Villa Montmorency

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Villa Montmorency
Villa Montmorency, côté rue Poussin.
Villa Montmorency, côté rue Poussin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Arrondissement municipal 16e
Géographie
Coordonnées 48° 51′ 00″ Nord, 2° 15′ 48″ Est
Localisation

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La villa Montmorency est une villa (quartier cossu privé, l'équivalent d'une « gated community » américaine) située sur une butte du 16e arrondissement de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terrain est à l'origine celui de la comtesse de Boufflers-Rouverel, une libertine proche de la reine Marie-Antoinette. Acquis en 1773, il porte le nom de Clos d'Aligre[1].

Elle fut créée lors de l’achat en 1852 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain dirigée par des frères Pereire, du château de Boufflers et son parc (œuvre de Jules Hardouin-Mansart) à la famille de Montmorency, en vue de réaliser la gare d’Auteuil et un projet immobilier de luxe. Ils conservent le nom de « Montmorency » afin d'attirer une clientèle huppée. Le premier règlement interdit l'accès des lieux aux « individus tenant guinguette ou bal public […] et aux femmes de mauvaise vie ». La villa constituée d'une cinquantaine de maisons séparées par des allées (avec une place centrale comprenant une fontaine) fut bâtie en 1860 d'après les plans de l'architecte Théodore Charpentier[2]. Cet espace privé de « maisons unifamiliales de campagne et d'agrément » a des règles de copropriété strictes et contraignantes définies dans le cadre d'une association syndicale qui gère l'ensemble depuis 1853 (interdiction pour les employés de maison d'entrer avec un véhicule, interdiction de diviser les villas en plusieurs locations - chaque appartement doit faire au minimum 150 m² -, hauteur maximale de 9 mètres pour les maisons, harmonisation obligatoire des façades, etc.) . Un gardien à l'entrée en contrôle l'accès en vérifiant les permissions d'y pénétrer. Le style architectural général rappelle les villas balnéaires de Deauville ou d'Arcachon fin XIXe siècle[3],[1].

En 1873, Victor Hugo s'installe trois mois dans une maison de la villa Montmorency, accompagnant son fils François-Victor, interné à l'Institut du docteur Blanche. Au début du XXe siècle, André Gide y fait construire un chalet moderniste qu'il juge lui-même assez laid et y mène une vie d’ermite, recevant en 1916 par hasard le poète Guillaume Apollinaire, revenu des tranchées. Après la guerre, ses voisins vont poser des serrures sur les entrées de la villa, officiellement pour prévenir la présence de prostituées à la suite de la destruction de l'enceinte de Thiers, officieusement pour protester contre Gide, qui laissait les patients de la Fondation italienne, une clinique du quartier désormais fermée, se promener dans les allées. C'est à partir des années 1970 que des personnalités du monde du spectacle commencent à y vivre, rejointes à partir des années 1980 par des grands entrepreneurs et leur famille, le caractère fermé de la villa s'accentuant avec la montée des prix de l'immobilier dans les années 2000[1].

Le prix de l'immobilier est très élevé dans ce quartier, du fait des nombreuses maisons à l'architecture remarquable qui le composent et surtout de son caractère privé qui en fait un refuge pour de nombreuses personnalités très fortunées[4]. La villa compte désormais 120 maisons de maître[5].

Personnalités habitant ou ayant habité la villa Montmorency[4][modifier | modifier le code]

On compte également plusieurs membres de familles d'entrepreneurs qui possèdent une maison, comme Corinne Bouygues (fille de Francis Bouygues), Wladimir Taittinger (fils de Jean Taittinger) ou Christine de Vaureix (née Vuitton)[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La villa est composée de six avenues :

Elle est limitée par la rue Poussin au sud, la rue Raffet au nord-est et le boulevard de Montmorency au nord-ouest.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Olivier Bouchara et Jean-Baptiste Roques, « Du rififi dans le ghetto du gotha », Vanity Fair n°15, septembre 2014, pages 206-213 et 244-245.
  2. « La Villa Montmorency », sur pss-archi.eu (consulté le 6 octobre 2012)
  3. Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot Sociologie de la bourgeoisie éd. La découverte 2005, p. 62
  4. a et b « La Cité Interdite », sur http://www.lepoint.fr,‎ (consulté le 5 juillet 2010) (sauf référence contraire).
  5. a, b et c François Labrouillère, « Villa Montmorency - L'exode des "ultrariches" », Paris Match, semaine du 14 au 20 novembre 2013, page 48.
  6. a, b et c Cédric Pietralunga, « Vincent Bolloré - L'opportuniste », M, le magazine du Monde, semaine du 19 octobre 2013, pages 65-72.
  7. Élisabeth Chavelet, Rachida ne meurt jamais, éditions du Moment, octobre 2013, p. 164.
  8. « Céline Dion achète une villa 47 millions à Paris dans le 16ème arrondissement ! », sur http://www.staragora.com,‎ (consulté le 19 décembre 2011)
  9. Ghislain de Montalembert, « Xavier Niel, 100 % Free », sur lefigaro.fr, article du 19 juillet 2013, consulté le 22 septembre 2013.
  10. Léna Lutaud, « Sylvie Vartan, derrière les lunettes fumées », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 26 / dimanche 27 septembre 2015, page 38..