François-Henri Pinault

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François-Henri Pinault
Portrait de François-Henri Pinault pris aux journée de la terre en 2011 à l'unesco paris.jpg

François-Henri Pinault (2011)

Fonction
Directeur général
Biographie
Naissance
(55 ans)
Rennes (France)
Nom de naissance
François Pinault
Surnom
FHP
Nationalité
Formation
Activités
Père
Conjoint
Autres informations
Distinction

François-Henri Pinault, né le 28 mai 1962 à Rennes, est un dirigeant d'entreprise français, Président-directeur général du groupe Kering depuis mars 2005 et président d'Artémis depuis mai 2003.

François-Henri Pinault a transformé la société de distribution PPR en Kering, un groupe mondial de luxe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

François-Henri Pinault est le fils de François Pinault, fondateur-dirigeant de la société négoce de bois Pinault Distribution devenue PPR. Après avoir suivi une classe préparatoire à IPESUP[1], il sort diplômé d'HEC en 1985[2], école où il est plus tard devenu Grand bienfaiteur dans le cercle des grands donateurs[3].

Après l’obtention de son diplôme, il effectue son service national au sein du poste d’expansion économique (service d’appui aux entreprises) du Consulat général de France à Los Angeles (États-Unis)[4], période pendant laquelle il est notamment chargé d’étudier les secteurs de la mode et des nouvelles technologies aux États-Unis[5].

François-Henri Pinault commence sa carrière au sein du groupe famililal en 1987 en tant que vendeur chez Pinault Distribution (importation et distribution de bois). En 1988, il devient responsable de la centrale d’achats de l’entreprise. En 1989, il devient directeur général de France Bois Industries, puis de Pinault Distribution en 1990[4],[6].

En 1993, il est nommé président de CFAO[6].

En 1997, il devient président-directeur général de la Fnac[6].

PPR, virage stratégique[modifier | modifier le code]

En janvier 2001, François-Henri Pinault entre au conseil de surveillance de PPR. En mai 2003, il devient vice-président de PPR et président d’Artemis, holding qui gère les actifs de la famille Pinault. En mars 2005, François-Henri Pinault devient président-directeur général du groupe PPR[7].

François-Henri Pinault cède petit-à-petit les actifs du groupe dans la distribution : Printemps, CFAO, Conforama, la Fnac, La Redoute[8]...

En 2011, PPR fusionne avec sa filiale Gucci Group qui réunit les marques Gucci, Yves Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga, Boucheron, Alexander McQueen, Stella McCartney[9]... François-Henri Pinault renforce le positionnement de PPR sur le luxe avec les acquisitions en 2011 de la manufacture suisse de haute horlogerie Girard-Perregaux et du tailleur italien Brioni, de la marque de joaillerie chinoise Qeelin en 2012, du joaillier italien Pomellato en 2013, de la marque du designer écossais Christopher Kane[8], et toujours en 2013 avec une prise de participation dans la marque Tomas Maier[10]. En 2014, François-Henri Pinault met également la main sur la maison de haute horlogerie suisse Ulysse Nardin[11].

En parallèle, il renforce le groupe dans le Sport & Lifestyle, avec la prise de contrôle de Puma en 2007, et l’acquisition de Volcom en 2011[12].

Kering, un leader du luxe[modifier | modifier le code]

En 2013, afin de mieux refléter la nouvelle identité du groupe, François-Henri Pinault décide de le rebaptiser Kering, une allusion aux racines bretonnes du groupe (“ker” signifiant “maison” en breton). Il installe en 2016 le nouveau siège du groupe dans l’ancien hôpital Laennec, un monument historique du XVIIe siècle situé dans le 7e arrondissement de Paris[13].

Dans la composition de son portefeuille de marques, François-Henri Pinault s’est concentré sur la complémentarité des usages et des styles, et sur la diversité des tailles et des zones géographiques d'implantation[8]. Son approche consiste à placer à la tête de chaque marque deux directeurs : un gestionnaire et un créatif, et de leur confier un maximum d’autonomie[14]. Il fait parfois le choix de l’audace en nommant un inconnu, Alessandro Michele, à la tête de Gucci en 2015, et le jeune créateur géorgien Demna Gvasalia à la tête de la création chez Balenciaga la même année[15].

