Air liquide

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le groupe industriel. Pour l'air à l'état liquide, voir Liquéfaction de l'air.
Air liquide
Image illustrative de l'article Air liquide

Création 1902
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : AI
Slogan Leader mondial des gaz, technologies et services pour l'industrie et la santé
Siège social Drapeau de la France Paris[1] (France)
Direction Benoît Potier, président-directeur général
Actionnaires 36 % actionnaires individuels
18 % investisseurs institutionnels français
46 % investisseurs étrangers (12/2015)
Activité Production de gaz industriels et à usage médical, matériel médical, chimie fine, services
Filiales Aqua Lung/La Spirotechnique
Effectif 68 000 (environ, suite à l'acquisition d'Airgas en mai 2016)
SIREN 314 119 504
Site web www.airliquide.com

Capitalisation 39,920 milliards € (31/12/2016)
Dette Increase Negative.svg 15,368 milliards € (31/12/2016)
Chiffre d’affaires en augmentation 18,135 milliards € (2016)
+14,6 % vs 2015
Résultat net en augmentation 1,844 milliard € (2016)
+5 % vs 2015
Une usine.

Air liquide (AL), anciennement L'Air liquide, est un groupe industriel français d'envergure internationale, spécialiste des gaz industriels, c'est-à-dire des gaz pour l'industrie, la santé, l'environnement et la recherche. Il est présent dans quatre-vingts pays à travers le monde. Air liquide est cotée à la Bourse de Paris. Elle entre dans la composition de l'indice CAC 40.

Premier groupe mondial dans le secteur, son principal concurrent reste Linde, puis viennent deux groupes américains : Praxair et Air Products[2]. À eux quatre, ils sont considérés comme les acteurs prédominants du marché du gaz industriel[3],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , après deux ans de recherche, Georges Claude met au point un procédé de liquéfaction de l'air afin d'en séparer les composants (oxygène, azote, argon). Le , Paul Delorme réunit vingt-quatre souscripteurs, principalement des ingénieurs, pour soutenir financièrement le projet[5]. Paul Delorme est le premier président de « L'Air liquide, société pour l'étude et l'exploitation des procédés Georges Claude ». La société est alors dotée d'un capital de 100 000 francs.

En 1906, l'expansion internationale de L'Air liquide débute, d'abord en Belgique et en Italie mais aussi au Canada, au Japon et à Hong Kong. Le , L'Air liquide est introduit à la Bourse de Paris.

En 1930, la croissance a été réussie avec un endettement quasi-inexistant, les quelques émissions de titres de dette représentant seulement 15 % des ressources de l'entreprise[6]. En 1936, c'est la 6e capitalisation boursière française, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la Bourse, alors qu'elle n'était encore 17e en 1928. En 1938, L'Air liquide entre en Argentine.

En 1943, sous l'égide de l'ingénieur Émile Gagnan (employé chez L'Air liquide) et du lieutenant de vaisseau Jacques-Yves Cousteau, L'Air liquide fabrique, dans son usine de Boulogne-Billancourt, les deux prototypes de scaphandre autonome que Cousteau et Frédéric Dumas utilisèrent pour tourner le film subaquatique Épaves, réalisé par Cousteau la même année[7]. C'est la naissance de la plongée autonome moderne.

En 1945, après la guerre, Jean Delorme, fils de Paul et second président du groupe, s'attache à remettre en route, rénover, développer l'outil industriel. En 1946, L'Air liquide fonde La Spirotechnique, société de conception et de commercialisation de détendeurs et autres équipements de plongée. La même année, La Spirotechnique lance sur le marché le CG45, le premier détendeur moderne de plongée commercialisé. Cela marque ainsi le début de la vulgarisation de la plongée sous-marine.

En 1957, Air liquide commence son activité dans la grande industrie et créé des réseaux de canalisations irriguant plusieurs grands bassins industriels dans le monde. En 1962, Air liquide se lance dans l'industrie spatiale. Dans les années 1960, Air liquide acquiert American Cryogenics, ainsi que plusieurs autres entreprises américaines[8].

En 1970, l'entreprise inaugure son centre de recherche et développement Claude-Delorme, situé aux Loges-en-Josas (Yvelines). Plus de 250 chercheurs y travaillent dans 35 laboratoires, couvrant divers domaines de recherche comme les mathématiques appliquées, les essais cliniques et le génie des procédés[9]. En mars 2014, le groupe annonce son intention d'agrandir et de moderniser le centre afin de regrouper les infrastructures et les personnels dans un bâtiment unique[10].

