CNews (journal)

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CNews
image illustrative de l’article CNews (journal)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Format Demi-berlinois
Genre Généraliste
Prix au numéro Gratuit
Date de fondation (11 ans)
Éditeur MatinPlus SA
Ville d’édition Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille, Nantes, Toulouse

Propriétaire Bolloré médias
Société éditrice du Monde
Directeur de publication Ludovic Pompignoli
Rédacteur en chef Thomas Liard
Site web cnews.fr

CNews est un quotidien gratuit français. Lancé en Île-de-France le 6 février 2007[1], il est connu sous les noms de MatinPlus jusqu'en 2008, Direct Matin Plus de 2008 à 2010, Direct Matin de 2010 à 2017, puis CNews Matin en 2017. À partir du 4 décembre 2017, il est renommé CNews soit le même nom que la chaîne d'information du groupe Canal. Il est la propriété du groupe Bolloré, principalement détenu par Vincent Bolloré.

Ce « journal du matin » est en concurrence avec 20 minutes, journal gratuit distribué le matin en Île-de-France. Il est distribué à 500 000 exemplaires en Île-de-France et à plus de 900 000 en France[citation nécessaire]. À noter que de 2006 à 2010 le journal gratuit Direct Soir a été distribué le soir, appartenant également au groupe Bolloré.

MatinPlus est édité conjointement par le groupe de presse La Vie-Le Monde (Le Monde) et Bolloré (Havas, chaîne TNT Direct 8 dans le groupe jusqu'en 2011[2]), par le biais de ses filiales Bolloré médias et Sofiprom. La société MatinPlus SA est détenue par le groupe Bolloré à 70 % du capital, Le Monde possède 30 % mais a la possibilité de monter à 50 %[3].

C'est la tête de pont parisienne du réseau VillePlus produit en association avec Le Midi libre, Le Progrès, La Provence, Sud-Ouest et La Voix du Nord. Proposant ainsi des quotidiens gratuits à Montpellier (CNews Montpellier Plus), Lyon (CNews Lyon Plus), Marseille (CNews Provence), Bordeaux (CNews Bordeaux) et Lille (CNews Lille).

CNews est également diffusé à Nantes (CNews Grand Ouest), Toulouse (CNews Toulouse), Nice (CNews Côte d'Azur) et Strasbourg (CNews Strasbourg), dans une version très proche de celle diffusée à Paris.

Il est au format « demi-berlinois », ce qui lui permet d'être plus facilement transportable, particulièrement dans les transports en commun où se situent la plupart de ses points de distribution.

Historique[modifier | modifier le code]

En novembre 2006, François Bonnet, rédacteur en chef des projets éditoriaux au sein de La Vie-Le Monde, responsable du projet Paris Plus, annonçait à l’Agence France-Presse qu’il démissionnait à la suite de désaccords sur la ligne éditoriale du nouveau gratuit : « Je quitte le groupe Le Monde parce que je suis en désaccord total avec ce qui s'avère in fine être un projet Bolloré et non plus un projet Bolloré/Le Monde[4]. Il s'est avéré assez rapidement que Vincent Bolloré avait son propre projet élaboré avec Jacques Séguéla », explique François Bonnet, qui décrit le nouveau journal comme une « sorte de presse d'industrie pensée et formatée pour des publicitaires où l'enjeu de l'information n'existe plus. »

Toutefois la question de "l'enjeu de l'information" a rapidement fait surface dans l'histoire du jeune journal. Une première fois, le 25 mai 2007, Bolloré Média décide de censurer un article fourni par "Courrier International". L'article était jugé critique contre la police française, "et nous faisons un journal neutre" a expliqué Jean-Christophe Thiéry, président de Bolloré-Média[5]. En janvier 2009, c'est cette fois un article d'un collaborateur du Monde qui est censuré[6],[7],[8]. L'article, signé Eric Nunès, expose la stratégie marketing de la RATP, notamment à travers l'utilisation des données numériques que les usagers donnent en achetant un Passe Navigo. L'article est jugé "à charge" par la direction de Direct Matin plus. Direct Matin plus a par ailleurs un accord commercial avec la RATP concernant la distribution du journal dans les stations de métro. Enfin une filiale de Bolloré (IER)[1] est spécialisée dans le transport, le contrôle d’accès et les technologies RFID utilisées par la RATP pour son Passe Navigo. Elle a parmi ses clients la RATP.

Les deux titres gratuits Direct Matin Plus et Direct Soir étaient déficitaires en 2007 (40 millions d'euros) et 2008 (25 millions prévus)[9]. Direct Soir ne paraît plus depuis décembre 2010[10].

En janvier 2012, Bolloré annonce la fin du partenariat avec Le Monde et le Courrier international dans Direct Matin, Le Monde conservant cependant sa participation de 30 % dans MatinPlus SA[11].

Le 27 février 2017, suite au changement d'iTELE en CNews, Direct Matin devient CNews Matin[12].

Le 4 décembre 2017, CNews Matin devient CNews avec la parution de numéro 2772, adoptant le logo et la charte graphique de la chaîne de télévision CNews[13].

