Corcuff et Henri Maler sur Bellaciao : Controverse Champagne-Corcuff-Maler 2004)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]