En 1986, Air liquide se déploie aux États-Unis avec l'acquisition de Big Three pour 1,05 milliard de dollars, entreprise américaine implantée dans de nombreux pays, notamment en Europe et en Asie[11],[12]. En 1995, L'Air liquide Santé est créée : il s'agit d'une structure, des équipes et une offre de gaz médicaux, matériels et services totalement dédiées au secteur médical, d'abord à l'hôpital, puis au domicile des patients.

En 1999, Air Products tente avec Air liquide d'acquérir BOC Gases, mais son offre est invalidée par les autorités de la concurrence américaines et européennes[8]. En 2002, Air Products acquiert American Homecare Supply, une entreprise américaine spécialisée dans les équipements de soins à domiciles[8]. En 2001, Suez-Lyonnaise des Eaux tente d'acquérir Air liquide[13].

En 2001, Air liquide acquiert les activités de Messer Griesheim pour 185 millions d'euros en Afrique du Sud, à Trinité-et-Tobago, au Canada, en Égypte, en Argentine et au Brésil[14]. La même année, Air liquide acquiert les 57 % qu'il ne détient pas encore dans Hede Nielsen, une entreprise danoise, qu'il avait racheté partiellement dans les années 1990[15].

En 2003, Air liquide crée une coentreprise avec BOC au Japon, Japan Air Gases (JAG), renforçant la présence du groupe sur le marché extrême-oriental. En 2004, Air liquide acquiert les activités de Messer Griesheim en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, représentant les deux tiers de l'activité de ce dernier, pour 2,7 milliards de dollars[16] puis revend peu de temps après des activités présentes aux États-Unis[8]. En 2005, Air liquide acquiert les participations de 13,2 % qu'il ne détient pas dans la société d'oxygène et d'acétylène d'Extrême-Orient (SOAEO), pour la somme approximative de 150 millions d'euros[17]. En 2007, Air liquide acquiert les activités de Linde Gas au Royaume-Uni, ainsi que la société allemande d'ingénierie Lurgi (de), pour 550 millions d'euros, ce qui double la capacité ingénierie du groupe[18],[19].

En 2008, la société d'investissement Eurazeo qui détient, depuis 2006, 5,6 % du capital du groupe, annonce vouloir céder sa participation. En 2012, Air liquide crée une coentreprise avec le belge Solvay en vue de produire des gaz fluorés destinés aux écrans plats et aux panneaux photovoltaïques. Il rachète à la société américaine Georgia Gulf, une unité de production située en Louisiane (sud des États-Unis). Air liquide acquiert 75 % de la société russe Logika, ainsi que LVL Medical[20]. En 2012, Air liquide rachète l'entreprise espagnole Gasmedi, troisième entreprise en Espagne du secteur de la santé à domicile[21].

Dans le cadre du projet d'aménagement du pôle scientifique et technologique Paris-Saclay, l'entreprise devient partenaire de deux instituts de recherche et de formation. Elle accueillera sur son site des Loges-en-Josas l'Institut PS2E (Paris-Saclay Efficacité Énergétique), et soutiendra l'Institut photovoltaïque d'Île-de-France (IPVF) par la mise à disposition de moyens logistiques[22].

Le , Air liquide annonce une prise de participation, via Aliad, dans trois sociétés spécialisées dans les énergies durables et renouvelables : McPhy Energy, Solumix et Xylowatt[23].

Le , Air liquide annonce la signature d'un accord pour l'acquisition d'Airgas pour un montant de 13,4 milliards de dollars[24]. La finalisation de l’acquisition a été annoncée, le 23 mai 2016, par le groupe français de gaz industriels[25].

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Métiers[modifier | modifier le code]

Grande industrie[modifier | modifier le code]

Utilisateurs de gros volumes de gaz et de solutions en énergie, ses clients (chimie, pétrochimie, raffinage, métallurgie) sont livrés par canalisations directes. Air liquide en possède le plus long réseau mondial (plus de 7 000 km).

Clients industriels[modifier | modifier le code]

De l'artisan à la PME, ces clients utilisent des gaz en petites et moyennes quantités, dans des secteurs très diversifiés (alimentaire, traitement thermique des métaux, fabrication du verre ou soudage-coupage de pièces métalliques, etc.). Ces gaz sont livrés et stockés sous forme liquide, conditionnés en bouteilles ou produits directement sur le site des clients. Air liquide produit également du dioxyde de carbone solide (glace carbonique) sous l'appellation « Carboglace » (en France). Air liquide GIS (Gaz Industriels Services) et Air liquide Santé détiennent une flotte de plus de dix mille camions-citernes au niveau mondial.