Entre 2004 et 2014, le chiffre d’affaires du groupe a été divisé par deux mais sa rentabilité s’est multipliée par trois[16]. Début 2018, Kering se désengage de la marque Puma et parachève ainsi son recentrement sur le luxe qui aura duré 12 ans. Le groupe annonce 15,4 milliards de chiffre d'affaires sur 2017 (+27 % par rapport à 2016)[17],[18].

En juin 2017, François-Henri Pinault présente le lancement par Artémis de Red River West, un fonds d'investissement destiné à soutenir les startups françaises outre-Atlantique[19].

Engagements[modifier | modifier le code]

François-Henri Pinault affiche une sensibilité pour deux causes principales : le développement durable et les droits des femmes.

Développement durable[modifier | modifier le code]

François-Henri Pinault explique que sa sensibilité au développement durable lui vient de sa mère, déjà activement écologiste dans les années 1970[20].

Au sein de Kering, le poste de directeur du développement durable (niveau comité exécutif) est créé en 2012[21] et le groupe se fixe officiellement des objectifs environnementaux et sociaux pour 2016[22]. Le groupe innove avec le lancement du "Compte Résultat Environnemental" qui mesure et monétise l’impact environnemental d’une entreprise de bout-en-bout de sa chaîne d’approvisionnement, un outil ensuite mis à la disposition de tous par Kering[23]. Début 2017, le groupe de François-Henri Pinault annonce un plan de réduction de 50 % de ses émissions de CO2 à l’horizon 2025[24], sa démarche ayant été avalisée par les autorités scientifiques de l’ONU (Science Based Target ou SBT) chargées de surveiller la pertinence des politiques de développement durable des grandes institutions[25].

En 2009, François-Henri Pinault prend l’initiative de soutenir le film Home[26] de Yann Arthus-Bertrand, diffusé gratuitement le 5 juin 2011 dans 181 pays[27]. En 2015, Kering co-produit aussi le documentaire de Luc Jacquet La Glace et le Ciel[20].

Depuis 2013, François-Henri Pinault est membre de la B-Team créée par Richard Branson et qui regroupe des responsables économiques pionniers sur le développement durable[20].

Droits des femmes[modifier | modifier le code]

En 2008, François-Henri Pinault crée la Fondation d'entreprise Kering pour défendre et promouvoir les droits des femmes[28].

Depuis son lancement en 2009, la Fondation a noué 47 partenariats avec des ONG et accompagné des entrepreneurs sociaux au bénéfice de plus de 140 000 femmes[29]. En 2010, le groupe est signataire des Women’s Empowerment Principles et s’engage activement en faveur de l’égalité professionnelle. En 2014, le taux de féminisation de l’encadrement est proche des 50 % chez Kering[30]. En mars 2016, Kering apporte un soutien financier pour trois ans au Comité ONU Femmes France[31]. À partir de 2017, le congé maternité chez Kering passe à 14 semaines, couvert à 100 %, et ce dans tous les pays d’implantation du groupe[32].

En 2015, François-Henri Pinault lance Women in Motion, un programme de cinq ans avec le Festival de Cannes composé de débats avec des vedettes féminines du cinéma, et la remise du prix Women in Motion[33].

Accusations d'évasion fiscale[modifier | modifier le code]

D'après Mediapart, il est l'un des rares patrons du CAC 40 à s’impliquer personnellement dans des opérations d’évasion fiscale. Des documents confidentiels auxquels le site d’information a eu accès (et partagés avec l'European Investigative Collaborations) indiquent qu'il a validé un montage d’évasion fiscale destiné à rémunérer le patron de sa filiale Gucci, Marco Bizzarri, via une société offshore au Luxembourg et une résidence fiscale en Suisse. Il s'agit pour l'entreprise de ne payer que très peu d’impôts sur les 8 millions d'euros de rémunération négociés par Marco Bizzarri à partir de 2010[34].

François-Henri Pinault vit lui-même à Londres depuis 2014 : selon Mediapart afin de ne pas payer l’impôt sur le revenu à 75 % pour les très hautes fortunes qu'envisage alors François Hollande[34] ; selon l'homme d'affaires lui-même, « pour faciliter la carrière de sa femme, […] plus à l'aise pour tourner des films en anglais que dans la langue de Molière », explique Challenges[35] – il affirme en 2015 au journal Le Monde toujours payer ses impôts en France[36].

