Éric Ciotti

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Éric Ciotti
Éric Ciotti à Nice en 2011.
Éric Ciotti à Nice en 2011.
Fonctions
Président du conseil général puis départemental des Alpes-Maritimes
En fonction depuis le
(7 ans 7 mois et 4 jours)
Réélection
Prédécesseur Christian Estrosi
Député de la 1re circonscription
des Alpes-Maritimes
En fonction depuis le
(9 ans 1 mois et 2 jours)
Législature XIIIe et XIVe
Groupe politique UMP puis LR
Prédécesseur Jérôme Rivière
Conseiller départemental des Alpes-Maritimes
élu dans le canton de Tourrette-Levens
En fonction depuis le
(1 an et 4 mois)
Élection 22 mars 2015
Prédécesseur Création du canton
Conseiller général des Alpes-Maritimes
élu dans le canton de Saint-Martin-Vésubie

(6 ans 3 mois et 15 jours)
Réélection 20 mars 2011
Prédécesseur Gaston Franco
Successeur Suppression du canton
Biographie
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Nice (Alpes-Maritimes)
Parti politique RPR, UMP, Les Républicains

Éric Ciotti, né le à Nice (Alpes-Maritimes), est un homme politique français, député Les Républicains, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes et secrétaire général adjoint aux fédérations du parti.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Éric Ciotti, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1988), ancien collaborateur parlementaire, est entre 2003 et 2007 le directeur de cabinet de Christian Estrosi[1], président du conseil général des Alpes-Maritimes.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le , il est élu député dans la 1re circonscription des Alpes-Maritimes en obtenant au second tour 60,92 % des voix face au candidat socialiste Patrick Allemand[2]. Il fait partie du groupe UMP à l'Assemblée nationale, où il est membre de la commission des Lois. Passionné par les questions de légitimité électorale, il avait, un temps, imaginé de réfléchir à "des propositions de loi visant à supprimer les triangulaires pour tous les scrutins électoraux"[3],[4].

Élu le sur la liste de Christian Estrosi lors de l'élection municipale à Nice, il devient ensuite premier adjoint au maire, chargé notamment du développement durable, de l'aménagement urbain, des travaux et des déplacements. Le même jour, il subit une défaite aux élections cantonales dans la canton de Nice-1 : Marc Concas (PS) est en effet réélu au conseil général avec 51,54 % des voix contre 48,46 % pour Éric Ciotti[5].

Le , à la suite de la démission de Gaston Franco, il est élu conseiller général dans le canton de Saint-Martin-Vésubie, dès le premier tour de scrutin et contre quatre candidats, avec 78,5 % des suffrages[6]. Quelques jours plus tard, le 18 décembre, Éric Ciotti est élu président du conseil général des Alpes-Maritimes par l'assemblée départementale, succédant à Christian Estrosi, atteint par les règles sur le cumul des mandats[7]. Pour se conformer aux règles relatives à la limitation du cumul des mandats, il démissionne le même jour de son mandat de conseiller municipal de Nice[8].

Éric Ciotti devient secrétaire national de l'UMP chargé des questions de sécurité en [9]. Il est à ce titre fréquemment présenté comme le « monsieur sécurité de l'UMP ». Il est rapporteur de la loi sur les violences en bande adoptée en juin 2009 puis en 2010 de la Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure[10]. En août 2010, Éric Ciotti propose de modifier la législation pour punir « de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende le fait par le père ou la mère de laisser son enfant mineur, lorsque celui-ci a été poursuivi ou condamné pour une infraction, violer les interdictions et les obligations auxquelles il est soumis ». Cette proposition est jugée anticonstitutionnelle, nul ne pouvant être pénalement responsable des faits d’autrui[11].