Électronique[modifier | modifier le code]

Air liquide fournit aux fabricants de semi-conducteurs, d'écrans TFT-LCD et à l'industrie photovoltaïque des gaz de très haute pureté, des liquides chimiques et des équipements de mise en œuvre de ces fluides.

Santé[modifier | modifier le code]

Bonbonnes d'oxygène médical.

Dans les soins à domicile, Air liquide, à travers ses filiales VitalAire ou Orkyn, assure la fourniture de l'oxygène et des équipements adéquats, ainsi que la coordination entre le patient et les professionnels de santé (médecin, infirmière, administration, etc.).

À l'hôpital, le laboratoire pharmaceutique Air liquide Santé France est le spécialiste des gaz à usage médical. Il fabrique, distribue, développe, installe et maintient les équipements et les solutions indispensables à leur bonne utilisation. Il apporte formation et expertise dans tous ces domaines.

Les principaux gaz médicaments fabriqués sont :

Les principaux gaz dispositifs médicaux fabriqués sont :

Le groupe apporte aussi des solutions d'hygiène et de désinfection à travers ses filiales Laboratoires Anios (France) et Schulke (de) (Allemagne) et de stérilisation des instruments chirurgicaux, pour lutter contre les maladies nosocomiales. Enfin, à travers sa filiale Air liquide Medical Systems, le groupe est aussi fabricant de matériel médical (appareil de ventilation, d'anesthésie, robinet détendeur).

Domaines complémentaires[modifier | modifier le code]

Air liquide fournit également ses services dans des domaines complémentaires :

En juin 2016, Air liquide met en place sa première station-service « multi-énergies » proposant des carburants alternatifs et plus généralement des combustibles naturels : gaz naturel comprimé (GNC), gaz naturel liquéfié (GNL) et azote liquide (N2)[28]. Cette alternative permet désormais aux chauffeurs routiers de recharger leurs véhicules frigorifiques en gaz réfrigérant grâce à une pompe délivrant de l'azote liquide[29]. L’hydrogène pourrait compléter plus tard ce panel d’énergies[28].

Direction[modifier | modifier le code]

Anciens dirigeants[modifier | modifier le code]

Données financières[modifier | modifier le code]

Données financières (en millions d'euros)[30]
Années 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Chiffre d'affaires 8 328 7 900 8 393 9 400 10 435 10 949 11 801 13 103 11 976 13 488 14 457 15 536 15 225 15 358 16 380 18 135
Résultat opérationnel 1 833 1 960 1 975 2 084 2 415 2 567 1 918 1 959 2 254 2 409 2 560 2 581 2 649 2 758 3 024
Résultat net part du groupe 460 703 725 778 933 1 002 1 123 1 220 1 230 1 403 1 535 1 609 1 640 1 665 1 756 1 844
Endettement net 2 584 2 022 1 730 3 790 3 740 3 447 4 660 5 484 4 891 5 039 5 248 6 103 6 062 6 306 7 238 15 368

Air liquide répond aux exigences de conformité du standard financier MSI 20000.

Données boursières[modifier | modifier le code]

  • Actionnaires principaux :
    • actionnaires individuels : 36 % (dont salariés : 1,6 %) ;
    • investisseurs institutionnels français : 19 % ;
    • investisseurs institutionnels étrangers : 45 %.
Données boursières (au 31 décembre)
Années 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2016
Nombre d'actions cotées (en millions) 100 109 110 121 238 261 264 284,1 283,8 312,3 312,97
Capitalisation boursière (en millions d'euros) 13 988 14 849 17 800 21 794 24 312 17 077 21 941 26 887 27 130 29 682 30 460 39 920
Nombre de transactions quotidiennes (en milliers) 435 368 393 477  ?  ?  ?

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

L'entreprise Air liquide est inscrite comme représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale. Elle déclare à ce titre qu'en 2015, les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement s'élèvent à 35 000 euros[31].

Air liquide est inscrit depuis 2011 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. L'entreprise déclare en 2015 pour cette activité des dépenses d'un montant compris entre 600 000 et 700 000 euros, et indique avoir perçu sur la même période 3 910 000 euros de subventions de la part des institutions de l'Union européenne[32].