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Contenu rédactionnel[modifier | modifier le code]

Il dispose d'une pagination de 28 pages, pouvant passer à 32 selon le nombre de pages de publicité vendues. Le contenu de MatinPlus repose sur la publication de photographies d’actualité en couleur accompagnées de légendes et d’articles courts fournis par les journalistes rédacteurs de Matin Plus. Découpé en cahiers thématiques (Monde, France, Sports…), le journal propose des pages de jeux, une partie des programmes de certaines chaînes de télévision ou encore des recettes de cuisine.

Initialement et jusqu'en janvier 2012[11], un cahier d’environ quatre pages composé d’articles de fond fournis par la rédaction du quotidien Le Monde et un article issu de Courrier international étaient proposés chaque jour.

L'influence de Vincent Bolloré sur le contenu rédactionnel de CNews est très présente : « La une était validée quasi quotidiennement par Bolloré », indique un salarié à France info. Le milliardaire explique lui-même que « Dans mes médias, j’ai le 'final cut' ». Serge Nedjar, proche de Vincent Bolloré et directeur général du journal, choisit les unes, les sujets mis en avant ou au contraire passés sous silence[14].

France Info précise que « Sous la direction de Serge Nedjar, Direct Matin se montre très soucieux de ne pas déplaire aux responsables politiques, quels que soient leurs camps. "Il existe une ligne diffuse qui consiste à ne pas faire de vagues", témoigne un ancien de Direct Matin. "Nedjar était très sarkozyste. Cela se voyait quand Sarkozy était au pouvoir. Mais ensuite, on n’était pas plus critique envers Hollande", abonde un ex-salarié. En revanche, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg, eux, étaient carrément blacklistés. Pourtant, "il n’y a jamais eu de fronde", explique un ancien de Direct Matin. "A la rédaction, il y avait beaucoup de jeunes journalistes et de CDD. Du coup, c’était assez simple de ne pas renouveler quelqu’un à la fin de l’année. Dès qu’il y avait une tête qui dépassait, un peu d’opposition, cette personne partait[14]. »

Rédaction[modifier | modifier le code]

Le journal dispose de sa propre rédaction. Les principales actualités sont développées par environ 20 journalistes. Les articles sont organisés en différentes rubriques :

  • l’actualité locale ;
  • l'actualité en France ;
  • l'actualité dans le Monde ;
  • Sport ;
  • Culture ;
  • Télé, ciné, Net.

L'équipe rédactionnelle de Direct Matin est composée de journalistes travaillant, dans leur majorité, uniquement sur ce support. Les articles de couverture, de format plus important, sont fournis par les journalistes de Matin Plus. Les équipes de Matin Plus travaillent dans la tour Bolloré, à Puteaux. Cette rédaction pourrait s'agrandir, avec le projet d'un journal payant « de qualité » annoncé par Vincent Bolloré pour 2009 ou 2010[réf. nécessaire].

Le journal peut également être téléchargé directement[15] depuis son site web, au format PDF.

Depuis avril 2012, une version web du journal est accessible. Directmatin.fr, devenu CNewsmatin.fr, dispose d'une rédaction séparée de celle de la version papier.

Critique[modifier | modifier le code]

Selon le journaliste Thomas Deltombe, Direct Soir et Matin plus ont été utilisé par le groupe Bolloré pour favoriser ses contrats en Afrique : « C’est ainsi que Matin plus, quotidien réalisé en partenariat avec Le Monde, dresse un bilan flatteur des vingt-cinq années de règne du chef de l’État camerounais Paul Biya. Le gouvernement de Yaoundé, apprend-on avec surprise, se démène pour « revaloriser le pouvoir d’achat » des Camerounais et « renforcer les institutions de promotion des droits de l’homme  » (Matin plus, 26 octobre 2007). Le « gratuit » ne rectifiera pas son discours en février 2008 lorsque les émeutes de la faim seront écrasées dans le sang, faisant une centaine de morts[16]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Matin plus sort le 6 février », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  2. Paule Gonzales, « Canal + entre dans la TV en clair en rachetant Direct 8 », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  3. http://fr.slideshare.net/melodypiu/la-presse-quotidienne-nationale
  4. « Gratuit Le Monde/Bolloré : Bonnet jette l'éponge », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  5. « Accusé de "censure", le groupe Bolloréreconnaît la suppression d'un article », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  6. Augustin Scalbert, « Bolloré censure Le Monde : le business passe avant l'info », Rue89,‎ (lire en ligne)
  7. « Censure à Direct Matin (Bolloré) ? », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  8. « Pass Navigo: "Le Monde"publie l'article supprimé dans "Direct Matin" », Le Post,‎ (lire en ligne)
  9. « Le ruineux naufrage des "gratuits" », Le Canard enchaîné, 19 novembre 2008, p. 4.
  10. Dernier numéro téléchargeable sur le site internet Direct Soir
  11. a et b Isabelle Hanne, « La fin du «Monde» dans «Direct Matin» », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  12. Frédéric Roy, « Direct Matin devient CNEWS Matin », sur CB News, (consulté le 27 février 2017)
  13. Ludovic Pompignoli, « Demain, #CNEWSMatin change de nom et devient CNEWS. À la une : «TRUMP ENVERS ET CONTRE TOUS». », sur Twitter, (consulté le 3 décembre 2017)
  14. a et b Benoît Zagdoun, « Serge Nedjar, l'électrique patron de CNews qui roule pour Vincent Bolloré », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  15. « Editions PDF », cnewsmatin.fr
  16. « Les guerres africaines de Vincent Bolloré », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]