Il est l'auteur d'une proposition de loi visant à lutter contre l'absentéisme scolaire en suspendant ou supprimant des allocations familiales en cas d'absentéisme prolongé[12]. Cette mesure, reprenant une loi abrogée en 2004[13] et souhaitée par Nicolas Sarkozy, est adoptée en juin 2010 par l'Assemblée nationale puis en septembre par le Sénat. Les chiffres des résultats de cette loi fluctuent selon les sources, et l'interprétation varie également selon les tendances politiques. Le , des chiffres rendus publics indiquent que depuis l'entrée en vigueur de la « loi Ciotti », le 24 janvier précédent, environ 28 000 lettres d'avertissement ont été adressées par les inspecteurs d'académie aux familles dont les enfants ont été absents sans justification plus de quatre jours et demi en un mois ; à la suite de cet avertissement, 22 000 absentéistes seraient retournés à l'école[14]. Les détracteurs de cette loi insistent eux sur son iniquité, ainsi que son inefficacité[15]. Une loi visant à la supprimer est votée au Sénat en novembre 2012.

En , après l'affaire de la jeune Laëtitia assassinée à Pornic, le président de la République Nicolas Sarkozy confie à Éric Ciotti la mission de rendre un rapport sur l'exécution des peines en France. Selon le rapport du député, au 31 décembre 2010, le nombre de peines de prison ferme non exécutées se situait entre 97 000 et 102 000[16]. Le rapport Ciotti propose cinquante mesures, dont la création de « structures pénitentiaires légères » dans d'anciennes casernes militaires ou dans des immeubles privés dans le but de parvenir à 80 000 places de prison en 2018, le développement des peines alternatives, des centres éducatifs fermés ou la création d'un service civique pour les mineurs récidivistes. Il propose également de confier l'exécution des peines au parquet. Il demande des moyens supplémentaires, en particulier 500 greffiers, et propose de revenir sur le principe de crédit automatique de réduction de peine des condamnés[16].

Lors des élections cantonales de mars 2011, Éric Ciotti est réélu au premier tour dans le canton de Saint-Martin-Vésubie, avec 76,84 % des voix[17]. Il est reconduit à la tête du conseil général des Alpes-Maritimes le , avec 44 voix, soit six de plus qu'en 2008[18]. Le 21 novembre 2012, le lendemain de la proclamation des résultats du congrès par la commission de contrôle électoral de l'UMP donnant Jean-François Copé vainqueur, c'est lui qui annonce[Quoi ?].

Le , le Parlement adopte la proposition de loi d'Éric Ciotti instaurant un encadrement de type militaire des mineurs délinquants[19]. Cette loi prévoit, pour les mineurs délinquants de plus de 16 ans, un « service citoyen » d'une durée de 6 à 12 mois au sein d'un Établissement public d'insertion de la Défense.

Lors des élections législatives de 2012, il se représente dans la première circonscription des Alpes-Maritimes. Il arrive nettement en tête au premier tour avec 43,89 % des voix, et affronte au second tour le socialiste Patrick Allemand qui a recueilli 28,68 % des suffrages[20]. Ciotti est réélu député de la première circonscription des Alpes-Maritimes le avec 60,73 % (25 473 voix) face à Patrick Allemand[20]. Le , Éric Ciotti est élu pour la première fois parmi les neuf vice-présidents du groupe UMP de l'Assemblée nationale.

Dans la course à la présidence de l'UMP, élection qui a eu lieu le 18 novembre 2012, François Fillon fait de lui son directeur de campagne. Le 21 novembre 2012, le surlendemain de la proclamation, par la commission de contrôle électoral du parti, de la victoire de Jean-François Copé, c'est lui qui révèle lors d'une conférence de presse que la commission n'a pas comptabilisé les voix de trois fédérations d'outre-mer, ce qui inverserait les résultats de l'élection[21],[22]. Par ailleurs, le camp Copé l'accuse d'être lié à des irrégularités qui auraient été constatées lors du scrutin dans sa circonscription à Nice[23]. À la suite d'une déclaration à la presse le 22 novembre 2012 de Jérôme Lavrilleux (directeur de campagne de Jean-François Copé) renouvelant ces accusations, Éric Ciotti annonce le dépôt prochain d'une plainte pour diffamation[24].

En janvier 2013, à la suite de l’accord entre Jean-François Copé et François Fillon qui a suivi la crise politique du congrès de novembre 2012, il est nommé avec Édouard Courtial, partisan de Jean-François Copé, délégué général chargé des fédérations[25].