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying d'Air liquide aux États-Unis s'élèvent en 2016 à 410 000 dollars[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mentions légales, Air liquide (consulté le 7 juillet 2010).
  2. Air liquide and Praxair, Profit Hunting, 28 septembre 2013
  3. Ernest Scheyder, Analysis: Praxair steadily grows as rivals bicker in court, Reuters, 15 février 2011
  4. Kathy Gordon, Air Liquide, Linde Could Rise 20% in a Year, Barron's, 12 octobre 2013
  5. « Air liquide chouchoute ses actionnaires », Le Monde, supp. Eco & Entreprise, 4 septembre 2012
  6. Karine Fabre, « De la diversité des pratiques comptables à l'objet de la comptabilité : Le cas de L'air Liquide (1902-1939) », Recherches en Management, université Paris-Dauphine, Entreprises et Histoire, Eska, 2009, 4 (57), p. 96-110.
  7. Ces deux scaphandres autonomes de l'air liquide sont mentionnés dans le générique du début du film comme « scaphandre autonome « air liquide » système cousteau ».
  8. a, b, c et d Peter V. Anania, Mergers & Acquisitions in the US Industrial Gas Business, Leaders LLC, novembre 2006
  9. « Centre de Recherche Paris-Saclay », sur airliquide.com (consulté le 19 août 2014)
  10. « Air liquide : va investir 100 millions dans la R&D en France », sur Le Figaro,‎ (consulté le 19 août 2014)
  11. French buyer for U.S. gas producer, The New York Times, 13 août 1986
  12. French Firm to Buy Big Three Industries : L'Air liquide Agrees to Pay $1.05 Billion for Industrial Gas Company, Associated Press, 13 août 1986
  13. Nicolas Cori, Suez-Air liquide : il n'y aura pas d'eau dans le gaz, Libération, 10 mars 2001
  14. Nathalie Halpern et Thibault Madelin, Air liquide achète six sociétés de l'allemand Messer Griesheim, Les Échos, 5 octobre 2001
  15. Jacques-Franck Degioanni, Air liquide devient actionnaire à 100 % de sa filiale danoise Hede Nielsen, Le Moniteur, 4 septembre 2001
  16. N.H., Air liquide boucle l'achat d'une partie des activités de Messer, Les Échos, 10 mai 2004
  17. Air liquide lance son offre sur Soaeo, Les Échos, 21 septembre 2005
  18. Air liquide : Acquisition de l'allemand Lurgi pour 550 millions d'euros, Les Échos, 17 avril 2007
  19. Air Liquide acquiert l'allemand Lurgi, L'Usine nouvelle, 17 avril 2007
  20. « Air liquide détient 70,49 % de LVL Medical », sur Boursorama,‎ (consulté le 21 septembre 2012)
  21. « Air liquide a finalisé le rachat de l'espagnol Gasmedi », sur Boursorama,‎ (consulté le 21 septembre 2012)
  22. « Air Liquide partenaire de deux instituts de recherche et de formation au sein du Cluster Innovation Paris-Saclay », sur airliquide.com,‎ (consulté le 19 août 2013)
  23. « Air Liquide entre au capital de McPhy Energy », Challenges,‎ (lire en ligne).
  24. « Air Liquide annonce la signature d'un accord pour l'acquisition d'Airgas », sur airliquide.com,‎
  25. Le Figaro, « Air Liquide finalise l'acquisition d'Airgas », sur lefigaro.fr,‎
  26. Catherine Malaval, Didier Hauglustaine et Patrick Boutevin, Soudure autogène française : paroles d'experts 1909-1999, Creapress éd., 1998 (ISBN 978-2913449015).
  27. Air liquide, « Air Liquide finalise la cession d'Aqua Lung à Montagu Private Equity », communiqué de presse, 30 décembre 2016.
  28. a et b « Air Liquide ouvre sa première station-service multi énergies », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 16 août 2016).
  29. BFM Business, « Comment Air Liquide veut rendre le transport routier plus propre » (consulté le 25 juillet 2016).
  30. OpesC, « Air liquide », résultats 2013 présentés par B. Potier en février 2014 sur le site Air liquide.
  31. « Tableau des représentants d'intérêts », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 14 octobre 2016)
  32. « Registre de transparence », Commission européenne (consulté le 19 janvier 2017)
  33. (en) « L'Air Liquide SA », sur opensecrets.org, Center for Responsive Politics (consulté le 21 janvier 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]