En 2018, le groupe Kering qu'il dirige est au centre de la plus grosse affaire d’évasion fiscale concernant une entreprise française, et l’une des plus importantes au niveau européen. Depuis 2002, le groupe a évadé environ 2,5 milliards d’euros d’impôts[37] au préjudice de l’Italie pour l'essentiel, mais aussi de la France et du Royaume-Uni, selon une enquête de Mediapart et de l'European Investigative Collaborations[38].

Article connexe : Kering#Évasion fiscale.

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

François-Henri Pinault à droite de Thierry Frémaux et Salma Hayek au Festival de Cannes 2015.

François-Henri Pinault est père de quatre enfants : un fils, François (né en 1997) et une fille, Mathilde (née en 2001) issus d’un premier mariage avec Dorothée Lepère[41], d'un garçon Augustin James Evangelista (né en 2006) qu'il a eu avec le mannequin canadien Linda Evangelista[42] puis d’une fille, Valentina Paloma (née le 21 septembre 2007) qu’il a eue avec son épouse actuelle l’actrice et productrice mexicaine Salma Hayek[43].

Il s'est marié avec Salma Hayek le 14 février 2009 à Paris, à la mairie du 6earrondissement de Paris[44]. En 2011, il achète à Londres une maison de deux pièces bâtie en 1868 par Philip Webb pour George Price Boyce[45]. Il s'installe à Londres en septembre 2014[46] mais affirme rester résident fiscal français[47],[48].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les héritiers - Pinault: les arbres généalogiques », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  2. HEC Forever, Capital.fr (consulté le 12 mars 2017)
  3. [PDF] Brochure corporate HEC Paris 2015, Fondationhec.fr (consulté le 12 mars 2017)
  4. a et b François-Henri Pinault (PPR), directeur-général adjoint de PPR, en charge du développement du commerce électronique : le nouvel empire, Journaldunet.com, 7 décembre 2000 (consulté le 12 mars 2017)
  5. (en) Joshua Levine, The Man Behind the Curtain, Nytimes.com, 15 février 2013 (consulté le 12 mars 2017)
  6. a, b, c et d Christine Kerdellant, Il s'appelle Pinault, François-Henri Pinault, Lexpress.fr, 18 février 2008 (consulté le 11 mars 2017)
  7. (en) Peter Gumbel, The new king of luxury, Fortune.com, 2 septembre 2009 (consulté le 12 mars 2017)
  8. a, b et c Christian David, Comment Pinault est devenu Kering, géant du luxe, Lexpress.fr, 3 juillet 2013 (consulté le 12 mars 2017)
  9. Sophie Lécluse, François-Henri Pinault imprime sa marque à PPR, Latribune.fr, 18 février 2011 (consulté le 12 mars 2017)
  10. Suleman Anaya, Les chemins de la réussite de Tomas Maier, Lemonde.fr, 17 juin 2015 (consulté le 12 mars 2017)
  11. Ivan Letessier, Kering renforce son pôle montres en s'offrant Ulysse Nardin, Lefigaro.fr, 30 juillet 2014 (consulté le 12 mars 2017)
  12. https://www.ft.com/content/6027ee64-7528-11e0-a4b7-00144feabdc0
  13. Hélène Guillaume, Laennec, la renaissance d'un accidenté du patrimoine, Lefigaro.fr, 14 septembre 2016 (consulté le 11 mars 2017)
  14. Grégoire Silly, La méthode Pinault pour muscler Kering (ex-PPR), Capital.fr, 13 mai 2014 (consulté le 12 mars 2017)
  15. Dominique Chapuis, Kering parie sur un créateur inconnu pour Balenciaga, Lesechos.fr, 8 octobre 2015 (consulté le 12 mars 2017)
  16. Pinault a lâché La Redoute pour baigner dans le luxe, Mediapart.fr, 13 avril 2014 (consulté le 11 mars 2017)
  17. Anne-Marie Rocco, « Comment Kering est devenu un "pure player du luxe" », sur Challenges.fr,
  18. « François-Henri Pinault a mis 12 ans à recentrer Kering sur le luxe », sur Bfmtv.com,
  19. Danièle Guinot, « Artémis va épauler la French Tech aux États-Unis », sur Lefigaro.fr,