Au mois de mars 2013, après que la Cour de cassation a annulé le licenciement d’une employée qui portait le voile islamique au sein de la crèche Baby-Loup (Yvelines), au motif qu’il s’agit d’un établissement privé, Éric Ciotti dépose une proposition de loi pour permettre le respect de la laïcité au sein des entreprises privées. Cette loi autorisait les chefs d'entreprises à introduire des restrictions aux libertés religieuses dans les règlements intérieurs des entreprises, notamment lorsque l’expression religieuse s’inscrit dans le cadre d’un contact avec le public. Bien que Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, ait réclamé « une initiative législative », « s’il y a un vide juridique à combler », la proposition de loi d'Éric Ciotti a été rejetée le 6 juin 2013 à l'Assemblée nationale.

Lors des élections municipales de 2014, il est le président du comité de soutien de Christian Estrosi, candidat à sa réélection à Nice[26].

En novembre 2014, il dépose un rapport critique concernant le système d'accueil des demandeurs d'asile en France[27].

Le , il est nommé, par le nouveau président de l'UMP Nicolas Sarkozy, secrétaire général adjoint aux fédérations[28].

Le , à la suite de l'interpellation ratée de trois jihadistes présumés à Marseille, il demande et obtient la création d'une Commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières et des individus djihadistes[29]. Le , il est élu président de cette commission. Il conduit les travaux avec le rapporteur Patrick Mennucci, député socialiste des Bouches-du-Rhône. L’objectif est de procéder à une analyse approfondie de la législation en vigueur en matière de lutte contre le terrorisme et de faire des propositions concrètes pour remédier aux failles qui seraient ainsi identifiées[30].

Lors des élections départementales de 2015, il est réélu conseiller départemental dès le premier tour[31]. Le , lors de la première séance du conseil départemental, il est réélu président du département par les conseillers, avec 50 voix sur 54[32]. En septembre 2015, il devient secrétaire départemental de la fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes[33].

Il soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[34].

Détail des mandats[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Au niveau local[modifier | modifier le code]

Au sein de partis politiques[modifier | modifier le code]

  • Secrétaire national de l'UMP chargé des questions de sécurité
  • Secrétaire général adjoint aux fédérations UMP
  • Secrétaire départemental de la fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes

Récompense[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

En avril 2015 il publie aux Éditions du Moment un livre intitulé Autorité. Il y décrit « l’abandon de l’autorité, celle des parents, des enseignants, de l’État, de la justice et du pouvoir » et plaide pour une restauration de cette valeur. Pour cela, il préconise que la France « sorte du politiquement correct qui a annihilé autorité, mérite et responsabilité alors même que les Français rejettent cette forme de laxisme et souhaitent retrouver des valeurs fortes »[35]. Pour redresser la République et en finir avec « cette démission généralisée », il propose notamment un renforcement du principe de laïcité, la création de centres de rétention pour les individus radicalisés revenant du djihad, le renforcement de la légitime défense des policiers, la réforme du droit du sol, le retour d’un service national obligatoire, le dépistage de la drogue au lycée, la lutte contre les comportements irrespectueux des valeurs fondamentales de la République à l’école, le paiement des coûts d’incarcération par les détenus, la suppression de l’aide médicale de l’État, l’interdiction de l’appartenance syndicale des magistrats et l’exécution ferme de la loi pénale.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans le roman de politique-fiction de Michel Wieviorka, Le séisme. Marine Le Pen présidente (2016), où cette dernière gagne l'élection présidentielle de 2017, il devient secrétaire d'État aux Finances[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rue89 le 2 aout 2010
  2. Élections législatives de 2007 - résultats dans la première circonscription des Alpes-Maritimes sur le site du ministère de l'Intérieur.
  3. une information épinglée en juin 2010, par le mensuel provençal le Ravi, mai 2008
  4. Vers la fin des triangulaires, sur son blog
  5. Élections cantonales de 2008 - résultats dans le canton de Nice-1 sur le site du ministère de l'Intérieur.
  6. « Résultat de l'élection cantonale partielle de 2008 dans le canton de Saint-Martin-Vésubie » [PDF], sur ministère de l'Intérieur.
  7. « Conseil général : le sacre d'Éric Ciotti », Nice-Matin, 18 décembre 2008.
  8. Nice "Premier adjoint : Benoît Kandel succède à Éric Ciotti", Nice-Matin, 19 décembre 2008.
  9. Les secrétaires nationaux de l'UMP
  10. « A l’ombre d’Estrosi, Éric Ciotti déploie son zèle », Libération, 18 août 2010.
  11. Arnaud Leparmentier, « Sarkozy et Ciotti renoncent à envoyer en prison les parents d'enfants délinquants », elysee.blog.lemonde.fr, 8 octobre 2010.
  12. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022862522&dateTexte=&categorieLien=id
  13. http://www.senat.fr/rap/l12-056/l12-0562.html#toc29
  14. « Loi Ciotti : un succès selon Nicolas Sarkozy », Atlantico, 23 juin 2011.
  15. http://www.senat.fr/rap/l12-056/l12-0562.html#fnref13, tableau présentant les résultats des enquêtes de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP)
  16. a et b « Éric Ciotti dit avoir reçu « un accueil très favorable » à l'Élysée », Le Monde, 8 juin 2011.
  17. Élections cantonales de 2011 - résultats dans le canton de Saint-Martin-Vésubie sur le site du ministère de l'Intérieur.
  18. « Éric Ciotti réélu président du conseil général », Nice-Matin, 1er avril 2011.
  19. « L'encadrement militaire des mineurs délinquants adopté », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  20. a et b Résultats des élections législatives 2012 - Alpes-Maritimes (06) - 1re circonscription, sur interieur.gouv.fr, le site du ministère de l'Intérieur. Consulté le 11 juin 2012.
  21. Paul Larrouturou, « Les partisans de Fillon assurent avoir gagné de 26 voix », sur lelab.europe1.fr, Europe 1,‎ (consulté le 23 novembre 2012)
  22. AFP, « UMP : la Cocoe reconnaît que les voix manquantes inverseraient "vraisemblablement" les résultats », sur www.lepoint.fr, Le Point,‎ (consulté le 23 novembre 2012)
  23. Samuel Laurent, « Les Alpes-Maritimes au cœur de la fraude », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  24. « Ciotti va porter plainte pour diffamation contre un proche de Copé », sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 23 novembre 2012)
  25. Alexandre Lemarié, « Hortefeux, Ciotti, Morano… L’organigramme complet de la direction de l’UMP », in lemonde.fr, 15 janvier 2013.
  26. « Fillon pacificateur UMP des Alpes-Maritimes », Le Figaro, encart « Culture », mercredi 8 janvier 2014, page 34.
  27. Un rapport choc sur les dérives du droit d'asile, lefigaro.fr, 5 novembre 2014.
  28. « Nominations », u-m-p.org, 5 décembre 2014.
  29. Éric Ciotti "demande une commission d'enquête" sur l'interpellation ratée des trois djihadistes présumés à Marseille, rtl.fr, 24 septembre 2014.
  30. Filières djihadistes : Un duo Ciotti-Mennucci à la tête de la commission d'enquête à l'Assemblée, 20minutes.fr, 17 décembre 2014.
  31. Gaël Vaillant, « Ciotti, Emmanuelli, Baylet... Ces personnalités élues dès le premier tour », lejdd.fr, 22 mars 2015.
  32. Nathalie Layani, « Eric Ciotti président du Conseil départemental des AM, 7 femmes vice-présidentes », france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur, 2 avril 2015.
  33. « Ciotti contourne Estrosi », Paris Match, semaine du 24 au 30 septembre 2015, page 32.
  34. Ludovic Vigogne, « Primaire à droite: la liste des premiers soutiens parlementaires », lopinion.fr, 20 avril 2016.
  35. « Autorité », par Eric Ciotti (consulté le 3 juin 2015)
  36. Michel Wiewiorka, Le séisme. Marine Le Pen présidente, Robert Laffont, 2016, pages 66-70.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]