  20. a, b et c Romain Clergeat, "On ne peut pas attendre que les gouvernements règlent la situation", Parismatch.com, 27 octobre 2015 (consulté le 12 mars 2017)
  21. (en) Belinda White, Visionaries 2016: Marie-Claire Daveu, Telegrqaph.co.uk, 9 avril 2016 (consulté le 12 mars 2017)
  22. Morgane Miel, Écologie : aux normes citoyens !, Lefigaro.fr, 5 juin 2012 (consulté le 12 mars 2017)
  23. Kering, pionnière dans la construction d'un compte de résultat environnemental, Bfmtv.com, 22 mai 2016 (consulté le 12 mars 2017)
  24. (en) Elizabeth Paton, François-Henri Pinault, Kering Chief, on Why Green Is the New Black, Nytimes.com, 25 janvier 2017 (consulté le 11 mars 2017)
  25. (en) Kering as a leader in carbon footprint reduction, Internationalleathermaker.com, 23 janvier 2017 (consulté le 12 mars 2017)
  26. Philippe Créhange, François-Henri Pinault. L’interview vérité, Lejournaldesentreprises.com, 25 mai 2009 (consulté le 11 mars 2017)
  27. Vincent Jay, Découvrez le film "Des Forêts et des Hommes" de Yann Arthus-Bertrand, Mediaterre.org, 30 juin 2011 (consulté le 11 mars 2017)
  28. Ghislaine Ribeyre, Une top et un P-DG s’engagent pour les femmes, Parismatch.com, 11 mars 2010 (consulté le 11 mars 2017)
  29. L’ADL récompense François-Henri Pinault pour l’action de sa fondation, Timesofisrael.com, 24 novembre 2015 (consulté le 12 mars 2017)
  30. Hayat Gazzane, Comment les femmes dopent la rentabilité des entreprises, Lefigaro.fr, 8 mars 2016 (consulté le 12 mars 2017)
  31. Kering et le Comité ONU Femmes France partenaires pour l’égalité femmes-hommes, Myrhline.com, 4 mars 2016 (consulté le 12 mars 2017)
  32. Ces grands groupes qui jouent la carte de la parentalité, Lemonde.fr, 14 décembre 2017 (consulté le 12 mars 2017)
  33. Festival de Cannes : le groupe Kering lance le prix des femmes, Leparisien.fr, 31 mars 2015 (consulté le 12 mars 2017)
  34. a et b « François-Henri Pinault pris la main dans le sac », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  35. Damien Pelé, « Ces milliardaires français de Londres », Challenges,‎ (lire en ligne)
  36. Nicole Vulser, « François-Henri Pinault : Kering « est et restera français » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  37. « De Gucci à Kering: un montage fiscal d’une ampleur industrielle », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  38. « Le système Pinault: une évasion à 2,5 milliards d'euros », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  39. Gouvernance, Softcomputing.com (consulté le 11 mars 2017)
  40. Passion foot, Capital.fr (consulté le 11 mars 2017)
  41. Quand François-Henri Pinault et ses enfants sortent... avec la mère de Salma Hayek : Une belle famille recomposée !, Purepeople.com, 10 janvier 2010 (consulté le 12 mars 2017)
  42. http://www.elle.fr/People/La-vie-des-people/News/Francois-Henri-Pinault-parle-enfin-de-son-fils-Augustin-1709814
  43. « Salma Hayek : Sa belle déclaration d'amour à son mari, François-Henri Pinault », sur purepeople.com,
  44. Salma Hayek et François-Henri Pinault se sont mariés, Lepoint.fr, 16 février 2009 (consulté le 12 mars 2017)
  45. (en) Richard Eden, Gucci boss pays £20 million for two bedroom house, www.telegraph.co.uk, 13 novembre 2011 (consulté le 8 mars 2018)
  46. « Kering file à l'anglaise », LExpansion.com,‎ (lire en ligne)
  47. François-Henri Pinault reste résident français, www.lefigaro.fr, 25 novembre 2014 (consulté le 8 mars 2018)
  48. François-Henri Pinault restera résident fiscal français, www.rtl.fr, 26 mai 2014 (consulté le 8 mars 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]